Chine en Question

Blog dédié au Monde asiatique

Archives de Tag: Monographie

GONG Li (1965-)


Elle est est à la fois l’actrice chinoise la plus connue et la plus méconnue à l’étranger. Si la presse people s’intéresse à elle, celle consacrée au cinéma l’ignore comme tout ce qui concerne la Chine réelle préférant une Chine imaginaire. L’indigence des sources est, de ce point de vue, éloquente.

Articles
• 28/05/2012, Interview Gong Li, East Asia.
• décembre 2011, Zhang Yimou et Gong Li – le couple glamour du cinéma chinois.html, Planète Chinois.

Dossiers
AsianWiki
Cinemasie
Ciné-ressources
DVD Toile
Hong Kong Cinemagic
IMDb
Kurosawa-Cinéma
Nautiljon
Notre cinéma
Sens Critique
Wikipédia

Audio-Vidéo
• 2014, Gong Li stars in Coming Home, YouTube.
• 2012, Conférence de presse Gong Li – Festival du cinéma chinois en France, East Asia.
• 2012, 杨澜访谈录 巩俐, YouTube.
• 2008, Interview with Gong Li, YouTube.

20/10/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Filmographie GONG Li, Ciné Monde.
Cinéma chinois, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma chinois, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

FUKASAKU Kinji (1930–2003)


Une carrière prolifique construite sous le règne de la politique des genres des grands studios japonais. Kinji Fukasaku s’est d’abord affirmé comme le spécialiste du film de gangsters (yakusas) à la japonaise, dès le début des années 1960 avec des titres comme Gangsters en plein jour. La décennie suivante, il réalise des œuvres qui constitueront une véritable relecture critique (la série des Combats sans code d’honneur, Le Cimetière de la morale) où seront brocardées les mythologies traditionnelles. Sa mise en scène, souvent spectaculaire, est au service de la peinture d’un univers chaotique, dénué de règles, métaphore du capitalisme moderne. Fukasaku s’est, par ailleurs, illustré dans le cinéma dit « de sabre » et la science-fiction.


Rétrospective Kinji Fukasaku du 2 juillet au 3 août 2014 à la Cinémathèque française

Articles
• Hommage à Kinji Fukasaku, Séquences nº225, 2003.

Dossiers
AsianWiki
Ciné-fiches
Cinemasie
Ciné-ressources
DVD Toile
IMDb
La Cinémathèque françaiseDossier de presse
Nautiljon
Notre cinéma
Sancho does Asia
Sens Critique
Wikipédia

Livres
• Olivier HADOUCHI, Kinji Fukasaku : un cinéaste critique dans le chaos du XXe siècle, L’Harmattan, 2009 [1895East Asia].
Cet essai constitue la première monographie entièrement consacrée à Kinji Fukasaku en dehors du Japon. Ces oeuvres révèlent un cinéaste inventif et audacieux. Souvent iconoclaste, il porte un regard très critique sur le présent et le passé de son pays, sur une société qui pratique la fuite en avant dans la consommation effrénée.
• Benjamin THOMAS, Le cinéma japonais d’aujourd’hui, Presses universitaires de Rennes, 2009.
De la forme cinématographique, ordonnatrice d’univers, d’histoires et de décors, jusqu’aux corps des personnages, constructions de chair, d’imaginaire, de social et de celluloïd, le cinéma japonais contemporain se saisit toujours d’une manière ou d’une autre d’une problématique identité japonaise moderne, mais dit aussi le besoin impérieux de la penser par le biais de l’art. Car cet élément contextuel ne s’est pas incarné dans la matière filmique en n’y trouvant qu’une écorce passive. Altérations de la transparence du langage cinématographique, interrogations de la temporalité, fascination inquiète de l’altérité et de la dépossession de soi, figures du double et de l’amnésique, images du corps au prisme du butô : au cœur du cinéma japonais d’aujourd’hui, le questionnement des cadres esthétiques ne se déprend jamais d’une réflexion sur l’incertitude des cadres sociaux et identitaires. L’élan qui porte les cinéastes vers le cinéma semble toujours relancer, au Japon, cette question anxieuse de Kiyoshi Kurosawa : « Mon point de départ, c’est toujours moi-même, être humain habitant à Tôkyô. Mais ce « moi », qu’est-ce que c’est précisément ? De quoi est faite mon identité ? » Cette interrogation, fil conducteur tissé d’angoisses et d’espoirs, sera aussi un fil d’Ariane guidant l’exploration d’un vaste territoire cinématographique : le cinéma japonais de 1989 à aujourd’hui.

26/06/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Filmographie FUKASAKU Kinji réalisateur, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma japonais, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

KUROSAWA Akira (1910-1998)


Articles
• Olivier AMOUR-MAYEUR, Shakespeare entre Nô et Kabuki : ou l’art dramatique élisabéthain cadré par Kurosawa Akira, Actes des congrès de la Société française Shakespeare nº27, 2009.
• Marcel JEAN, Akira Kurosawa : un humaniste dans les ténèbres, Séquences nº124, 1986.
• Marcel JEAN, Akira Kurosawa 1910-198 : l’adieu au maître, 24 images nº95, 1998-1999.
• Akira Kurosawa répond aux questions, Séquences nº101, 1980.
• Serge CHAUVIN, Le labyrinthe et les nuées : les espaces aberrants de Kurosawa, Actes des congrès de la Société française Shakespeare nº16, 1998.

Dossiers
Ciné-club de Caen
Ciné-fiches
Cinemasie
Ciné-ressources
DVD Classik
DVD Toile
IMDb
La Cinémathèque française
Nautiljon
Notre cinéma
Sens Critique
Wikipédia

Revues
• Charles TESSON, Akira Kurosawa, Cahiers du cinéma, 2008.

Livres
• Tassone ALDO, Akira Kurosawa, Champs Flammarion, 1994.
• Alain BONFAND, Le cinema d’Akira, Vrin, 2011.
e cinéma d’Akira Kurosawa : une oeuvre d’une rare violence, ne reculant pas devant la brutalité. Pour le comprendre, Alain Bonfand n’a pas hésité à transposer dans son écriture ce que ce cinéma comporte de folie. Le tissu même de son Livre communique au lecteur, en l’incarnant, la sauvagerie de la gestuelle et du montage de ce cinéaste. Que l’on soit ou non connaisseur de Kurosawa, le texte de Bonfand dégage une extraordinaire autorité. Le savoir n’est pas mis en avant pour lui-même, quoique une évidente familiarité avec la culture japonaise entre ici pour beaucoup dans le sentiment de justesse des analyses. Mais l’essentiel est une étonnante lecture en profondeur, qui fait vivre tout autrement ce cinéma qui n’a souvent été apprécié que pour les plus mauvaises raisons. La construction du livre est limpide. Chaque partie gravite autour d’un centre : la figure, le motif, le phénomène, l’immontrable, la théorie des genres, la magnifique intuition, surtout, de « ce qui aveugle ». La guerre est associée au thème surprenant de la « maladie de la terre »; le kamikaze (« vent divin »), à la tuberculose, si importante chez Kurosawa ; l’aveuglement, à la mort et à l’impossible, bien sûr, mais aussi à cent motifs particuliers. Cette pratique à la fois soutenue et légère de l’analyse, ces démonstrations économiques et concrètes de ce que c’est qu’une mise en scène orientée par une puissance figurative libérée de la thématisation, proposent pour finir une thèse fondamentale : l’idée esthétique donne plus que le concept. Il est exceptionnel qu’une monographie d’auteur se situe à ce niveau de pensée, d’écriture et de charme. C’est une expérience emballante, qui donne la sensation d’être emporté « sur un balai de sorcière ».
• Collectif, Akira Kurosawa, Paris Musées, 2008.
Akira Kurosawa, (1910-1998) est universellement connu comme un des cinéastes les plus éminents de la seconde moitié du XXe siècle. Grâce à une rétrospective inédite en France, regroupant 87 dessins, conçus pour ses derniers films, le Petit Palais, souhaite révéler au public le fabuleux dessinateur qu’il a aussi été. Cette exposition révèle une facette méconnue du cinéaste, dessinateur exceptionnel, mettant le trait et la couleur au service d’une force émotionnelle rare. Ces dessins ne peuvent se résumer à un travail préparatoire à la réalisation de ses films. Conçus comme des oeuvres autonomes, ils sont accessibles à tous y compris à ceux qui n’auraient pas la chance d’avoir vu ses films. Synthèse originale des cultures orientales et occidentales, par leur force expressionniste, ces dessins reflètent la personnalité de Kurosawa, son enracinement dans le patrimoine japonais comme son admiration pour l’art de Van Gogh, Cézanne, Chagall ou Rouault et la lecture de Shakespeare, Dostoïevski ou Tolstoï. Descendant de samouraïs, Kurosawa est né dans le Japon de l’ère Meiji. C’est indéniablement cette atmosphère particulière, son environnement qui le poussent très tôt à assouvir sa soif pour l’art occidental. Les dessins ici rassemblés contiennent la même charge émotionnelle que les films de l’artiste. Le choix savant des coloris, mettant l’accent sur les psychologies ou dramatisant certaines scènes, est sans doute le secret de l’admiration qu’il a réussi à susciter.
• Akira KUROSAWA, Comme une autobiographie, Cahiers du cinéma, 1997.
• Hubert NIOGRET, Kurosawa , Rivages, 1995.
Du réalisme social des films de l’immédiat après-guerre (Un merveilleux dimanche. L’Ange ivre. Un chien enragé) aux réalisations plus introspectives des années quatre-vingt-dix (Rêves, Rhapsodie en août. Maadayo), l’oeuvre d’Akira Kurosawa frappe par son ampleur et sa diversité. Inaugurée en 1943 avec La Légende du grand judo, elle a rapidement connu une grande renommée dans son pays, puis, dès le milieu des années cinquante, une résonance internationale avec une succession de chefs-d’œuvre qui ont marqué l’histoire du septième art : Rashomon, L’Idiot, Vivre. Les Sept Samouraïs. Le Château de l’araignée. Guère soucieux de théorie, ouvert à tous les genres (policier. comédie, mélodrame), curieux de la petite comme de la grande histoire. l’«empereur» du cinéma japonais s’impose par la générosité sans faille de son humanisme, ainsi que par une écriture qui emprunte à tous les arts (théâtre, peinture, poésie, musique) et circule sans gêne entre Shakespeare et le Japon moderne, tout en témoignant d’une exceptionnelle cohérence formelle. Pour évaluer l’originalité et la beauté de ce style, c’est d’abord à la mise en scène de Kurosawa qu’Hubert Niogret s’intéresse ici : dispositifs, dramaturgie, textures, tempo, espaces – expression d’un regard unique, mais offert à tous les hommes et à tous les temps.
• The Films of Akira Kurosawa, University of California Press, 1999.
• Benjamin THOMAS, Le cinéma japonais d’aujourd’hui, Presses universitaires de Rennes, 2009.

Audio-Vidéo
• Charles TESSON, Qui êtes-vous Akira Kurosawa ?, Canal-U, 24/06/2010.

12/05/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Filmographie KUROSAWA Akira réalisateur, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma japonais, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

HU King (1931-1997)


Il a révolutionné le cinéma d’action hongkongais dans les années 1960 avec un film comme L’hirondelle d’or. Il s’installe par la suite à Taïwan où il signe une série de chefs-d’œuvre (Raining in the Mountain, A Touch of Zen) dont la virtuosité technique, le sens de la chorégraphie, la beauté plastique le font remarquer par la critique internationale. Perfectionniste et solitaire, King Hu a réalisé peu de films, mais a marqué à jamais le cinéma d’action asiatique.

Articles
• Cinéma, Études (Tome 400), février 2004 [L’hirondelle d’or, film de King HU].

Dossiers
Chinese movies
Ciné-club de Caen
Ciné-fiches
Cinemasie
Ciné-ressources
DVD Classik
IMDb
La Cinémathèque française [Dossier de presseDailymotion]
Notre cinéma
Sens Critique
Wikipédia

Revues
• Hong Kong Cinéma, Cahiers du Cinéma, 1985.

Livres
• Antoine COPPOLA, Le cinéma asiatique : Chine, Corée, Japon, Hong-Kong, Taïwan,L’Harmattan, 2004.
• Emrik GOUNEAU et Léonard AMARA, L’encyclopédie du cinéma de Hong Kong, Les Belles Lettres, 2005.
• Yann JEGODTKA, Histoire du cinéma de Hong Kong, Mon Petit Editeur, 2013 [Kindle].

Audio-Vidéo
• Hubert NIOGRET, King HU, EastAsia, février 2012.
• King Hu : l’apesanteur et la grâce, Plateformes, mars 2012.

09/05/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Filmographie HU King réalisateur, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma chinois, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

OZU Yasujirô (1903-1963)



du 23 avril au 26 mai 2014 à La Cinémathèque française

Un des grands maîtres du cinéma japonais. Découvert tardivement en France, Yasujiro Ozu a débuté en 1927. Il fera l’essentiel de sa carrière à la Shoshiku. Il est l’auteur d’une œuvre élégiaque, d’une universalité qui dépasse les particularismes culturels, abordant dans des chefs-d’œuvre comme Voyage à Tokyo, Le Gout du saké, les rapports entre la société et l’individu, entre l’individu et la famille, les relations entre générations. En mettant en place un système formel aussi doux qu’implacable, au service d’une mise en scène épurée, Ozu a construit une œuvre d’une beauté et d’une émotion inégalées.

Articles
• Eugène GREEN, Ozu : la rencontre dans les murs – Herbes flottantes (Ukigusa, Yasujiro Ozu, 1959), Presses universitaires de Rennes.
• Max Tessier, Les éclats du cinéma japonais, 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze nº37, 2002.
• Entretien avec Max Tessier, Asia Film, sans date.

Dossiers
Arte
Ciné-club de Caen
Ciné-fiches
Cinemasie
Ciné-ressources
DVD Classik
DVD Toile
IMDb
East Asia
Kurosawa-Cinéma
La Cinémathèque française
Nautiljon
Notre cinéma
Princeton University
Sens Critique
Wikipédia.

Revues
• Shigehiko HASUMI, Ozu, Cahiers du cinéma, 1997.

Thèses
• Virginie FERMAUD, Ozu Yasujirô et Imamura Shôhei : le clair-obscur, le présent éternel et l’être-vu, Thèse de doctorat en Études japonaises, 2011.
Le cinéma japonais ne s’est vraiment fait connaître en Occident qu’au début des années 50. Le critique André Bazin souligne alors un cinéma japonais sensiblement différent du cinéma français, ayant su assimiler les arts du Japon dans leur ensemble. Afin de saisir au mieux cet héritage artistique, étudier l’œuvre d’Ozu Yasujirô (1903-1963) est apparu nécessaire. Avec plus d’une cinquantaine de films à son actif, il a connu les grandes étapes de l’histoire du cinéma. Véritable plasticien, son œuvre peut être abordée sous l’angle des arts et de la pensée du Japon, et ce malgré une immense influence de l’Occident. De plus, il paraissait évident d’intégrer dans cette étude les œuvres d’un de ses assistants-réalisateurs : Imamura Shôhei (1926-2006), un des principaux acteurs de la Nouvelle Vague japonaise. Il est son assistant de 1951 à 1953 sur trois films et réalise 26 films de 1958 à 2001. De cette étude, malgré des styles radicalement divergents, une continuité indéniable entre les deux artistes se dessine et trois axes de convergence émergent : l’utilisation du clair-obscur, la mise en lumière du Japon immuable et la mise en oeuvre d’un procédé de retournement de regard. Les œuvres des deux cinéastes entrent en correspondance. Ces convergences renvoient également à une critique partagée de la société japonaise d’après-guerre. Cette critique est incarnée au prisme des jeux d’ombre et de lumière, et le côté obscur de cette mise en contraste. Ces nombreux liens suscitent une interrogation car sont-ils tout simplement la conséquence d’une influence d’un environnement culturel, ou sont-ils le résultat d’une transmission cinématographique d’Ozu à Imamura ?

Livres
• Diane ARNAUD et Mathias LAVIN (sous la direction de), Ozu à présent, G3J, 2013.
Cinquante ans après la mort de Yasujirô Ozu, ses films paraissent toujours actuels. Gosses de Tokyo, Printemps tardif, Le Goût du saké continuent de surprendre, d intriguer, d inspirer leurs spectateurs. Ce sont les différentes formes de présence du cinéma d Ozu dans la création et la pensée contemporaines que cet ouvrage tente de découvrir. Il était donc naturel de faire appel à des spécialistes, appartenant à des générations différentes et qui viennent d horizons proches ou lointains, du Japon aux Etats-Unis en passant par l Europe, pour arpenter cette voie nouvelle. Avec des approches variées, ces universitaires, critiques et artistes, tous amateurs du cinéaste de Voyage à Tokyo, éclairent la singularité de ses uvres et la nature de leur rayonnement. Ils nous invitent à emprunter des chemins de traverse pour dessiner les contours d un territoire ozuien. Tout d abord en précisant l évidence des hommages rendus par Wim Wenders, Hou Hsiao-Hsien, Pedro Costa, Claire Denis, Abbas Kiarostami, et Victor Erice qui font écho à la joyeuse sobriété du maître japonais. Puis, des résonances plus imprévues sont proposées du côté de Chantal Akerman, Takeshi Kitano, Terrence Malick, Hong Sang-Soo, Gus Van Sant, Alain Resnais, ou Kiyoshi Kurosawa… L exigence formelle et la liberté de ton des auteurs cités renouvellent les formes d expressions chères à Ozu, comme la durée prolongée, le point de vue flottant, la répétition narrative. Encore de nos jours, cette cinématographie reste au c ur de la réflexion sur la modernité artistique, philosophique ou culturelle. Au terme d un parcours qui relève l importance actuelle de Yasujirô Ozu, c est au cinéaste japonais lui-même que reviendra le dernier mot.
• Basile DOGANIS, Le silence dans le cinéma d’Ozu : polyphonie des sens et du sens, L’Harmattan, 2005.
La figure du silence est un élément prépondérant du cinéma d’Ozu. Au contraire de la perception superficielle du silence en termes de manque ou d’absence, il faut le considérer ici comme «plein», saturé de sons, de sens et de possibles. On s’aperçoit alors que le cinéma d’Ozu en fait un usage unique, polyphonique, lui conférant une extrême densité et appelant la vigilance du spectateur. Avec ce renversement de perspective, on s’écarte des interprétations culturalistes de l’oeuvre du cinéaste japonais, qui en méconnaissent l’étrangeté fondamentale et la limitent à un univers japonais «traditionnel» ou «exotique», de même que des définitions de son style par la négative (absence de mouvements de caméra, de variété d’angles, d’intrigue) qui le confinent dans une vision austère, faussement classique, minimaliste. Cette étude tente, tout au contraire, de montrer la richesse, la vitalité, l’audace et la modernité du cinéma d’Ozu.
• Youssef ISHAGHPOUR, Formes de l’impermanence : le style de Yasujiro Ozu, Farrago, 2002.
Mu jô : rien constant : l’impermanence. Ce sentiment imprègne, au Japon, le mode de vie, la croyance zen, l’esthétique du moment évanescent et celle de l’intervalle. Il caractérise le style du plus japonais des cinéastes : Yasujiro Ozu.
Sans transcendance, ou désir de sortir de la vie ordinaire, au contraire même : compassion douce, calme et délicate à son égard, cette «euphorie de l’extase apathique», cette connaissance de l’impermanence – du Rien comme l’être du monde, qui désubstantialise tout et transforme toute chose en aspect fugace – engendre le détachement, l’état de béatitude esthétique : la forme.
Attentive à la beauté de ce qui est éphémère, cette connaissance de «ce qui va parce qu’il va», cette conscience de «la dernière fois», rencontre, chez Ozu, l’une des possibilités ultimes du cinéma : image fugace et sans substance de ce qu’on voit, de l’impermanence du monde et de la vie ordinaire.
• Kiju OSHIDA, Ozu ou L’anti-cinéma, Actes Sud,, 2004.
Ozu par Yoshida ou l’histoire d’une filiation. Dans cet ouvrage, le cinéaste Kiju Yoshida évoque la figure de Yasujirô Ozu, l’un des plus grands auteurs du cinéma japonais avec Akira Kurosawa, Kenji Mizoguchi et Mikio Naruse. Avec des chefs-d’oeuvre comme Printemps tardif (1949), Le Voyage à Tokyo (1953), Le Goût du saké (1962), Ozu est le metteur en scène de l’intime et de la famille, des changements de saisons et des infimes bouleversements de l’existence. Il est considéré comme un maître par nombre de réalisateurs contemporains (Hou Hsiaohsien, Aki Kaurismäki ou Wim Wenders qui lui a consacré un film, Tokyo-Ga).
Dans ce livre essentiel, Kiju Yoshida revient sur le parcours, le style et l’esprit d’Ozu dont il fut l’assistant. Issu comme lui des studios Shôchiku, il exalte la singularité et la poésie de l’oeuvre d’Ozu, ses débuts dans le cinéma muet, sa technique (la légendaire caméra « au ras du sol ») et sa façon de faire de « l’anti-cinéma » : « En éprouvant le besoin d’entreprendre cet essai tout en étant bien conscient de la vanité de l’entreprise, écrit Yoshida, je parle du cinéma d’Ozu comme si je poursuivais un mirage dans un pré au printemps. »
• Yasujirô OZU, Carnets, 1933-1963, Alive, 1996.
• Benjamin THOMAS, Le cinéma japonais d’aujourd’hui, Presses universitaires de Rennes, 2009.

Audio-Vidéo
• Autour de Yasujiro Ozu, Projection privée, 26/04/2014.
• Cours de cinéma : Voyage à Tokyo de Yasujiro Ozu, Forum des images, 10/12/2010.
• OZU Yasujiro Story, YouTube, 16/03/2012.
• Yasujirō Ozu (1903-1963), Une vie, une oeuvre, 09/03/2013.

01/05/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Filmographie OZU Yasujirô, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma japonais, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.