Chine en Question

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Archives de Tag: Tsunami médiatique

Que penser de l’accident nucléaire au Japon ?


Alors que les médias dominants en Occident instrumentalise la peur comme dans l’affaire de la grippe AH1N1, il est intéressant de savoir ce qui signifie le niveau 4 d’alerte nucléaire. C’est dans la presse chinoise qu’on trouve l’explication claire et détaillée. Qu’on se le dise !

14/03/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Suite au violent séisme qui a frappé le Japon le onze mars, le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Fukushima a connu des fuites radioactives. Le gouvernement japonais a déjà classé cet accident au niveau 4 sur une échelle de 0 à 7. Que signifie cet accident ? Qu’en est-il de la sécurité nucléaire ?

Selon l’échelle internationale des événements nucléaires (INES en anglais), les événements de niveau 1 à 3 sont qualifiés d’incidents ; à partir du niveau 4, on passe au statut d’accident. Le niveau 1 signale une anomalie sans conséquence. Le niveau 2 est un incident sans impact sur l’extérieur, mais qui expose les employés de la centrale à des radiations importantes. Le niveau 3 décrit un incident grave, avec un très faible rejet hors du site, mais provoquant des effets aigus sur la santé des employés.

Lorsqu’on atteint le niveau 4, on parle d’accident. Il y a un rejet mineur à l’extérieur, qui expose le public à des radiations équivalentes aux limites prescrites. Le réacteur et ses barrières biologiques sont considérablement endommagés, mettant même en danger la vie des travailleurs. Le niveau 5 est qualifié d’accident entraînant un risque hors du site, avec un rejet limité et des dommages graves du réacteur et de ses barrières biologiques. Les niveaux 6 et 7 désignent respectivement des accidents graves et majeurs.

L’accident le plus grave de l’Histoire s’est produit en 1986 ; la catastrophe de Tchernobyl en URSS est la seule classée au niveau 7. L’explosion du réacteur n°4 a entraîné le relâchement de 8 tonnes de matière radioactive dans l’atmosphère, contaminant immédiatement une zone de 60 000 km2 autour de la centrale et exposant plus de 3,2 millions de personnes. En 1979, la fusion partielle d’un réacteur à Three Mile Island aux États-Unis a été classée au niveau 5. La panne du système de refroidissement a causé une importante fuite radioactive qui a nécessité l’évacuation d’au moins 150 000 résidents.

Renmin Ribao

Lire aussi :
• Eliseo VERON, Construire l’événement – Les médias et l’accident de Three Mile Island, Minuit, 1981.
Dossier documentaire & Bibliographie Eliseo VERON, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Crise & Gestion de crise, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Risque & Gestion du risque, Monde en Question.

Tsunami médiatique


Un séisme est traité différemment par les médias s’il a lieu au Japon (1 224 articles) ou en Chine (72 articles).
Le séisme qui a lieu au Japon provoque un tsunami médiatique (plus de 93 000 articles) car la peur fait vendre.

11/03/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Séisme dans le sud-ouest de la Chine : la recherche des survivants se poursuit, Xinhua.
Dossier documentaire & Bibliographie Crise & Gestion de crise, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Risque & Gestion du risque, Monde en Question.

Le « péril jaune » se vend bien



Péril jaune, Wikipédia

Sélection d’articles récents qui agitent la menace du « péril jaune » :
• 18/08/2010, Le spectre d’un « péril jaune » inquiète Washington, FRANCE 24.
• 02/11/2010, Du péril jaune au péril bleu, chronique d’un fiasco européen, Euros du Village.
• 05/11/2010, Hu Jintao à Paris [REVUE DE PRESSE], NouvelObs.
• 28/12/2010, Péril jaune, La Libre Belgique.
• 05/01/2011, Discours du Péril Jaune, La Chine à notre porte.
• 07/01/2011, Le « péril jaune », vu du bout du monde…, Blog Philippe Jandrok.
• 14/01/2011, Le retour du péril jaune ?, Blog de Charles Gave.
• 02/02/2011, Faut-il avoir peur de l’offensive chinoise en Europe ?, L’Express.
• 03/02/2011, Pourquoi l’expansion chinoise nous fait peur, Les Echos.

Sélection d’articles critiques de l’usage du concept de « péril jaune » :
• 1984, Maurice TOURNIER, Les jaunes : un mot-fantasme à la fin du 19e siècle, Mots n°8.
• 1996, Nayan SHAH, White Label et « péril jaune » : race, genre et travail en Californie, fin XIXe-début XXe siècle, Clio.
• 07/11/2005, Régis POULET, Le Péril jaune, La revue des ressources.
26/12/2005, Serge LEFORT, Du « péril jaune » à « l’invasion des produits chinois », Chine en Question.
• Janvier 2006, Martine BULARD, Fantasmes du péril jaune, Le Monde diplomatique.

Sélection de livres qui agitent la menace du « péril jaune » :
• 1897, Jacques NOVICOW, Le péril jaune, Giard & Brière [GallicaRevue Internationale de SociologieWikipédia].
• 1901, Edmond THÉRY, Le péril jaune, Felix Juven [GallicaLes EchosWikipédia].
• 1904, Ármin VÁMBÉRY, Le péril jaune : étude sociale, G. Ranschburg [Gallica].
• 1904, Austin de CROZE, Péril jaune et Japon, Comptoir général d’éditions [Gallica].
• 1905, Capitaine DANRIT, L’invasion jaune, Flammarion [GallicaLa revue des ressourcesChemins de mémoireWikipédia].
• 1910, Jack LONDON, The Tale of the Next Great War, McClure Magazine [Une invasion sans précédent, Politique étrangère n°2].
• 1912, François De TESSAN, Promenades au Far-West, Plon [Journal de la Société des Américanistes].
• 1926, R. d’AUXION de RUFFÉ, Chine et Chinois d’aujourd’hui – Le nouveau péril jaune, Berger-Levrault [Bulletin de l’Ecole française d’Extrême-Orient].

Pour aller plus loin :
• 1974, Gérard HERVOUET, Perceptions occidentales de la Chine contemporaine  : l’analyse de la politique étrangère chinoise dans la littérature spécialisée, Études internationales n°4.
• 1986, Danièle BONNAUD-LAMOTTE, KIM Jung-Wha, Regards sur l’Asie dans trois revues des années trente, Mots n°13.
• 1987, Denise HELLY, Les Chinois à Montréal 1877-1951, Institut québécois de recherche sur la culture, [Revue d’histoire de l’Amérique française n°1Anthropologie et Sociétés n°2].
• 1991, Thanh H. VUONG, Stratégies technico-commerciales asiatiques, Études internationales n°3.
• 2001, Lucie BERNIER, Fin de siècle et exotisme : le récit de voyage en extrême-Orient, Revue de littérature comparée n°297.
• 2001, Gérard SIARY, Images et contre-images de l’extrême-orient au Japon et en Occident, Revue de littérature comparée n°297.
• 2001, LU Xiaobo, L’avenir des relations sino-américaines, Revue internationale et stratégique n°43.
• 2002, Junzo KAWADA, « Est contre Ouest », Diogène n°200.
• 2003, CHONG Woei Lien, La Chine par elle-même, Critique internationale n°20.
• 2003, Daniel SABBAGH, Le statut des « Asiatiques » aux États-Unis, Critique internationale n°20.
• 2004, Emmanuel PUIG, L’ordre et la menace : analyse critique du discours de la menace chinoise en Relations internationales, Revue internationale et stratégique n°54.
• 2005, Pierre RAJOTTE, L’Orient dans les récits des voyageurs québécois de la seconde moitié du vingtième siècle, Figures et contre-figures de l’orientalisme.
• 2006, Michel KORINMAN, De Pékin à Beijing, Outre-Terre n°25.
• 2007, YU Shuo, Aperçu transculturel des trois rencontres Europe-Chine, Revue du MAUSS n°30.
• 2010, Pierre GROSSER, Comment écrire l’histoire des relations internationales aujourd’hui ? Quelques réflexions à partir de l’Empire britannique, Histoire@Politique n°10.
• 2010, Yann BÉLIARD, Le syndicat des gens de mer contre le Péril Jaune: les ressorts d’une campagne oubliée (Royaume-Uni, printemps 1914), Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique n°11.

中國 zhōng guó


Que savons nous de la Chine ? Rien, pratiquement rien. Le volume d’informations quotidiennes est inversement proportionnel à l’importance de ce pays. Yahoo! Actualité est un bon indicateur. En temps ordinaire, ce site publie moins de 5 dépêches par jour, qui sont reprises en boucle par tous les médias dominants. Mais dès que le dalaï-lama s’exprime, les médias dominants se prosternent aux pieds de sa Sainteté, la 14e réincarnation d’une divinité tibétaine, pour recueillir sa parole en copiant-collant les dépêches d’agences [1].

Nous ne savons rien de la Chine ou si peu… parce que la Chine ne fut pas et n’est pas un objet de connaissance, mais de convoitise des puissances occidentales. Christophe Colomb mourut sans savoir qu’il avait découvert l’Amérique car il croyait avoir trouvé le chemin le plus court pour conquérir Cathay, nom donné à la Chine par Marco Polo [2].
La colonisation de la Chine fut donc retardée et finalement réalisée par d’autres puissances occidentales, principalement l’Angleterre et la France entre 1839 et 1949, avec une brutalité non moins raffinée que celles des Conquistadores espagnols. Les chercheurs anglo-saxons, évaluent le nombre des victimes dans une fourchette oscillant entre 120 et 150 millions en un siècle [3]. Il ne faut jamais oublier cette barbarie quand les mêmes puissances occidentales prétendent donner des leçons de démocratie à la Chine.

Nous ne savons rien de la Chine ou si peu… parce que, pour commencer, nous lui attribuons un nom qui n’est pas le sien. 中國 en chinois, transcrit zhōng guó en pinyin, se traduit par « pays du milieu » et non par « empire du milieu » comme on le fait couramment, y compris dans Wikipédia qui comporte beaucoup d’autres erreurs dont l’usage du terme « sinogramme » au lieu de « caractère chinois » [4].
L’usage de l’expression volontairement fautive « empire du milieu », qui induit l’idée de domination voire d’assujettissement, était le lieu commun des colonisateurs et est resté le lieu commun de la propagande des médias dominants.
Pays s’écrit 國 en graphie classique et 国 en graphie simplifiée. 國 est composé de 囗 wéi (enceinte / enclos), 口 kǒu (bouche), 一 yī (le chiffre un) et 戈 gē (lance / hallebarde). 国 est composé de 囗 wéi (enceinte / enclos) et 玉 yù (jade). Ainsi, le mot pays évoque, en graphie classique, un espace délimité par une frontière, protégé par une force militaire et administré efficacement et, en graphie simplifiée, un espace délimité par une frontière et précieux comme le jade [5].

Nous ne savons rien de la Chine ou si peu… parce que la majorité des sinologues français, plus encore les prétendus tels, ont conservé la vision de la Compagnie de Jésus : faire rentrer la pensée chinoise dans le moule de la philosophie occidentale. C’est le cas des contributions de La pensée en Chine aujourd’hui [6] et notamment celle de Joël Thoraval qui annonce sans rire le retour en force d’une certaine forme du pragmatisme américain dans la Chine contemporaine !

Nous ne savons rien de la Chine ou si peu… parce que les médias dominants simplifient à l’extrême comme toujours et surtout parce qu’ils sont unanimes à relayer les idéologies les plus réactionnaires. Conformément à un processus classique d’évolution, les petits maîtres à penser, hier pro-chinois parce que disciples béats du grand timonier, sont aujourd’hui anti-chinois parce que prosélytes zélés du consensus néo-libéral droite-gauche [7]. La réalité chinoise est beaucoup plus complexe, mais qui s’en soucie ?

20/02/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Dictionnaire chinois français – français chinois en caractères simplifiés, Chine nouvelle.
• L’étude des caractères classiques permet de comprendre les subtilités de la langue et donc de la pensée chinoise. Ces deux livres, de lecture facile, constituent une excellente introduction :

– FAZZIOLI Edoardo, Caractères chinois – Du dessin à l’idée, 214 clés pour comprendre la Chine, Flammarion, 1987 et 1993.
– JAVARY Cyrille J.-D., 100 mots pour comprendre les Chinois, Albin Michel, 2008 [DjohiZénith FM].
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Cyrille JAVARY, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie François JULLIEN, Monde en Question.


[1] Les médias droite-gauche de la France catho-laïque se complaisent à encenser le dalaï lama, qui est leur héros contre la Chine. Il est vrai que, à l’heure où la démocratie s’exporte à coups de missiles contre le peuple afghan, il est logique que le chef religieux d’un secte puisse incarner à la fois une divinité tibétaine et la démocratie occidentale.


Dalaï Lama, sculpture d’Eugenio Merino

Et l’im-Monde récite son catéchisme : «le traitement réservé à cet homme en Europe et aux Etats-Unis est un marqueur de l’attachement que les Occidentaux éprouvent encore à l’égard des droits de l’homme». Le respect des droits de l’homme, invoqué contre les anciennes colonies, n’est qu’un discours néo-colonial… sans effets.
[2] Le terme grandes découvertes masque la réalité du projet colonial de la Monarchie catholique. La Conquista des Amériques commença en 1492 c’est-à-dire l’année où s’achevait la Reconquista chrétienne des royaumes musulmans de la péninsule Ibérique. La colonisation se traduisit par le vol des terres, le pillage des richesses, le massacre des résistants, l’esclavage et la conversion des survivants, l’imposition des mœurs et coutumes occidentales notamment vestimentaires.
[3] Un bon résumé par Michel TIBON-CORNILLOT : Les guerres de l’opium ou l’écrasement de la Chine, Dedefensa et La Chine en enfer : pillages et génocides blancs, Dedefensa.
[4] Le terme sinogramme ne fut pas inventé par Delphine Weulersse et Nicolas Lyssenko beaucoup le répète par copier-coller. C’est une appellation typiquement coloniale :

En France, il était déjà en usage au XIXe siècle : on le trouve employé, par exemple, dans un article d’Alexandre Ular, Notes sur la littérature en Chine. Il était également utilisé par les auteurs anglo-saxons : ainsi George Ripley et Charles A. Dana dans The New American Cyclopaedia: A Popular Dictionary of General Knowledge, dont l’édition fut entreprise dès 1858. Le premier usage attesté le serait en 1830, en langue latine : « sinogrammatum. » Cette année-là, l’abbé Janelli Cataldo publia un ouvrage dont le titre est : Tabulae Rosettanae Hieroglyphicae et Centuriae Sinogrammatum polygraphicorum interpretatio per Lexeographiam Temuricosemiticam (Neapoli Typis Regiis).
Wikipédia

Pour la petite histoire, Delphine Weulersse est une religieuse chrétienne orthodoxe que les éditions du Cerf présentent ainsi :

Après une licence de russe et un doctorat de chinois en Sorbonne, une année d’étude à l’université de Pékin et quatre au Japon, Delphine Weulersse, mariée et mère de trois enfants, a enseigné la langue et la littérature chinoises classiques pendant près de trente ans à l’université de Paris-VII. […] En 1993, à la suite d’une conversion fulgurante, elle devient orthodoxe au monastère russe de Bussy-en-Othe où elle fera sa profession monastique en 2002 sous le nom d’Anastasia.

Quant à Nicolas Lyssenko, il a auto-édité avec Delphine Weulersse en 1986 une Méthode programmée du chinois moderne.
[5] 國, Wiktionary – 国, Wiktionary. Étymologie de 國, Chine nouvelle et JAVARY Cyrille J.-D., 100 mots pour comprendre les Chinois, Albin Michel, 2008 p.277 à 279.
Usages du caractère 國 à partir d’une recherche dans Google.
[6] CHENG Anne (sous la direction de), La pensée en Chine aujourd’hui, Folio Gallimard, 2007.
[7] HOCQUENGHEM Guy, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col mao au Rotary, Agone, 1986 et 2003.

Propagande pour le Tibet


L’anniversaire de la fuite du Dalai-Lama vers l’Inde en mars 1959 fut l’occasion d’une nouvelle opération de propagande en faveur non seulement du Tibet, présenté comme « l’enfer » sous domination chinoise, mais aussi du chef religieux et politique d’un système séculaire d’oppression des Tibétains.

Les médias dominants répètent en boucle les mêmes mots, les mêmes phrases en tordant l’histoire et en faisant du bouddhisme tibétain une victime du communisme chinois et de Tenzin Gyatso un héros des droits de l’homme. L’histoire est naturellement plus complexe et certainement pas en faveur des moines tibétains ni du Dalai-Lama [1].

Élisabeth MARTENS et Jean-Paul DESIMPELAERE viennent d’écrire « Le Boudhisme tibétain » (à paraître le 17/04/2009 aux éditions Aden) :

Le livre est une déconstruction systématique des stéréotypes que nous nous faisons du Bouddhisme Tibétain, à savoir « une philosophie de vie et pas une religion, une religion athée, sans dogme et non confessionnelle, prêchant le pacifisme, la tolérance et la compassion, non politisée et sans ambitions économiques ». L’instrumentalisation à des fins politiques de cette philosophie religieuse est un des points central du livre [2].

La Fondation Gabriel Péri organise une conférence-débat avec les auteurs le 14 mai 2009 à Paris sur le thème « Tibet : Fascination ou Manipulation ? » (voir Reflets de Chine).

Dans ce contexte, la promotion de Sa Sainteté le Dalaï Lama par le député-maire Jean-Marc Ayrault, soi-disant représentant de la République laïque, est le symptôme du retour de l’idéologie religieuse dans le champ politico-médiatique [3]. Mais il est probable que la propagande hystérique pour le Tibet touche à sa fin car la Chine a salué… le retournement du président Nicolas Sarkozy sur cette question [4]. Seule la gauche restera peut-être fidèle à la théocratie tibétaine…

03/04/2009
Serge LEFORT

Lire aussi :
• Chine-Tibet 2008
Monde en Question
Tian-Di
Tibetdoc
Wikipédia
• Bibliographie & Dossier documentaire Tibet, Monde en Question.


[1] Lire les articles à partir du 10 mars 2009 :
Yahoo! Actualités.
Alvinet Actualité.
[2] 11/02/2009, Tibet, deux personnages incontournables, Reflets de Chine – La Chine vue autrement.

ALBIÉ Alain, Reflets de Chine – La Chine vue autrement.
– Articles, Investig’action
– Articles, Tibetdoc

DESIMPELAERE Jean-Paul, Tibetdoc
– Articles, Investig’action
– Articles, Mondialisation
– Articles, Radio86 – Tout sur la Chine
– Articles, Reflets de Chine
– Articles, Tibetdoc
– Bibliographie, Monde en Question

MARTENS Élisabeth, Tian-Di.
– Articles, Investig’action
– Articles, Le Grand Soir
– Articles, Mondialisation
– Articles, Radio86 – Tout sur la Chine
– Articles, Reflets de Chine
– Articles, Tibetdoc
– Bibliographie, Monde en Question

• 25/01/2008, MARTENS Elisabeth – Spécial Tibet, le défi à la Chine, Investig’action

En réponse aux articles du Nouvel Obs. du 17 janvier 2008
1. La carte du « Tibet historique » se base sur une approximation de ce que fut l’Empire des Tubo pendant environ un siècle (8ème). L’Empire des Tubo s’est effondré au 9ème en raison de divisions claniques. Suite à la chute des Tubo, les monastères bouddhistes, assez disséminés et surtout fort contestés par les représentants de la religion préexistante (le Bön), prennent en main l’organisation du pays.
2. Le Tibet n’a pas été « annexé à la Chine en 1959 », mais au 13ème siècle, lorsque les Mongols ont envahi la Chine des Song. Constatant la grande influence des monastères bouddhistes sur les populations tibétaines, les Mongols ont désigné des hauts lamas pour devenir responsables administratifs du Tibet.
3. Le Tibet n’a pas été un « protectorat chinois », mais il est devenu une province chinoise au 18ème siècle, lorsque les Qing (dynastie mandchoue) ont divisé le vaste Empire chinois en 18 provinces. C’est à cette époque que le 5ème Dalaï-Lama fut nommé dirigeant politique du Tibet, ce que restera la lignée des Dalaï-Lamas.
4. Donc, le Tibet connut une brève indépendance au 8ème siècle, et depuis lors ne put plus accéder à ce titre. Aucun gouvernement au monde, ni l’ONU, n’a jamais reconnu une indépendance du Tibet vis-à-vis de la Chine, depuis cette lointaine époque des Tubo.

• 21/03/2008, MARTENS Elisabeth, Violences au Tibet : un avis alternatif, Investig’action

D’après des témoins occidentaux présents sur place, e.a. James Miles, journaliste pour « The Economist » , les violences commises à Lhassa durant cette semaine – date de commémoration de la « Rébellion nationale de mars 59 » – ont été inaugurées par des Tibétains, dont des lamas qui encourageaient des groupes de jeunes à commettre des actes destructeurs.
Les manifestations de violence étaient organisées : les Tibétains portaient des sacs à dos remplis de pierres, de couteaux et de cocktails molotov. Les morts causés par ce drame sont tous des Chinois. Les dégâts matériels, destruction de commerces, incendie de véhicules, étaient clairement tournés contre les Chinois. Les manifestants tibétains s’en sont également pris à des écoles primaires, des hôpitaux et des hôtels.
De sorte que les Occidentaux présents sur place, pour la plupart des touristes, se demandaient quand la police allait intervenir. Rejointe par l’armée chinoise, elle est intervenue suite à deux jours de violence. Les autorités chinoises craignaient-elles la réaction des pays occidentaux ? … pays qui, en réalité, n’attendaient que cette intervention pour parler de « répression sauvage par l’armée chinoise et de chasse aux manifestants ». Comment lire ces faits ?

• 28/03/2008, MARTENS Elisabeth, Tibet : Réponses sur l’Histoire, la religion, la classe des moines, les problèmes sociaux, la répression, le rôle des USA…, Investig’action

Il faut analyser à qui profitent ces émeutes : ni aux Chinois, ni aux six millions de Tibétains de Chine. Elles servent essentiellement à ameuter l’opinion publique autour des violations des Droits de l’homme en Chine, le manque de liberté d’expression, et les diverses répressions que nous incriminons au gouvernement chinois. Donc, elles servent à donner de la Chine une image exécrable, ceci juste avant les JO qui vont rassembler la presse internationale à Pékin.

A nouveau, c’est l’information qui est donnée chez nous : après avoir mis en lumière la tromperie quant au génocide ethnique, on s’est rapidement tourné vers le « génocide culturel ». Il est évident que, moi, en tant que petit individu, si je dis l’inverse, personne ne me croira, mais il suffit d’aller voir sur place pour vous en convaincre.

L’opinion publique suit les médias et les médias obéissent aux intérêts économiques. Ne vit-on pas dans une dictature économique chez nous ? La censure est aussi réelle ici qu’ailleurs, mais mieux camouflée. En Occident, on n’est pas enfermé en prison pour ses opinions, mais bien dans sa tête, puis dans la maladie qui en résulte. Je me demande parfois ce qui vaut mieux. Donc votre question réelle devient : « comment expliquer le sentiment pro-tibétain véhiculé par notre système économique » ? Ni les E-U, ni l’Europe n’apprécient les avancées fulgurantes de la Chine sur la scène internationale. Tous les coups sont bons pour la contrecarrer : « Il faut foutre le bordel pendant les JO à Pékin ! » crie Cohn-Bendit dans son discours en séance plénière à propos du comportement que l’UE doit adopter face à la Chine. Ceci, pas même une semaine après les événements qui ont enflammé le cœur de Lhassa ! C’est assez monstrueux, mais cela démontre par « a+b » que le « grand monde de la diplomatie et du trust financier » n’a cure du Tibet, ce qui lui importe c’est « foutre le bordel en Chine ».

• 28/03/2008, PEREZ Benito, «Le bouddhisme tibétain, une philosophie ? C’est à s’esclaffer !», Le Courrier

Entretien avec Elisabeth Martens. Le dalaï-lama et son entourage portent les couleurs du pacifisme et se doivent d’entretenir l’image de tolérance et de compassion qui sied au bouddhisme tibétain, afin de séduire l’Occident. Lors des récentes émeutes, quand les actes de violence ont atteint un niveau de barbarie sans nom, il s’en est distancié. Au sein de la communauté tibétaine en exil, il existe une scission: d’une part, les modérés, dont le dalaï-lama, qui ne demandent pas l’indépendance mais une «autonomie poussée». D’autre part, les radicaux, fraction montante au sein du gouvernement en exil, qui exigent l’indépendance et sont prêts pour cela à prendre les armes. En réalité, cette dualité est très utile à leur parrain commun, les Etats-Unis: le dalaï-lama et sa suite (européenne, surtout) sert à rassembler les intellectuels occidentaux autour des thèmes de «démocratie», de «droit de l’homme», tandis que la fraction «dure» rassemble de plus en plus de membres grâce à un discours musclé. Apparemment, ce sont ces derniers qui ont mis le feu aux poudres. En provoquant des émeutes à caractère raciste, ils ont obligé le gouvernement chinois à sortir la grosse mitraille.

• 08/04/2008, « L’exaspération sociale est le ressort du mouvement au Tibet », l’Humanité
• 10/04/2008, MARTENS Elisabeth, Tibet : un appel à l’esprit critique !, Investig’action

«Ne croyez pas une chose parce que beaucoup en parlent, ne croyez pas sur la foi des temps passés, ne croyez à rien sur la seule autorité de vos prêtres et de vos maîtres. Après examen, croyez ce que vous-même aurez expérimenté et reconnu raisonnable, qui sera conforme à votre bien et à celui des autres».

Comment les Européens réagissent-ils à une telle mascarade? De la manière la plus attendue et la plus formelle qui soit. Les parlementaires se plient en quatre devant les grands prêtres oranges, les banderoles pro-tibétaines volent dans l’air azuré de Paris, les jeunes branchés écolo-bio et les intellos de gauche sont les plus atteints : c’est à en pleurer de misère intellectuelle !

De cœur avec les Chinois et les Tibétains de Chine, je m’insurge donc face au manque de réflexion et d’analyse critique qui caractérise l’Europe dans ces événements liés, non pas au Tibet réel, mais aux Tibétains en exil manipulés par l’affairisme et le consumérisme de l’Occident.

[3] Lire :
• 28/08/2008, La promotion de Sa Sainteté le Dalaï Lama, Monde en Question.
• 02/04/2009, À quand le Tibeton ?, Reflets de Chine.
[4] La Chine salue l’engagement français sur le Tibet, Xinhua.

La Chine a indiqué jeudi à Beijing qu’elle appréciait l’engagement formel de la France de ne soutenir aucune forme « d’indépendance du Tibet ».
La Chine et la France ont publié un communiqué de presse conjoint le 1er avril.
Selon le communiqué, la France reconnaît pleinement l’importance et la sensibilité du problème du Tibet et réaffirme son adhésion à la politique d’une seule Chine et sa position selon laquelle le Tibet fait partie intégrante du territoire chinois, conformément à la décision prise par le général Charles de Gaulle, qui n’a pas changé et restera inchangée. Dans cet esprit et selon le principe de non-ingérence, la France refuse de soutenir toute forme « d’indépendance du Tibet ».
« La France s’est solennellement engagée », a déclaré Qin Gang, ajoutant : « La position de la France est explicite et nous espérons que la France pourra se conformer aux principes et à l’esprit exposé dans le communiqué. »