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Les États-Unis alimentent le terrorisme en Chine


 

Le racket des droits de l’homme de l’Occident s’est encore une fois mobilisé – cette fois-ci supposément pour soutenir la minorité ouïghoure de Chine, principalement dans la région du Xinjiang, au nord-ouest du pays.

Des gros titres et des rapports ont été publiés selon lesquels jusqu’à un million de personnes, pour la plupart des Ouïghours, auraient été détenues dans ce que l’Occident qualifie de « camps d’internement ». Comme d’autres l’ont souligné, il est impossible de vérifier indépendamment ces affirmations car aucune preuve n’est fournie et des organisations comme Human Rights Watch, Amnesty International et des organisations ouïghours spécifiques comme le Congrès Mondial de Ouïghours manquent de crédibilité et ont été exposées à maintes reprises en s’appuyant sur la défense des droits pour promouvoir les intérêts spéciaux de l’Ouest.

Nulle part dans l’article de la BBC, des preuves ne sont présentées pour vérifier ces affirmations. La BBC omet également de mentionner que des groupes comme le Congrès Mondial de Ouïghours sont financés par le Département d’État américain par l’intermédiaire du National Endowment for Democracy (NED) et ont un bureau à Washington D.C. Le NED est un front américain dédié spécifiquement à l’ingérence politique dans le monde et a joué un rôle dans le changement de régime soutenu par les États-Unis partout en Amérique du Sud, en Europe orientale, en Afrique et dans l’Asie entière.

[…]

Le site Web du National Endowment for Democracy des États-Unis admet s’être ingéré dans toute la Chine et le fait si largement qu’il a ressenti le besoin de diviser son ciblage de la Chine en plusieurs régions, dont le territoire de Hong Kong, le Tibet, le Xinjiang/le Turkistan Oriental.

Lire l’intégralité de l’article : Réseau International.

Les États-Unis poursuivent en Chine, comme en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie, la même politique de soutien aux divers groupes terroristes pour maintenir leur domination mondiale.

07/11/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

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La guerre contre la Chine passe par Riyad


Les États-Unis sont en guerre contre la Chine depuis 1856 (seconde guerre de l’opium) aux côtés de l’Angleterre et la France. Il s’agissait de démanteler l’économie chinoise qui menaçait les grandes puissances alors que la dynastie Qing était dans sa phase décadente [1]. La République de Chine resta sous domination étrangère entre 1911 et 1949. La Chine retrouva son indépendance nationale en octobre 1949, date de la proclamation de la République populaire de Chine, mais ce n’est qu’à partir de 2001 qu’elle a retrouvé le niveau de développement qu’elle avait atteint au XIXe siècle [2].

Depuis 1945, les États-Unis contrôle tous les pays via une structure militaires divisée en cinq zones [3] via l’OTAN sous commandement américain et, depuis 2001, des partenariats de coopération militaire [4]. À cela s’ajoute les interventions de la CIA [5], celles d’armées secrètes sous couvert de l’OTAN [6] et, last but not least, le recours aux mercenaires divers et variés notamment les terroristes se réclamant de l’islam.

Ainsi, les frontières de la Chine sont sous le contrôle militaires des États-Unis (marron), auquel s’ajoutent les anciennes colonies américaines (orange) et les multiples groupes islamistes instrumentalisés (vert) sans compter les réseaux d’espionnage dont on ne sait rien par définition [7].

La guerre n’aura pas lieu ! La guerre n’aura pas lieu frontalement ni entre les États-Unis et la Chine ni, sauf un possible dérapage, entre les États-Unis et la Chine via la Corée. L’administration américaine de Donald Trump, comme celle de Barack Hussein Obama, maintiendra la pression aux frontières, notamment en mer de Chine, et poursuivra ses tentatives de déstabilisation au Xinjiang, après son échec au Tibet en 2008, et au Myanmar (Birmanie), mais la guerre se déroule sur le front économique.

L’étude de cas du coup de force, survenu à Riyad dans la nuit du 4 au 5 novembre dernier [8], montre que l’événement se comprend pour l’essentiel comme un épisode de la guerre économique entre les États-Unis et la Chine et, en l’occurrence, la bataille pour le contrôle de Saudi Aramco [9].

Nous pouvons ignorer complètement les centaines d’articles, dont la matrice est rédigée par quelques agences et qui sont ensuite copier-coller par tous les médias payants ou gratuits, car ils n’apportent aucun élément de réflexion.
Les rares analyses se révèlent très décevantes car elles s’en tiennent à une approche géopolitique, héritée du XIXe siècle et donc largement insuffisante [10].

Pour comprendre l’événement, il faut le placer dans son contexte géo-économique-politique et rappeler donc quelques faits.

1) L’Arabie saoudite est une monarchie islamique dirigée par la famille Saoud depuis sa création en 1932. L’État est la propriété privée de la famille royale ! II s’agit d’une famille élargie qui, jusqu’à aujourd’hui, maintenait un équilibre plus ou moins précaire fondé sur le partage des richesses du royaume entre les principaux clans [11].

2) La découverte de pétrole en 1938 transforme le pays sur le plan économique et marque le début d’une alliance stratégique avec les États-Unis, qui en échange d’un accès au pétrole, engage les États-Unis à protéger militairement la dynastie des Saoud [12].

3) Depuis cette date, l’économie de l’Arabie saoudite reposent exclusivement sur les revenus du pétrole gérés par la compagnie Saudi Aramco appartenant aux différents membres de la famille royale. La baisse structurelle de la rente pétrolière a créé une crise économique d’autant plus grave que les princes continuaient leur consommation ostentatoire des produits de luxe.

4) Pour tenter de sortir de cette crise, le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud décida d’ouvrir le capital de Saudi Aramco par une introduction en bourse prévue pour 2018. La Chine, qui a avait déjà réalisée une joint-venture pétrolière intégrée avec le groupe américain Exxon Mobile et l’Aramco d’Arabie saoudite en 2007 et avait signé un nouvel accord stratégique de coopération avec Saudi Aramco en 2016, était fortement intéressée par l’achat d’actions de la compagnie [13].

5) Les investisseurs anglo-américains l’étaient plus encore car ils craignaient par dessus- tout le projet clairement affiché par la Chine de substituer le pétro-yuan au pétrodollar, mais la bourse de Londres et celle de New-York ont empêché de réaliser l’opération. Max Keiser explique pourquoi :

L’Arabie saoudite a été récemment empêchée de se joindre à la dédollarisation par les États-Unis […].
La motivation des Saoudiens est logique. Ils veulent spéculer sur Aramco car ils sont profondément endettés et ils manquent de liquidité. Ils voulaient faire une offre publique d’achat sur le marché de Londres ou des États-Unis, mais en ont été empêché par les actions judiciaires des rescapés du 11 septembre, qui ont à juste titre désigné les Saoudiens comme responsables.
Source : Max KEISER, US Empire of Debt will go to war to stop emergence of petro-yuan, RT Business News, 25/10/2017 – Les États-Unis déclencheront une guerre pour empêcher l’émergence du pétro-yuan, Chine en Question, 10/11/2017.
Traduction de Serge LEFORT [14]

6) En 2016, Mohammed ben Salmane Al Saoud a naturellement intégré l’ouverture du capital de Saudi Aramco dans le plan Vision 2030, mais il soulignait que Aramco était à la fois le problème et la solution et critiquait vertement ses prédécesseurs pour leur addiction à la rente pétrolière.

Deputy Crown Prince Mohammed bin Salman said that the Kingdom of Saudi Arabia was founded by late King Abdul Aziz and his companions without the need for oil, pointing out that it is very dangerous to deal with Aramco company as our constitution. He said that Aramco’s reverence by some is a very big problem and we have a state of oil addiction in the kingdom, which disrupted the development. He added that we will turn Aramco into a holding company and move its operations to companies owned by it.
Source : Vision 2030 constitutes roadmap for kingdom’s development, economy objectives for next 15 years, Deputy Crown Prince says, Saudi Vision 2030, 25/04/2016 [15].

7) En juin 2017, promu prince héritier d’Arabie saoudite et vice-Premier ministre, Mohammed ben Salmane Al Saoud était pressé d’aboutir… et, dans la nuit du 4 au 5 novembre, réalisa un coup de force contre sa propre famille en s’arrogeant tous les pouvoirs. David Hearst résume ainsi la situation :

En d’autres termes, le prince [Mohammed ben Salmane] peut faire tout ce qu’il veut à quiconque, saisissant leurs biens dans et en dehors du royaume. Rappelons-nous simplement ce qu’il contrôle désormais. Le prince dirige les trois armées d’Arabie saoudite ; il dirige Aramco, la plus grande compagnie pétrolière du monde ; il dirige la commission chargée de toutes les affaires économiques qui est sur le point de lancer la plus grande privatisation que le royaume ait connue ; et il contrôle maintenant toutes les chaînes médiatiques saoudiennes.
Source : David HEARST, Ces étranges événements qui hantent les nuits de Riyad, Middle East Eye, 07/11/2017.

Si Mohammed ben Salmane Al Saoud s’appelait Saddam Hussein, une campagne médiatique serait aussitôt orchestrer pour renverser ce sinistre dictateur… avant qu’il ne soit trop tard. Mais, affublé du doux acronyme de MBS, il devient le chevalier blanc, mise en scène par Coca-Cola avec comme slogan Le changement a une saveur [16].

8) Il est clair que l’ouverture du capital de Saudi Aramco constitue un facteur déterminant pour comprendre l’essentiel de cet imbroglio. Gregory Brew fait l’analyse suivante [17] :

Un autre facteur influençant les événements est la vente anticipée de Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale et probablement la plus grande entreprise au monde. MBS a soutenu la décision de mettre en vente une partie d’Aramco, en utilisant les bénéfices pour financer un important projet de développement économique connu sous le nom de Vision 2030. Il a soutenu qu’avec des prix plus bas sur le marché pétrolier mondial et un avenir incertain, l’économie saoudienne doit être diversifiée pour ne plus dépendre de la production de pétrole et de gaz naturel.
[…]
L’introduction en bourse de Saudi Aramco a besoin de prix élevés pour réussir, et l’introduction en bourse est courtisée par les États-Unis, le président Donald Trump exhortant les Saoudiens à publier l’offre à la bourse de New York.
Le beau-fils et conseiller principal du président, Jared Kushner, a fait un voyage imprévu et soudain en Arabie Saoudite, où il aurait rencontré MBS pour une longue réunion secrète.
Source : Gregory BREW, Why Saudi Arabia’s crackdown sent oil prices soaring, Oil Price, 06/11/2017.
Traduction de Serge LEFORT


Source : Twitter
Traduction : J’apprécierais beaucoup que l’Arabie Saoudite fasse l’introduction en bourse d’Aramco au New York Stock Exchange. Important pour les USA !

Ainsi, pièce importante du puzzle, Donald Trump soutient totalement Mohammed ben Salmane Al Saoud et, plus encore, il lui offre la bourse de New York pour réaliser l’opération financière prévue en 2018 ! David Hearst fait aussi le lien avec Aramco :

Tout cela serait-il arrivé sans un nouvel accord de Trump ? Il a tweeté hier qu’il « apprécierait beaucoup que l’Arabie saoudite procède à l’introduction en bourse d’Aramco sur le New York Stock Exchange, important pour les États-Unis ! » Trump a également appelé le roi Salmane, le félicitant pour tout ce qu’il a fait depuis son arrivée au pouvoir. Cette décision est survenue après la troisième visite de Jared Kushner au royaume cette année.
Source : David HEARST, article cité.

Quelle garantie précise a donné Donald Trump afin de faciliter « l’introduction en bourse d’Aramco sur le New York Stock Exchange » ? Nous le saurons certainement plus tard quand sera éclairci le rôle que Jared Kushner, gendre de Donald Trump, a joué pour renverser à Riyad le spectre du pétro-yuan qui hante les dirigeants américains [18].

À Pékin, XI Jinping propose très logiquement à Donald Trump « un accord plus large visant à ce que les deux pays partagent la responsabilité des affaires internationales » [19]. À Riyad, Mohammed ben Salmane Al Saoud met un coup d’arrêt à toutes les négociations antérieures pour substituer le yuan au dollar dans les achats du pétrole saoudien. C’est la réponse de Donald Trump, homme d’affaires et président américain, à XI Jinping, stratège et président chinois [20].

09/11/2017 modifié le 14/11/2017 et le 15/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question
La mise à jour du 14/11/2017 porte sur :
– la reproduction du tweet de Donald Trump qui a fait lui-même le lien entre le coup de force de Mohammed ben Salmane Al Saoud et le contrôle de Saudi Aramco ;
– l’ajout dans la note [14] de l’article publié par Sputnik le 10/11/2017 et donc après la rédaction du présent article ;
– la suppression de la version courte au format pdf.
La mise à jour du 15/11/2017 porte sur l’insertion de balises (aller et retour) pour faciliter la lecture des notes et références. Merci au lecteur qui m’a demandé cette amélioration ergonomique.


Notes et références

[1] Un siècle de guerres contre la Chine :
Michel TIBON-CORNILLOT, Les guerres de l’opium ou l’écrasement de la Chine, Dedefensa, 10/08/2008.
Michel TIBON-CORNILLOT, La Chine en enfer : pillages et génocides blancs, Dedefensa, 29/08/2008.
Corinne AUTEY-ROUSSEL, Guerres de l’opium : le viol de la Chine par les puissances occidentales, Entelekheia, 30/04/2017.
Dossier documentaire Histoire Chine, Monde en Question.

[2] L’économie chinoise XIXe-XXIe siècles :
Angus MADDISON, L’économie chinoise – Une perspective historique, OCDE, 1998 et 2007 [Texte en ligne].
L’étude réévalue la portée et le sens du renouveau de la Chine depuis une cinquantaine d’années, en se servant de techniques quantitatives couramment utilisées dans les pays de l’OCDE. À partir d’une approche comparative, l’auteur explique pour quelles raisons le rôle de la Chine dans l’économie mondiale a fluctué aussi fortement au cours du dernier millénaire. Il conclut que la Chine devrait retrouver en 2015 la place de première économie mondiale qui lui revient naturellement et qu’elle a occupé jusqu’en 1890.
Dossier documentaire Économie Chine, Monde en Question.

[3] Le contrôle militaire du monde :
Carte USom
Contrôle de l’Amérique du Nord, USNorthCom.
Contrôle de l’Amérique du Sud, USSouthCom.
Contrôle de l’Europe, USEuCom.
Contrôle de l’Afrique, USAfriCom.
Contrôle du Moyen-Orient, USCentCom.
Contrôle de l’Asie et de l’Océanie, USPaCom.
Carte bases militaires dans le Pacifique
Au 30 juin 2011, l’ensemble des Forces militaires américaines, c’est-à-dire l’US Army, l’US Navy, l’US Air Force et l’US Marine Corps (exception faite de l’US Coast Guard qui compte 43 521 personnels d’active au 30 septembre 2011) regroupaient 1 434 312 militaires répartis sur un millier de bases dans une centaine de pays.
Par comparaison, la Chine possède une et une seule base militaire à Djibouti !
Lire : La Chine construit sa première base militaire à l’étranger, Sputnik, 13/07/2017.

[4] L’OTAN :
Pays membres
Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA)
Partenariat avec pays non membres
Manlio DINUCCI, Brève histoire de l’OTAN de 1991 à nos jours, Le Grand Soir, 23/10/2017.

[5] Les guerres de la CIA :
William BLUM, Les guerres scélérates – Les interventions de l’armée américaine et de la CIA depuis 1945, Parangon, 2004 [Le Grand Soir].
John K. COOLEY, CIA et Jihad 1950-2001 – Contre l’URSS, une désastreuse alliance, Autrement, 2002.

[6] Les guerres secrètes de l’OTAN :
Daniele GANSER, Les armées secrètes de l’OTAN, Demi Lune, 2007 réédition 2011 et 2016 [Monde en Question].
Daniele GANSER, Les guerres illégales de l’OTAN – Une chronique de Cuba jusqu’à la Syrie, Demi Lune, 2017 [Monde en Question].

[7] Le contrôle militaire de la Chine :
Bases militaires : Corée du Sud, Japon, Philippines
Opération Enduring Freedom : Afghanistan
Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA) : Kazakhstan, Kirghizistan, Tajikistan
Partenariat avec pays non membres : Afghanistan, Pakistan, Corée du Sud, Japon, Mongolie

[8] Coup de force à Riyad :
Il ne s’agit pas d’un coup d’État puisque le pouvoir reste aux mains de la famille Saoud – un jeu à somme nul.
Cela me rappelle les rivalités pour la succession au trône de France de 1314 à 1356 sous les règnes de Philippe le Bel à Jean le Bon que Maurice Druon a magistralement racontées dans la suite romanesque historique Les rois maudits ou les aventures d’Iznogoud qui veut devenir calife à la place du calife !
Maurice DRUON, Les rois maudits 7 volumes, 1955-1977 [Texte en ligne].
René GOSCINNY (scénario) et Jean TABARY (dessin), Iznogoud (titres divers) 19 albums (en comptant ceux de Goscinny publiés après sa mort en 1977), 1966-1994 [Bedetheque].

[9] Saudi Aramco :
Site officiel EN, Saudi AramcoHistorySaudi Aramco China.

[10] Extraits commentés d’une sélection de trois articles :
Alors que la popularité du régime chutait radicalement, MBS a sorti sa Vision 2030. Théoriquement, il s’agissait de faire la transition énergétique pour sortir du pétrole, de vendre une partie d’Aramco et de tenter d’introduire de nouvelles industries. Pour calmer le mécontentement, on a procédé à des paiements royaux aux principaux princes pour qu’ils restent loyaux et au versement des arriérés de salaires aux masses indisciplinées.
[…]
En un mot : un État qui s’avère être la propriété privée d’une famille royale hostile à tous les principes de la liberté d’expression et de religion, ainsi que la matrice idéologique de toutes les formes de djihadisme salafiste ne peut pas métastaser en un État « modéré » sur un claquement de doigts de MBS.
C’est le seul article qui rappelle la nature de l’État en Arabie saoudite bien différent des fantasmes occidentaux.
Source : Pepe ESCOBAR, The inside story of the Saudi night of long knives, Asia Times, 06/11/2017 – Rififi dans la Maison des Saoud : décodage, Tlaxcala, 08/11/2017.

Selon la Maison-Blanche, le président Trump et « MBS » se sont parlé par téléphone durant la journée du 4 novembre (horaire US), ce qui pourrait être soit juste avant le coup de Palais, soit au cours de l’opération. Un accord a été discrètement conclu prévoyant que l’offre publique d’achat d’Aramco sera lancée non pas à Riyad, mais à la Bourse de New York.
Ce sont les deux informations importantes, mais l’auteur n’en tire aucune conséquence.
Source : Thierry MEYSSAN, Coup de Palais à Riyad, Réseau Voltaire, 07/11/2017.

En réalité, cela ne leurre personne car, sans connaître dans le détail les éléments précis des dossiers à charge, cette action possède en réalité une dimension principalement politique. L’intrication entre sphère politique et économique est en effet structurelle en Arabie saoudite et nombres d’entreprises sont détenues par des membres de familles princières. Cela permet de saisir la signification des arrestations opérées à l’initiative de Mohamed Ben Salman dans la perspective de son accession au trône. C’est la volonté de marginalisation de ceux qui pourraient lui faire de l’ombre, voire le contester, et à une concentration accélérée du pouvoir entre ses mains auxquelles nous assistons.
L’auteur souligne bien la dimension politique de l’événement, mais ne dit rien de la dimension économique alors qu’il précise qu’elles sont intriquées.
Source : Didier BILLION, Mohamed Ben Salman, prince tout puissant mais responsable des échecs de Ryad sur la scène internationale, IRIS, 08/11/2017.

[11] Histoire Arabie saoudite :
Anne-Lucie Chaigne-Oudin, Arabie Saoudite, Les clés du Moyen-Orient, 01/02/2010.
Yara EL KHOURY, Ibn Saoud et la naissance du royaume d’Arabie saoudite – première partie, Les clés du Moyen-Orient, 14/06/2014.
Yara EL KHOURY, Ibn Saoud et la naissance du royaume d’Arabie saoudite – deuxième partie, Les clés du Moyen-Orient, 16/06/2014.

[12] Pacte du Quincy :
Comme le rappelle clairement Henry Laurens, ce pacte est une légende urbaine :

Si les deux personnalités n’évoquent pas la question du pétrole, c’est que l’affaire a déjà été réglée. L’Arabie saoudite a accordé en 1933 des concessions pétrolières à la Standard Oil of California (Socal) qui a créé la California Arabian Standard Oil Company (Casoc). En 1936, la Socal s’est associé avec la Texaco au Moyen-Orient pour former la Caltex. La Casoc a trouvé du pétrole en 1938 et a créé un terminal pétrolier à Ras Tanura et une petite ville à Daran.
[…]
Ce qui était implicite en février 1945 était la concurrence anglo-américaine qu’Ibn Saoud, en vieux roi rusé, savait attiser. Il avait laissé croire aux Américains que les Britanniques voulaient leur reprendre les concessions pétrolières et aux Britanniques que les Américains voulaient les chasser de la région. En fait, au début de 1945, la question essentielle était la transformation de Dahran en base militaire américaine, créant ainsi une présence militaire permanente et la fin du monopole militaire britannique déjà entamé par le corridor persan.
[…]
Dans les mois qui suivent l’entrevue du Quincy, la diplomatie saoudienne continue de jouer sur la rivalité anglo-américaine, insiste sur le danger hachémite et marque sa préoccupation en ce qui concerne la Palestine. Elle obtient explicitement un engagement américain de ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures saoudiennes en échange de la primauté accordée aux États-Unis dans les échanges entre l’Arabie saoudite et le monde extérieur (non arabe et non musulman).
Source : Henry LAURENS, De quoi parlaient le président américain et le roi saoudien en février 1945 ?, Orient XXI, 23/02/2016.

Écouter : Henry LAURENS, Histoire contemporaine du monde arabe, Collège de France.

[13] Participations chinoises aux projets de Saudi Aramco :
La Chine, les États-Unis et l’Arabie saoudite sont partenaires de ce projet industriel qui comprend tous les stages de la production et de la commercialisation du pétrole et de ses dérivés.
A cette fin, en mars 2007, Sinopec, un des plus grands groupes de raffinage pétroliers de la Chine et le gouvernement provincial du Fujian ont établi deux joint ventures avec le groupe américain Exxon Mobile et l’Aramco d’Arabie saoudite, pour un investissement total d’environ 5 milliards de dollars.
Dans cette première société, les parties chinoises (Sinopec et province du Fujian) détiendront 50% du capital, Exxon Mobile 25% et Aramco 25%.
Dans la seconde société qui sera chargée de commercialiser les carburants dans le Fujian, Sinopec détient 55%, Exxon Mobile 22,5% et Aramco 22,5%.
Source : Début des essais de la première joint-venture pétrolière intégrée, Renmin Ribao – Quotidien du peuple, 21/05/2009 – History 2000s, Saudi Aramco.

Que ce soit en Arabie saoudite ou ailleurs, Huawei coopère avec les opérateurs locaux, à la fois sur les réseaux fixes et mobiles. En 2005, elle a signé avec Saudi Aramco un contrat de huit ans concernant le réseau fixe. En 2013, le PDG de Huawei d’alors, Hu Houkun, a tenu des entretiens avec Khalid G. Al-Buainain, vice-président de Saudi Aramco, au sujet d’un système de vidéoconférence téléphonique devant être fourni par Huawei. En 2006, STC a décerné un prix d’excellence à Huawei. En 2009, les deux ont signé un accord de partenariat stratégique, qui a évolué en accord de coopération stratégique en 2014, gage d’une collaboration plus étendue et plus durable.
Source : Huawei : pour une Arabie saoudite mieux connectée, Chine au présent, 04/08/2015.

Pendant l’après-midi, MM. Xi et Salmane ont assisté à une cérémonie au Centre d’étude et de recherche sur le pétrole du roi Abdallah afin d’inaugurer à distance la raffinerie de pétrole Yasref, une coentreprise associant Aramco (Arabie saoudite) et Sinopec (Chine). Il s’agit du plus important projet d’investissement chinois réalisé en Arabie saoudite.
Yasref est la première raffinerie que Sinopec a construite à l’étranger. Les deux entreprises ont signé l’accord début 2012 et ont investi près de 10 milliards de dollars. Aramco et Sinopec détiennent respectivement 62,5 et 37,5 % du capital.
Source : Le président chinois a visité un palais historique et inauguré une raffinerie en Arabie saoudite, Chine au présent, 21/01/2016 – History 2010s, Saudi Aramco.

La Saudi Aramco, plus grande compagnie de pétrole au monde, envisage d’approfondir ses investissements dans les secteurs de la raffinerie, de la pétrochimie avec les entreprises chinoises. La première grande raffinerie saoudienne de Yanbu est entrée en fonction le 20 janvier 2016 avec d’importants capitaux de SINOPEC [entreprise publique chinoise]. Ces deux compagnies ont signé un nouvel accord stratégique de coopération pour se déployer dans les marchés mondiaux. Ainsi, la relation pragmatique sino-saoudienne pourrait être un levier pour l’économie saoudienne hors pétrole.
[…]
Pour financer les projets d’infrastructure, les entreprises chinoises bénéficient de la fameuse Exim Bank (Export-Import Bank of China), qui disposerait de plus d’un tiers des liquidités mondiales, ce qui permettrait d’investir dans les infrastructures ferroviaires en Arabie saoudite. Cette perspective permettrait à la fois aux saoudiens d’accompagner le plan « Vision 2030 » et aux Chinois de compléter le maillage de la Nouvelle Route de la Soie à travers le royaume pour ouvrir d’autres voies terrestres et maritimes aux marchandises chinoises à destination de l’Afrique dans laquelle elle est déjà fortement implantée.
[…]
Pékin a créé un outil puissant dans la stratégie de la NRS, la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB en anglais), concurrente implicite de la Banque mondiale. Elle compte parmi ses 57 membres l’Arabie saoudite, le Pakistan, l’Indonésie, la Malaisie, Oman et l’Iran, pays clefs de la route de la Soie. La Chine entend assumer le leadership mondial dans le domaine du financement des infrastructures mais elle a besoin d’une stabilisation du Moyen-Orient pour déployer ses investissements économiques, et l’Arabie saoudite est un acteur clef de cette région.
Source : Brahim KAS, L’Arabie saoudite et la Nouvelle Route de la Soie : vers un rôle accru ?, IRIS, 10/02/2017.

[14] Pétro-yuan vs Pétrodollar :
La Chine a commencé à encourager certains de ses fournisseurs de pétrole à substituer des paiements en dollar à des paiements en yuan et en or. En juillet, une proposition aurait été faite dans ce sens à l’Arabie Saoudite, le premier exportateur mondial. Même si cette dernière bénéficie d’une relation privilégiée avec la Chine – selon le Nikkei Asian Review, les deux pays auraient établi un fond d’investissement commun de 20 milliards de dollars et souhaitent cimenter leur relation lors de la mise sur le marché de l’entreprise nationale Saudi Aramco -, Ryad a perdu près de 10 % de ses parts de marché sur le marché chinois depuis 2008, au profit de la Russie, de l’Iran et de l’Angola, l’Angola ayant fait de la monnaie chinoise sa deuxième monnaie de référence au niveau national. Les décisions de l’Arabie saoudite risquent d’être la clé de voute des grands équilibres pétroliers et monétaires dans les années à venir.
Source : Emmanuel HACHE, Fake news ou pragmatisme chinois sur les marchés internationaux ?, IRIS, 28/09/2017.

L’introduction imminente de la vente du pétrole en yuan est une décision très audacieuse de la part de la Chine, car les États-Unis n’abandonneront jamais la base leur hégémonie – le dollar en tant que monnaie de réserve mondiale – sans combattre, a déclaré Keiser.
[…]
Bravo à la Chine pour ce projet d’autant qu’elle est un gros acheteur potentiel de la privation [prévue pour 2018] de la compagnie Aramco appartenant à l’État saoudien, a déclaré Keiser, en référence aux ventes anticipées d’actions de la compagnie Saudi Aramco.
« Cela a du sens, du point de vue géopolitique, car la Chine, la Russie et les Saoudiens cherchent à échapper au dollar américain, à l’hégémonie du dollar américain ».
L’Arabie saoudite a été récemment empêchée de se joindre à la dédollarisation par les États-Unis, qui, l’année dernière, ont permis aux survivants et aux proches des victimes de l’attentat du 11 septembre de poursuivre le royaume pour son rôle présumé dans les actes terroristes, a déclaré Keiser.
Source : Max KEISER, US Empire of Debt will go to war to stop emergence of petro-yuan, RT Business News, 25/10/2017 – Les États-Unis déclencheront une guerre pour empêcher l’émergence du pétro-yuan, Chine en Question, 10/11/2017.

Le passage à un islam modéré en Arabie saoudite, allié principal des États-Unis au Proche-Orient, peut être considéré comme une tentative de rétablir l’influence du pétrodollar face au yuan chinois, a déclaré à Sputnik le docteur en économie Volkan Özdemir, directeur de l’Institut turc de la politique et des marchés énergétiques (EPPEN).
« On assiste à la lutte contre les forces hostiles au pétrodollar en Arabie saoudite […]. Au lieu de soutenir le wahhabisme, il faut utiliser une nouvelle rhétorique qui plaira aux États-Unis. Et cette rhétorique consiste à créer une apparence de rapprochement entre les États-Unis et l’Arabie saoudite », a indiqué M.Özdemir.
[…]
Ces derniers temps, les représentants de l’Arabie saoudite et de la Chine ont mené des entretiens en vue de passer aux échanges libellés en yuan. Mais l’arrivée au pouvoir du Président américain Donald Trump a changé la donne. Le Président Trump a déclaré qu’il voulait revenir à politique extérieure classique à l’égard de l’Arabie saoudite, contrairement à son prédécesseur Barack Obama.
« Les partisans du pétrodollar l’ont emporté à court terme après l’arrivée de M.Trump, mais ce système n’a aucune chance de survie […], il disparaîtra d’ici à 2020, affirme l’expert.
Source : Le retour à un islam modéré à Riyad aurait un arrière-goût de pétrole, Sputnik, 10/11/2017.

[15] Saudi Vision 2030 :
Site officiel EN, Saudi Vision 2030. Le contenu, assez pauvre, ressemble au travail d’un candidat au BTS en marketing. Bien qu’il existe une version chinoise du site, l’occurrence China est introuvable. L’occurrence Aramco renvoie à un seul texte intéressant :

In an exclusive interview with Al Arabiya News Channel by Turki Aldakhayel, Deputy Crown Prince Mohammed bin Salman said that the Kingdom of Saudi Arabia was founded by late King Abdul Aziz and his companions without the need for oil, pointing out that it is very dangerous to deal with Aramco company as our constitution. He said that Aramco’s reverence by some is a very big problem and we have a state of oil addiction in the kingdom, which disrupted the development. He added that we will turn Aramco into a holding company and move its operations to companies owned by it.
Deputy Crown Prince explained that high risks would have occurred if there had not been a move to offer Aramco for public subscription, saying that the investment fund will not manage Aramco and there will be a board of directors to manage it. He pointed out that we have three strong points on which nobody competes with us: they are our Arab and Islamic depth, our investment strength and our geographical location.
Source : Vision 2030 constitutes roadmap for kingdom’s development, economy objectives for next 15 years, Deputy Crown Prince says, Saudi Vision 2030, 25/04/2016.

[16] Le chevalier blanc – Le changement a une saveur :
Tout le monde use et abuse de l’acronyme MBS pour désigner Mohammed ben Salmane Al Saoud. Cette pratique crée une image flatteuse et quasi iconique du personnage qu’on nous vend comme le chevalier blanc.
• Le chevalier blanc en littérature
Le chevalier blanc est une série de bande dessinée créée en 1953 par Fred et Liliane Funcken qui conte les aventures du jeune Jehan de Dardemont qui, de retour des croisades en 1210, doit succéder à son père comme justicier masqué auprès des pauvres et des opprimés.
Lire : Fred et Liliane FUNCKEN, Le chevalier blanc 11 albums, Éditions du Lombard, 1956-1994 [Bedetheque].
• Le chevalier blanc en droit financier
Jugeant « hostile » une offre publique d’achat ou d’échange de ses titres visant à une prise de contrôle, une entreprise « cible » et ses dirigeants disposent de plusieurs moyens de défense contre cette offre publique, dont celui de faire appel à une offre publique concurrente initiée par une tierce entreprise, appelée en cette occasion chevalier blanc.
Source : Chevalier blanc, Mataf.

Source : La nouvelle publicité Coca-Cola en Arabie saoudite fait le buzz, Huffpost Maghreb, 07/11/2017.

[17] Gregory Brew :
Gregory Brew, un chercheur et analyste basé à Washington, poursuit actuellement un doctorat à l’Université de Georgetown dans l’histoire du pétrole et la politique étrangère américaine.
Lire : Articles, Oil Price.

[18] Les visites de Jared Kushner en Arabie Saoudite :
Jared Kushner, le gendre et conseiller du président américain Donald Trump, s’est rendu en toute discrétion en Arabie Saoudite ces dernières semaines.
Une influence discrète, mais non négligeable. Depuis le début de l’année, Jared Kushner s’est rendu à trois reprises (en mai, en août et en octobre) en Arabie Saoudite pour des déplacements non annoncés au programme officiel.
[…]
Quelques jours après cette dernière visite en date, Mohammed ben Salman lançait le coup de filet spectaculaire qui a mené à l’arrestation de 11 princes, ministres et ex-ministres, dans le cadre d’une opération anti-corruption. Donald Trump a évidemment commenté cette nouvelle sur Twitter, félicitant le souverain saoudien et son fils : « J’accorde une grande confiance au roi Salman et au prince héritier d’Arabie Saoudite, ils savent exactement ce qu’ils font. Certains de ceux qu’ils traitent sévèrement ont pompé leur pays pendant des années ! »
Source : Les déplacements (très) discrets de Jared Kushner en Arabie Saoudite, Paris Match, 07/11/2017.
Lire aussi : Annie KARNI, Kushner took unannounced trip to Saudi Arabia, Politico, 29/10/2017.

[19] XI Jinping propose à Trump de « diriger à deux » :
Mais le président chinois Xi Jinping souhaite un accord plus large visant à ce que les deux pays partagent la responsabilité des affaires internationales. Il n’est pas encore question d’un duumvirat mais de la reconnaissance du leadership de la Chine en Asie par les Américains, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.
Les dirigeants chinois revendiquent un statut d’égalité avec les présidents américains depuis longtemps. Mais Xi Jinping souhaite aller encore plus loin et souhaite établir des relations particulières avec l’Amérique, ce qui signifierait la reconnaissance de la Chine en tant que deuxième grande puissance dans le monde bipolaire en formation.
[…]
Le directeur de l’Institut d’Extrême-Orient affilié à l’Académie des sciences de Russie Alexandre Larine analyse la situation : « Lors du 19e congrès du Parti communiste la Chine a revendiqué le leadership mondial. C’est un défi direct lancé aux USA. La Chine est convaincue de pouvoir rattraper et dépasser les USA. Il est évident qu’au fur et à mesure que la puissance nationale de la Chine grandira, sa rivalité avec les USA s’aggravera. Leur lutte prendra une place de plus en plus grande dans la politique mondiale. Auparavant ce sont les USA et l’URSS qui étaient impliqués dans une telle compétition. Maintenant on peut parler d’une nouvelle adversité entre deux superpuissances. »
Source : Xi Jinping proposerait à Trump de « diriger à deux » ?, Sputnik, 08/11/2017.

[20] Donald Trump vs XI Jinping :
David Hearst termine malheureusement son article par la diatribe habituelle et contreproductive contre Donald Trump, un président américain qui ne sait pas ce qu’il fait.

Si ce n’était pas encore évident pour tout le monde, cela doit sûrement l’être à présent. La capitale de l’insécurité au Moyen- Orient est Riyad, et les initiatives d’un prince âgé de 32 ans, en quête d’un pouvoir absolu, sont capables de déstabiliser les pays voisins et de destituer leurs Premiers ministres. Pire, ce prince semble être encouragé par un président américain qui ne sait pas ce qu’il fait.
Des dirigeants plus sages à Washington D.C., comme le secrétaire d’État Rex Tillerson ou le secrétaire à la Défense James Mattis, doivent s’arracher les cheveux – ou ce qu’il en reste. Cela ne m’étonnerait pas d’apprendre que Tillerson en a assez d’essayer d’éteindre les incendies que son président et son entourage immédiat continuent à déclencher.
Source : David HEARST, article cité.

Donald Trump sait parfaitement ce qu’il fait puisque Jared Kushner, son gendre et son conseiller, avait préparé le terrain depuis plusieurs mois. Mais, comme d’habitude, il a trop parlé et surtout trop vite en tweetant samedi qu’il « apprécierait beaucoup que l’Arabie saoudite procède à l’introduction en bourse d’Aramco sur le New York Stock Exchange, important pour les États-Unis ! »

XI Jinping, lui, est un stratège qui a une vision à très long terme. Ainsi, il a lancé le programme de développement de la Chine pour les 33 ans à venir ! avec un échéancier en trois étapes :
– Une société modérément prospère pour 2020 ;
– Un pays relativement modernisé en 2035 ;
– Une nation socialiste riche et puissante en 2050.
Lire : Pepe ESCOBAR, Xi’s road map to the Chinese Dream, Asia Times, 21/10/2017 – La feuille de route de Xi pour le grand Rêve chinois, Entelekheia, 26/10/2017.
Voir : Laurent BOUIT, Chine, à la conquête de l’Ouest, Chine en Question, 25/10/2017.

En conclusion, Donald Trump incarne la modernité occidentale dépendante du commentaire instantané et limité aux 140 caractères de Twitter alors que XI Jinping incarne la plus ancienne civilisation vivante du monde qui s’engage dans la réalisation d’ambitieux projets de développement d’une société harmonieuse.
Lire : YINGKUI Tian, La voie chinoise – Concept de développement scientifique, Editions en langues étrangères, 2008.

Les États-Unis déclencheront une guerre pour empêcher l’émergence du pétro-yuan


 

L’introduction imminente de la vente du pétrole en yuan est une décision très audacieuse de la part de la Chine, car les États-Unis n’abandonneront jamais la base leur hégémonie – le dollar en tant que monnaie de réserve mondiale – sans combattre, a déclaré Keiser.

Le plan chinois de déploiement d’un contrat pétrolier libellé en yuan avant la fin de cette année est une initiative très courageuse, car les pays qui « ont essayé de sortir de la matrice dollar-pétrole ont très mal terminé », a souligné Keiser.

« Saddam Hussein voulait vendre son pétrole en euros et il a été tué, Mouammar Kadhafi voulait le vendre dans une monnaie différente du dollar américain – il a été tué », a rappelé l’analyste.

La Chine, cependant, a la volonté et les ressources pour réussir la dédollarisation, et, de plus, elle est soutenue par plusieurs pays importants qui « résistent au cartel financier des États-Unis », à savoir la Russie et l’Iran, a déclaré Keiser.

Bravo à la Chine pour ce projet d’autant qu’elle est un gros acheteur potentiel de la privation [prévue pour 2018] de la compagnie Aramco appartenant à l’État saoudien, a déclaré Keiser, en référence aux ventes anticipées d’actions de la compagnie Saudi Aramco.

« Cela a du sens, du point de vue géopolitique, car la Chine, la Russie et les Saoudiens cherchent à échapper au dollar américain, à l’hégémonie du dollar américain ».

L’Arabie saoudite a été récemment empêchée de se joindre à la dédollarisation par les États-Unis, qui, l’année dernière, ont permis aux survivants et aux proches des victimes de l’attentat du 11 septembre de poursuivre le royaume pour son rôle présumé dans les actes terroristes, a déclaré Keiser.

« La motivation des Saoudiens est logique. Ils veulent spéculer sur Aramco car ils sont profondément endettés et ils manquent de liquidité. Ils voulaient faire une offre publique d’achat sur le marché de Londres ou des États-Unis, mais en ont été empêché par les actions judiciaires des rescapés du 11 septembre, qui ont à juste titre désigné les Saoudiens comme responsables », note Keiser.

« Tous les pays en ont assez de financer l’aventurisme militaire de « l’Empire de la dette » – le dollar américain – et se joindront donc probablement au mouvement de dédollarisation », a déclaré Keiser.

Il est peu probable que le secteur financier américain et son complexe militaro-industriel abandonnent l’hégémonie du dollar sans se battre, car le dollar est à la fois la base et le principal produit de l’Amérique. Et les États-Unis utiliseront leur instrument favori : la guerre, estime Keiser.

« Peut-être vont-ils préparer une guerre entre le Japon et la Chine, ou peut-être vont-ils en préparer une avec la Corée du Nord. L’Amérique fera tout pour que le dollar américain reste la monnaie de réserve mondiale », a déclaré Keiser.

« Ils envahiront d’autres pays, comme l’Afghanistan, et ne reculeront devant rien. Parce que c’est la base de l’empire américain. Il n’est pas basé sur des biens matériels, mais sur la rente. Il est basé sur les prêts et les revenus des intérêts en dollars et quand les pays ne peuvent pas payer, ils démantèlent leurs actifs et se les approprient. Nous l’avons vu en Amérique latine, c’est comme ça que les États-Unis ont construit leur empire. »

Max KEISER, US ‘Empire of Debt’ will go to war to stop emergence of petro-yuan, RT Business News, 25/10/2017.
Traduction de Serge LEFORT


Malgré mes faibles compétences en anglais, j’ai traduit cet article fondamental. J’avais exprimé depuis plusieurs mois et à plusieurs reprises la même analyse que celle de Max Keiser. Je regrette d’avoir couru après le vent… au lieu de la publier début septembre.

Suivre l’actualité
courir après le vent.
Penser l’actualité
marcher à contre-courant.

Cette analyse est d’autant plus importante qu’elle permet de comprendre les enjeux stratégiques du coup d’État de Mohammed ben Salame en Arabie saoudite, coup d’État soutenu par Donald Trump, promu par Coca-Cola et acclamé par les médias français (L’im-Monde, Libération, etc.) !

Je poursuis ma recherche documentaire pour peaufiner mon analyse que j’espère publier la semaine prochaine…

06/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Keiser Report, Russia Today.
Petro-Yuan, Chine en QuestionMonde en Question Russia Today.
Dossier documentaire USA, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Trump élu, la Chine menace de bloquer les importations d’iPhone


 

Le futur président des États-Unis est déjà menacé par la presse nationale chinoise : après avoir fait campagne sur la lutte contre l’économie chinoise, Donald Trump reçoit des avertissements venus d’un pays indispensable à l’économie américaine.

Lire la suite… Numerama

Lire aussi :
L’iPhone, future victime collatérale du bras de fer entre Trump et la Chine ?, Le Soir.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Un cow-boy menace la Russie et la Chine


Bibliographie Politique

 

Voilà votre armée : 187 000 soldats, actuellement déployés dans 140 pays.

Nous possédons et nous conserverons à l’avenir, la capacité de nous déployer rapidement et nous détruirons n’importe quel ennemi, n’importe où, n’importe quand.

Les États-Unis sont confrontés à un important défi en Europe, en Asie et au Moyen-Orient.

L’instabilité imprévisible est la nouvelle norme. Nous devons gérer le plus haut taux d’instabilité depuis au moins 1992.

Mais tout ceci n’est qu’une nuisance relativement mineure par rapport aux ressources dont dispose un État-nation avancé, comme la Russie, la Chine ou même la Corée du Nord et l’Iran.

À ce stade, nous pouvons développer quelques points que nous avons appris au cours de l’étude que nous avons menée intensément cette année sur la guerre future de haute intensité entre des États-nations de grande puissance. Et le premier est, sans surprise, qu’elle sera hautement mortelle, très hautement mortelle, contrairement à tout ce que notre armée a connu au moins depuis la Seconde Guerre mondiale.

En outre, le champ de bataille sera hautement complexe et presque certainement dans des zones urbaines denses et contre un ennemi insaisissable, obscur, qui combine la guérilla terroriste avec des actions conventionnelles, au sein de larges populations civiles.

Donc, en résumé, les 25 prochaines années ne vont pas être comme le 10 dernières, ni même comme les 25 dernières. Les défis qui s’accumulent et auxquels nous sommes confrontés, tout comme le caractère de la guerre en pleine mutation, ne ressemblent à rien que nos forces actuelles aient jamais connu en intensité et mortalité.

Lire aussi :
William BLUM, L’État voyou, Parangon, 2002, [Texte en ligne].
Ancien fonctionnaire du département d État, Blum nous rappelle que, s’il n’y a pas dé justification au 11 Septembre, il y a certainement des raisons. L’État voyou démontre comment, sous couvert de liberté, de démocratie et de droits de l’homme, les États-Unis commettent des actes criminels barbares, et agissent de la façon la plus belliqueuse qui soit.
William BLUM, Les guerres scélérates – Les interventions de l’armée américaine et de la CIA depuis 1945, Parangon, 20024, [Presse-toi à gauche !].
Pourquoi les États-Unis ont-ils soutenu les mouvements contre-révolutionnaires en Colombie, au Guatemala, au Salvador dans de nombreux autres pays ? Pourquoi avoir joué les dictateurs contre des hommes politiques démocratiquement élus, Pinochet contre Allende, le chah d’Iran contre Mossadegh, Mobutu contre Lumunba… Pourquoi avoir envahi la petite île de la Grenade et Panam ? Pourquoi avoir soutenu des guerres contre des gouvernements progressistes au Nicaragua, en Angola, en Indonésie ou au Timor oriental ?… Pourquoi avoir provoqué la mort de millions de personnes ? Pourquoi avoir empêché le développement de nombreux pays ? Toujours au nom de la démocratie et de la liberté !
Dossier documentaire Géopolitique – Arc de crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.
Dossier documentaire USA, Monde en Question.

Les USA envoient des bombardiers à capacité nucléaire près des îlots chinois


 

A l’approche de sommets de haut niveau en Asie la semaine prochaine, le gouvernement Obama a de nouveau accru les tensions avec la Chine au sujet de la mer de Chine méridionale. Le Pentagone a annoncé jeudi que deux bombardiers B-52 stratégiques à capacité nucléaire avaient, les 8 et 9 novembre, effectué des missions à proximité d’îlots réclamés par la Chine.

Ces vols provocateurs ont eu lieu deux semaines à peine après que le destroyer lance-missiles USS Lassen eut délibérément pénétré dans la limite territoriale de 12 milles marins de Subi Reef, contrôlé et administré par la Chine. La détermination de Washington à intensifier son défi militaire des prétentions maritimes de Pékin augmente considérablement le risque d’une erreur ou d’un mauvais calcul menant à un affrontement entre les deux puissances nucléaires.

Le porte-parole du Pentagone Bill Urban a confirmé que les pilotes des B-52 avaient reçu et ignoré deux avertissements des contrôleurs au sol chinois. Il a dit que les vols avaient eu lieu « aux environs » des îles contestées Spratly, mais que les bombardiers ne s’étaient jamais aventurés « à moins de 15 miles nautiques de toute installation ». Cela contredit les commentaires d’un responsable américain anonyme qui a dit au Hill que les avions étaient passés une fois à l’intérieur des 12 miles nautiques.

Urban a insisté pour dire que les B-52 effectuaient « une mission de routine » avec décollage et retour à Guam et « se comportaient à tout moment conformément au droit international ». Washington déclare régulièrement que les prétentions territoriales de la Chine en Mer de Chine méridionale sont illégitimes, bien que les États-Unis n’aient pas ratifié la loi internationale de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS).

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré aux médias hier que la Chine respectait les droits des navires et aéronefs étrangers, mais « s’opposait fermement à la violation du droit international et à ce qu’on sape la souveraineté et la sécurité des intérêts chinois sous prétexte de liberté de navigation et de survol ». Des navires de guerre américains et des avions militaires ont déjà patrouillés près des côtes de la Chine et à proximité de bases militaires sensibles comme celles de l’île de Hainan voisine de la Mer de Chine méridionale.

Si les États-Unis critiquent régulièrement la récupération de sols « agressive » de la Chine en Mer de Chine méridionale, les actions de Pékin elles, sont le résultat de l’intervention grandissante de Washington dans les différends territoriaux opposant la Chine à ses voisins. Au sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud (ASEAN) en 2010, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avait dit que les Etats-Unis avaient « un intérêt national » à « la liberté de navigation » en mer de Chine méridionale. Le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi avait répondu dans un essai en accusant Clinton de mener « pratiquement une attaque contre la Chine ».

La mer de Chine méridionale est juste une des poudrières que le gouvernement Obama a délibérément enflammées dans le cadre de son « pivot vers l’Asie », une stratégie diplomatique, économique et militaire globale visant à assurer l’hégémonie américaine dans la région, par une guerre avec la Chine si nécessaire. Ces cinq dernières années, Washington a encouragé les pays d’Asie du Sud-Est, en particulier les Philippines et le Vietnam, à poursuivre plus agressivement leurs revendications envers la Chine. Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire en Asie, obtenu de nouveaux arrangements de bases militaires avec les Philippines et l’Australie, et renforcé leurs liens militaires avec les pays de toute la région.

Le moment des vols de B-52 a été soigneusement placé à la veille du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Manille qui mènera à la réunion des dirigeants les 18 et 19 novembre. La Chine a pressé le gouvernement philippin de veiller à ce que la Mer de Chine méridionale ne soit pas à l’ordre du jour du sommet qui est traditionnellement limité aux questions économiques et commerciales.

Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a fortement suggéré que le président Barack Obama allait insister sur la question, contredisant ainsi le président chinois Xi Jinping qui sera présent à l’APEC. Earnest a dit qu’il ne savait pas si la Mer de Chine méridionale serait à l’ordre du jour officiel, mais a ajouté qu’elle serait « à l’esprit et sur les lèvres » des dirigeants qui y seront. Le sommet de l’APEC sera suivi par ceux de l’ASEAN et de l’Asie orientale à Kuala Lumpur.

L’agence Reuters a rapporté qu’Obama allait prendre part à ce que la Maison Blanche décrit comme « un événement mettant en valeur l’aide de sécurité maritime des USA aux Philippines ». Les responsables américains n’ont pas élaboré davantage. Les États-Unis ont fourni deux vedettes de garde côtes rénovées aux Philippines et aident à renforcer la surveillance maritime du pays. En vertu d’un accord sur les bases militaires signé en avril, l’armée américaine a un accès quasi illimité aux bases militaires philippines dont celles directement adjacentes à la Mer de Chine méridionale.

Washington a encouragé et aidé les Philippines à contester juridiquement les prétentions territoriales de la Chine sur lesquelles la Cour permanente d’arbitrage a décidé le mois dernier d’exercer sa compétence. Cette semaine, le ministre de la Sécurité de l’Indonésie Luhut Pandjaitan a suggéré que son pays pourrait emboîter le pas et lancer une affaire judiciaire, même si la Chine ne contestait pas la souveraineté de l’Indonésie sur ses îles Natuna.

Le Pentagone et les républicains de droite font pression sur le gouvernement Obama pour qu’il conteste encore plus agressivement les revendications territoriales de la Chine. Le sénateur John McCain, président de la commission sénatoriale des services armés, a écrit au secrétaire américain à la Défense Ashton Carter lundi appelant à une clarification publique de l’intervention de l’USS Lassen en Mer de Chine méridionale, pour répondre à des critiques qu’il avait effectué un « passage innocent » et non porté atteinte aux prétentions territoriales de la Chine.

Dans le quatrième débat présidentiel républicain, le candidat Chris Christie a dénoncé la politique étrangère d’Obama comme « faible » et « incapable ». Quant à la Chine il a dit: « Ils construisent ces îles artificielles en Mer de Chine méridionale et le président ne veut pas – ou jusqu’à récemment ne voulait pas envoyer un navire ou un avion dans les 12 miles qui les entourent. Je vous dis que la première chose que je ferais avec les Chinois est … J’enverrais l’Air Force One [l’avion présidentiel] sur ces îles. Ils sauront que nous sommes sérieux ».

Obama est déjà en train de faire ce que McCain et Christie exigent – monter des actes délibérément provocateurs visant à forcer la Chine à reculer et finalement à accepter la domination de l’impérialisme américain en Asie. Ce chemin de plus en plus téméraire menace de plonger toute la région, et le monde, dans la guerre.

Peter Symonds
WSW

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Alliances militaires contre la Chine


 

Les États Unis intensifient la politique anti-Chine du « pivot vers l’Asie »

La stratégie américaine de maintien d »une supériorité navale écrasante dans la région Indo-Pacifique est tout sauf innocente. Le plan du Pentagone pour une guerre contre la Chine, nommé « Bataille de l’air et de la mer » repose sur la capacité de monter une attaque aérienne et par missiles massive sur le continent chinois à partir de la mer, visant entre autres les forces militaires et l’infrastructure de la Chine, le tout complété par un blocus économique. Sous prétexte d’assurer « la liberté de navigation », la marine américaine s »assure la capacité de bloquer les voies maritimes-clés de l’océan Indien dont se sert la Chine pour ses importations d’énergie et de matières premières depuis l »Afrique et le Moyen-Orient.

Le seul aspect « coopératif » de cette stratégie est l’effort fait par des Etats-Unis pour renforcer leurs alliances et partenariats stratégiques contre la Chine dans toute la région indo-pacifique. Ceci est mis en exergue dans le document comme le principal « défi lorsque [les Etats-Unis] font usage de force ou d’intimidation contre d »autres nations souveraines pour faire valoir des revendications territoriales. »

En fait, c »est Washington qui a délibérément enflammé les disputes maritimes dans l »ouest du Pacifique et encouragé le Japon, les Philippines et le Vietnam à mettre agressivement en avant leurs revendications territoriales contre la Chine.

WSWS

La France et le Japon renforcent une coopération militaire dirigée contre la Chine

En visite à Tokyo vendredi, les ministres français des Affaires étrangères et de la Défense ont signé des accords avec leurs homologues japonais après des entretiens « deux-plus-deux » sur les questions de sécurité nationale et de diplomatie. Le Japon est le seul pays d’Asie avec lequel la France a mis en place une telle échange diplomatico-militaire.

Cet accord militaire intervient après que le Japon et la France ont convenu de collaborer en Afrique, où l’impérialisme français monte des interventions militaires dans ses anciennes colonies, notamment au Mali et en République centrafricaine (RCA). Au cours de leurs premiers pourparlers « deux-plus-deux » à Paris l’an dernier, Tokyo s’était engagé à soutenir les interventions militaires françaises en Afrique, qui visent à saper l’influence croissante de la Chine sur le continent. (Voir : La France et le Japon s’allient contre l’influence chinoise en Afrique)

En concluant une alliance militaire avec le Japon, la France attise les tensions déjà entraînées en Asie par le « pivot vers l’Asie » du gouvernement Obama. En même temps que Washington essaie de consolider une alliance militaro-stratégique avec le Japon, l’Australie, l’Inde et d’autres puissances régionales, visant à isoler la Chine et à se préparer à une guerre avec elle, le Japon et la Chine sont enfermés dans un face-à-face militaire virulent au sujet des îles Senkaku / Diaoyu en Mer de Chine orientale.

WSWS

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Chine- États-Unis


L’agence de presse Xinhua a publié une série d’articles issus d’un rapport intitulé « L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012 » publié par le Conseil des Affaires d’État du gouvernement chinois en réponse à celui publié par le Département d’État américain.

L’écart de richesse se creuse aux États-Unis

L’écart entre les riches et les pauvres s’agrandit au fil des ans aux États-Unis, selon un rapport sur les droits de l’homme aux États-Unis publié dimanche.

Le coefficient de Gini des États-Unis était de 0,477 en 2011 et l’inégalité des revenus a augmenté de 1,6% entre 2010 et 2011, indiquant un accroissement de l’écart entre les riches et les pauvres, indique le rapport.

Le taux de pauvreté était de 15% en 2011, avec 46,2 millions de personnes vivant dans la pauvreté, selon les données publiées par le Bureau du recensement des États-Unis en septembre 2012.

Par ailleurs, 21 personnes sur 10.000 sont sans domicile fixe, et environ quatre personnes sans domicile fixe sur dix sont sans abri, selon le rapport.

Le rapport intitulé « L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012 » a été publié par le Bureau de l’information du Conseil des Affaires d’État, gouvernement central chinois, en réponse au Rapport 2012 sur la situation des droits de l’homme dans le monde, publié par le Département d’État américain.

Xinhua

La discrimination raciale reste répandue aux États-Unis

La discrimination raciale aux États-Unis n’a connu aucune amélioration et les personnes de couleur ne jouissent pas de droits politiques, économiques et sociaux égaux, indique un rapport sur les droits de l’homme aux États-Unis publié dimanche.

Le droit de vote des Américains issus de groupes ethniques est limité et certains électeurs américains d’origine asiatique ont été bloqués dans les bureaux de vote lors de l’élection présidentielle de novembre 2012, rappelle le rapport, intitulé « L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012 », publié par le Bureau de l’information du Conseil des Affaires d’État.

En 2010, plus de deux millions d’Afro-Américains avaient été privés de leur droit de vote, rappelle le document, citant des médias.

La discrimination raciale reste répandue dans les domaines de la répression policière et de la justice, la police ayant tendance à adopter une attitude plus tolérante envers les Blancs, explique le rapport, ajoutant que les Américains issus de groupes ethniques étaient victimes de discrimination sur le marché du travail de sorte que leur situation économique s’empire.

Les cas de discrimination religieuse augmentent également rapidement, avec de multiples insultes et attaques contre les Musulmans.

Citant un récent sondage réalisé par American media, le rapport rappelle que 51% des Américains ont une attitude explicitement négative à l’égard des Afro-Américains, soit trois points de pourcentage de plus qu’en 2008.

De plus, les droits des immigrants illégaux sont violés. Des décès ont souvent lieu dans les centres de rétention administrative.

Xinhua

Les Américains issus de groupes ethniques vivent dans la pauvreté à cause de la discrimination

La situation économique des Américains issus de groupes ethniques s’est détériorée du fait qu’ils sont victimes de discrimination sur le marché du travail, indique un rapport sur les droits de l’homme aux États-Unis publié dimanche.

« L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012 » a été publié par le Bureau de l’information du Conseil des Affaires d’État de Chine, en réponse au Rapport 2012 sur la situation des droits de l’homme dans le monde, publié par le Département d’État américain.

Le revenu moyen des ménages Afro-Américains s’élevait à 32.229 dollars en 2011, inférieur de 60% à celui des Blancs non-hispaniques, selon le rapport, citant des statistiques du Bureau du recensement des États-Unis.

Le taux de pauvreté des Afro-Américains était de 27,6% en 2011, soit environ trois fois celui des Blancs non-hispaniques.

La discrimination sur le marché du travail est la principale cause de la disparité des revenus et de la pauvreté, note le rapport rédigé chaque année par le gouvernement chinois pour répondre au rapport des États-Unis qui rabaisse la situation des droits de l’homme en Chine.

Selon les statistiques du Département du Travail des États-Unis, le taux de chômage des Blancs était de 7,0% en octobre 2012, alors que le taux de chômage des Afro-Américains et des Hispaniques étaient respectivement de 14,3% et 10%, selon le rapport.

Xinhua

Les femmes aux États-Unis sont victimes de discrimination, de la pauvreté et de violences sexuelles

Les femmes aux États-Unis sont victimes de discrimination sur le marché du travail et sont plus vulnérables à la pauvreté et à la violence, certaines étant victimes d’agression sexuelle, indique un rapport publié dimanche sur les droits de l’homme aux États-Unis.

Les États-Unis comptent parmi le petit nombre de pays à n’avoir pas ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, précise ce rapport intitulé « L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012 », publié par le Bureau de l’information du Conseil des affaires d’État de Chine.

Deux tiers des travailleurs touchant le salaire minimum ou moins et 61% des travailleurs à plein temps au salaire minimum en 2011 étaient des femmes, indique ce rapport, citant le Bureau des statistiques sur l’emploi des États-Unis.

Les femmes enceintes et les jeunes mères font face au risque d’être licenciées par leurs employeurs, ajoute ce rapport.

Le taux des femmes souffrant de la pauvreté était de 14,6% en 2011, contre 10,9% pour les hommes. Les femmes sont plus vulnérables à la pauvreté et environ 40% des femmes qui sont chef de famille vivent dans la pauvreté, ajoute ce rapport, citant l’organisation américaine National Women’s Law Center.

Les femmes sont victimes de violence et d’agressions sexuelles. Les femmes dans l’armée sont souvent victimes d’agressions sexuelles aux États-Unis et environ 79% d’entre elles ont rapporté avoir été victimes d’harcèlements sexuels, indique ce rapport.

Xinhua

La vie et la sécurité personnelle des citoyens aux États-Unis ne sont pas dûment protégés

La vie et la sécurité personnelle des citoyens aux États-Unis, qui sont hantés par les crimes violents, ne sont pas dûment protégés, indique un rapport sur les droits de l’homme aux États-Unis publié dimanche.

Le gouvernement américain a peu fait en matière de contrôle des armes à feu, souligne le rapport, intitulé « L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012 », qui a été publié par le Bureau de l’information du Conseil des Affaires d’État de Chine.

Les Américains sont les plus armés du monde en termes de nombre d’armes à feu par habitant, indique le rapport, citant la chaîne de télévision CNN, selon laquelle 270 millions d’armes à feu sont possédées par des civils aux États-Unis, alors que plus de 100.000 personnes sont victimes d’armes à feu chaque année.

Deux décisions de justice rendues en 2008 et en 2010 par la Cour suprême des États-Unis ont réduit fortement l’autorité de l’État et des gouvernements locaux en matière de limitation du port d’armes, rappelle le rapport.

Environ la moitié des 50 États américains ont promulgué des lois permettant aux propriétaires d’armes à feu de les porter dans la plupart des lieux publics. Beaucoup d’État ont adopté la loi « Défendez-vous » (Stand your ground) qui autorise les citoyens à utiliser la force, quitte à tuer, s’ils se sentent menacés, même si, dans certain cas, ils peuvent échapper à la menace sans avoir besoin d’avoir recours à la violence, souligne le rapport.

Xinhua

Le mauvais traitement des suspects et des détenus est courant aux États-Unis

Le mauvais traitement des suspects et des détenus est un phénomène courant aux États-Unis, selon un rapport publié dimanche par la Chine sur l’état des droits de l’homme aux États-Unis.

De nombreuses poursuites ont été engagées contre le commissariat de police de New York, où des agents de police ont été accusés d’avoir violé les droits civiques des citoyens au cours de leur service, indique le rapport.

Citant un rapport de CNN de mai 2012, le document révèle que 9,6% des détenus ont été victimes d’abus sexuel en prison, soit plus du double que le chiffre cité dans un rapport publié en 2008.

Le rapport intitulé « L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012 » a été publié par le Bureau de l’Information du Conseil des Affaires d’État, gouvernement central chinois, en réponse au Rapport 2012 sur la situation des droits de l’homme dans le monde, publié par le Département d’État américain.

Xinhua

Les guerres engagées par les États-Unis ont causé des pertes civiles massives

Les guerres en Irak et en Afghanistan, toutes les deux déclenchées par les États-Unis, ont causé des pertes civiles massives, indique un rapport publié dimanche sur les droits de l’homme aux États-Unis.

De 2001 à 2011, la guerre contre le terrorisme engagée par les États-Unis a fait entre 14.000 et 110.000 morts par an, indique ce rapport, citant un article publié sur Internet par l’association Stop the War Coalition.

La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (UNAMA) a confirmé qu’au moins 10.292 non-combattants avaient été tués entre 2007 et juillet 2011, précise ce rapport intitulé « L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012 », publié par le Bureau de l’information du Conseil des Affaires d’État de Chine.

On estime qu’environ 115.000 civils ont été tués dans les conflits entre 2003 et août 2011, ajoute ce rapport.

Outre ces deux pays occupés, la « guerre contre le terrorisme » s’est répandue dans de nombreux pays voisins, dont le Pakistan, le Yémen et la Somalie, occasionnant de lourdes pertes civiles dans ces pays, indique ce rapport.

Par ailleurs, selon un rapport publié sur le site Internet de la BBC relatif aux attaques de drone américain dans les régions frontalières de l’Afghanistan et du Pakistan, « seule une victime sur 50 des attaques de drone américain au Pakistan est un terroriste, les autres sont des civils innocents ».

Xinhua

Lire aussi :
• États-Unis – Des milliers de gens vivent dans des tunnels sous la terre, Le Grand Soir.
Revue de presse Chine 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.

La Chine vue par Adam SMITH


Les marxistes, qui récitent leur catéchisme comme des mantras, dénigrent Adam Smith alors que Karl Marx lui doit beaucoup. La lecture de Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations montre que Adam Smith avait une vision plus juste de la Chine que Marx et Engels, qui avaient un point de vue très eurocentré et très réducteur [1].

Son analyse, écrite en 1776, fut confirmée au XXème siècle par Angus Maddison, économiste et historien anglais, dans L’économie chinoise – Une perspective historique.

La Chine a été, pendant une longue période, un des plus riches pays du monde, c’est-à-dire un des plus fertiles, des mieux cultivés, des plus industrieux et des plus peuplés ; mais ce pays paraît être depuis très longtemps dans un état stationnaire. Marco Polo, qui l’observait il y a plus de cinq cents ans, nous décrit l’état de sa culture, de son industrie et de sa population presque dans les mêmes termes que les voyageurs qui l’observent aujourd’hui. Peut-être même cet empire était-il déjà, longtemps avant ce voyageur, parvenu à la plénitude d’opulence que la nature de ses lois et de ses institutions lui permet d’atteindre. Les rapports de tous les voyageurs, qui varient sur beaucoup de points, s’accordent sur les bas prix des salaires du travail et sur la difficulté qu’éprouve un ouvrier en Chine pour élever sa famille. Si, en remuant la terre toute une journée, il peut gagner de quoi acheter le soir une petite portion de riz, il est fort content. La condition des artisans y est encore pire, s’il est possible. Au lieu d’attendre tranquillement dans leurs ateliers que leurs pratiques les fassent appeler, comme en Europe, ils sont continuellement à courir par les rues avec les outils de leur métier, offrant leurs services et mendiant pour ainsi dire de l’ouvrage. La pauvreté des dernières classes du peuple à la Chine dépasse de beaucoup celle des nations les plus misérables de l’Europe. Dans le voisinage de Canton, plusieurs centaines, on dit même plusieurs milliers de familles, n’ont point d’habitations sur la terre et vivent habituellement dans de petits bateaux de pêcheurs, sur les canaux et les rivières. La subsistance qu’ils peuvent s’y procurer y est tellement rare, qu’on les voit repêcher avec avidité les restes les plus dégoûtants jetés à la mer par quelque vaisseau d’Europe. Une charogne, un chat ou un chien mort, déjà puant et à demi pourri, est une nourriture tout aussi bien reçue par eux que le serait la viande la plus saine par le peuple des autres pays.
Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations – tome I p.66 [2]

20/08/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Adam SMITH, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776 [Texte ligne : Les Classiques des sciences sociales]. L’ouvrage est composé de cinq livres, dont les thèmes sont :

1. Des causes qui ont perfectionné les facultés productives du travail, et de l’ordre suivant lequel ses produits se distribuent naturellement dans les différentes classes du peuple (sur la nature humaine, le travail, et « l’habileté, la dextérité et l’intelligence qu’on y apporte ») ;
2. De la nature des fonds ou capitaux de leur accumulation et de leur emploi (description des marchands et du capital) ;
3. De la marche différente et des progrès de l’opulence chez différentes nations (histoire du développement économique et politique économique) ;
4. Des systèmes d’économie politique (en particulier, le système du commerce international) ;
5. Du revenu du souverain ou de la république (revenus, dépenses, et objectifs du gouvernement).

• Adam SMITH, Encyclopédie de L’AgoraWikisource.
• Giovanni ARRIGHI, Adam Smith à Pékin – Les promesses de la voie chinoise, Max Milo, 2009 [Jan-Frederik ABBELOOS (proche des altermondialistes), Geschichte TransnationalRevue Internationale des Livres et des Idées – Tony ANDRÉANI (socialiste prônant un retour à Marx), BlogLes Lettres Françaises p.X-XI – Frédéric LEMAÎTRE (journaliste), Le Monde – Alain LIPIETZ (ex-militant maoïste), Blog – Vincent PRÉSUMEY (ex-militant trotskyste), Liaisons –  Xavier de la VEGA (journaliste), Sciences Humaines].

À la fin du XVIIIe siècle, Adam Smith a prévu la nouvelle émergence économique de l’Orient et l’équilibre des pouvoirs avec l’Ouest. Dans cet ouvrage magistral et à contre-courant de la pensée dominante, Giovanni Arrighi démontre comment l’extraordinaire ascension de la Chine nous invite à relire « La Richesse des nations » avec un regard neuf. À la faveur d’une déconfiture de l’hégémonie américaine, la République Populaire pourrait proposer l’alternative au capitalisme du XXe siècle. Peut-on se fier au modèle chinois actuel pour refonder l’organisation économique mondiale ?
Giovanni Arrighi répond à partir de trois idées fortes : la voie de développement chinoise est essentiellement différente du néolibéralisme ; la montée de la puissance chinoise est déjà en train de modifier la structure de l’économie politique à l’échelle internationale ; l’un des aspects majeurs de la voie chinoise, contrairement à l’image que les médias occidentaux en donnent souvent, pourrait être porteuse d’un modèle plus égalitaire et plus écologique de développement.

• Samir AMIN, Giovanni ARRIGHI, André GUNDER-FRANK, Immanuel WALLERSTEIN, La crise, quelle crise ? – Dynamique de la crise mondiale, François Maspéro, 1982 [Études internationalesPolitique étrangère].
• Giovanni ARRIGHI, The Long Twentieth Century, Verso, 1994 [Estrategia InternacionalMultitudes].
• Giovanni ARRIGHI, À la recherche de l’état mondial, Actuel Marx n°40.
• Articles de Giovanni ARRIGHI, Scribd.
• Giovanni ARRIGHI, Johns Hopkins University.
Revue de presse Chine 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine, Monde en Question.


[1] Lire :
• Serge LEFORT, La Chine vue par MARX et ENGELS, Chine en Question.
• Serge LEFORT, Lire MARX et ENGELS, Monde en Question.
[2] Sélection des passages sur la Chine dans Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations.

Pourquoi l’Amérique a besoin de diaboliser la Chine


Le World politics review a publié le 17 janvier un article de Thomas P.M. Barnett intitulé « Pourquoi les États-Unis ont besoin de diaboliser la Chine ? ».

Après que le développement des forces militaires de la Chine ait été récemment dévoilé, la propagande sur la menace chinoise de Washington a atteint un niveau furieux, qui égale la peur des Américains de la croissance de l’économie chinoise. Quant aux relations américano-chinoises, il existe 10 raisons pour lesquelles Washington ne ménage pas sa peine pour diaboliser la Chine :

1. On ne peut s’empêcher d’être dépensiers et on a besoin de l’aide de la Chine. Les Américains ont l’habitude de dépenser plus qu’ils gagnent et c’est pourquoi les États-Unis souhaitent soulager leurs déséquilibres commerciaux avec le monde via une réévaluation du RMB. Les 700 millions de Chinois pauvres dans les villages attendent encore le développement économique. Pourtant, cela ne suffit pas à persuader les 535 députés américains qui pensent surtout à eux.

2. La Chine souhaite maintenir un équilibre commercial avec les États-Unis, alors que ces derniers ont toujours tendance à prendre la Chine comme ennemie. Washington limite l’exportation des hautes technologies vers la Chine et empêche la Chine d’investir dans les industries « sensibles » des États-Unis. Tout cela parce que les États-Unis sont persuadés que la Chine sera un éventuel ennemi dans les futurs combats entre grands pays.

3. Dans les années 80 du siècle dernier, la Chine est entrée sur la voie d’un développement rapide et pacifique. Les Chinois n’hésitent pas à promouvoir la liberté économique et continuent à soutenir le système politique de la Chine.

4. C’est en 1972 que nous avons affirmé à Beijing qu’il y n’a qu’une seule Chine. Cependant, depuis ce moment-là, nous avons commencé à vendre sans cesse des armes à Taiwan.

5. Depuis 65 ans, les armes nucléaires empêchent les guerres entre les grands pays et il faudrait que les armes nucléaires existent toujours. La Chine est pour ce point de vue et c’est pourquoi elle n’a pas sanctionné l’Iran et la Corée du Nord en ne suivant pas les États-Unis.

6. Les gens du Pentagone serrent la Chine de près et suivent de près chaque progrès militaire de la Chine. Ensuite, ils diront complaisamment : « Je t’ai dit que ce sera comme ça. »

7. La frénésie de la « domination » existe toujours à Washington. Quelqu’un a dit que ce n’est pas suffisant que les dépenses militaires des États-Unis dépassent celles du monde entier, il faut encore dominer la Chine dans le secteur militaire près de ce pays.

8. Les avocats des « grandes guerres » du Pentagone rêvent toujours de guerres entre les grands pays sans armes nucléaires.

9. Nous vivons dans une époque politique basée sur la peur. Chaque progrès militaire chinois, même s’il est encore très loin d’être appliqué dans l’avenir, est exagéré par la presse, qui dit qu’il sera « utilisé tout de suite ».

10. Au lieu de croire la réalité, nous préférons considérer la Chine comme un pays mystérieux qui connaît peu de changements.

17/01/2011
Thomas P.M. Barnett
World politics review
Renmin Ribao

Lire aussi :
• Articles sur la Chine, Thomas P.M. Barnett’s Globlogization.
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.