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Universitaires anti-chinois


L’ignorance de la Chine est notre lot commun, ignorance soigneusement entretenue non seulement par les médias dominants, mais aussi par les universitaires, surtout les sinologues, qui véhiculent le plus souvent une vulgaire propagande anti-chinoise.

Cette étude de cas explore les carences de deux auteurs, l’un scientifique et l’autre sinologue, qui à presque soixante ans d’intervalle (1961 et 2018) sont présentés comme significatifs dans leur domaine.

Un scientifique

Pierre Rousseau fut un vulgarisateur scientifique qui faisait autorité à son époque et a écrit une Histoire des transports [1].

C’est un rare privilège de mériter à la fois l’attention admirative du public et l’estime raisonnée des savants.
op. cit. quatrième de couverture

Or son Histoire des transports fait l’impasse sur la Chine. L’auteur s’en explique :

N’oublions pas que le monde méditerranéen ne peut être regardé comme le nombril du globe, pas plus que ses habitants ne sauraient avoir tout inventé. Rappelons-nous que la Chine possédait un réseau routier et une organisation des transports publics quelque mille ans avant notre ère, et qu’il y avait dans l’Inde, vers le même moment, des caravanes qui allaient vendre, jusqu’en Iran et en Afghanistan, soieries, armes et parfums. Ce serait donc céder à un fâcheux « occidentalocentrisme », pourrait-on dire, que passer sous silence l’œuvre de pays aussi différents ou ne point réserver à ceux-ci une place proportionnée à l’importance de leur apport.
C’est néanmoins ce que nous ferons ici, en toute connaissance de cause et sans solliciter d’absolution. C’est un fait, en effet, d’abord que le type de civilisation qui nous gouverne fut forgé par les peuples méditerranéens, et non par les Chinois ou les Incas ; ensuite que c’est ce type même qui fut adopté peu à peu par tous les peuples, au fur et à mesure qu’ils accédaient à la conscience historique. […]
Il nous paraît donc des plus légitimes de continuer à concentrer notre attention sur ces peuples de la Méditerranée ou de la Proche-Asie qui avaient écrit déjà le prologue de notre histoire des transports. Prologue, oui, car, grâce à ces peuples et sept ou huit siècles avant notre ère, tout était en place pour que le rideau se levât. Et c’était sur la scène de la Grèce et de Rome qu’il allait s’ouvrir.
op. cit. p.37 et 38

Alors que jusque-là [479 avant notre ère] l’histoire du monde et de la civilisation s’était confondue avec celle de l’Asie, l’humble Europe, par la Grèce, signalait pour la première fois sa présence. Sur le vaste continent de ténèbres qu’était le monde occidental, Athènes venait, pour la première fois d’allumer une lueur.
Une lueur qui devint une éblouissante clarté quand, débarrassée de la menace asiatique, Athènes put s’adonner librement à son goût de l’activité et du commerce.
op. cit. p.39

Si le style peut prêter à sourire aujourd’hui, l’argumentation reste d’actualité y compris la justification de la colonisation, nommée ici accès à la conscience historique, des peuples d’Amérique, d’Afrique et d’Asie.
Cinquante ans plus tard, beaucoup d’universitaires font encore l’impasse sur la Chine. Ainsi Immanuel Wallerstein, sociologue proche du mouvement altermondialiste, a produit le concept système-monde qui reste centré sur les États-Unis et n’englobe pas la Chine [2] !

Une sinologue

Cette spécialité est un produit de la colonisation qui, à partir du XVIe siècle, fut le projet économique et politique de l’Europe. On n’imagine pas celle de francologue qui serait compétent dans l’étude non seulement de la langue, mais aussi de la philosophie, des sciences sociales (économie, politique, etc.), des sciences pures (mathématiques, astronomie, physique, chimie, biologie, etc.), des techniques, des arts, de la littérature, de la géographie et de l’histoire.

Ceci dit, Anne Cheng a des compétences linguistiques reconnues, mais obscurcies par ses préjugés politiques. Alors qu’elle a traduit les Entretiens de Confucius et qu’elle a fait des cours sur Confucius au Collège de France pendant de nombreuse années [3], elle pratique le double-langage [4] en dénigrant l’étude de Confucius… en Chine.

Depuis 2015, elle poursuit un nouveau cycle de cours sur le thème Universalité, mondialité, cosmopolitisme – Chine, Japon, Inde.

A rebours des discours ambiants, ceux des médias et ceux des autorités chinoises, sur la Chine, entité autosuffisante, selon ses mots l’an passé, la sinologue renoue le fil avec son interrogation pluriannuelle et nous propose de « décentrer la Chine », de regarder au-delà de son poids économique et géopolitique, de questionner les empires antiques sur la longue durée et un « espace circulatoire plus large » où s’esquissent les interactions avec les grands voisins, l’Inde et le Japon. Il s’agit de « d’interroger », nous dit-elle, la prétention chinoise à l’universalité.

« Cette prétention à l’universalité a-t-elle un fondement historique » demande encore Anne Cheng, alors que la Chine s’est lancée dans l’ambitieux projet « One Belt, One Road », selon la traduction anglaise de la volonté de la Chine de ceinturer une partie du monde (il n’y a guère que le continent américain pour échapper, semble-t-il, à la nouvelle route de la soie qui relie la Chine par voie terrestre et maritime à ses voisins et aux pays plus lointains engagés dans les échanges avec elle). Comment cette nouvelle route contourne-t-elle l’Inde, la question est esquissée aujourd’hui.

Le problème vient du fait que Anne Cheng affirme la prétention chinoise à l’universalité sans le démontrer. Elle applique mécaniquement à la Chine, qui redevient la première puissance économique qu’elle était au XVIIIe siècle, le concept occidental d’universalisme créé pour justifier la colonisation des Amériques, de l’Afrique et de l’Asie [5].

12/03/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Notes et références

[1] Pierre ROUSSEAU, Histoire des transports, Fayard, 1961 [cité en 1996 dans un mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine].

[2] Serge LEFORT, Les impasses de Wallerstein, Monde en Question.

[3] Entretiens de Confucius [Traduction Anne CHENG], Points Seuil, 1981 [Archives des sciences sociales des religionsRevue Philosophique de Louvain].
Anne CHENG, Cours au Collège de France.

[4] Le ressac de l’histoire – Réflexions sur les amnésies chinoises : entretien avec Anne Cheng, Vacarme, 23/06/2010.

Mon travail est le produit d’une situation. Je suis née de parents chinois dans la France de l’après-guerre : mon père y était venu pour étudier le chant, ma mère la peinture occidentale aux Beaux-Arts, deux artistes en herbe dans la bohème parisienne. On parle souvent de comique de situation ; dans mon cas, ce serait plutôt un tragique de situation : ma mère a choisi de rentrer en Chine à l’été 1966, aux premiers signes de la Révolution culturelle. À peine âgée de dix ans, j’ai vu ma mère disparaître et suis restée sans nouvelles pendant plus d’une décennie. Je ne savais même pas si elle était encore vivante : la Chine de la Révolution culturelle s’était coupée du monde. C’est là qu’a commencé mon tiraillement entre les deux extrémités du continent eurasiatique. Je reprendrais volontiers à mon compte le titre du tout premier film de Dai Sijie, Chine, ma douleur. Par ma situation, la Chine est une part de moi : j’ai été nourrie à la chinoise et le chinois est la première langue que j’ai parlée. Mais il y a eu cette cassure. La Chine, intimement, ce n’est donc ni l’Autre, ni l’exotisme, ni même la jolie Chine, celle de la jolie peinture et de la jolie poésie : c’est d’abord l’expérience d’une certaine forme de violence, du vécu et du non-dit.

[5] François JULLIEN, De l’universel, de l’uniforme, du commun et du dialogue entre les cultures, Fayard, 2008 [FiligraneHommes et migrations].

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

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XieXie


 

Chine, 1934 – Dès son arrivée au port de Guilin, Rose, une jeune Anglaise, se prend d’affection pour XieXie, une servante chinoise au service de son mari. Raymond, que Rose est venue rejoindre, est grandement accaparé par la mine dont il est le directeur. Il voit donc d’un bon œil la relation qui naît entre les deux femmes.

Pendant ce temps, la situation politique se dégrade en Chine. Alors que les troupes nationalistes de Tchang Kaïchek et celles, communistes, de Mao Zedong s’affrontent, l’arrivée imminente des Japonais crée la panique à Guilin. Les Occidentaux sont obligés de rentrer dans leur pays. Rose et Raymond ne se résigneront toutefois pas à laisser XieXie derrière eux…

Michelle DESHAIES, XieXie , Éditions David, 2018 [Texte en ligne].

Ce roman à l’eau de rose, qui se déroule pendant l’occupation coloniale de la Chine, est un réquisitoire contre le parti communiste :


p.124

09/02/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Dossier documentaire Littérature Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle Livres, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

La Chine imaginaire construite par les médias et les sinologues


 

Au seuil d’une nouvelle année, nous aimons faire la rétrospective de ce qui s’est passé et envisager l’avenir. Respectant cette tradition, je voudrais expliquer aux lecteurs occidentaux que la Chine est absolument une chance pour l’Europe et non une menace. La raison est très simple : entre la Chine et l’Europe il n’existe aucun conflit, qu’il soit d’ordre géopolitique, commercial, militaire ou financier. Depuis des milliers d’années, la Chine garde son art de vivre à travers « l’harmonie respectueuse de la diversité » de Confucius. La Chine vise toujours à « rechercher des vues identiques tout en mettant de côté les divergences », en d’autres termes, c’est « la coopération gagnant-gagnant ».

Cependant, mon intention a changé après la rétrospective 2017 faite par des médias français dans les reportages et commentaires portant sur l’un des événements majeurs survenus en Chine : le XIXe Congrès du PCC et le deuxième mandat de Xi Jinping. Puisque les Français ne peuvent pas connaître la Chine réelle à travers les médias, il est vain de souligner que la Chine n’est pas une menace. La presse française et certains sinologues butés font flèche de tout bois pour créer une « image imaginaire de la Chine » dans la tête des Français. Voilà la clé du problème.

[…]

Un autre exemple me vient à l’esprit. Les Chinois ont l’habitude d’épargner comme les Français, mais dans la bouche de Valérie Niquet, une « sinologue » française, les Chinois doivent déposer l’argent à la banque, car il n’existe pas de régime de retraite en Chine. La Chine sans régime de retraite ?! Je ne sais pas combien de gens en Europe croient ce mensonge, mais la Chine possède non seulement un régime parfait de retraite pour tous les travailleurs urbains, et depuis 2010, les habitants ruraux profitent aussi du nouveau type d’assurance vieillesse. Plus de 90% des paysans touchent actuellement la pension de vieillesse. Pour être honnête, la pension de retraite des fonctionnaires chinois est bien meilleure par rapport à celle en France. En Chine, tous les fonctionnaires masculins prennent la retraite à 60 ans, et pour les femmes à 55 ans. La pension de retraite équivaut à 80% du salaire avant la retraite. Lors de la retraite, le niveau de vie des fonctionnaires n’est pas considérablement diminué. Ils peuvent maintenir leur train de vie. Mais en France, les gens ne recevront une retraite qu’après avoir travaillé plus de 40 annuités, et la façon de la calculer est aussi étrange : 50 % du salaire moyen des 25 meilleures années. Les meilleurs salaires sont aux dernières années de la carrière, donc un fonctionnaire français retraité prendra moins d’une moitié de son salaire. De fait son niveau de vie baisse immédiatement. Mme Niquet ne connaît-elle pas la situation réelle ? Ou bien a-t-elle l’intention de tromper la population française ? Je ne sais pas.

Lire l’intégralité de l’article : ZHENG Ruolin, Deux images de la Chine : l’imaginaire et la réelle, La Chine au présent, 04/01/2018.

Lire aussi :
Jonathan D. SPENCE, La Chine imaginaire – Les Chinois vus par les Occidentaux de Marco Polo à nos jours, Presses de l’Université de Montréal, 2000 [Google Books].
Depuis sept siècles, la Chine exerce une étonnante fascination sur l’Occident. Dès les premiers contacts, elle est apparue comme un objet de désir plutôt que de connaissance et, très vite, elle est devenue une construction imaginaire et un enjeu des débats internes de l’Occident. C’est l’histoire de la Chine comme l’ont comprise et imaginée les Occidentaux que retrace ici le grand sinologue américain Jonathan D. Spence. Pour rendre compte de cette fascination, il fait appel aux récits des voyageurs, aux systèmes des philosophes, aux rapports des diplomates, aux témoignages des missionnaires et, surtout, aux œuvres des grands écrivains qui, de Mendes Pinto à Italo Calvino, en passant par Voltaire, Segalen et Brecht, ont voulu communiquer leur vision de la Chine. Grossiers ou subtils, généreux ou empreints de préjugés, sobres ou avides d’exotisme, ces documents nous en apprennent finalement autant sur l’Occident que sur la Chine.
ZHENG Lu-nian, Daniel HABER, Chine-Ocident – Le grand malentendu du XXIe siècle, L’Harmattan, 2010 [Chine en Question].
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Mamie Charlie


 

Comme nous pouvons le voir dans cet extrait d’un livre destiné aux enfants, la propagande anti-chinoise commence très tôt :

Mathilde a toujours pensé qu’au McDo, la boîte du menu enfant était mal dessinée, les frites molles, grasses et tièdes, le pain dégueu et la viande ratatinée, elle n’aime pas le ketchup ni les cornichons sucrés, et le Coca l’empêche de dormir. Qu’est-ce qui reste ? Le jouet, qui est marrant, et les nuggets de poulet, qui sont délicieux. Hélas, Mathilde est comme Mamie, elle veut se tenir informée de tout et elle a appris en regardant un reportage télévisé que les jouets étaient fabriqués en Chine par des enfants esclaves et que les Chicken Mc Nuggets étaient en fait des bouts de restes de poulet fou raclés sur les carcasses et recollés ensemble sous de la chapelure camouflage. Alors il ne reste rien.
Sophie CHÉRER, Pourquoi Mamie n’est pas gâteau, L’école des loisirs, 2004 p.30-31.

Le pire est que ce livre soit recommandé en ces termes : « Avec ce petit roman, Sophie Chérer nous invite à revoir nos préjugés et à s’interroger sur nos différences. » [Ricochet]. Il s’agit donc de revoir les préjugés en faveur de McDo en faisant la promotion d’un reportage télévisé, promu comme la source d’information indiscutable, qui diffuse un discours violemment raciste contre les Chinois !

Ce cas n’est certainement pas unique, mais, comme j’habite au Mexique, je ne peux pas consulter les bibliothèques afin de recenser ces ouvrages qui relèvent du fascisme ordinaire promu par Charlie.

12/01/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Articles Charlie Hebdo, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

L’Empire du Milieu II


 

Dans le précédent article, j’avais étudié l’origine de cette expression à partir de l’utilisation qu’en avait fait Elisée Reclus.

Malheureusement le sujet est loin d’être clos car les universitaires s’alignent sur les médias en nommant ainsi non seulement la Chine impériale, mais aussi la Chine contemporaine qui est pourtant une République depuis le 1er janvier 1912 !

Médias dominants

Une recherche dans les archives de L’im-Monde, qui se veut le quotidien de référence, montre que cette expression était peu utilisée avant la reconnaissance de la Chine par la France en 1964, mais que son usage a très fortement augmenté depuis cette date au point de devenir usuel.

L’occurrence Empire du Milieu fut utilisée 351 fois en 50 ans (entre le 01/01/1944 et le 01/01/1994 soit une moyenne de 7,02 fois par an) et 1091 fois en seulement 20 ans (entre le 01/01/1984 et le 01/01/2014 soit une moyenne de 54,55 fois par an) soit une progression spectaculaire qui s’amplifie encore pour l’année en cours :

1 925 éléments trouvés depuis 1944.
15 éléments trouvés entre le 01/01/1944 et le 01/01/1954.
13 éléments trouvés entre le 01/01/1954 et le 01/01/1964.
57 éléments trouvés entre le 01/01/1964 et le 01/01/1974.
79 éléments trouvés entre le 01/01/1974 et le 01/01/1984.
187 éléments trouvés entre le 01/01/1984 et le 01/01/1994.
431 éléments trouvés entre le 01/01/1994 et le 01/01/2004.
660 éléments trouvés entre le 01/01/2004 et le 01/01/2014.
120 éléments trouvés depuis 1 an.

Médias universitaires

On pourrait penser que les médias universitaires, notamment ceux dédiés à la Chine, ne tomberaient pas dans la propagande anti-chinoise. Il n’en est rien ! Le blog ChinElectrodoc – blog de veille sur le monde chinois, qui fait partie de la plateforme académique Hypotheses, a publié le compte-rendu de l’ouvrage Chine, les visages de la justice ordinaire : entre faits et droit sous le titre L’empire du Milieu par ses tribunaux !

J’avais posté un commentaire, qui est resté longtemps en attente de validation mais n’a pas été publié. Je l’ai reposté le 27/11/2017 à 16h52 (heure Mexico) sous la référence #comment-40597, mais sans succès.

En bref, tout le monde s’aligne, par ignorance ou/et propagande anti-chinoise, sur la pire des encyclopédies qui traduit zhōng guó par Empire du Milieu. J’avais modifié le texte le 21/02/2010 à 10h02 (heure Mexico) ainsi :

L' »empire du Milieu » (du chinois  »zhōngguó », 中国) est un terme étranger pour désigner la Chine alors qu’il signifie « pays du milieu ».
Source

Cette modification fut révoquée selon les techniques décrites dans le documentaire Die dunkle Seite der Wikipedia (version doublée en français).

30/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Articles contenant l’expression Empire du Milieu, Google Actualités.
Serge LEFORT, zhōng guó, Chine en Question, 23/02/2010.
Serge LEFORT, L’Empire du Milieu I, Chine en Question, 16/11/2012.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Connaître la Chine : mission impossible ?



ZHANG Weiwei, The China Wave: Rise of A Civilizational State

 

Journaliste ayant travaillé en France pendant une vingtaine d’années, j’observe toujours de près les reportages publiés dans la presse française qui portent sur la Chine. Depuis les années 1990 jusqu’à nos jours, en passant par la première décennie de ce siècle, la Chine, peu abordée autrefois, est devenue un sujet qui focalise désormais l’attention des médias français. Un pic avait été atteint en 2008 où, tous les jours ou presque, on pouvait lire quantités d’informations sur la Chine. À l’heure actuelle, malgré une actualité relativement « froide », les sujets liés à la Chine continuent de faire l’objet de reportages et commentaires dans la presse française.

Tous les jours nous pouvons voir, lire et entendre des informations sur la Chine dans les médias français. […] En plus de ceux qui traitent des droits de l’homme, les autres, quels que soient leurs sujets, expriment sans exception des points de vue ostensiblement négatifs à l’égard de la Chine.

[…]

Mais quel motif pousse les journalistes français à avoir une vision si négative de la Chine ? Mes amis journalistes français m’ont expliqué qu’il existe de facto une actualité chinoise négative. Toutefois, nous pourrions poser la question suivante : n’existe-t-il pas des phénomènes négatifs dans les autres pays ? Pourquoi les journalistes français ne rapportent-ils que le côté sombre de la Chine lorsqu’ils couvrent les événements qui s’y produisent ?

[…]

Prenons la France comme exemple, toutes les enquêtes montrent que le peuple n’est satisfait ni du gouvernement ni du président qu’il a élu. La popularité de l’ex-président Hollande était tombée à 10 % à la fin de son mandat et trois mois après l’élection d’Emmanuel Macron, sa popularité ne cesse de chuter elle aussi. Pourtant, lorsqu’il s’agit du régime politique de leur pays, j’ai découvert avec surprise que les Français le soutiennent et pensent qu’il n’en existe pas de meilleur en France, mais aussi en Europe et dans tout l’Occident. Malgré les limites de plus en plus visibles du système d’élection démocratique occidental, l’opinion française continue de lui témoigner sa confiance même si ce fondement de la vie publique est incapable de résoudre les problèmes auxquels la société française fait face. C’est là une différence entre la Chine et la France, voire entre la Chine et l’Occident.

[…]

Pour exprimer le fond de ma pensée, si les médias français, voire occidentaux, dépeignent avec insistance une image si négative de la Chine, c’est dans le seul but de défendre leur système électoral démocratique. Les Chinois ne s’opposent pas au régime démocratique occidental qui doit ses origines à la culture et à la tradition occidentales et se révèle bien adapté aux pays occidentaux développés. Compte tenu des conditions propres de la Chine, la voie chinoise et le modèle chinois conviennent plus à son histoire et à sa tradition culturelle. Pour reprendre une phrase du président Xi Jinping, on sait par soi-même si on a trouvé chaussure à son pied. La Chine est une civilisation vieille de 5 000 ans. Depuis la guerre de l’Opium qui força la Chine, 170 ans auparavant, à ouvrir ses portes, le pays a subi des échecs et traversé une période difficile de tâtonnements à la recherche d’un modèle de développement qu’elle a trouvé aujourd’hui ; peut-être même que le modèle de développement chinois pourrait davantage convenir à d’autres pays qui n’ont pas connu la phase du colonialisme et de l’industrialisation.

ZHENG Ruolin, Connaître la Chine : mission impossible ?, Chine au présent, 01/09/2017.

Ma conclusion est beaucoup plus pessimiste que celle de l’auteur. Presque tous les journalistes occidentaux cultivent une ignorance crasse de la Chine d’hier et d’aujourd’hui et se contentent de répéter paresseusement et inlassablement la propagande anti-chinoise en utilisant l’expression coloniale Empire du Milieu.
Lire : Serge LEFORT, L’Empire du Milieu I, Chine en Question, 16/11/2012.
J’en veux pour preuve le nombre d’articles qui quotidiennement usent et abusent de ce vocable : Google ActualitésGoogle Actualités RSS.

17/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
ZHENG Ruolin, Les chinois sont des hommes comme les autres, Denoël, 2012 [Question ChineYouTube].
Serge LEFORT, zhōng guó, Chine en Question, 23/02/2010.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Résolution du 19e Congrès national du PCC


 

Les extraits suivants de la Résolution du 19e Congrès national du PCC montrent que le texte original est très éloigné de la propagande des médias dominants occidentaux qui unanimement présentent Xi Jinping comme le nouvel empereur… de l’Empire du milieu :

• Xi Jinping, l’empereur rouge, Le Monde, 13/10/2017.
• Xi Jinping, l’empereur rouge déterminé à sauver le communisme chinois, Le Vif, 13/10/2017.
• Xi Jinping, le nouvel empereur, Arte, 16/10/2017.
• Le deuxième sacre de Xi Jinping, le tout-puissant « empereur rouge », Le Figaro, 17/10/2017.
• Xi Jinping ou le mythe du « Nouvel empereur rouge », RFI, 18/10/2017.
• Xi Jinping, l’empereur rouge de la Chine, L’Echo, 25/10/2017.
• Xi Jinping, empereur de Chine, L’Express, 25/10/2017.
• Xi Jinping, l’apprenti empereur, Le Vent de la Chine, 02/11/2017.
• L’empereur géo-économique Xi Jinping a quinze ans d’avance, La Jornada – Réseau Voltaire, 03/11/2017.

06/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Le Congrès souligne que le socialisme à la chinoise, après avoir parcouru un long chemin, est entré dans une nouvelle ère, et au cours de son développement, un nouvel horizon historique s’est ouvert à notre pays. Avec l’entrée du socialisme à la chinoise dans la nouvelle ère, la principale contradiction dans la société chinoise s’est transformée en celle entre l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure et le développement déséquilibré et insuffisant de la Chine. Cette transformation de la principale contradiction sociale en Chine est un changement historique touchant à la situation d’ensemble. Le Parti et l’État doivent donc agir en s’adaptant à de nombreuses nouvelles exigences qui en découlent. Il nous faut, en poursuivant nos efforts en faveur du développement, tout mettre en œuvre pour résoudre le problème lié à un développement déséquilibré et insuffisant, et améliorer sensiblement sa qualité et ses performances, de manière à satisfaire au mieux les besoins croissants de la population dans les domaines économique, politique, culturel, social et écologique, à encourager le plein épanouissement de l’homme, et à faire progresser la société dans tous les domaines.

Le Congrès indique que, jusqu’à 2020, nous nous trouverons dans l’étape décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance. Il nous faut donc, en conformité avec les exigences formulées par les XVIe, XVIIe et XVIIIe Congrès du Parti, mettre l’accent sur les domaines prioritaires, remédier à nos insuffisances, nous débarrasser de nos points faibles, et surtout, livrer la dure bataille pour parer aux risques majeurs, réaliser l’élimination ciblée de la pauvreté et maîtriser la pollution de l’environnement. Et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que, le moment venu, le peuple chinois reconnaisse l’avènement de la société de moyenne aisance et que cette dernière résiste à l’épreuve de l’histoire.

Le Congrès estime que la période qui sépare le XIXe du XXe Congrès du Parti constitue la charnière des objectifs des « deux centenaires ». Durant cette période, nous devons non seulement par achever l’édification intégrale de la société de moyenne aisance pour réaliser l’objectif du premier centenaire, mais également entreprendre, sur cette lancée, l’édification intégrale d’un pays socialiste moderne-nouvelle grande marche conduisant à la réalisation de l’objectif du deuxième centenaire. Après l’analyse de la conjoncture, tant extérieure qu’intérieure, et l’analyse des conditions de développement dont dispose notre pays, nous pouvons diviser en deux phases la période allant de 2020 au milieu du siècle pour prendre des dispositions : la première phase va de 2020 à 2035, phase pendant laquelle, partant de l’établissement de la société de moyenne aisance, nous poursuivrons nos efforts pour réaliser l’essentiel de la modernisation socialiste; la deuxième phase va de 2035 au milieu du siècle, phase pendant laquelle nous allons, partant de la modernisation réalisée pour l’essentiel, poursuivre nos efforts pendant encore 15 ans pour transformer la Chine en un grand pays socialiste beau, moderne, prospère, puissant, démocratique, harmonieux et hautement civilisé.

Le Congrès approuve les dispositions proposées dans le rapport d’activité concernant l’édification du socialisme sur les plans économique, politique, culturel, social et écologique. Il souligne qu’il faut appliquer le nouveau concept de développement et édifier un système économique moderne; insister sur la primauté de la qualité et privilégier la rentabilité du développement; prendre pour fil conducteur la réforme structurelle du côté de l’offre pour promouvoir un changement en matière de qualité, d’efficacité et de force motrice du développement économique; accélérer l’instauration d’un système industriel où l’économie réelle, l’innovation scientifique et technique, la finance moderne et les ressources humaines se développent de façon coordonnée; et construire un système économique caractérisé par la grande efficacité du rôle du marché, un dynamisme entrepreneurial des acteurs microéconomiques et un emploi à bon escient du macrocontrôle, notre but visé étant d’accroître sans cesse la capacité d’innovation et la compétitivité de notre économie. Il faut approfondir la réforme structurelle du côté de l’offre, accélérer l’édification d’un État innovant, appliquer la stratégie de redressement des régions rurales, mettre en œuvre la stratégie de développement interrégional coordonné, accélérer le perfectionnement du système d’économie de marché socialiste, promouvoir une nouvelle conjoncture d’ouverture tous azimuts, de manière à réaliser un développement de meilleure qualité, plus efficace, plus équitable et plus durable.

[…] il faut, avant tout, concentrer nos efforts sur les problèmes qui touchent aux intérêts directs et réels de la population et qui sont au centre de ses préoccupations: développer en priorité l’éducation, augmenter la qualité de l’emploi et les revenus de la population, renforcer l’édification du système de protection sociale, remporter la victoire finale dans la lutte contre la pauvreté, mettre en œuvre la stratégie de « Chine saine », mettre en place une architecture de gouvernance sociale dite « synergie, concertation et partage », et assurer efficacement la sécurité nationale, afin de procurer au peuple un sentiment de satisfaction, de bonheur et de sécurité qui soit plus fort, mieux garanti et plus durable. Il faut accélérer la réforme en faveur de la civilisation écologique et construire une belle Chine. À cet effet, il importe de promouvoir le développement vert, de veiller à résoudre les problèmes saillants de l’environnement, de renforcer la protection de l’écosystème, et d’innover dans le domaine du système de surveillance de l’écosystème pour créer une nouvelle situation de modernisation marquée par le développement harmonieux de l’homme et de la nature.

Texte intégral : Résolution du 19e Congrès national du Parti communiste chinois sur le rapport du 18e Comité central, Xinhua, 24/10/2017.

Lire aussi :
XIXe Congrès du Parti communiste chinois, Agence de Presse XinhuaBeijing InformationCentre d’Informations Internet de ChineChine au présent.
Dossier documentaire Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Chine, à la conquête de l’Ouest


 

Réalisateur : Laurent Bouit
Durée : 0h55
Année : 2016
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : Comment la nouvelle route de la soie (encore en chantier) risque de bouleverser les relations entre la Chine, l’Asie centrale, la Russie et l’Europe.
Fiche : EntelekheiaLe MondeLibérationTélérama
Avis de Ciné Monde : En tout juste 10 ans, la Chine a construit 80 000 km d’autoroutes [13’40].
Par comparaison, le premier plan directeur routier français prévoyait, en 1960, le tracé de 1 933 km d’autoroutes à réaliser en 15 ans !

Les Chinois ont une vraie vision stratégique. […] De toute évidence, il est plus facile d’avoir des stratégies à long terme avec un pouvoir autoritaire stable [27’50].
Ce lien entre pouvoir autoritaire et stratégies à long terme est un lieu commun des médias dominants qu’on peut entendre comme un éloge non avoué.

Les journalistes reprennent la racisme de Charlie Hebdo et de Fluide Glacial : Comme souvent la démographie chinoise fait peur. Et l’angoisse du péril jaune n’est jamais très loin [39’50].

Les pleurnicheries des journalistes sur le fait que la nouvelle route de la soie profite plus aux grandes qu’au petites villes fait sourire car le développement des autoroutes (à partir de 1961) et du TGV (à partir de 1981) en France a suivi exactement la même logique sans qu’ils s’en émeuvent beaucoup.

Les journalistes ont une définition bizarre de l’impérialisme : Quel sera demain le poids de cet Europe face au nouvel ensemble que façonne la Chine tout le long de sa nouvelle route de la soie, face à ce nouvel impérialisme, basé sur l’extension économique, un impérialisme soft qui redessine la carte entre Europe et Asie [52’52] ?
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Lire aussi :
Pepe ESCOBAR, Xi’s road map to the Chinese Dream, Asia Times, 21/10/2017 – La feuille de route de Xi pour le grand Rêve chinois, Entelekheia, 26/10/2017.
Commentaire : Le gouvernement chinois a un programme de développement de la Chine pour les 33 ans à venir. Quel est le programme de développement du gouvernement des États-Unis ou des pays européens pour les 3 ans à venir ?
Charlie et « l’invasion des produits chinois », Chine en Question.
Fluide Glacial et le « péril jaune », Chine en Question.
L’im-Monde dénonce les grèves… en France, Monde en Question.
L’im-Monde prône la lutte des classes… en Chine, Chine en Question.
LÉNINE, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916 [Texte en ligne].
Eric X. LI, L’histoire de deux systèmes politiques, YouTube.
C’est une croyance habituelle en Occident : quand une société progresse, elle devient forcement une démocratie multipartite et capitaliste. Eric X. Li, investisseur et politologue chinois, nous invite à considérer qu’il n’existe pas qu’un seul système pour diriger une nation moderne prospère.

La Chine est une économie de marché, c’est une économie de marché mais ce n’est pas un pays capitaliste. Voilà pourquoi : Il est impossible qu’un groupe de milliardaires contrôle le Bureau politique de la manière dont des milliardaires contrôlent la politique aux USA. […] Aux États-Unis, le capital, les intérêts du capital et le capital lui-même se placent à la tête de la nation. L’autorité politique ne contrôle plus le pouvoir du capital. C’est pour ça que les USA sont un pays capitaliste. Et pas la Chine.
in The Coming War on China – La menace d’une guerre contre la Chine [53’43-59’22]

Dossier Cinéma France, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Fluide Glacial et le « péril jaune »


 

La couverture du dernier numéro de Fluide Glacial affiche cette caricature ouvertement raciste avec la légende : « Péril jaune, et si c’était déjà trop tard ? » Elle remplace celle initialement prévue contre les musulmans : « Couscous Jambon ».

Que le racisme anti-musulman ou anti-chinois fasse rire révèle la lepénisation des médias dominants qui, désignant les boucs émissaires d’une crise qui ronge la société française, provoque un repli nationaliste et un intégrisme catho-laïque aussi dangereux que celui des année 30 en Allemagne.

Charlie Hebdo et Fluide Glacial sont des torchons racistes et les pires ennemis de la liberté d’expression qu’ils prétendent défendre car ils l’utilisent pour faire la propagande du choc des civilisations.

21/01/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Choc des civilisations, Monde en Question.
Articles sur le « péril jaune », Chine en Question.
Bibliographie sur le « péril jaune », Chine en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Charlie et « l’invasion des produits chinois »


 

Le racisme ordinaire de Charlie Hebdo, ce torchon qui défend les valeurs de la « civilisation » occidentale, fondée sur le pillage colonial des Amériques, de l’Afrique et de l’Asie.

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Serge LEFORT, Du « péril jaune » à « l’invasion des produits chinois », Chine en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
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