Chine en Question

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Racisme médiatique… ordinaire


La propagande anti-chinoise est le lieu commun des médias dominants. Dans le média qui se présente comme la référence, le racisme prolifère dans toutes les rubriques y compris celle consacrée à la mode.

Ainsi la journaleuse de service titre que le goût des autres serait un danger aussi grave que le supposé « péril jaune »… Sans commentaire.

20/12/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Revue de presse Chine 2013, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

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Le Monde de la propagande


Les médias dominants français ne ratent pas une occasion pour colporter des mensonges de propagande sur la Chine.

Le virus grippal de type A de sous-type H7N9 est une nouvelle souche de la grippe aviaire, découverte fin mars 2013 en Chine. Comme en 2009 à propos de la grippe A/H1N1, L’in-Monde fait ses choux gras de la peur d’une épidémie alors qu’il avoue que « aucune contamination d’homme à homme n’a été établie ».

La Chine est équipée d’un laboratoire de diagnostic et de recherche scientifique sur la grippe animale :

HARBIN, 4 mars (Xinhua) — L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a désigné lundi un laboratoire chinois comme centre de référence pour la grippe animale.

Le Laboratoire sur la grippe animale, qui appartient à l’Institut de recherche vétérinaire de Harbin de l’Académie des sciences agricoles de Chine, se trouve à Harbin, capitale de la province du Heilongjiang (nord-est).

Ce laboratoire est ainsi devenu le premier centre de référence chinois reconnu par la FAO et le deuxième au monde, après l’Institut Friedrich-Loeffler, organisme fédéral allemand de recherche sur la santé animale.

L’établissement de ce centre de référence en Chine montre que son niveau de diagnostic et de recherche scientifique sur la grippe animale est reconnu sur le plan international.

Selon Yu Kangzheng, chef des services vétérinaires chinois, cela permettra de promouvoir la coopération entre la Chine et la FAO à un niveau plus élevé.

Xinhua

Les médias chinois informent régulièrement de ce nouveau virus :

10/04/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Grippe A/H1N1, 2009 Revue de presse Monde en Question2010 Revue de presse Monde en Question.
Revue de presse Chine 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.

L’article défini de la propagande


En titrant les intellectuels chinois, Le Monde pratique une propagande qui lui est coutumière. Grammaticalement, l’article défini désigne la détermination complète d’une catégorie. En clair, cela revient à dire tous les intellectuels chinois alors qu’il s’agit bien évidemment de quelques intellectuels chinois.

L’auteur précise « plus d’une centaine », ce qui est un aveu d’imprécision. Il ne fournit d’ailleurs aucune liste, mais se contente de citer un seul nom :

Les signataires, parmi lesquels figurent des avocats connus pour leur combat en faveur des droits civiques, comme Pu Zhiqiang, ainsi que des écrivains et des journalistes […].
Le Monde, 28/02/2013

Enfin, il qualifie ces intellectuels de « libéraux » sans qu’on sache bien à quoi cela fait référence tant le terme est polysémique. Il est d’ailleurs douteux que tous ces signataires partagent les mêmes idées politiques, économiques et sociales.

01/03/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Lettre ouverte pour une ratification – Dialogue avec la société civile, Question Chine.
Revue de presse Chine 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.

L’im-Monde propagande pro-américaine


L’éditorial du Monde, paru dans l’édition du 27/11/2010, est un chef-d’œuvre de la propagande du temps de la guerre froide et dans le style de celui de Jean-Marie Colombani publié après l’écroulement des tours du World Trade Center à New York, symbole de la puissance américaine et de la prétention capitaliste à coloniser le monde [1].

L’éditorial du Monde débute par un mensonge :

Dans l’opinion internationale, particulièrement en Europe, la Corée du Nord échappe aux jugements les plus sévères.

Mensonge car les médias dominants, Slate, dont le Directeur de la publication est Jean-Marie Colombani, Libération, Rue89, tous condamnent a priori la Corée du Nord [2].

L’im-Monde reproche en fait la faiblesse de la riposte américaine :

La réprobation a été quasi-unanime. La Maison Blanche a «fermement condamné» le bombardement nord-coréen. La Chine, principal allié de Pyongyang dans la région, a de son côté fait part de sa «préoccupation». Les deux pays ont ensuite expliqué souhaiter que «la retenue soit exercée».
Plus tard, les États-Unis ont jugé «prématuré» à ce stade d’envisager une quelconque action militaire après le bombardement, selon un porte-parole du Pentagone, le colonel David Lapan. «Nous surveillons la situation et discutons avec nos alliés», a-t-il ajouté, précisant que le secrétaire à la Défense, Robert Gates, devait s’entretenir dans la matinée avec son homologue sud-coréen.
Libération

L’éditorial du Monde enchaîne sur une interprétation des faits selon la rhétorique jésuitique propre à ce quotidien [3] :

La vérité est qu’il s’agit d’un régime belliciste et belliqueux. Il vient encore de le prouver, mardi 23 novembre, en faisant bombarder par son artillerie l’île sud-coréenne de Yongpyong, en mer Jaune. Quatre ressortissants sud-coréens ont été tués dans cette agression gratuite. Elle fait suite au torpillage d’une corvette sud-coréenne en mars, toujours en mer Jaune, au cours duquel 46 marins ont trouvé la mort.

Même si le régime de Pyongyang est une dictature, les choses ne sont pas aussi simples :

Les tirs ont eu lieu sur fond d’exercices militaires sud-coréens dans la région. L’armée nord-coréenne avait envoyé un message aux forces armées sud-coréennes tôt mardi matin pour exiger l’arrêt des exercices, mais Séoul les a poursuivis, a précisé un responsable de l’état-major interarmes sud-coréen.
L’artillerie nord-coréenne a frappé la petite île de Yeonpyeong, située à environ 120km à l’ouest de la côte, qui abrite des installations militaires et compte entre 1.200 et 1.300 habitants.
AP-Yahoo! Actualités

L’éditorial du L’im-Monde poursuit par un nouveau mensonge :

Peu de pays se permettent d’agir ainsi sans susciter une tempête de protestations internationales.

On se souvient pourtant que l’État d’Israël a bombardé la population de Gaza du 27 décembre 2008 au 3 janvier 2009 sans susciter beaucoup de condamnations alors que le bilan de ce crime de guerre s’établit à 1455 Palestiniens tués, dont plus de 410 enfants et 100 femmes, et 5350 Palestiniens blessés [4].

L’éditorial du Monde use contre la Corée du Nord de l’argument qui servit de prétexte à la guerre contre l’Irak :

Mais le régime de Pyongyang n’est pas que cela. Il est l’une des plus épouvantables dictatures de la planète. Il entretient la terreur et la misère parmi une population de 23 millions d’habitants qui peine à survivre. Lorsqu’il s’effondrera – le plus tôt sera le mieux -, on découvrira l’existence d’atroces colonies pénitentiaires : par dizaines de milliers, sinon par centaines de milliers, des malheureux y sont condamnés à une mort lente, soumis à la famine et à la torture.

L’im-Monde, qui vantait les liens d’amitiés entre Jacques Chirac et Saddam Hussein quand la France vendait des armes au dictateur de Bagdad, a fait campagne contre Saddam Hussein quand il s’affronta à son protecteur américain sur la question du Koweït. De même, en septembre 2001, L’im-Monde oublia les liens d’amitiés entre la famille Bush et Ben Laden quand ce dernier se retourna contre son protecteur américain qui l’aida à constituer son réseau islamique en Afghanistan pour combattre l’armée rouge.

L’éditorial du Monde fait le lien, sans le dire explicitement, entre la Corée du Nord et l’Iran :

Le plus grave dans cette affaire est son impact sur la prolifération nucléaire. L’impunité du régime de Pyongyang est la preuve que l’arme atomique protège. Cette impunité a des allures d’encouragement à tous les candidats au nucléaire militaire.

L’im-Monde se fait le champion de l’hypocrisie des puissances occidentales qui se sont dotées de l’arme nucléaire à la fin de la Seconde guerre mondiale comme d’une arme de dissuasion entre elles et comme d’une arme stratégique contre tous les autres pays, en particulier pour maintenir leur empire colonial.
Les temps ont changé puisque les États des peuples colonisés ont acquis l’arme nucléaire (Chine, Corée du Nord, Inde et Pakistan) et que d’autres cherchent ou sont soupçonnés de vouloir l’acquérir (Algérie, Arabie saoudite, Brésil, Iran, Maroc, Syrie, etc.).

Deux autres remarques concernant l’hypocrisie des puissances occidentales :
L’État d’Israël possède l’arme atomique, mais ne l’avoue pas officiellement afin de ne pas signer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
Le seul État qui a utilisé l’arme nucléaire à ce jour pour terroriser la population civile – autre crime de guerre non condamné – sont les États-Unis les 6 et 9 août 1945 à Hiroshima et Nagasaki.

L’éditorial du Monde défend rétroactivement la légitimité de la présence militaire américaine en Corée du Sud et dans les eaux de la mer de Chine depuis 1945 :

Soutenue par la communauté internationale, la Corée du Sud – la péninsule coréenne a été divisée au début des années 1950, durant la guerre froide – a réagi avec modération.

Or c’est bien la légitimité de la présence militaire américaine qui est remise en cause aujourd’hui par la Chine.

La Chine a mis en garde vendredi 26 novembre contre des manoeuvres militaires, prévues à partir de dimanche par les Etats-Unis et la Corée du Sud, qui se dérouleraient dans sa zone économique exclusive, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
« Nous sommes opposés à toute action militaire non autorisée à l’intérieur de la zone économique exclusive de la Chine », a déclaré le porte-parole du ministère, Hong Lei.
« La situation actuelle dans la péninsule coréenne est compliqué et sensible, toutes les parties doivent faire preuve de retenue, oeuvrer dans le sens d’une détente et du maintien de la paix et de la stabilité de la péninsule, et non le contraire », a ajouté le porte-parole.
NouvelObs

L’éditorial du Monde conclut en donnant des leçons à la Chine :

Pékin tient à bout de bras le régime nord-coréen et redoute son effondrement. Il provoquerait la fuite de millions de Nord-Coréens vers la Chine. Une réunification non négociée verrait les troupes américaines stationnées aux portes d’une des frontières chinoises. Mais, en ne dénonçant pas Pyongyang, la Chine l’incite à d’autres aventures guerrières ; elle manifeste son impuissance à modérer son protégé. C’est un signe de faiblesse.

Mais la Chine, qui n’est pas Haïti, a une appréciation plus réaliste du rapport de force géoéconomique, géopolitique et géostratégique :

Le Président américain Barack Obama a quant à lui déclaré que les États-Unis défendraient la Corée du Sud après ce que la Maison Blanche a qualifié d’« attaque scandaleuse » de la Corée du Nord sur son voisin. Ne disposant cependant que d’options limitées, les États-Unis souhaitent plutôt chercher une solution diplomatique plutôt qu’une réponse militaire à ce qui est un des affrontements les plus inquiétants entre les deux Corées.
Renmin Ribao

26/11/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Face à face USA/Chine en Corée, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.


[1] Références :
• Editorial : Les provocations meurtrières de la Corée du Nord, Le Monde, 27/11/2010.
• Editorial : Jean-Marie Colombani, Nous sommes tous Américains, Le Monde, 13/09/2001.
[2] Revue de presse :
• A quoi joue la Corée du nord ?, Slate – Mentions légales, Slate.
• Derrière les tensions entre les deux Corée, il y a Pyongyang, Rue89.
• Revue de presseNouvelObs.
[3] L’art jésuitique de la rhétorique :
Quelle est la différence entre un Bénédictin et un Jésuite ?
Deux moines, l’un Bénédictin, l’autre Jésuite, se demandent s’il peuvent fumer. Ils vont demander l’autorisation au Père abbé.
Le bénédictin va donc voir le Père abbé et lui demande : « Est-ce que quand je prie, je peux fumer ? » « Pas question ! » répond le Père.
Le Jésuite va à son tour voir le Père abbé et lui demande : « Est-ce que quand je fume, je peux prier ? » « Bien évidemment » répond le Père « Vous pouvez prier dans tous les moments de votre vie quotidienne. »
[4]Revue de presse :
• Guerre de Gaza, Monde en Question.
• Chronique de la Colonisation de la Palestine 2008, Monde en Question.
• Chronique de la Colonisation de la Palestine 2009, Monde en Question.

L’im-Monde propagande anti-chinoise


Le correspondant à Pékin du Monde, spécialiste de la propagande anti-chinoise [1], titre sa dernière vomissure Une « carte du sang » de l’immobilier chinois pour évoquer un site consacré « à toutes les existences qui ont pâti de l’ultra-rapide processus d’urbanisation chinoise » !

Le sang à la une fait vendre. La presse, du XIXe siècle à nos jours, use et abuse de cet artifice [2]. Mais le petit Tintin du Monde au pays du milieu n’utilisera jamais la formule « carte du sang » de l’immobilier américain. Et pourtant, au paradis du capitalisme, les familles sont expulsées par des flics à la solde des banques et les maisons saisies se vendent aux enchères pour une bouchée de pain [3].

L’exotisme aussi fait vendre. En France chaque année, plus de 100.000 décisions de justice d’expulsion sont prononcées et plus de 10.000 expulsions sont réalisées avec l’aide de la force publique dans l’indifférence générale. Voir la misère devant sa porte dérange alors que voir la misère d’un autre monde rassure. L’im-Monde instrumentalise cette contradiction, humaine trop humaine, pour faire sa propagande anti-chinoise.

29/10/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• DELPORTE Christian, PALMER Michael, RUELLAN Denis, Presse à scandale, scandale de presse, L’Harmattan, 2001.
Le phénomène du scandale médiatique peut se décliner en trois dimensions. La première observe la presse qui tourne autour du scandale, qui en rend compte, et hésite à s’impliquer, comme si l’objet était en quelque sorte hors d’elle et malgré elle. La seconde dimension met l’accent sur la presse scandaleuse par ses attitudes, car la révélation des agissements à réprimer sur le plan judiciaire ou à réprouver sur le plan moral, concerne les médias eux-mêmes. La troisième, c’est la presse qui profite du scandale, en fait sa pelote et prospère.

• LEVER Maurice, Canards sanglants, Fayard, 1993
Un siècle avant la naissance d’une véritable presse (la Gazette de Renaudot n’apparaît qu’en 1631), existaient de petits bulletins d’information, communément appelés canards ou occasionnels. Ces minces brochures, généralement anonymes et vendues par colportage, relataient des faits divers particulièrement étranges ou terrifiants, propres à frapper l’imagination et à ébranler les nerfs: crimes, viols, incestes, monstres, catastrophes naturelles, phénomènes célestes, fantômes et diableries en tous genres, procès de sorcellerie… De longueur variable – entre huit et seize pages environ -, imprimés grossièrement et souvent illustrés d’un bois naïvement taillé, ces canards s’adressaient à un public populaire, amateur de sensations fortes. Le lecteur d’aujourd’hui les rapprochera naturellement de la presse à scandale et des reality shows. Mais on ne trouve dans ceux-ci ni la poésie ni le pittoresque de ces modestes livrets ni, bien entendu, la fraîcheur naïve de leur style. Souvent cruels, parfois cocasses ou émouvants, tantôt fantastiques, tantôt baroques, ces canards, demeurés inédits à ce jour, nous en apprennent beaucoup plus que de savants traités sur les mentalités à l’aube du XVIIe siècle. Ils plongent au plus profond de la conscience collective, dont ils révèlent tout à la fois les fantasmes, les aspirations, les refoulements et les peurs.

• LITS Marc (sous la direction de), La peur, la mort et les médias, Éditions Vie Ouvrière, 1993 [MotsRéseaux].
La peur, la mort et les médias. De la liaison dangereuse de ces trois mots, l’Observatoire du récit médiatique (ORM) tire un ouvrage sur la nature et le rôle social des informations qui alimentent nos angoisses existentielles. Pour satisfaire cette entreprise ambitieuse, l’ORM entend mobiliser des approches plurielles, « que ce soit l’observation détaillée d’un média particulier, à un temps donné, par le recours à des méthodologies issues de la philosophie, de la psychanalyse, de la sociologie, de l’anthropologie, par la lecture d’une rubrique journalistique précise, par le regard du créateur ». Pour dire les choses autrement, les différentes contributions de l’ouvrage forment un tout disparate, tant sur le plan des contenus que sur celui des registres d’écriture déployés. Cette hétrogénéité – qui n’est pas gênante pour le lecteur – est, par ailleurs, habilement maîtrisée dans une construction en quatre parties soutenue par un chapitre introductif et une conclusion qui assure la cohérence de l’ouvrage.

Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.


[1] Une « carte du sang » de l’immobilier chinois chronique la violence des démolitions forcées, Le Monde, 29/10/2010.
Brice Pedroletti, correspondant du Monde à Shanghaï ou à Pékin selon les jours :
– Articles, Le Monde
– Blog, Le Monde
[2] Lire :
• Du sang à la une – La Belle Époque du fait-divers dans la presse illustrée (1870-1914), Bibliothèque de Lyon.
• Silvio Berlusconi, en sang à la une de la presse italienne, Elle.
[3] De main street à Wall street, Là-bas si j’y suis 1/3, 2/3, 3/3.

Iuxta propria principia


Des lecteurs de gauche s’alimentent de la propagande anti-chinoise de l’im-Monde sans sourciller. Ainsi, cette affirmation ne déclenche aucun commentaire :

La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, accueille, lundi 4 octobre, une conférence des Nations unies sur le réchauffement climatique qui doit préparer le rendez-vous de Cancun (Mexique), censé rattraper l’échec de Copenhague (Danemark) l’année dernière.
Le Monde

Or, Le Monde se garde bien de rappeler que les États-Unis, première puissance mondiale et premier éetteur mondial de gaz à effet de serre, n’ont pas ratifié le protocole de Kyōto ! L’Union Européenne dénonce aussi la Chine et non les États-Unis.

Selon Xie Zhenhua (vice-ministre chargé de la Commission nationale pour le Développement et la Réforme de Chine), certains pays développés n’ont toujours pas atteint leur pic d’émissions, malgré un PIB par habitant de plus de 40 000 dollars par an, et leurs émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter.
« Dans de telles circonstances, comment peut-on demander à la Chine, pays avec un PIB par habitant tout juste supérieur à 3 000 dollars, de prévoir son pic d’émissions ? « , a-t-il demandé.
Agence de Presse Xinhua

Cette hypocrisie consensuelle relève d’un réflexe colonial :

Les Occidentaux ont souvent interprété les événements chinois avec les systèmes de jugement et les paramètres historiques de leur monde au lieu d’étudier la Chine iuxta propria principia [suivant son propre principe].
On a pu voir combien l’indignatio dont le régime chinois a longtemps été l’objet n’était en réalité que pure propagande lorsqu’en octobre 2001 le président des États-Unis s’est précipité à Pékin pour courtiser la hiérarchie de l’État-parti et obtenir sa neutralité dans la guerre insensée « contre le terrorisme » déchaînée par l’Amérique aux confins de la Chine [Afghanistan].
CANFORA Luciano, L’imposture démocratique p.27 et 29.

04/10/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Protocole de Kyoto, Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiquesSite en anglais.
• Département chinois pour le changement climatique, Site en anglais.
• Environnement, Agence de Presse Xinhua.

L’im-Monde propagande anti-chinoise



PSA Peugeot Citroën séduit la Chine

Quand une entreprise chinoise investit à l’étranger les médias dominants ont recours au champ lexical de la guerre. Ainsi l’im-Monde assimile l’investissement de deux compagnies pétrolières publiques chinoises dans une société brésilienne à la colonisation de l’Amérique latine par les « conquistadors chinois » [1]. L’Amérique latine fut en effet conquise et colonisée, mais, petit détail, par l’Europe catholique à partir de la fin du XVe siècle.

Quand une entreprise française investit en Chine les médias dominants ont recours à un autre champ lexical, celui du darwinisme social c’est-à-dire de la saine compétition entre prédateurs. Ainsi au Mondial de l’automobile, tous les constructeurs rêvent de croissance par la conquête du marché chinois.

En Chine, où [Volkswagen] est leader, il compte investir plus de 6 milliards d’ici à 2012 pour porter ses capacités à 3 millions contre 2 millions actuellement. Mais il a invité ses salariés à ne pas commettre l’erreur d’être « arrogants ». [Ne pas réclamer des augmentations se salaire, de meilleures conditions de travail, etc.] « Chaque jour, nous devons être les meilleurs et ne pas nous reposer sur nos lauriers. » [Travailler plus pour gagner moins !]
Le Monde

L’éditorial de l’im-Monde du jour précédent a fait encore plus fort dans le racisme anti-chinois.

La mer de Chine vient de connaître un avis de tempête politico-stratégique. Un de ces moments qui resteront dans l’histoire de la région ; un épisode qui a marqué tous les riverains et mis en lumière le profil inquiétant de la Chine – celui d’une puissance brutale, au nationalisme à vif, prête à intimider ses voisins.
Le Monde

Cette affaire est un vieux conflit territoriale d’îlots en mer de Chine entre le Japon et la Chine. L’éditorialiste, qui prend parti pour le nationalisme japonais contre le nationalisme chinois, oublie de dire que ces huit îles et rochers sont aussi revendiquées par la République de Chine de Taïwan et il passe un peu vite sur la prétention des États-Unis à maintenir ses « intérêts en mer de Chine » comme si cela allait de soi.

L’im-Monde se contente de publier par copier-coller une dépêche AFP sur un fait beaucoup plus important que ce conflit frontalier à savoir le fait que la Chine apporte un soutien financier à la Grèce abandonnée par l’Europe comme elle l’avait fait en faveur de l’Islande minée par sa dette après la crise financière mondiale de septembre 2008 [2].

Derrière l’anonymat de l’éditorialiste du Monde se cache peut-être Jean-Luc Domenach, membre de la Société Hubert Beuve-Méry (Le Monde) et chroniqueur régulier à La Croix (quotidien catholique dirigé par Bruno Frappat, ancien directeur de la rédaction du Monde), qui est complaisamment reçu partout pour baver contre la Chine [3].

02/09/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.


[1] La Chine part à la conquête du Nouveau Monde, Le Monde du 27/09/2010.
[2] Dans la tourmente financière, la Grèce soutenue par la Chine, Le Monde du 02/10/2010.
Lire aussi :
• Signature de 13 accords entre la Chine et la Grèce, Agence de Presse Xinhua.
• Le PM chinois fait une proposition en cinq points sur les relations entre la Chine et la Grèce, Agence de Presse Xinhua.
• Le PM chinois appelle au renforcement des relations Chine-UE, Agence de Presse Xinhua.
• La Chine va renforcer ses liens avec l’Islande , Agence de Presse Xinhua.
• La dette de l’Europe de l’Est ne sera pas remboursée, ContreInfo.
[3] Écouter ses diatribes haineuses sur la radio de l’Empire colonial français : RFI.

L’im-Monde racisme anti-chinois


INSEE
La lutte des classes révélée à l’Insee

Selon les médias dominants la lutte des classes aurait disparu… dans les pays civilisés. Le Monde redécouvre les bienfaits de ce concept marxiste… en Asie pour le détourner en racisme anti-chinois. Pour l’éditorialiste anonyme, les chinois sont ces salopards qui minent l’économie occidentale et sont en train de reprendre la place qu’ils occupaient dans le monde avant que les puissances coloniales aient tenté de les ramener à l’âge de pierre grâce au trafic de la drogue [1].

En matière sociale aussi, c’est en Asie que le monde se transforme à toute allure. Les pays asiatiques connaissent aujourd’hui des conflits sociaux de grande ampleur, alors qu’en Occident les salariés restent – pour l’instant – tétanisés par la crise, le chômage, la pression sur les salaires et les plans de rigueur budgétaire.

Au Bangladesh, la colère des ouvriers du textile ne retombe pas, malgré une hausse de 80% du salaire mensuel minimum, passé de… 19 à 32 euros. Usines saccagées, manifestations violemment réprimées par un gouvernement qui, depuis vingt ans, a voulu faire de son pays un « eldorado » de l’habillement pour les fabricants étrangers.

Au printemps, en Chine, les salariés de Foxconn et de Honda avaient obtenu, à la suite de grèves très dures, des hausses de salaires de 30% à 60%.

Ces mouvements sociaux marquent la fin d’une grande illusion, largement répandue chez les économistes et les chefs d’entreprise occidentaux. A leurs yeux, l’Asie constituait un réservoir de main-d’oeuvre docile, quasi inépuisable et exploitable à l’infini. Il n’y avait donc guère à redouter de pressions salariales : le coût du travail était censé y rester dérisoire pendant des décennies.

C’était oublier un peu trop vite Marx, et la capacité de la classe ouvrière à se révolter contre « le capitaliste qui essaie continuellement d’abaisser les salaires à leur minimum physiologique ».

C’était surtout oublier qu’avec la forte croissance et la diffusion rapide de la richesse dans ces pays, leurs populations veulent goûter à cette prospérité matérielle qui les entoure au quotidien et les nargue. A cet égard, les conflits sociaux en Chine ou au Bangladesh sur les salaires expriment moins une révolte contre le système qu’une volonté d’en profiter enfin. Ils témoignent du désir des populations de bénéficier d’un bien-être dont elles ont été longtemps privées et qui est désormais à leur portée ; le désir, par exemple, pour les salariés de Foxconn, de posséder l’iPhone qu’ils fabriquent.

Ces conflits sociaux et les fortes augmentations des rémunérations qui en résultent en Asie sont une excellente nouvelle. Pas seulement d’un point de vue moral, avec la possibilité de sortir de l’extrême pauvreté et de la misère, ce qui a été le cas de plusieurs centaines de millions de Chinois depuis vingt ans. La mondialisation ne peut être durable que si elle est équitable, c’est-à-dire si elle favorise la convergence des niveaux de vie entre les différentes régions de la planète.

De façon beaucoup plus égoïste, la hausse des salaires en Asie est une aubaine pour les économies occidentales. Certes, les consommateurs devront payer un peu plus cher leurs vêtements. Mais les délocalisations dans les pays asiatiques vont devenir de moins en moins attractives au fur et à mesure que le coût du travail y progressera. En outre, tous ces salariés mieux payés constitueront peu à peu de nouveaux clients à qui vendre des sacs à main et des automobiles, ou de nouveaux touristes à accueillir. En se battant pour leurs salaires, les ouvriers chinois ou bangladais défendent aussi nos emplois.

Editorial du 10/08/2010

11/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde


[1] Sélection bibliographique :
• MADDISON Angus, L’économie chinoise – Une perspective historique, OCDE, 1998 et 2007 [BooksGooglePerspectives chinoisesTélécharger].
L’étude réévalue la portée et le sens du renouveau de la Chine depuis une cinquantaine d’années, en se servant de techniques quantitatives couramment utilisées dans les pays de l’OCDE. À partir d’une approche comparative, l’auteur explique pour quelles raisons le rôle de la Chine dans l’économie mondiale a fluctué aussi fortement au cours du dernier millénaire. Il conclut que la Chine devrait retrouver en 2015 la place de première économie mondiale qui lui revient naturellement et qu’elle a occupé jusqu’en 1890.
• TIBON-CORNILLOT Michel, Les guerres de l’opium ou l’écrasement de la Chine, Dedefensa.
• TIBON-CORNILLOT Michel, La Chine en enfer : pillages et génocides blancs, Dedefensa.
L’étendue des désastres liés aux guerres de l’opium, et plus généralement, à la destruction des institutions impériales chinoises est massivement ignorée par la plupart des chercheurs et des hommes politiques français. Ces pillages, famines, répressions, durèrent un siècle, de 1840, la défaite chinoise devant les troupes anglaises, à 1949, l’arrivée des communistes au pouvoir. Les chercheurs anglo-saxons, bien meilleurs connaisseurs de cette période, évaluent le nombre des victimes dans une fourchette oscillant entre 120 et 150 millions en un siècle.