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Hu Jintao courtisé en France


Malgré les Cassandre de service, Hu Jintao est bienvenu et courtisé en France pour des raisons économiques et politiques. La question des droits de l’homme, à laquelle même Monsieur Sac de riz ne croit plus beaucoup, est une farce alors que la Chine vient de célébrer le 150e anniversaire du sac du Palais d’Été par les troupes coloniales anglo-françaises [1]. Nicolas Sarkozy déroule donc le tapis rouge pour Hu Jintao parce qu’il attend de lui la signature de juteux contrats notamment avec Airbus et Areva et un soutien à la présidence française du G20 après le sommet de Séoul des 11 et 12 novembre.

« Rien aujourd’hui ne peut se régler sans le concours de la Chine » et la France entend aborder ces problèmes « non pas dans l’angle de la confrontation mais au contraire dans la recherche de convergences », souligne-t-on à l’Elysée.

« Quand on reçoit quelqu’un, pour bien le recevoir, ce n’est pas en reprochant aux gens les choses qu’on fait avancer les dossiers. C’est en essayant de les comprendre que eux vous comprennent aussi », a dit Nicolas Sarkozy à Troyes, soulignant que l’objectif était de « trouver un compromis qui soit à l’avantage des deux partenaires ».

Reuters-Yahoo! Actualités

La presse chinoise insiste sur les relations particulières qu’entretiennent la Chine et la France depuis quarante-six ans.

La France fut le premier pays occidental important à reconnaître la nouvelle Chine, lorsqu’en janvier 1964, le président français Charles de Gaulle et le président chinois Mao Zedong ont franchi les barrières de systèmes politiques différents durant l’ère de la Guerre froide pour établir des relations diplomatiques.

En septembre 1973, le président français Georges Pompidou fut le premier chef d’Etat français et du monde occidental à se rendre en Chine.

En mai 1975, le vice-Premier ministre chinois Deng Xiaoping a fait de la France la destination de la première visite d’un dirigeant chinois dans un grand pays occidental.

En janvier 1997, le président français Jacques Chirac a effectué une visite en Chine au cours de laquelle M. Chirac et son homologue chinois, Jiang Zemin, ont signé la déclaration conjointe sino-française, s’engageant à construire un partenariat global pour le 21e siècle.

En janvier 2004, le président chinois Hu Jintao a fait une visite de trois jours en France, durant laquelle les deux pays ont forgé un partenariat stratégique global, ouvrant un nouveau chapitre dans les relations sino-françaises.

En avril cette année, le président français Nicolas Sarkozy a effectué une visite en Chine et a atteint un consensus crucial sur l’approfondissement des relations bilatérales avec le président Hu, marquant une nouvelle étape dans les relations sino-françaises.

Le Quotidien du Peuple

La veille, Le Figaro avait publié un entretien dans lequel Hu Jintao prônait un partenariat d’égal à égal avec la France et aussi voire surtout avec l’Union européenne :

L’important, c’est de dépasser, dans notre coopération, le simple commerce-investissement pour créer un partenariat d’égal à égal, de valoriser nos atouts culturels en vue des échanges intellectuels et humains accrus, et de renforcer la coopération stratégique face aux défis planétaires.

La Chine attache une haute importance au développement de ses relations avec l’UE. Elle respecte et soutient l’intégration européenne, et souhaite que l’UE voie d’un regard positif son développement, respecte et soutienne sa voie de développement, une voie adaptée à ses réalités nationales. La Chine et l’UE se doivent de respecter et de prendre en considération les intérêts vitaux et préoccupations majeures l’une de l’autre. Leur relation au XXIe siècle doit être une relation basée sur le respect mutuel, la confiance réciproque et l’égalité, une relation marquée par les avantages mutuels et le développement commun et une relation qui contribue à la construction d’un ordre politique et économique international plus juste et plus équitable, à l’avènement d’un monde harmonieux et au progrès de la civilisation humaine.

Manière élégante de rappeler à l’Europe que nous sommes plus au temps des Traités inégaux quand les puissances coloniales européennes imposèrent à la Chine un commerce extérieur unilatéral et exempté de droit de douane, le monopole du marché de la drogue (l’opium) que la dynastie Qing voulait interdire, le privilège d’extraterritorialité et least but not last l’appropriation de concessions principalement dans les villes portuaires.

Aujourd’hui, une partie de go se joue entre la Chine et l’Union européenne alors que cette dernière ignore presque tout de cette stratégie et que la première puissance mondiale s’enlise en Afghanistan [2].

04/11/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Revue de presse :
• Visites d’Etat du président chinois en France et au Portugal, Agence de Presse Xinhua.
• La tournée du président chinois en France et au Portugal, Renmin Ribao.

• 01/11/2010, La Chine prône un partenariat d’égal à égal avec la France, Reuters-Yahoo! Actualités.

Le président chinois Hu Jintao plaide dans un entretien à paraître mardi dans Le Figaro en faveur d’un partenariat « d’égal à égal » avec la France, dépassant le stade des relations commerciales.

• 02/11/2010, La Chine, clé de la présidence française du G20 – Yahoo! Actualités, Reuters-Yahoo! Actualités.

Nicolas Sarkozy espère rallier cette semaine la Chine à ses propositions pour un nouvel ordre économique et monétaire mondial dans le cadre de la présidence française du G20, dont il attend beaucoup sur le plan intérieur.

• 03/11/2010, La Chine entend renforcer les relations avec la France et d’autres pays européens, déclare le président chinois, Le Quotidien du Peuple.

Le président chinois Hu Jintao a déclaré mardi, dans une interview écrite accordée au quotidien français Le Figaro, que la Chine entend renforcer les relations dans tous les domaines avec la France et d’autres pays européens et appelle aux efforts communs de la communauté internationale pour la construction de l’ordre international au 21e siècle.

• 03/11/2010, Hu Jintao : «Comment la Chine veut coopérer avec la France», Le Figaro.

INTERVIEW – À quelques jours de son arrivée à Paris pour une visite d’État, le président chinois appelle à «de nouveaux partenariats» entre les deux pays, dans de nombreux secteurs.

• 03/11/2010, Le président chinois Hu Jintao attendu à Paris et Nice pour trois jours de visite d’Etat, AP-Yahoo! Actualités.

Le président chinois Hu Jintao est attendu jeudi en France pour une visite d’Etat de trois jours, à Paris d’abord, puis à Nice à partir de vendredi. D’importantes signatures de contrats sont attendues à l’occasion de ce séjour à visée essentiellement économique, qui permettra aussi de préparer la future présidence française du G-20.

• 04/11/2010, Les relations sino-françaises ne cessent de se développer , Le Quotidien du Peuple.

Le président chinois Hu Jintao quitte Beijing pour la France jeudi pour y effectuer une visite d’Etat de trois jours. La Chine et la France, deux pays influents dans le monde, ont joui du développement constant de leurs relations bilatérales grâce à leurs efforts conjugués.

• 04/11/2010, Sarkozy: « La Chine ne doit pas être vécue comme un risque mais comme une opportunité », AP-Yahoo! Actualités.

« La Chine ne doit pas être vécue comme un risque mais comme une opportunité », a déclaré jeudi Nicolas Sarkozy, à l’occasion d’un déplacement à Troyes (Aube), tout juste une heure avant d’accueillir le président chinois Hu Jintao au début d’une visite d’Etat de trois jours en France.

• 04/11/2010, Nicolas Sarkozy déroule le tapis rouge pour le président chinois, Reuters-Yahoo! Actualités.

Nicolas Sarkozy a déroulé le tapis rouge pour le dirigeant de la deuxième puissance économique du monde, qu’il espère rallier à sa croisade pour un nouvel ordre monétaire mondial à huit jours du début de la présidence française du G20.

• 04/11/2010, Hu Jintao à Paris : des milliards d’euros en jeu, BFMTV [vidéo] – Autres vidéos.
• 04/11/2010, La visite de Hu Jintao à Paris synonyme de contrats juteux, France 24 [avec vidéos] – Autres articles.

Le président chinois Hu Jintao entame ce jeudi en France une visite d’État de trois jours. Très attendu, ce séjour devrait permettre de conclure des milliards d’euros de contrats notamment pour Airbus et Areva.

Lire aussi :
• ANDRESY Agnès, Le Président chinois Hu Jintao, sa politique et ses réseaux – Who’s Hu ?, L’Harmattan, 2008.
Entre néo-autoritarisme et ouverture économique, Hu Jintao a su imposer sa marque : en s’attaquant au volet crucial de l’instabilité sociale et en promouvant la Chine sur la scène mondiale. Au travers de cette biographie où se mêlent réseaux, luttes de pouvoir et grands desseins patriotiques, ce n’est pas seulement le portrait de Hu Jintao qui est esquissé, mais aussi celui de cette Chine du XXIème siècle, prête à relever tous les défis, tout en imposant son modèle de développement « aux couleurs chinoises ».
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.


[1] LEFORT Serge, Guerre coloniale contre la Chine, Chine en Question.
[2] CHEN Youwei, La première puissance mondiale ébranlée, Beijing InformationMonde en Question.

KO Siu Lan


L’Ecole des Beaux-arts a décroché mercredi de sa façade l’œuvre d’une artiste chinoise détournant le slogan du candidat Nicolas Sarkozy « travailler plus pour gagner plus », estimant que cela pouvait porter « atteinte à la neutralité du service public ».

« Je viens de Chine. Je ne peux pas croire que cela m’est arrivé en France. C’est une censure très brutale, sans discussion », a déclaré Ko Siu Lan.

Le directeur Henry-Claude Cousseau « m’a dit que ton travail était trop explosif pour rester in situ et que certains membres de l’école et des personnes du ministère de l’Education s’en offusquaient déjà », écrit Clare Carolin à l’artiste. La direction « m’a dit aussi que le moment était délicat car l’école est en train de renouveler sa convention de financement avec le ministère », a-t-elle ajouté.

AFP-Google Actualités

En France, il est interdit d’accrocher les mots « travailler », « gagner » « plus » et « moins », sur une façade. Comme a pu le constater, effarée, une jeune artiste chinoise, Siu Lan Ko, censurée alors qu’elle exposait ses slogans sur l’immeuble de l’école des Beaux-Arts, à Paris. C’est une blague ? Non.

C’est ironique, quand on est un artiste chinois, d’être censuré en France pour subversion politique. Critiquer Hu Jintao à Pékin, c’est possible. Mais Nicolas Sarkozy à Paris, ça non, c’est interdit.

Télérama

La censure sévirait à Paris ? Impossible ! Paris est la capitale des « droits de l’homme » et Pékin celle de la « dictature communiste ». Tous les médias dominants vous le disent et le redisent. Rue89, après Libération, publie une rubrique entièrement consacrée à ce schéma idéologique.

Ainsi, comme le titrent L’Express et Le Point, les médias « débattent sur la censure d’une œuvre sur un slogan de Sarkozy » sans pour autant hurler à la dictature. La nuance, qui est de taille, échappe aux propagandistes pavloviens.

Le plus comique de l’histoire est la prétention de Rue89 et Le Monde d’avoir « réveillé Mitterrand » comme le prétendent Arrêt sur images et Rue89 :

Elle remercie tous ceux qui l’ont soutenue, « sans qui ce n’aurait pas été possible ». Parmi eux, Agnès Tricoire, son avocate, qui dès que la censure a été révélée par Rue89, s’est mobilisée et a envoyé une mise en demeure aux Beaux-Arts […].

Rapportant les propos d’un manifestant en faveur de Ko Siu Lan «Une Chinoise qui nous donne des leçons de démocratie, c’est le comble», Rue89 note « ignorant sans doute que l’artiste était originaire de Hong-Kong ». Ce qui laisse entendre que Hong-Kong n’est pas une ville chinoise, mais serait toujours la colonie anglaise qu’elle fut de 1842 à 1997, car une Chinoise n’est pas qualifiée pour donner « des leçons de démocratie » !

13/02/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• De Paris à Dresde : Le poids des mots, le choc des images, Basta !
• Ko Siu Lan, Google ActualitésSite
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.

Propagande pour le Tibet


L’anniversaire de la fuite du Dalai-Lama vers l’Inde en mars 1959 fut l’occasion d’une nouvelle opération de propagande en faveur non seulement du Tibet, présenté comme « l’enfer » sous domination chinoise, mais aussi du chef religieux et politique d’un système séculaire d’oppression des Tibétains.

Les médias dominants répètent en boucle les mêmes mots, les mêmes phrases en tordant l’histoire et en faisant du bouddhisme tibétain une victime du communisme chinois et de Tenzin Gyatso un héros des droits de l’homme. L’histoire est naturellement plus complexe et certainement pas en faveur des moines tibétains ni du Dalai-Lama [1].

Élisabeth MARTENS et Jean-Paul DESIMPELAERE viennent d’écrire « Le Boudhisme tibétain » (à paraître le 17/04/2009 aux éditions Aden) :

Le livre est une déconstruction systématique des stéréotypes que nous nous faisons du Bouddhisme Tibétain, à savoir « une philosophie de vie et pas une religion, une religion athée, sans dogme et non confessionnelle, prêchant le pacifisme, la tolérance et la compassion, non politisée et sans ambitions économiques ». L’instrumentalisation à des fins politiques de cette philosophie religieuse est un des points central du livre [2].

La Fondation Gabriel Péri organise une conférence-débat avec les auteurs le 14 mai 2009 à Paris sur le thème « Tibet : Fascination ou Manipulation ? » (voir Reflets de Chine).

Dans ce contexte, la promotion de Sa Sainteté le Dalaï Lama par le député-maire Jean-Marc Ayrault, soi-disant représentant de la République laïque, est le symptôme du retour de l’idéologie religieuse dans le champ politico-médiatique [3]. Mais il est probable que la propagande hystérique pour le Tibet touche à sa fin car la Chine a salué… le retournement du président Nicolas Sarkozy sur cette question [4]. Seule la gauche restera peut-être fidèle à la théocratie tibétaine…

03/04/2009
Serge LEFORT

Lire aussi :
• Chine-Tibet 2008
Monde en Question
Tian-Di
Tibetdoc
Wikipédia
• Bibliographie & Dossier documentaire Tibet, Monde en Question.


[1] Lire les articles à partir du 10 mars 2009 :
Yahoo! Actualités.
Alvinet Actualité.
[2] 11/02/2009, Tibet, deux personnages incontournables, Reflets de Chine – La Chine vue autrement.

ALBIÉ Alain, Reflets de Chine – La Chine vue autrement.
– Articles, Investig’action
– Articles, Tibetdoc

DESIMPELAERE Jean-Paul, Tibetdoc
– Articles, Investig’action
– Articles, Mondialisation
– Articles, Radio86 – Tout sur la Chine
– Articles, Reflets de Chine
– Articles, Tibetdoc
– Bibliographie, Monde en Question

MARTENS Élisabeth, Tian-Di.
– Articles, Investig’action
– Articles, Le Grand Soir
– Articles, Mondialisation
– Articles, Radio86 – Tout sur la Chine
– Articles, Reflets de Chine
– Articles, Tibetdoc
– Bibliographie, Monde en Question

• 25/01/2008, MARTENS Elisabeth – Spécial Tibet, le défi à la Chine, Investig’action

En réponse aux articles du Nouvel Obs. du 17 janvier 2008
1. La carte du « Tibet historique » se base sur une approximation de ce que fut l’Empire des Tubo pendant environ un siècle (8ème). L’Empire des Tubo s’est effondré au 9ème en raison de divisions claniques. Suite à la chute des Tubo, les monastères bouddhistes, assez disséminés et surtout fort contestés par les représentants de la religion préexistante (le Bön), prennent en main l’organisation du pays.
2. Le Tibet n’a pas été « annexé à la Chine en 1959 », mais au 13ème siècle, lorsque les Mongols ont envahi la Chine des Song. Constatant la grande influence des monastères bouddhistes sur les populations tibétaines, les Mongols ont désigné des hauts lamas pour devenir responsables administratifs du Tibet.
3. Le Tibet n’a pas été un « protectorat chinois », mais il est devenu une province chinoise au 18ème siècle, lorsque les Qing (dynastie mandchoue) ont divisé le vaste Empire chinois en 18 provinces. C’est à cette époque que le 5ème Dalaï-Lama fut nommé dirigeant politique du Tibet, ce que restera la lignée des Dalaï-Lamas.
4. Donc, le Tibet connut une brève indépendance au 8ème siècle, et depuis lors ne put plus accéder à ce titre. Aucun gouvernement au monde, ni l’ONU, n’a jamais reconnu une indépendance du Tibet vis-à-vis de la Chine, depuis cette lointaine époque des Tubo.

• 21/03/2008, MARTENS Elisabeth, Violences au Tibet : un avis alternatif, Investig’action

D’après des témoins occidentaux présents sur place, e.a. James Miles, journaliste pour « The Economist » , les violences commises à Lhassa durant cette semaine – date de commémoration de la « Rébellion nationale de mars 59 » – ont été inaugurées par des Tibétains, dont des lamas qui encourageaient des groupes de jeunes à commettre des actes destructeurs.
Les manifestations de violence étaient organisées : les Tibétains portaient des sacs à dos remplis de pierres, de couteaux et de cocktails molotov. Les morts causés par ce drame sont tous des Chinois. Les dégâts matériels, destruction de commerces, incendie de véhicules, étaient clairement tournés contre les Chinois. Les manifestants tibétains s’en sont également pris à des écoles primaires, des hôpitaux et des hôtels.
De sorte que les Occidentaux présents sur place, pour la plupart des touristes, se demandaient quand la police allait intervenir. Rejointe par l’armée chinoise, elle est intervenue suite à deux jours de violence. Les autorités chinoises craignaient-elles la réaction des pays occidentaux ? … pays qui, en réalité, n’attendaient que cette intervention pour parler de « répression sauvage par l’armée chinoise et de chasse aux manifestants ». Comment lire ces faits ?

• 28/03/2008, MARTENS Elisabeth, Tibet : Réponses sur l’Histoire, la religion, la classe des moines, les problèmes sociaux, la répression, le rôle des USA…, Investig’action

Il faut analyser à qui profitent ces émeutes : ni aux Chinois, ni aux six millions de Tibétains de Chine. Elles servent essentiellement à ameuter l’opinion publique autour des violations des Droits de l’homme en Chine, le manque de liberté d’expression, et les diverses répressions que nous incriminons au gouvernement chinois. Donc, elles servent à donner de la Chine une image exécrable, ceci juste avant les JO qui vont rassembler la presse internationale à Pékin.

A nouveau, c’est l’information qui est donnée chez nous : après avoir mis en lumière la tromperie quant au génocide ethnique, on s’est rapidement tourné vers le « génocide culturel ». Il est évident que, moi, en tant que petit individu, si je dis l’inverse, personne ne me croira, mais il suffit d’aller voir sur place pour vous en convaincre.

L’opinion publique suit les médias et les médias obéissent aux intérêts économiques. Ne vit-on pas dans une dictature économique chez nous ? La censure est aussi réelle ici qu’ailleurs, mais mieux camouflée. En Occident, on n’est pas enfermé en prison pour ses opinions, mais bien dans sa tête, puis dans la maladie qui en résulte. Je me demande parfois ce qui vaut mieux. Donc votre question réelle devient : « comment expliquer le sentiment pro-tibétain véhiculé par notre système économique » ? Ni les E-U, ni l’Europe n’apprécient les avancées fulgurantes de la Chine sur la scène internationale. Tous les coups sont bons pour la contrecarrer : « Il faut foutre le bordel pendant les JO à Pékin ! » crie Cohn-Bendit dans son discours en séance plénière à propos du comportement que l’UE doit adopter face à la Chine. Ceci, pas même une semaine après les événements qui ont enflammé le cœur de Lhassa ! C’est assez monstrueux, mais cela démontre par « a+b » que le « grand monde de la diplomatie et du trust financier » n’a cure du Tibet, ce qui lui importe c’est « foutre le bordel en Chine ».

• 28/03/2008, PEREZ Benito, «Le bouddhisme tibétain, une philosophie ? C’est à s’esclaffer !», Le Courrier

Entretien avec Elisabeth Martens. Le dalaï-lama et son entourage portent les couleurs du pacifisme et se doivent d’entretenir l’image de tolérance et de compassion qui sied au bouddhisme tibétain, afin de séduire l’Occident. Lors des récentes émeutes, quand les actes de violence ont atteint un niveau de barbarie sans nom, il s’en est distancié. Au sein de la communauté tibétaine en exil, il existe une scission: d’une part, les modérés, dont le dalaï-lama, qui ne demandent pas l’indépendance mais une «autonomie poussée». D’autre part, les radicaux, fraction montante au sein du gouvernement en exil, qui exigent l’indépendance et sont prêts pour cela à prendre les armes. En réalité, cette dualité est très utile à leur parrain commun, les Etats-Unis: le dalaï-lama et sa suite (européenne, surtout) sert à rassembler les intellectuels occidentaux autour des thèmes de «démocratie», de «droit de l’homme», tandis que la fraction «dure» rassemble de plus en plus de membres grâce à un discours musclé. Apparemment, ce sont ces derniers qui ont mis le feu aux poudres. En provoquant des émeutes à caractère raciste, ils ont obligé le gouvernement chinois à sortir la grosse mitraille.

• 08/04/2008, « L’exaspération sociale est le ressort du mouvement au Tibet », l’Humanité
• 10/04/2008, MARTENS Elisabeth, Tibet : un appel à l’esprit critique !, Investig’action

«Ne croyez pas une chose parce que beaucoup en parlent, ne croyez pas sur la foi des temps passés, ne croyez à rien sur la seule autorité de vos prêtres et de vos maîtres. Après examen, croyez ce que vous-même aurez expérimenté et reconnu raisonnable, qui sera conforme à votre bien et à celui des autres».

Comment les Européens réagissent-ils à une telle mascarade? De la manière la plus attendue et la plus formelle qui soit. Les parlementaires se plient en quatre devant les grands prêtres oranges, les banderoles pro-tibétaines volent dans l’air azuré de Paris, les jeunes branchés écolo-bio et les intellos de gauche sont les plus atteints : c’est à en pleurer de misère intellectuelle !

De cœur avec les Chinois et les Tibétains de Chine, je m’insurge donc face au manque de réflexion et d’analyse critique qui caractérise l’Europe dans ces événements liés, non pas au Tibet réel, mais aux Tibétains en exil manipulés par l’affairisme et le consumérisme de l’Occident.

[3] Lire :
• 28/08/2008, La promotion de Sa Sainteté le Dalaï Lama, Monde en Question.
• 02/04/2009, À quand le Tibeton ?, Reflets de Chine.
[4] La Chine salue l’engagement français sur le Tibet, Xinhua.

La Chine a indiqué jeudi à Beijing qu’elle appréciait l’engagement formel de la France de ne soutenir aucune forme « d’indépendance du Tibet ».
La Chine et la France ont publié un communiqué de presse conjoint le 1er avril.
Selon le communiqué, la France reconnaît pleinement l’importance et la sensibilité du problème du Tibet et réaffirme son adhésion à la politique d’une seule Chine et sa position selon laquelle le Tibet fait partie intégrante du territoire chinois, conformément à la décision prise par le général Charles de Gaulle, qui n’a pas changé et restera inchangée. Dans cet esprit et selon le principe de non-ingérence, la France refuse de soutenir toute forme « d’indépendance du Tibet ».
« La France s’est solennellement engagée », a déclaré Qin Gang, ajoutant : « La position de la France est explicite et nous espérons que la France pourra se conformer aux principes et à l’esprit exposé dans le communiqué. »

L’enjeu du Sommet du G20 (4) suite


Le Sommet du G20 fut un succès parce qu’il s’est contenté de préconisations (Le texte complet est publié par The New York Times). L’une d’entre elles est plus importante qu’il n’y paraît :

A moyen terme, mieux refléter l’évolution des poids des économies dans le FMI et la Banque mondiale.
NouvelObs

Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 ont convenu samedi d’accroître la représentation des pays en développement au sein du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, selon le communiqué publié à l’issue de leur premier sommet, à Washington.
Romandie News

Mais cette participation a un prix :
• La Chine devrait prêter plus d’argent au FMI (on parle de 100 milliards de dollars) pour occuper une place plus importante.
• Plus de 150 pays, dont la plupart des pays d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie, n’auront pas le droit d’émettre leurs vues sur l’ordre financier international.
• Le FMI et la Banque mondiale feront encore payer aux plus pauvres les pertes des plus riches (Le Grand Soir).

La Chine n’est pas pressée d’affirmer sa puissance, en pillant l’Afrique et l’Amérique latine, car le temps joue en sa faveur. Pendant que Nicolas Sarkozy attire l’attention des médias, Hu Jintao « renforce la coordination face à la crise financière » avec le Brésil et la Russie.

La retour à la réalité risque d’être brutal :

Première réaction des marchés, les places du Golfe seules ouvertes le dimanche, ont chuté déprimées par les mauvaises perspectives économiques, Dubaï perdant notamment 4,5%.
AFP – Yahoo! Actualités

Wall Street aura du mal à éviter d’être dans le rouge la semaine prochaine, résultats de sociétés et indicateurs économiques risquant d’attester d’un ralentissement conjoncturel prolongé.
Reuters – Yahoo! Actualités

L’enjeu du Sommet du G20 (4)


Le Sommet du G20 s’achève sur des déclarations de principe et un vague plan d’action, qui ne mécontente personne et satisfait donc tout le monde.
Cela est illustré par cette dépêche, dont la pauvreté de contenu est compensée par le titre « Le plan d’action du G20 en détails » et l’accroche « Plus aucune zone d’ombre, des places financières sous haute surveillance, le G20 veut davantage de régulation » (Euronews – Yahoo! Actualités).

Nicolas Sarkozy présente l’événement comme « historique » pour s’en attribuer naturellement tous les mérites. Le plus intéressant est dans cet aveu (Reuters – Yahoo! Actualités) :

Il s’est réjoui que le président chinois Hu Jintao n’ait « rien bloqué », que son homologue coréen ait été « très moteur » et le Premier ministre indien « très coopératif ».

Hu Jintao a fait des propositions pour l’avenir car, selon la Chine, le G20 est la première étape d’un processus (Xinhua) :

La réforme du système financier international doit permettre d’établir un nouvel ordre financier international qui est juste, inclusif et méthodique et qui crée un environnement institutionnel en faveur d’un bon développement de l’économie globale », a-t-il indiqué.

Il faut qu’elle soit menée de manière complète, équilibrée et progressive en accordant l’importance à ses résultats.

Une réforme complète est celle qui a un plan général et comprend des mesures pour améliorer non seulement le système financier international, le système monétaire et les institutions financières, mais aussi les règles et les procédures financiers internationaux », a-t-il précisé.

« Une réforme équilibrée est celle qui est basée sur une considération globale et cherche un équilibre entre les intérêts de toutes les parties« , a dit le président chinois.

Si la presse russe rapporte avec gourmandise que «l’intervention du président russe lors du sommet financier du G20 à Washington a été qualifiée samedi « d’extraordinaire » par le Wall Street Journal», elle ne dit pratiquement rien de plus (RIA Novosti).

Luiz Inacio Lula da Silva a plaidé pour une meilleur représentation politique des pays en développement (Xinhua) :

M. Lula, président par intérim du G20, a appelé également à une régulation équitable du système financier international et de l’économie mondiale.

Selon lui, le G8 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne, Canada, Russie) n’est plus approprié dans le monde mondialisé d’aujourd’hui et le G20 devrait jouer un rôle plus important dans la définition des régulations financières internationales.

« Nous parlons maintenat du G20 parce que le G8 n’a plus de raison d’exister, en d’autres termes, les économies émergentes doivent être prises en considération dans le monde mondialisé d’aujourd’hui », a-t-il dit.

« Les organisations multilatérales et les règles internationales existantes ont été rejetées par l’histoire. Le Fonds monétaire internationale et la Banque mondiale devraient s’ouvrir davantage à une plus grande participation des économies en développement », a dit M. Lula dans son discours prononcé lors du sommet du G20.

« Cela signifie plus de voix et plus de représentations pour les pays en développement« , a-t-il souligné.

Sommet du G20 : les réactions, NouvelObs.

L’enjeu du Sommet du G20 (2)


L’enjeu du Sommet du G20 tourne autour du leadership du Nord (USA et UE) contre le Sud. La Russie et la Chine, aidées par l’UE, joueront un rôle majeur pour réduire l’influence politique des États-Unis à son poids économique.

Il est significatif qu’avant le G20 Wall Street soit en baisse (Le Journal des Finances) alors que les bourses d’Asie sont en hausse (Le Journal des Finances).

Tous ceux qui plaident pour un « Bretton Woods II » cherchent à appliquer une recette du passé, mais le BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) plaide pour un rééquilibrage politique :

La crise, que beaucoup imputent à des prises de risque excessives et à une gestion déficiente des risques sur les marchés financiers, a mis en évidence la nécessité d’une réforme complète de la structure économique et financière globale existante, en d’autres termes du système Bretton Woods (du nom des accords qui gouvernent la finance mondiale depuis la fin de la seconde guerre mondiale), a précisé M. GGe Huayong [directeur éxécutif de Chine au FMI].

La réforme monétaire et financière internationale devrait respecter les deux principes de réforme continue et de large participation pour que tous les pays dans le cadre économique et financier global puissent équilibrer leurs droits et obligations et prendre part équitablement au processus d’élaboration de régulations, a-t-il ajouté.

Xinhua

Ce Sommet du G20 «est l’occasion pour la Chine d’affirmer sa puissance en montrant la voie à suivre» :

« Avec près de 2 milliards de dollars en réserves étrangères et un excédent budgétaire, la Chine a des marges plus larges de relance budgétaire que les gouvernements de nombreux pays en voie de développement, qui doivent en plus faire face à de déficits extérieurs élevés et le fardeau de la dette », a déclaré Jing Ulrich, directrice générale et présidente de China Equities J.P. Morgan.

Les économistes disent que la Chine est une trop grande économie qui ne montre pas sa position aujourd’hui. C’est pourquoi ils pensent que les participants au Sommet vont probablement attendre que la Chine commence à jouer un rôle plus important et prenne sur elle plus de responsabilité en fonction de sa grande taille économique.

En mettant en évidence l’importance croissante de la Chine, certains économistes suggèrent aussi qu’on pourrait lui donner une position plus importante dans les principaux organismes monétaires internationaux afin qu’elle puisse jouer une fonction dans le remodelage de la nouvelle structure financière internationale.

Aujourd’hui la Chine

Considérable bouleversement discrètement en cours, Dedefensa

Il devrait suffire de consulter cette réponse du président russe Dmitri Medvedev à une question, dans l’interview du Figaro, le 13 novembre, pour mesurer le changement intervenu dans les relations paneuropéennes, essentiellement entre la Russie et les grands pays de l’UE, et plus généralement dans les relations internationales en général, avec les deux crises successives de Géorgie (7 août 2008) et du système financier international (15 septembre 2008). La question est celle-ci: «Vous participez ce week-end au sommet de Washington sur la crise. Arrivez-vous à Washington avec des propositions précises?», – et cette question, en vérité, aurait aussi bien pu mentionner le sommet entre la Russie et l’UE, aujourd’hui à Nice, avant le sommet du G20 à Washington…

Voici la réponse de Medvedev :

«Non seulement je vais arriver avec des propositions mais je les ai déjà envoyées au président Sarkozy, au premier ministre Berlusconi, à la chancelière Merkel, au premier ministre Brown. Ce n’est pas un secret, nous partageons la même vision de la genèse et de la nature de la crise. Nous devons trouver des solutions pour stabiliser durablement le système financier et le réformer. Comment minimiser les dégâts de la crise actuelle ? Comment éviter la répétition d’une telle crise ? Nous devons trouver les réponses à ces deux questions clés.

»La nouvelle architecture financière mondiale doit être en premier lieu plus transparente, plus prévisible. Il faut jeter les bases d’un nouveau Bretton Woods qui comprendra de nouvelles institutions internationales de crédit, un nouveau système de comptabilité, un nouveau système d’assurance du risque. Nous avons proposé l’idée d’un système d’alerte préalable des risques, qui doit être repris à leur compte par tous les pays.»

[…]

L’Europe est particulièrement en pointe dans cette transformation, au travers de la transformation ultra-rapide, actuellement en cours, des relations entre les “acteurs essentiels” de l’UE et la Russie. La situation ridiculise absolument cette évaluation des proclamations de la fin août 2008 sur l’“isolement de la Russie” (crise géorgienne), – il y a seulement trois mois! – comme celle d’une époque antédiluvienne. Il y a une dynamique historique en marche qui nous paraît irrésistible. Les USA d’Obama, avec quelque retard, devraient chercher à suivre, – cela, au lieu de l’analyse convenue d’un monde dans l’attente d’un “leadership restauré” des USA, antienne d’une autre époque, dépassée et obsolète. («Dans cette bulle [d’] “obamania”, il y a quelque part en creux l’attente d’un leadership américain mais, cette fois, éclairé, bon et éclairé»; cette analyse émouvante de Pierre Lellouche à France 24 le 7 novembre 2008, aurait sans aucun doute eu son petit succès en 1981, par exemple.) On n’a certainement jamais vu autant d’activité diplomatique de coopération et de transformation qu’en cette période d’une transition si importante aux USA, c’est-à-dire avec les USA absents, – Bush inexistant, Obama pas encore installé. L’activité diplomatique intense en cours montre que le monde n’est nullement en attente d’une “restauration” du leadership US pour recommencer à fonctionner, mais qu’il fonctionne effectivement.

Revue de presse française, NouvelObs

LA CHARENTE LIBRE
L’Europe, outre l’intérêt qu’elle a d’agir de concert avec Moscou lors du sommet du G20, ne peut oublier qu’elle dépend pour la moitié de ses importations de gaz de la Russie.

LA PRESSE DE LA MANCHE
Nicolas Sarkozy a rappelé à plusieurs reprises que les accords de Bretton Woods qui, après la guerre, ont organisé le système actuel autour du dollar-étalon, établi monnaie de référence, n’ont plus guère de sens aujourd’hui, sinon la force de l’habitude. Tout simplement parce que l’Amérique a joué et triché avec sa monnaie, sous prétexte que son statut la rendait intouchable. La dette américaine de l’Etat fédéral, des cinquante Etats, des collectivités, des entreprises et des particuliers, est considérable, elle n’a rien à voir avec la valeur affichée du dollar. Ce qui explique la confiance qui se porte vers l’euro qui, insensiblement, devient une monnaie de référence plus crédible, pour de nombreux pays. Pour Nicolas Sarkozy, l’hégémonie du dollar est à revoir, et il n’est pas sain qu’une seule monnaie puisse vivre sur le dos des autres.

Commentaires : Nicolas Sarkozy reprend la position de de Hu Jintao (Chine) et Dimitri Medvedev (Russie).
Lire aussi :
• Nicolas Sarkozy, porte-parole de Hu Jintao, Monde en Question.
• Sarkozy, porte-parole de Medvedev, Monde en Question.
• Dmitri et Nicolas en hyper-phase, Dedefensa.

Sommet de Nice : Russes et Européens en quête d’alliance avant le G20, AFP – Yahoo! Actualités

Les dirigeants russes et européens, qui sont confrontés à un climat économique de plus en plus difficile, ont multiplié les signes de convergence sur ce sujet ces derniers jours.

Le G20 de Washington va chercher à enrayer la crise, la récession s’étend, AFP – Yahoo! Actualités

La marge de manoeuvre du président américain, en fin de mandat, est de toute façon réduite. Et les deux mois qui séparent son successeur Barack Obama de sa prise de fonction pourraient également encourager l’immobilisme de Washington.

Les Européens admettent que la réunion de Washington ne débouchera pas sur un nouveau « Bretton Woods », du nom des accords ayant donné naissance en 1944 à l’architecture financière actuelle, comme certains le souhaitaient, notamment les Français.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a averti qu’il ne fallait pas attendre « dans l’immédiat un miracle » de ce sommet, mais plutôt le « début d’un processus ».

Le G20 a quelques mois pour changer le système financier mondial, Reuters – Yahoo! Actualités

George Bush invitera ainsi la communauté internationale à réparer le système financier international et non à le « démanteler » et défendra l’idée que la liberté des marchés reste « le meilleur système », a fait savoir mercredi la Maison blanche.

Les pays émergents, eux, mettent en avant un renforcement de leur participation aux institutions internationales.

L’UE, qui sera en force autour de la table – France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Pays-Bas et Commission européenne, défendra une position adoptée vendredi dernier par les 27 à Bruxelles.

Commentaires : La position de l’UE est proche celles de la Chine et de la Russie.

Le G20 se mobilise face à la crise, première récession en zone euro, AFP – Yahoo! Actualités

Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays exerce la présidence de l’Union européenne, a estimé que la réunion du G20 « ne doit pas être un sommet pour rien ». « La crise financière est d’une très grande gravité. (…) il faut changer les choses, il faut les changer durablement, structurellement », a-t-il déclaré.

Il a salué l’engagement de la Russie dans la recherche de solutions à la crise, lors d’un sommet UE-Russie à Nice (sud de la France).

« Je crois pouvoir dire là aussi que les propositions russes, techniques, financières, économiques, sont de grande qualité et qu’elles se rapprochent beaucoup des propositions européennes », s’est félicité M. Sarkozy.

Nicolas Sarkozy porte-parole de Hu Jintao


Chavez : «le camarade» Sarkozy se «rapproche du socialisme», 25 OCT. 8H36 AFP – Libération

«Sarkozy, tu es en train de te rapprocher du socialisme, bienvenu au club, ce sont des idées intéressantes», a lancé le Président vénézuélien, se référant aux positions défendues par Nicolas Sarkozy pour surmonter la crise.

Pour le président vénézuélien qui veut promouvoir un « socialisme du XXIe siècle », il est « impossible de refonder » le capitalisme. Il faut créer « un système nouveau, avec des différences ici et là, mais il faut que ce soit quelque chose de nouveau. Nous l’appelons sans doute socialisme, (…) tu l’appelleras nationalisme, eh bien, discutons-en », a lancé M. Chavez à l’adresse de son homologue français.

A Pékin, l’Europe et l’Asie se penchent sur une réforme profonde du système financier mondial, 25/10/2008 à 12h03 AFP – Aujourd’hui la Chine

« Les dirigeants s’engagent à entreprendre une réforme réelle et de fond des systèmes internationaux monétaire et financier », selon la déclaration publiée par la Chine sur le site de l’Asem, à l’issue du premier jour du sommet des chefs d’Etat ou de gouvernement des deux continents totalement accaparé par la crise financière.

« Ils sont convenus de prendre des mesures appropriées rapidement dans ce but, en consultation avec tous les intervenants et les institutions financières concernés », selon la déclaration des 27 pays de l’UE et 16 pays d’Asie représentant près de 60% du PIB mondial.

Cette déclaration a été publiée bien que le sommet se poursuive samedi mais alors qu’un vent de panique soufflait de nouveau sur les marchés financiers, avec les signes de plus en plus tangibles de récession.

Se disant « préoccupés par l’impact de la crise financière internationale qui s’étend à l’économie mondiale », les dirigeants ont également affirmé que « pour résoudre la crise financière, il est impératif de gérer de manière appropriée la relation entre l’innovation financière et (…) des politiques macro-économiques saines.

« Ils reconnaissent la nécessité d’améliorer la supervision et la régulation de tous les acteurs financiers » et appellent « tous les pays à suivre des politiques responsables dans les domaines monétaire, fiscal et de la réglementation financière. »

La Chine sera présente au sommet du G20 du 15 novembre, 25/10/2008 à 12h24 AFP – Aujourd’hui la Chine

La Chine sera présente au sommet qui doit réunir le 15 novembre près de Washington les grandes puissances industrialisées et émergentes du G20 sur la crise financière, a assuré un responsable français en marge du sommet de l’Asie-Europe (Asem) à Pékin.

« Le président Hu (Jintao) a indiqué que la Chine serait heureuse de participer à ce sommet. Mais il n’a pas dit à quel niveau », a déclaré ce responsable pour qui « la participation de la Chine ne fait aucun doute ». « Il semble évident que les Chinois sont mobilisés dans la préparation de ce sommet. Nous avons convenu d’échanger nos papiers (…) pour que nos amis chinois connaissent tous nos positions et qu’on puisse essayer d’avancer ensemble », a-t-il poursuivi devant la presse.

Réforme du capitalisme : M. Sarkozy veut des « décisions concrètes », 25.10.08 | 14h01 Le MondeYahoo! Actualités

M. Sarkozy, qui n’a parlé ni du dalaï-lama ni du prix Sakharov attribué au dissident chinois Hu Jia avec le président Hu Jintao, mais a évoqué à la tribune de l’ASEM l’universalité des droits de l’homme, a profité de sa visite pour commencer à effacer la brouille intervenue suite aux émeutes au Tibet. L’an prochain, les deux pays comptent fêter en grande pompe le 45e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre Paris et Pékin.

Sarkozy : « Des décisions seront prises » lors du prochain G20, 25.10.2008 | 15:46 NouvelObs

Clôturant le sommet Asie-Europe de Pékin, le président en exercice de l’Union européenne a insisté sur le fait que le sommet du 15 novembre prochain serait « conclusif ». Les 43 pays représentés ont appelé à une réforme en profondeur du système financier international et apporté leur entier soutien à la tenue du G20.

Commentaires : Nicolas Sarkozy fut le meilleur allié de Dmitri Medvedev dans le conflit de l’Ossétie du sud et est le meilleur porte-parole de Hu Jintao dans la crise financière mondiale.

La Chine appelle à une plus grande régulation du système financier mondial, 25/10/2008 à 19h03 AFP – Aujourd’hui la Chine

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a appelé samedi à une plus grande régulation du système financier mondial, à l’issue d’un sommet Asie-Europe (Asem) à Pékin dominé par la crise financière internationale.

« Nous devons gérer correctement les relations entre l’innovation financière et la régulation. Nous avons besoin d’innovation financière pour mieux servir l’économie, mais avons encore plus besoin d’une plus grande régulation financière pour assurer la stabilité financière », a déclaré M. Wen lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet bisannuel qui a réuni vendredi et samedi plus d’une quarantaine de dirigeants asiatiques et européens.

« L’économie virtuelle doit être coordonnée avec l’économie réelle, il ne faut pas que les problèmes de l’économie virtuelle influencent le développement de l’économie réelle », a-t-il jugé, ajoutant que les mesures prises pour faire face à la crise actuelle n’étaient pas « suffisantes ».

M. Wen a confirmé que son pays prendrait une part « active » au sommet qui doit réunir le 15 novembre à Washington les grandes puissances industrialisées et émergentes du G20 sur la crise financière.

« Nous discuterons avec les dirigeants du monde de mesures pour faire face à la crise financière de manière pragmatique et commune », a-t-il dit, affirmant qu’il fallait montrer de la « confiance, de la coopération et de la responsabilité ».

La dynamique de la crise et de l’Histoire déchaînée, Dedefensa

L’offensive française et sarkozyste est moins une initiative politique classique qu’une utilisation effrénée en même temps qu’habile et vertueuse en un certain sens (les thèses françaises s’accordent à une conception française très profonde que la crise confirme) de quelque chose qui nous dépasse et nous emporte tous. Mettez un petit surfeur sur un « tsunami » comme il y a une fois par siècle (dixit Greenspan) et voyez ce que peuvent faire 26 gaillards contre lui, à supposer qu’ils en aient l’envie, la force et le courage, – ce qui est une supposition fort généreuse… De Gaulle aurait dit, comme il disait du temps de la guerre d’Algérie, que c’est « le sens de l’Histoire ». L’Histoire, aujourd’hui, est déchainée.

La Chine est très courtisée


Sommet du G20 : Sarkozy souhaite un « front commun » Asie-Europe, AFP – Aujourd’hui la Chine

Le président français Nicolas Sarkozy a souhaité vendredi que le sommet Asie-Europe qui s’ouvre à Pékin soit l’occasion pour les deux continents de présenter un « front commun d’initiatives » en vue de la réunion du G20 prévue le 15 novembre sur la crise financière.

« Je voudrais que soit mis à profit ce sommet de 43 pays pour préparer la réunion de Washington du 15 novembre. J’ai voulu cette réunion et je souhaite que nous puissions présenter un front commun d’initiatives pour que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets », a déclaré M. Sarkozy à l’ouverture d’un entretien bilatéral avec son homologue chinois Hu Jintao.

« Ce sommet est particulièrement bienvenu, au moment où le monde traverse une crise financière sans précédent. J’ai la conviction que l’Asie comme l’Europe doivent travailler ensemble pour réguler de façon différente le système financier mondial », a-t-il poursuivi.

L’Europe et l’Asie s’engagent à se coordonner face à la crise, Reuters – Yahoo! Actualités

Les chefs d’Etat et de gouvernement de 43 pays d’Europe et d’Asie se sont engagés vendredi à Pékin à coopérer pour réformer le système financier et monétaire international, à trois semaines d’un sommet des principales économies du monde aux Etats-Unis.

Le Japon, comme membre du G8, la Chine et l’Inde, en tant que pays émergents, devraient participer aux côtés des pays européens du G8 (France, Grande-Bretagne, Allemagne et Italie) au sommet du 15 novembre aux Etats-Unis.

Crise mondiale : la guerre continue


Revue de presse européenne, euro|topics

Le président français Nicolas Sarkozy s’est prononcé devant le Parlement européen en faveur d’un « gouvernement économique européen ». Sa demande d’une nationalisation partielle des groupes les plus importants est particulièrement controversée. La presse européenne s’interroge sur la réponse de la présidence du Conseil de l’UE à la crise financière.

Revue de presse française, NouvelObs

L’ECLAIR DES PYRENEES
Mort et enterré (du moins pour quelques décennies) le dogme ultralibéral selon lequel les marchés tout puissants sont censés s’autoréguler. Le cataclysme financier que le monde vient de vivre a rappelé que le capitalisme de marché ne peut fonctionner sans confiance, c’est-à-dire sans morale et donc sans gendarmes, sans autorités de régulation extérieures. C’est une des grandes surprises de la crise actuelle : les chefs d’État ont su faire preuve d’un pragmatisme à toute épreuve. A l’image du président Sarkozy et du premier ministre britannique qui est passé de la dérégulation à la quasi nationalisation des grandes banques londoniennes. Même les esprits les plus rigides, comme Bush et Merkel, se sont coulés dans le moule keynésien et en sont déjà à la deuxième étape de cette réhabilitation de l’État : la relance budgétaire de l’économie venant compléter le sauvetage du système bancaire.

Le Sommet Asie-Europe aura un record de participation, Le Quotidien du Peuple

Le président Hu Jintao va assister à un certain nombre d’activités importantes de l’évènement, tandis que le Premier ministre Wen Jiabao présidera le sommet et sera l’hôte d’accueil d’un dîner pour souhaiter la bienvenue aux dirigeants du monde en visite, a dit Liu.

Il a ajouté que le sommet, intitulé «L’action et la vision: vers une solution gagnant-gagnant », va tenter de trouver un plan commun aux pays européens et asiatiques pour lutter contre les trois grands défis auxquels le monde est en train de faire face : les turbulences financières, le problème de l’énergie et de la sécurité alimentaire.

«La crise financière a suscité l’inquiétude dans tous les pays. Les dirigeants vont profiter du sommet pour en faire une plate-forme, où ils mèneront des discussions approfondies sur l’extension de la coopération, le renforcement de la confiance des investisseurs et la stratégie face aux difficultés », a-t-il dit.

Paulson appelle la Chine à ne pas abandonner les réformes économiques, Aujourd’hui la Chine

Le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson a appelé mardi la Chine à ne pas abandonner les réformes économiques, indiquant que Pékin avait « une belle occasion » de tirer les leçons des erreurs des États-Unis à l’occasion de la crise financière et économique.

Entretien de Hu Jintao et George W. Bush sur la crise financière, Aujourd’hui la Chine

Face à la tempête boursière et à la crise financière, George W. Bush a cédé aux demandes européennes et accepté non pas un mais plusieurs sommets, dont le premier pourrait avoir lieu à New York dès novembre.

Le sommet sur la crise financière aura lieu le 15 novembre près de Washington, NouvelObs

Ce premier sommet, avec la participation des dirigeants du G20, viserait à « discuter des causes de la crise financière », « passer en revue les progrès accomplis » pour résoudre la crise, « développer des principes de réformes nécessaires pour faire en sorte que (la crise) ne se reproduise pas », et « charger des groupes de travail de formuler des recommandations que les dirigeants envisageraient au cours d’un prochain sommet », selon un haut responsable de l’administration, qui a voulu garder l’anonymat.

Le G20 rassemble le G7 (Allemagne, Canada, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) plus l’Afrique du sud, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, la Russie et la Turquie. Le 20e membre est l’Union européenne, représentée par le pays qui en assure la présidence tournante (la France jusqu’au 31 décembre).

Paulson contre Paulsen : la crise boursière est-elle une opportunité ?, Chronique Agora

Il serait donc juste — et prudent — de se demander dans quelle sorte de guerre on s’engage. Le marché de 2008 est-il comme celui de 1974 — un marché qui perd 45% par rapport à son point culminant puis qui progresse, plus ou moins, durant les 30 années suivantes ? Ou est-il comme celui de 1929 — un marché qui chute de 40%, rebondit quelque peu, puis perd à nouveau 50% pour atteindre son niveau le plus bas ?

On se rend compte que bon nombre des investisseurs héroïques actuels sont ceux qui ont raflé toutes les médailles d’honneur pendant les précédentes campagnes de marchés baissiers. Mais on sait aussi que les vieux soldats utilisent parfois d’anciennes tactiques pour livrer de nouvelles batailles. Et le marché baissier de 2008 semble être un tout nouveau type de guerre. Tellement nouveau, en fait, que l’on a rien vu de pareil depuis les années 30.

VELIZADE Ilgar, Crise mondiale: la guerre en suspens ?, RIA Novosti

Alors que les grandes puissances mondiales sont préoccupées par la recherche de moyens optimaux de sortir de la crise économique globale, il y a bien des raisons de supposer que des pays « rétifs » tels que le Venezuela, la Corée du Nord ou l’Iran, qui ont senti que les principaux centres de force leur accordaient moins d’attention, tâcheront d’en profiter pour tirer quelque avantage de cette situation.

Effectivement, la crise mondiale oblige de nombreux États à s’occuper, qu’ils le veuillent ou non, de leurs propres problèmes, ce qui relègue au second plan le règlement des grandes questions internationales. Dans ce contexte, il est inutile d’attendre un règlement rapide tant des problèmes apparus récemment (conflit dans le Caucase du Sud) que de ceux ayant déjà une longue histoire derrière eux (problème palestinien). Il n’est pas difficile de deviner qu’en perspective, cette situation peut avoir des conséquences très lourdes pour un système de la stabilité internationale déjà fragile.

Des problèmes globaux tels que la lutte contre la misère dans les pays les plus pauvres, la crise alimentaire globale et la lutte contre toutes sortes d’épidémies pourraient se retrouver privés de l’attention nécessaire.

Mais, paradoxalement, la menace de déclenchement de guerres importantes se réduit considérablement dans ce contexte. Mener une guerre n’est plus avantageux. Mais dans ce cas, on ne sait plus trop que choisir entre un mauvais arrangement et un bon procès.

Basculement idéologique


La zone euro trouve un plan d’action, RFI

Garantie des prêts interbancaires et recours possible à une recapitalisation des banques : si le plan annoncé dimanche à Paris n’a pas été chiffré, il fera l’objet d’annonces simultanées lundi dans plusieurs capitales européennes. Et se traduira rapidement en termes législatifs.

L’Union européenne va par ailleurs demander aux États-Unis l’organisation d’un sommet pour «refonder le système financier international», a déclaré le président français à l’issue de cette réunion des pays de la zone euro.

Psychologie au-delà de l’imagination, Dedefensa

Evidemment, la réunion du G7 de Washington terminé par un communiqué martial fait de 5 points austères, sans les chichis insipides et habituels, avec comme mot d’ordre une marche sans faiblesse vers la nationalisation des banques sur fond d’interventionnisme étatique sans restriction, voilà un événement qu’il faut observer dans sa dimension la plus importante. Il s’agit d’un retournement formidable de la conception centrale qui fonde la pensée dominante aujourd’hui, – la pensée économique, – et d’une trahison roborative et sans la moindre précaution formelle de ce qui a gouverné cette pensée jusqu’ici, et de quelle façon impérative, – dito, le modèle anglo-saxon.

Ce soudain basculement traduit pour les dirigeants par la nécessité d’un État puissant par rapport aux forces financières, sans préjuger du résultat de ce basculement, est un événement d’une force suffisante pour déclencher de tels changements chez ces mêmes dirigeants. La chose est particulièrement valable pour les Anglo-Saxons, essentiellement pour les Britanniques, dont on connaît la souplesse morale et leur souplesse d’esprit vis-à-vis de la morale, jusqu’au plus complet mépris pour les réalités douteuses qu’exposent leurs contradictions lorsqu’il s’agit de défendre leurs intérêts nationaux. Dans le cas qui nous occupe, les conséquences diverses, y compris politiques, sont à la fois considérables et imprévisibles.

Eurogroupe : bonne distribution de bouées de sauvetage…, SERIATIM

Alors que nous entrons dans une période de multiplication des centres de pouvoir à travers le monde, certains acteurs se mettent en ordre de bataille.

L’émergence des méta-nations du BRIC (Russie, Chine, Inde, Brésil), des fonds souverains arabes sans oublier le poids du Japon, souligne l’âpreté avec lequel le combat se mènera.

Ce soir, s’il n’y a pas une réponse mondiale à la résolution de la crise, il y a, par contre, la reconnaissance de la fin d’une période hégémonique américaine mise en place à Bretton Woods en 1944 et le début d’une phase transitoire vers un nouvel ordre financier planétaire.

L’Islande, boule de cristal pour le reste de la planète ?, Chronique Agora

Bref, l’Islande coule. Et l’on pourrait y voir un avant-goût de ce qui nous guette à l’échelle globale : nationalisations massives des banques et établissements financiers, faillites des états les plus fragiles… et, pourquoi pas, appels désespérés aux (rares) pays qui sont encore assis sur un tas de cash disponible, pour renflouer, au moins temporairement, un système au bord de l’asphyxie.

L’Atelier du Monde est prêt à racheter la Planète, Le Mague

Alors que les chefs d’État et de gouvernement de la zone euro se sont mis d’accord à Paris pour se débrouiller chacun de leur côté, que les Américains ont réservé une confiance limitée au plan Paulson, les communistes chinois sont prêts à mettre les bouchées doubles en vue d’assurer à la Chine la suprématie économique sur le monde de demain.

Peer Steinbrück, ministre allemand des Finances, a brisé un tabou il y a quinze jours, en prédisant que les États-Unis allaient perdre leur statut de superpuissance du système financier mondial, qui va devenir multipolaire. Dans un éditorial publié dans The Observer, le politologue John Gray estime que nous vivons un tournant géopolitique historique, dans lequel l’équilibre des pouvoirs sur la planète est irrévocablement modifié. L’ère de la domination américaine commencée avec la Seconde Guerre mondiale est terminée.

Les prospérités du vice, La Sociale

Les évènements qui secouent l’économie mondiale depuis plusieurs semaines maintenant – en vérité depuis l’été 2007 mais on espérait qu’un miracle allait empêcher la crise des subprimes de produire ses effets – font dégouliner la « moraline » à grands flots. On oppose le capitalisme moral, celui qui s’occupe de produire au capitalisme immoral du pur spéculateur qui est prêt à prendre des risques inconsidérés pour amasser encore quelques sous, quitte à discréditer le « bon capitalisme ». C’est le discours commun de la droite et de la social-démocratie. Il y a le feu et la cohorte des défenseurs de l’ordre capitaliste se mobilise pour sauver le système, le pouvoir et les profits qui vont avec. Car, si on laisse un peu le brouhaha médiatique, il ne peut qu’apparaître clairement aux yeux de tous que c’est le capitalisme lui-même qui est fondamentalement « immoral » — n’en déplaise à quelques philosophes médiatiques qui, ces dernières années, se sont évertués à soutenir le contraire, le contraire de l’évidence.

Déclaration finales de la Conférence Internationale d’Economie Politique : Réponses du Sud sur la Crise Economique Mondiale, Changement de société

Tenue à Caracas, le 8, 9, 10 et 11 octobre 2008 avec la présence d’universitaires et chercheurs d’Argentine, d’Australie, de Belgique, Canada, Chili, Chine Corée du Sud, Cuba, Equateur, Espagne, États-Unis, France, Angleterre, Mexique, Pérou, Uruguay et Venezuela, la Conférence Internationales d’Economie Politique : Réponses du Sud à la Crise économique et financière de l’économie mondiale, les nouvelles perspectives, les défis pour les gouvernements et les peuples du Sud devant la crise fiancière internationale.
La Rencontre a estimé que la situation s’est aggravée durant les dernières semaines. Des crises répétées des marchés financiers des pays centraux, nous sommes passés à une crise internationale d’une énorme gravité. Ce qui place les pays du Sud dans une situation très nuisible à leurs intérêts.
La crise menace l’économie réelle et, si on ne prend pas des intiatives énergiques et effectives immédiates, cela peut être un drame accablant pour les peuple du monde, en particuler pour les secteurs déjà les plus exposés et marginalisés.

Capitalisme : le dépôt de bilan ?, La Bataille socialiste

Les masques tombent. Il y a peu, le simple fait d’employer le mot capitalisme pouvait passer pour un outrage aux bonnes mœurs. Ce nouveau krach permet d’y voir plus clair : le capitalisme est nu.

Depuis des décennies, la classe sociale capitaliste était plus forte dans la lutte des classes que la classe travailleuse. C’est pourquoi la part des salaires réels a diminué, par l’augmentation du taux d’exploitation des travailleurs, au profit de la classe capitaliste.

Ainsi, c’est le fonctionnement « normal » du capitalisme qui crée des inégalités criantes. Et c’est la pauvreté qui a été le déclencheur de la crise, quand aux états-unis les plus pauvres n’ont plus eu la possibilité de rembourser leurs prêts.

Il est évident que la politique injuste menée par Sarkozy depuis un an et demi n’a fait qu’aggraver la situation en France. Et le constat est similaire dans les autres pays. Étant donné que les frontières étatiques existent, dans chaque État la classe travailleuse se doit de faire partir les dirigeants, pour arriver ensemble à l’abolition des frontières, par une révolution démocratique mondiale. Un mot d’ordre immédiat peut donc être : Sarkozy, Merkel, Berlusconi, Brown, Jintao, Chavez, Lula, Poutine, Bush : qu’ils s’en aillent tous !

Le capitalisme peut être aboli, mais il faudra pour cela l’action consciente et auto-organisée de la majorité. Dès maintenant, participons là où nous sommes à la résistance contre les régressions sociales que les gouvernements veulent poursuivre et aggraver. Contribuons au développement d’un vaste mouvement à la base pour en finir avec le patronat et les hiérarchies, mettre en place des pratiques démocratiques et autogestionnaires, et en finir avec le travail salarié. C’est ainsi, par la mobilisation des travailleurs, des chômeurs et des jeunes, mobilisation créatrice parce que libre et démocratique, que l’on pourra concrètement abolir le capitalisme et construire un monde socialiste-communiste.