Chine en Question

Blog dédié au Monde asiatique

Archives de Tag: HU Jintao

Rapport de HU Jintao


Le texte intégral du rapport présenté par Hu Jintao au 18e Congrès national du PCC est irrégulièrement disponible sur le site de l’agence Xinhua (problèmes récurrents d’accès au site) et n’est plus disponible sur le site du Renmin Ribao.

Chine en Question met ce texte en ligne ainsi que les statuts du PCC, dont le programme général mérite d’être lu :

  • Texte intégral du rapport présenté par Hu Jintao au 18e Congrès national du PCC, Télécharger rtf
  • Texte intégral des Statuts du Parti communiste chinois, Télécharger rtf

26/11/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Revue de presse Chine 2012, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine, Monde en Question.

Hu Jintao courtisé en France


Malgré les Cassandre de service, Hu Jintao est bienvenu et courtisé en France pour des raisons économiques et politiques. La question des droits de l’homme, à laquelle même Monsieur Sac de riz ne croit plus beaucoup, est une farce alors que la Chine vient de célébrer le 150e anniversaire du sac du Palais d’Été par les troupes coloniales anglo-françaises [1]. Nicolas Sarkozy déroule donc le tapis rouge pour Hu Jintao parce qu’il attend de lui la signature de juteux contrats notamment avec Airbus et Areva et un soutien à la présidence française du G20 après le sommet de Séoul des 11 et 12 novembre.

« Rien aujourd’hui ne peut se régler sans le concours de la Chine » et la France entend aborder ces problèmes « non pas dans l’angle de la confrontation mais au contraire dans la recherche de convergences », souligne-t-on à l’Elysée.

« Quand on reçoit quelqu’un, pour bien le recevoir, ce n’est pas en reprochant aux gens les choses qu’on fait avancer les dossiers. C’est en essayant de les comprendre que eux vous comprennent aussi », a dit Nicolas Sarkozy à Troyes, soulignant que l’objectif était de « trouver un compromis qui soit à l’avantage des deux partenaires ».

Reuters-Yahoo! Actualités

La presse chinoise insiste sur les relations particulières qu’entretiennent la Chine et la France depuis quarante-six ans.

La France fut le premier pays occidental important à reconnaître la nouvelle Chine, lorsqu’en janvier 1964, le président français Charles de Gaulle et le président chinois Mao Zedong ont franchi les barrières de systèmes politiques différents durant l’ère de la Guerre froide pour établir des relations diplomatiques.

En septembre 1973, le président français Georges Pompidou fut le premier chef d’Etat français et du monde occidental à se rendre en Chine.

En mai 1975, le vice-Premier ministre chinois Deng Xiaoping a fait de la France la destination de la première visite d’un dirigeant chinois dans un grand pays occidental.

En janvier 1997, le président français Jacques Chirac a effectué une visite en Chine au cours de laquelle M. Chirac et son homologue chinois, Jiang Zemin, ont signé la déclaration conjointe sino-française, s’engageant à construire un partenariat global pour le 21e siècle.

En janvier 2004, le président chinois Hu Jintao a fait une visite de trois jours en France, durant laquelle les deux pays ont forgé un partenariat stratégique global, ouvrant un nouveau chapitre dans les relations sino-françaises.

En avril cette année, le président français Nicolas Sarkozy a effectué une visite en Chine et a atteint un consensus crucial sur l’approfondissement des relations bilatérales avec le président Hu, marquant une nouvelle étape dans les relations sino-françaises.

Le Quotidien du Peuple

La veille, Le Figaro avait publié un entretien dans lequel Hu Jintao prônait un partenariat d’égal à égal avec la France et aussi voire surtout avec l’Union européenne :

L’important, c’est de dépasser, dans notre coopération, le simple commerce-investissement pour créer un partenariat d’égal à égal, de valoriser nos atouts culturels en vue des échanges intellectuels et humains accrus, et de renforcer la coopération stratégique face aux défis planétaires.

La Chine attache une haute importance au développement de ses relations avec l’UE. Elle respecte et soutient l’intégration européenne, et souhaite que l’UE voie d’un regard positif son développement, respecte et soutienne sa voie de développement, une voie adaptée à ses réalités nationales. La Chine et l’UE se doivent de respecter et de prendre en considération les intérêts vitaux et préoccupations majeures l’une de l’autre. Leur relation au XXIe siècle doit être une relation basée sur le respect mutuel, la confiance réciproque et l’égalité, une relation marquée par les avantages mutuels et le développement commun et une relation qui contribue à la construction d’un ordre politique et économique international plus juste et plus équitable, à l’avènement d’un monde harmonieux et au progrès de la civilisation humaine.

Manière élégante de rappeler à l’Europe que nous sommes plus au temps des Traités inégaux quand les puissances coloniales européennes imposèrent à la Chine un commerce extérieur unilatéral et exempté de droit de douane, le monopole du marché de la drogue (l’opium) que la dynastie Qing voulait interdire, le privilège d’extraterritorialité et least but not last l’appropriation de concessions principalement dans les villes portuaires.

Aujourd’hui, une partie de go se joue entre la Chine et l’Union européenne alors que cette dernière ignore presque tout de cette stratégie et que la première puissance mondiale s’enlise en Afghanistan [2].

04/11/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Revue de presse :
• Visites d’Etat du président chinois en France et au Portugal, Agence de Presse Xinhua.
• La tournée du président chinois en France et au Portugal, Renmin Ribao.

• 01/11/2010, La Chine prône un partenariat d’égal à égal avec la France, Reuters-Yahoo! Actualités.

Le président chinois Hu Jintao plaide dans un entretien à paraître mardi dans Le Figaro en faveur d’un partenariat « d’égal à égal » avec la France, dépassant le stade des relations commerciales.

• 02/11/2010, La Chine, clé de la présidence française du G20 – Yahoo! Actualités, Reuters-Yahoo! Actualités.

Nicolas Sarkozy espère rallier cette semaine la Chine à ses propositions pour un nouvel ordre économique et monétaire mondial dans le cadre de la présidence française du G20, dont il attend beaucoup sur le plan intérieur.

• 03/11/2010, La Chine entend renforcer les relations avec la France et d’autres pays européens, déclare le président chinois, Le Quotidien du Peuple.

Le président chinois Hu Jintao a déclaré mardi, dans une interview écrite accordée au quotidien français Le Figaro, que la Chine entend renforcer les relations dans tous les domaines avec la France et d’autres pays européens et appelle aux efforts communs de la communauté internationale pour la construction de l’ordre international au 21e siècle.

• 03/11/2010, Hu Jintao : «Comment la Chine veut coopérer avec la France», Le Figaro.

INTERVIEW – À quelques jours de son arrivée à Paris pour une visite d’État, le président chinois appelle à «de nouveaux partenariats» entre les deux pays, dans de nombreux secteurs.

• 03/11/2010, Le président chinois Hu Jintao attendu à Paris et Nice pour trois jours de visite d’Etat, AP-Yahoo! Actualités.

Le président chinois Hu Jintao est attendu jeudi en France pour une visite d’Etat de trois jours, à Paris d’abord, puis à Nice à partir de vendredi. D’importantes signatures de contrats sont attendues à l’occasion de ce séjour à visée essentiellement économique, qui permettra aussi de préparer la future présidence française du G-20.

• 04/11/2010, Les relations sino-françaises ne cessent de se développer , Le Quotidien du Peuple.

Le président chinois Hu Jintao quitte Beijing pour la France jeudi pour y effectuer une visite d’Etat de trois jours. La Chine et la France, deux pays influents dans le monde, ont joui du développement constant de leurs relations bilatérales grâce à leurs efforts conjugués.

• 04/11/2010, Sarkozy: « La Chine ne doit pas être vécue comme un risque mais comme une opportunité », AP-Yahoo! Actualités.

« La Chine ne doit pas être vécue comme un risque mais comme une opportunité », a déclaré jeudi Nicolas Sarkozy, à l’occasion d’un déplacement à Troyes (Aube), tout juste une heure avant d’accueillir le président chinois Hu Jintao au début d’une visite d’Etat de trois jours en France.

• 04/11/2010, Nicolas Sarkozy déroule le tapis rouge pour le président chinois, Reuters-Yahoo! Actualités.

Nicolas Sarkozy a déroulé le tapis rouge pour le dirigeant de la deuxième puissance économique du monde, qu’il espère rallier à sa croisade pour un nouvel ordre monétaire mondial à huit jours du début de la présidence française du G20.

• 04/11/2010, Hu Jintao à Paris : des milliards d’euros en jeu, BFMTV [vidéo] – Autres vidéos.
• 04/11/2010, La visite de Hu Jintao à Paris synonyme de contrats juteux, France 24 [avec vidéos] – Autres articles.

Le président chinois Hu Jintao entame ce jeudi en France une visite d’État de trois jours. Très attendu, ce séjour devrait permettre de conclure des milliards d’euros de contrats notamment pour Airbus et Areva.

Lire aussi :
• ANDRESY Agnès, Le Président chinois Hu Jintao, sa politique et ses réseaux – Who’s Hu ?, L’Harmattan, 2008.
Entre néo-autoritarisme et ouverture économique, Hu Jintao a su imposer sa marque : en s’attaquant au volet crucial de l’instabilité sociale et en promouvant la Chine sur la scène mondiale. Au travers de cette biographie où se mêlent réseaux, luttes de pouvoir et grands desseins patriotiques, ce n’est pas seulement le portrait de Hu Jintao qui est esquissé, mais aussi celui de cette Chine du XXIème siècle, prête à relever tous les défis, tout en imposant son modèle de développement « aux couleurs chinoises ».
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.


[1] LEFORT Serge, Guerre coloniale contre la Chine, Chine en Question.
[2] CHEN Youwei, La première puissance mondiale ébranlée, Beijing InformationMonde en Question.

KO Siu Lan


L’Ecole des Beaux-arts a décroché mercredi de sa façade l’œuvre d’une artiste chinoise détournant le slogan du candidat Nicolas Sarkozy « travailler plus pour gagner plus », estimant que cela pouvait porter « atteinte à la neutralité du service public ».

« Je viens de Chine. Je ne peux pas croire que cela m’est arrivé en France. C’est une censure très brutale, sans discussion », a déclaré Ko Siu Lan.

Le directeur Henry-Claude Cousseau « m’a dit que ton travail était trop explosif pour rester in situ et que certains membres de l’école et des personnes du ministère de l’Education s’en offusquaient déjà », écrit Clare Carolin à l’artiste. La direction « m’a dit aussi que le moment était délicat car l’école est en train de renouveler sa convention de financement avec le ministère », a-t-elle ajouté.

AFP-Google Actualités

En France, il est interdit d’accrocher les mots « travailler », « gagner » « plus » et « moins », sur une façade. Comme a pu le constater, effarée, une jeune artiste chinoise, Siu Lan Ko, censurée alors qu’elle exposait ses slogans sur l’immeuble de l’école des Beaux-Arts, à Paris. C’est une blague ? Non.

C’est ironique, quand on est un artiste chinois, d’être censuré en France pour subversion politique. Critiquer Hu Jintao à Pékin, c’est possible. Mais Nicolas Sarkozy à Paris, ça non, c’est interdit.

Télérama

La censure sévirait à Paris ? Impossible ! Paris est la capitale des « droits de l’homme » et Pékin celle de la « dictature communiste ». Tous les médias dominants vous le disent et le redisent. Rue89, après Libération, publie une rubrique entièrement consacrée à ce schéma idéologique.

Ainsi, comme le titrent L’Express et Le Point, les médias « débattent sur la censure d’une œuvre sur un slogan de Sarkozy » sans pour autant hurler à la dictature. La nuance, qui est de taille, échappe aux propagandistes pavloviens.

Le plus comique de l’histoire est la prétention de Rue89 et Le Monde d’avoir « réveillé Mitterrand » comme le prétendent Arrêt sur images et Rue89 :

Elle remercie tous ceux qui l’ont soutenue, « sans qui ce n’aurait pas été possible ». Parmi eux, Agnès Tricoire, son avocate, qui dès que la censure a été révélée par Rue89, s’est mobilisée et a envoyé une mise en demeure aux Beaux-Arts […].

Rapportant les propos d’un manifestant en faveur de Ko Siu Lan «Une Chinoise qui nous donne des leçons de démocratie, c’est le comble», Rue89 note « ignorant sans doute que l’artiste était originaire de Hong-Kong ». Ce qui laisse entendre que Hong-Kong n’est pas une ville chinoise, mais serait toujours la colonie anglaise qu’elle fut de 1842 à 1997, car une Chinoise n’est pas qualifiée pour donner « des leçons de démocratie » !

13/02/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• De Paris à Dresde : Le poids des mots, le choc des images, Basta !
• Ko Siu Lan, Google ActualitésSite
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.

Amérique latine très convoitée (2)


Les présidents chinois et russe ont fait, chacun de son côté et à des dates différentes, une tournée pour conquérir les marchés latinos-américains – avant le sommet de l’APEC pour Hu Jintao et après le sommet pour Dmitri Medvedev.

Pékin resserre ses liens avec les économies latino-américaines, Le Monde.

A la veille de la tournée, Pékin a publié « un document politique éclairant les objectifs chinois envers l’Amérique latine et les Caraïbes ». Ce livre blanc insiste sur « les ressources abondantes et l’extraordinaire potentiel de développement » de cette région, dont la Chine est devenue le troisième partenaire commercial.
Outre le développement des échanges et la signature d’accords de libre-échange, le document évoque un accroissement de la coopération en matière de défense et de sécurité [1].

La Chine souhaite établir un partenariat global et coopératif avec les pays d’Amérique latine et les Caraïbes, Xinhua – Le Quotidien du Peuple.

Le gouvernement chinois considère ses relations avec l’Amérique latine et les Caraïbes d’un point de vue stratégique et souhaite établir et développer un partenariat complet et coopératif basé sur les principes de l’égalité, des bénéfices mutuels et du développement commun avec les pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

Départ d’un haut responsable militaire chinois pour l’Amérique latine, Xinhua – Le Quotidien du Peuple.

Xu Caihou, vice-président de la Commission militaire centrale de Chine, a quitté Beijing dimanche pour effectuer des visites amicales au Venezuela, au Chili et au Brésil.
Xu a été invité par le ministre vénézuélien de la Défense nationale Gustavo Rangel Briceno, le ministre chilien de la Défense nationale Jose Goni et le ministre brésilien de la Défense nationale Nelson Jobim.
« Il s’agit d’une importante activité diplomatique pour les forces armées, qui vise à renforcer la compréhension mutuelle et les échanges militaires », a indiqué Qian Lihua, directeur du Bureau des Affaires étrangères du ministère chinois de la Défense nationale.

Les militaires s’échangent « leurs pratiques standards », Xinhua – Le Quotidien du Peuple.

« Ces échanges entre la Chine et les pays d’Amérique latine sont tout à fait normaux entre les forces armées.

« Dans les échanges militaires avec l’Amérique latine, la Chine a toujours fermement adhéré au principe du bénéfice de la paix régionale et mondiale et de la stabilité, ne visant aucun tiers parti, sans jamais mettre en péril les intérêts des autres pays », a-t-il dit.
[…]
La Chine a déjà procédé à des échanges militaires avec 18 pays d’Amérique latine, a dit Qian.
« Les échanges militaires et la coopération sont une partie importante de la relation de la Chine avec l’Amérique latine, et ils jouent un rôle positif dans la promotion de son développement », a-t-il conclu.

Exercices navals russo-vénézuéliens

La Russie reprend pied en Amérique latine, Le Monde.

Qualifiée par la presse moscovite de « seconde découverte de l’Amérique », la tournée de M. Medvedev marque le retour de la Russie dans une région longtemps considérée comme « l’arrière-cour » des Etats-Unis, mais dont Washington s’est largement désintéressé depuis les attentats du 11 septembre 2001. Avide de faire contrepoids à l’influence américaine, Moscou entend reprendre pied dans la zone. « Et cette fois, nous revenons pour toujours », assure un porte-parole de la diplomatie russe, Alexeï Sazonov.
[…]
L’implantation de la Russie dans la région a trois dimensions : politique, économique et militaire. Point culminant de la tournée : Dmitri Medvedev assistera depuis le Venezuela aux premiers exercices navals conjoints en mer des Caraïbes.

La crise aidera les fabricants d’armes russes à s’implanter en Amérique latine, RIA Novosti.

La plupart des pays d’Amérique latine achètent traditionnellement des avions, des navires de guerre et d’autre armement aux Etats-Unis. Le Brésil préfère ces dernières années commander pour l’armée le matériel qu’il produit. Pourtant, l’armement russe pourrait dans les conditions de la crise rivaliser non sans succès avec des analogues américains, européens ou brésiliens. Les avions, les hélicoptères, les VTT, les systèmes de DCA et les armes d’infanterie russes coutent de 20-40% moins cher que leurs équivalents européens et américains, tandis que leur qualité est tout à fait comparable. De plus, le matériel russe est plus facile à maîtriser pour des équipages avec un niveau de formation limité et moins compliqué à réparer avec des moyens de fortune.

Medvedev à la conquête de l’Amérique latine, RIA Novosti.

En fait, l’odeur du pétrole et du gaz a accompagné la tournée du président russe. Le Brésil n’a pas fait exception. Cet Etat, qui fait partie du BRIC et qui est considéré comme un « continent à part », ne peut pas laisser indifférente la Russie, d’autant que Moscou est disposé à étendre les liens bilatéraux. Le déplacement de Medvedev au quartier général de la plus grande compagnie pétrolière publique du pays, Petrobras, sera l’un des plus importants événements de sa visite, de même que ses rencontres avec les dirigeants des entreprises publiques et privées spécialisées dans l’énergie, l’industrie minière, le secteur agroindustriel et la sphère bancaire. Gazprom inaugurera l’année prochaine sa représentation au Brésil. Moscou et Brasilia seraient prêts à élargir leur coopération dans le domaine spatial et pourraient construire conjointement un cosmodrome à proximité de l’équateur.

Le Venezuela, quant à lui, est « le premier parmi les égaux ». Moscou a établi une « coopération stratégique » avec Hugo Chavez. Les deux pays créent une banque commune avec un capital de 4 milliards de dollars pour financer la construction de raffineries de pétrole. La Russie est prête à aider le Venezuela à créer des centrales nucléaires, Rusal a annoncé la construction d’une usine d’aluminium, VAZ est prêt à y implanter des usines automobiles. Depuis 2005, Caracas a signé avec Moscou douze contrats sur les livraisons d’armes, allant des fusils d’assaut Kalachnikov, des chars T-90 et des voitures de transport blindées aux chasseurs Su et aux hélicoptères, pour un montant total de 4 milliards de dollars. A présent, il souhaite acheter des sous-marins et des navires russes. Dmitri Medvedev et Hugo Chavez « inaugurent », le 25 novembre, les premiers exercices navals russo-vénézuéliens de grande envergure qui « taquineront » les Etats-Unis jusqu’au 30 novembre.

Cuba devait absolument figurer sur la liste medvédévienne des pays à visiter. Les relations entre Moscou et La Havane semblent connaître un essor. Les négociations à Cuba devraient aboutir à une entente sur la prospection et la mise en valeur conjointes de gisements pétroliers dans la partie cubaine du golfe du Mexique. Un forage d’essai vient d’y être organisé.

Le voyage de Medvedev illustre bien l’évolution du processus de désidéologisation des relations entre la Russie et l’Amérique latine. Celles-ci étaient déjà marquées auparavant par un puissant élément national-pragmatique (les Russes ont, en effet, fait de la voiture soviétique Lada l’automobile la plus vendue au Chili à l’époque de Pinochet [2]). A présent, cet élément national-pragmatique se renforce. On peut à cet égard remercier George W. Bush.

Commentaires : Le Monde se révèle beaucoup plus pudique que les agences de presse chinoise ou russe à propos des questions stratégiques et militaires.


[1] Les termes diplomatiques « la coopération en matière de défense et de sécurité » signifient la vente d’armes.
[2] Que cette information vienne de la presse russe devrait faire réfléchir les staliniens français.

 

Forum de coopération économique Asie-Pacifique


Le ralliement à la déclaration du G-20 au menu des dirigeants de l’Apec, AFP – Yahoo! Actualités.

Le ralliement à la déclaration du G-20 devait dominer les discussions samedi du 16e sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) que les dirigeants, dont l’Américain George W. Bush, le Russe Dmitri Medvedev et le Chinois Hu Jintao, mettront également à profit pour tenir des réunions bilatérales.

Le protectionnisme ne ferait qu’aggraver la crise, met en garde l’Apec, AFP – Yahoo! ActualitésXinhua.

Les mesures de protectionnisme ne feraient qu’accentuer la crise économique actuelle ont prévenu samedi les dirigeants du 16e sommet du Forum de coopération économique Asie pacifique (Apec), dans une déclaration commune, dans laquelle ils appuient « fermement » la déclaration de Washington.

APEC : vers la création d’une zone de libre-échange Asie-Pacifique, RIA Novosti.

Les pays membres de l’APEC se sont par ailleurs engagés à ne pas créer de nouvelles barrières commerciales.

« Il existe un risque que le ralentissement de la croissance mondiale puisse entraîner l’adoption de mesures protectionnistes qui ne pourraient qu’aggraver la situation économique actuelle. Dans cette optique, nous appuyons la déclaration de Washington, et nous nous abstiendrons dans les douze prochains mois de créer de nouvelles barrières pour l’investissement ou le commerce des biens et services, d’introduire de nouvelles restrictions sur les exportations ou de recourir à des mesures incompatibles avec les règles de l’OMC, notamment visant à stimuler les exportations », souligne la déclaration.

Bush rencontre son homologue chinois Jintao en marge du sommet de l’Apec à Lima, AFP – Yahoo! ActualitésAFP – Aujourd’hui la Chine.

Le président George W. Bush et son homologue chinois Hu Jintao ont discuté vendredi à Lima des mesures destinées à accélérer le processus de dénucléarisation de la Corée du nord, a annoncé la Maison Blanche.

Obama et la guerre économique


Le numéro 2 d’Al-Qaïda traite Obama d' »esclave noir » au service des Blancs, AFP – Yahoo! Actualités

L’enregistrement intitulé « le départ de Bush et l’arrivée d’Obama » qualifie le premier Noir à accéder à la présidence et d’autres Noirs occupant ou ayant occupé d’importantes fonctions aux États-Unis « d’esclaves noirs domestiques », qui vivaient dans la maison de leurs maîtres blancs.

« Ce que Malcolm X disait au sujet des esclaves employés de maison s’applique à vous et à des gens comme vous », a dit Zawahiri mentionnant l’ancien secrétaire d’État Colin Powell et son successeur Condoleezza Rice.

Commentaires :
1) Supposons que cette information, fournie par le centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE Institute), soit authentique.
2) Libération titre cette dépêche AFP « Quand le numéro 2 d’Al-Qaeda insulte Obama » sans préciser la nature de l’insulte.
3) Espérons que Libération ou d’autres ne fassent pas du racisme à l’envers pour faire taire toute critique d’Obama.

Les spéculations sur la composition de la future administration d’Obama vont toujours bon train [1] alors que l’information la plus importante est justement l’absence de communication à ce sujet depuis la victoire d’Obama le 4 novembre. Les spéculations courent aussi sur la future politique étrangère de l’administration d’Obama [2] alors que le « changement » n’est pas attendu dans ce domaine.

En attendant, les marchés américains creusent leurs pertes à la suite à de nouvelles statistiques inquiétantes qui confirment la dégradation de l’économie (Le Journal des Finances) et la Chine devient le plus grand pays détenteur de dettes publiques des États-Unis (Le Quotidien du PeupleAFP – Yahoo! Actualités) et souhaite poursuivre le dialogue économique stratégique avec les États-Unis (Xinhua – Le Quotidien du Peuple).

On en sait un peu plus aujourd’hui sur les accords que Hu Jintao a signé avec Raúl Castro (AFP – Yahoo! Actualités) :

Dans le cadre des accords conclus entre les deux présidents, la Chine accorde un crédit de 70 millions de dollars pour la modernisation des hôpitaux de la capitale cubaine, un don de 10 M USD pour des projets socio-économiques, et accepte de restructurer la dette cubaine contractée dans les années 1990.

Commentaires : Un don exige un contre-don, mais ne connaissons pas les termes de l’échange sinon la volonté politique de contrer les États-Unis en « Amérique Latine, une zone que Washington considère comme sa chasse gardée » (AFP – Aujourd’hui la Chine).

Sur le G20, cet article de la presse russe est riche d’enseignements (RIA Novosti) :

Samedi dernier encore, Dmitri Medvedev savourait aux côtés des participants du sommet de Washington le triomphe sur les divergences et déclarait que la Russie était satisfaite des décisions adoptées lors du sommet. Cependant, le premier ministre russe a remis en question dès le lundi suivant un des principaux résultats du sommet : la parole de « gentleman » de renoncer au protectionnisme.
[…]
Medvedev a confirmé hier, en ouvrant une séance du Conseil d’État consacrée à la lutte anticrise à Ijevsk, que la Russie appliquerait les accords intervenus au sommet du G20. Il a toutefois évoqué au cours de la réunion les intérêts nationaux, un soutien à l’industrie automobile russe et une aide aux exportations, une tâche ardue « dans un contexte où les États appliqueront des mesures protectionnistes malgré toutes sortes d’engagements ».

Soit le président russe avait déjà cette idée en tête en signant les décisions du G20, soit il y a réfléchi après son retour en Russie. A Ijevsk, les problèmes de l’industrie automobile russe semblent plus proches que vus de Washington. Pourtant, rien n’est vraiment surprenant ni spécifiquement russe dans cette situation: la grande politique suppose un certain cynisme ainsi qu’un talent à retourner sa chemise et à faire son mea culpa. Des collègues plus expérimentés sont toujours là pour rattraper le coup.

Lire aussi : Après le Sommet du G20, Monde en Question.


[1] De puissants lobbyistes, une banquière ayant mis la clé sous la porte, des spéculateurs, des membres du complexe militaro-industriel… Elle est belle l’équipe de transition de Barack Obama !, Bakchich.
[2] Obama, les mollahs et le big bargain, affaires-strategiques.info.

 

Le capitalisme chinois (1)


Alors que tout le monde évoque le dynamisme de l’économie chinoise, sur le mode de l’extase [1] ou de la peur teintée de racisme [2], il est bon de rappeler que le développement de la Chine se fait grâce à l’exploitation des travailleurs chinois. Ainsi, la Guangdong Real Faith Enterprises Group Co. a « réduit les coûts de production » en supprimant les heures supplémentaires et a « modernisé sa structure industrielle » en fermant une partie de ses usines dans les secteurs du meuble et de la chaussure [3].

La Chine est très présente en Afrique et en Amérique latine où elle défend ses intérêts en multipliant les accords d’investissements et d’exploitation, l’aide économique et l’investissement direct. Après le Sommet du G20 à Washington, Hu Jintao a entamé une tournée latino-américaine. Il est aujourd’hui à La Havane «pour renforcer les liens avec un pays « frère »».

La Chine ne pratique pas pour autant un néo-colonialisme. «La Chine, sur le plan politique, s’en tient toujours à la politique de non-ingérence dans les affaires intérieures et souligne, dans le domaine économique, à la coopération d’entraide mutuelle et au « gagnant-gagnant ».» C’est plus vrai pour avec les pays d’Amérique latine qu’avec ceux d’Afrique [4] Cette réserve faite, il ne faut pas espérer que la Chine se comporte différemment qu’une grande puissance. Sa référence langagière au socialisme est une arme idéologique pour faire taire une opposition de gauche, mais ne change rien sur le fond.

18/11/2008
Serge LEFORT


[1] Certains staliniens, qui n’ont rien appris de l’histoire, croient naïvement que « la Chine est plus communiste que les communistes français« . Le même site fait l’éloge constant de la dictature de Fidel Castro.
Sur le régime castriste :
• 35 ans après la victoire de la révolution castriste – Cuba de nouveau seule face à l’impérialisme, Lutte de Classe n°10.
• Jorge Edwards, Memoria Chilena.
• La dérive populiste, Monde en Question.
[2] Du « péril jaune » à « l’invasion des produits chinois », Monde en Question.
[3] Crise financière : les nouvelles stratégies des entreprises privées chinoises, Xinhua – Le Quotidien du Peuple.
Sur la Chine :
• La Chine et l’économie de marché : un grand bond en avant ou un grand pas en arrière ?, Lutte de Classe n°12.
• La Chine : quel développement ?, Lutte de Classe n°87.
• Géopolitique et géostratégie d’une puissance mondiale qui se dévoile : la Chine du début du XXIème siècle, Quindi.
[4] Qui pratique le « néocolonialisme » en Afrique ?, ChinAfrique.
L’Afrique est une rubrique à part du site de l’Agence de Presse Xinhua et un dossier spécial est consacré à la visite de Wu Bangguo en Afrique, Xinhua.

 

L’enjeu du Sommet du G20 (4) suite


Le Sommet du G20 fut un succès parce qu’il s’est contenté de préconisations (Le texte complet est publié par The New York Times). L’une d’entre elles est plus importante qu’il n’y paraît :

A moyen terme, mieux refléter l’évolution des poids des économies dans le FMI et la Banque mondiale.
NouvelObs

Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 ont convenu samedi d’accroître la représentation des pays en développement au sein du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, selon le communiqué publié à l’issue de leur premier sommet, à Washington.
Romandie News

Mais cette participation a un prix :
• La Chine devrait prêter plus d’argent au FMI (on parle de 100 milliards de dollars) pour occuper une place plus importante.
• Plus de 150 pays, dont la plupart des pays d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie, n’auront pas le droit d’émettre leurs vues sur l’ordre financier international.
• Le FMI et la Banque mondiale feront encore payer aux plus pauvres les pertes des plus riches (Le Grand Soir).

La Chine n’est pas pressée d’affirmer sa puissance, en pillant l’Afrique et l’Amérique latine, car le temps joue en sa faveur. Pendant que Nicolas Sarkozy attire l’attention des médias, Hu Jintao « renforce la coordination face à la crise financière » avec le Brésil et la Russie.

La retour à la réalité risque d’être brutal :

Première réaction des marchés, les places du Golfe seules ouvertes le dimanche, ont chuté déprimées par les mauvaises perspectives économiques, Dubaï perdant notamment 4,5%.
AFP – Yahoo! Actualités

Wall Street aura du mal à éviter d’être dans le rouge la semaine prochaine, résultats de sociétés et indicateurs économiques risquant d’attester d’un ralentissement conjoncturel prolongé.
Reuters – Yahoo! Actualités

L’enjeu du Sommet du G20 (4)


Le Sommet du G20 s’achève sur des déclarations de principe et un vague plan d’action, qui ne mécontente personne et satisfait donc tout le monde.
Cela est illustré par cette dépêche, dont la pauvreté de contenu est compensée par le titre « Le plan d’action du G20 en détails » et l’accroche « Plus aucune zone d’ombre, des places financières sous haute surveillance, le G20 veut davantage de régulation » (Euronews – Yahoo! Actualités).

Nicolas Sarkozy présente l’événement comme « historique » pour s’en attribuer naturellement tous les mérites. Le plus intéressant est dans cet aveu (Reuters – Yahoo! Actualités) :

Il s’est réjoui que le président chinois Hu Jintao n’ait « rien bloqué », que son homologue coréen ait été « très moteur » et le Premier ministre indien « très coopératif ».

Hu Jintao a fait des propositions pour l’avenir car, selon la Chine, le G20 est la première étape d’un processus (Xinhua) :

La réforme du système financier international doit permettre d’établir un nouvel ordre financier international qui est juste, inclusif et méthodique et qui crée un environnement institutionnel en faveur d’un bon développement de l’économie globale », a-t-il indiqué.

Il faut qu’elle soit menée de manière complète, équilibrée et progressive en accordant l’importance à ses résultats.

Une réforme complète est celle qui a un plan général et comprend des mesures pour améliorer non seulement le système financier international, le système monétaire et les institutions financières, mais aussi les règles et les procédures financiers internationaux », a-t-il précisé.

« Une réforme équilibrée est celle qui est basée sur une considération globale et cherche un équilibre entre les intérêts de toutes les parties« , a dit le président chinois.

Si la presse russe rapporte avec gourmandise que «l’intervention du président russe lors du sommet financier du G20 à Washington a été qualifiée samedi « d’extraordinaire » par le Wall Street Journal», elle ne dit pratiquement rien de plus (RIA Novosti).

Luiz Inacio Lula da Silva a plaidé pour une meilleur représentation politique des pays en développement (Xinhua) :

M. Lula, président par intérim du G20, a appelé également à une régulation équitable du système financier international et de l’économie mondiale.

Selon lui, le G8 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne, Canada, Russie) n’est plus approprié dans le monde mondialisé d’aujourd’hui et le G20 devrait jouer un rôle plus important dans la définition des régulations financières internationales.

« Nous parlons maintenat du G20 parce que le G8 n’a plus de raison d’exister, en d’autres termes, les économies émergentes doivent être prises en considération dans le monde mondialisé d’aujourd’hui », a-t-il dit.

« Les organisations multilatérales et les règles internationales existantes ont été rejetées par l’histoire. Le Fonds monétaire internationale et la Banque mondiale devraient s’ouvrir davantage à une plus grande participation des économies en développement », a dit M. Lula dans son discours prononcé lors du sommet du G20.

« Cela signifie plus de voix et plus de représentations pour les pays en développement« , a-t-il souligné.

Sommet du G20 : les réactions, NouvelObs.

L’enjeu du Sommet du G20 (2)


L’enjeu du Sommet du G20 tourne autour du leadership du Nord (USA et UE) contre le Sud. La Russie et la Chine, aidées par l’UE, joueront un rôle majeur pour réduire l’influence politique des États-Unis à son poids économique.

Il est significatif qu’avant le G20 Wall Street soit en baisse (Le Journal des Finances) alors que les bourses d’Asie sont en hausse (Le Journal des Finances).

Tous ceux qui plaident pour un « Bretton Woods II » cherchent à appliquer une recette du passé, mais le BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) plaide pour un rééquilibrage politique :

La crise, que beaucoup imputent à des prises de risque excessives et à une gestion déficiente des risques sur les marchés financiers, a mis en évidence la nécessité d’une réforme complète de la structure économique et financière globale existante, en d’autres termes du système Bretton Woods (du nom des accords qui gouvernent la finance mondiale depuis la fin de la seconde guerre mondiale), a précisé M. GGe Huayong [directeur éxécutif de Chine au FMI].

La réforme monétaire et financière internationale devrait respecter les deux principes de réforme continue et de large participation pour que tous les pays dans le cadre économique et financier global puissent équilibrer leurs droits et obligations et prendre part équitablement au processus d’élaboration de régulations, a-t-il ajouté.

Xinhua

Ce Sommet du G20 «est l’occasion pour la Chine d’affirmer sa puissance en montrant la voie à suivre» :

« Avec près de 2 milliards de dollars en réserves étrangères et un excédent budgétaire, la Chine a des marges plus larges de relance budgétaire que les gouvernements de nombreux pays en voie de développement, qui doivent en plus faire face à de déficits extérieurs élevés et le fardeau de la dette », a déclaré Jing Ulrich, directrice générale et présidente de China Equities J.P. Morgan.

Les économistes disent que la Chine est une trop grande économie qui ne montre pas sa position aujourd’hui. C’est pourquoi ils pensent que les participants au Sommet vont probablement attendre que la Chine commence à jouer un rôle plus important et prenne sur elle plus de responsabilité en fonction de sa grande taille économique.

En mettant en évidence l’importance croissante de la Chine, certains économistes suggèrent aussi qu’on pourrait lui donner une position plus importante dans les principaux organismes monétaires internationaux afin qu’elle puisse jouer une fonction dans le remodelage de la nouvelle structure financière internationale.

Aujourd’hui la Chine

Considérable bouleversement discrètement en cours, Dedefensa

Il devrait suffire de consulter cette réponse du président russe Dmitri Medvedev à une question, dans l’interview du Figaro, le 13 novembre, pour mesurer le changement intervenu dans les relations paneuropéennes, essentiellement entre la Russie et les grands pays de l’UE, et plus généralement dans les relations internationales en général, avec les deux crises successives de Géorgie (7 août 2008) et du système financier international (15 septembre 2008). La question est celle-ci: «Vous participez ce week-end au sommet de Washington sur la crise. Arrivez-vous à Washington avec des propositions précises?», – et cette question, en vérité, aurait aussi bien pu mentionner le sommet entre la Russie et l’UE, aujourd’hui à Nice, avant le sommet du G20 à Washington…

Voici la réponse de Medvedev :

«Non seulement je vais arriver avec des propositions mais je les ai déjà envoyées au président Sarkozy, au premier ministre Berlusconi, à la chancelière Merkel, au premier ministre Brown. Ce n’est pas un secret, nous partageons la même vision de la genèse et de la nature de la crise. Nous devons trouver des solutions pour stabiliser durablement le système financier et le réformer. Comment minimiser les dégâts de la crise actuelle ? Comment éviter la répétition d’une telle crise ? Nous devons trouver les réponses à ces deux questions clés.

»La nouvelle architecture financière mondiale doit être en premier lieu plus transparente, plus prévisible. Il faut jeter les bases d’un nouveau Bretton Woods qui comprendra de nouvelles institutions internationales de crédit, un nouveau système de comptabilité, un nouveau système d’assurance du risque. Nous avons proposé l’idée d’un système d’alerte préalable des risques, qui doit être repris à leur compte par tous les pays.»

[…]

L’Europe est particulièrement en pointe dans cette transformation, au travers de la transformation ultra-rapide, actuellement en cours, des relations entre les “acteurs essentiels” de l’UE et la Russie. La situation ridiculise absolument cette évaluation des proclamations de la fin août 2008 sur l’“isolement de la Russie” (crise géorgienne), – il y a seulement trois mois! – comme celle d’une époque antédiluvienne. Il y a une dynamique historique en marche qui nous paraît irrésistible. Les USA d’Obama, avec quelque retard, devraient chercher à suivre, – cela, au lieu de l’analyse convenue d’un monde dans l’attente d’un “leadership restauré” des USA, antienne d’une autre époque, dépassée et obsolète. («Dans cette bulle [d’] “obamania”, il y a quelque part en creux l’attente d’un leadership américain mais, cette fois, éclairé, bon et éclairé»; cette analyse émouvante de Pierre Lellouche à France 24 le 7 novembre 2008, aurait sans aucun doute eu son petit succès en 1981, par exemple.) On n’a certainement jamais vu autant d’activité diplomatique de coopération et de transformation qu’en cette période d’une transition si importante aux USA, c’est-à-dire avec les USA absents, – Bush inexistant, Obama pas encore installé. L’activité diplomatique intense en cours montre que le monde n’est nullement en attente d’une “restauration” du leadership US pour recommencer à fonctionner, mais qu’il fonctionne effectivement.

Revue de presse française, NouvelObs

LA CHARENTE LIBRE
L’Europe, outre l’intérêt qu’elle a d’agir de concert avec Moscou lors du sommet du G20, ne peut oublier qu’elle dépend pour la moitié de ses importations de gaz de la Russie.

LA PRESSE DE LA MANCHE
Nicolas Sarkozy a rappelé à plusieurs reprises que les accords de Bretton Woods qui, après la guerre, ont organisé le système actuel autour du dollar-étalon, établi monnaie de référence, n’ont plus guère de sens aujourd’hui, sinon la force de l’habitude. Tout simplement parce que l’Amérique a joué et triché avec sa monnaie, sous prétexte que son statut la rendait intouchable. La dette américaine de l’Etat fédéral, des cinquante Etats, des collectivités, des entreprises et des particuliers, est considérable, elle n’a rien à voir avec la valeur affichée du dollar. Ce qui explique la confiance qui se porte vers l’euro qui, insensiblement, devient une monnaie de référence plus crédible, pour de nombreux pays. Pour Nicolas Sarkozy, l’hégémonie du dollar est à revoir, et il n’est pas sain qu’une seule monnaie puisse vivre sur le dos des autres.

Commentaires : Nicolas Sarkozy reprend la position de de Hu Jintao (Chine) et Dimitri Medvedev (Russie).
Lire aussi :
• Nicolas Sarkozy, porte-parole de Hu Jintao, Monde en Question.
• Sarkozy, porte-parole de Medvedev, Monde en Question.
• Dmitri et Nicolas en hyper-phase, Dedefensa.

Sommet de Nice : Russes et Européens en quête d’alliance avant le G20, AFP – Yahoo! Actualités

Les dirigeants russes et européens, qui sont confrontés à un climat économique de plus en plus difficile, ont multiplié les signes de convergence sur ce sujet ces derniers jours.

Le G20 de Washington va chercher à enrayer la crise, la récession s’étend, AFP – Yahoo! Actualités

La marge de manoeuvre du président américain, en fin de mandat, est de toute façon réduite. Et les deux mois qui séparent son successeur Barack Obama de sa prise de fonction pourraient également encourager l’immobilisme de Washington.

Les Européens admettent que la réunion de Washington ne débouchera pas sur un nouveau « Bretton Woods », du nom des accords ayant donné naissance en 1944 à l’architecture financière actuelle, comme certains le souhaitaient, notamment les Français.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a averti qu’il ne fallait pas attendre « dans l’immédiat un miracle » de ce sommet, mais plutôt le « début d’un processus ».

Le G20 a quelques mois pour changer le système financier mondial, Reuters – Yahoo! Actualités

George Bush invitera ainsi la communauté internationale à réparer le système financier international et non à le « démanteler » et défendra l’idée que la liberté des marchés reste « le meilleur système », a fait savoir mercredi la Maison blanche.

Les pays émergents, eux, mettent en avant un renforcement de leur participation aux institutions internationales.

L’UE, qui sera en force autour de la table – France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Pays-Bas et Commission européenne, défendra une position adoptée vendredi dernier par les 27 à Bruxelles.

Commentaires : La position de l’UE est proche celles de la Chine et de la Russie.

Le G20 se mobilise face à la crise, première récession en zone euro, AFP – Yahoo! Actualités

Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays exerce la présidence de l’Union européenne, a estimé que la réunion du G20 « ne doit pas être un sommet pour rien ». « La crise financière est d’une très grande gravité. (…) il faut changer les choses, il faut les changer durablement, structurellement », a-t-il déclaré.

Il a salué l’engagement de la Russie dans la recherche de solutions à la crise, lors d’un sommet UE-Russie à Nice (sud de la France).

« Je crois pouvoir dire là aussi que les propositions russes, techniques, financières, économiques, sont de grande qualité et qu’elles se rapprochent beaucoup des propositions européennes », s’est félicité M. Sarkozy.