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Hong Kong – Terreur noire made in USA


Lundi 11 novembre, Leung Chi-cheung, père de deux filles et âgé de 57 ans, luttait pour sa vie à l’hôpital, souffrant de graves brûlures au corps et de traumatismes crâniens.

 

La séquence vidéo, diffusée par South China Morning Post Hong Kong, montre que Leung a eu une altercation avec des manifestants dans le couloir d’une école à Ma On Shan. L’un d’eux l’a aspergé d’un liquide inflammable et a mis le feu en le transformant en torche vivante [1].

Joshua Wong, comme d’autres dirigeants de pro-démocratie, ont refusé de condamner cet acte criminel. Joshua Wong l’avait au contraire encouragé sur son compte Twitter le 22 octobre 2019 :


Trois jeunes ont mis le feu, comment des manifestants modérés sont-ils devenus des « magiciens du feu » ?
Source

L’expression magiciens du feu fut reprise dans l’éloge de l’im-Monde le 04 novembre 2019 [2].

Joshua Wong, un des leaders de la terreur noire, reçoit ses ordres des États-Unis comme le montre cette photo publiée sur son compte :

 

Il n’est pas le seul à être financé, endoctriné et armé. Ainsi, des étudiants s’entraînent tranquillement sous le drapeau américain dans un camp de l’université chinoise de Hong Kong :

 

Les différents services américains répètent exactement la même stratégie appliquée en Afghanistan contre l’URSS et en Ukraine contre la Russie [3]. Tous les Hongkongais, qui collaborent sciemment ou naïvement avec les États-Unis contre la Chine, se préparent à des lendemains plus noires que la tenue qu’ils arborent fièrement aujourd’hui. Certains émigreront, mais la majorité devront rendre compte de leurs actes à Hong Kong… qui restera chinois.

La stratégie de déstabilisation du gouvernement par la terreur made in USA va échouer. Le fait que des volontaires se mobilisent pour nettoyer les rues révèle un tournant majeur.

 

16/11/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Lire :
Hong Kong father of two burned alive after chasing protesters at MTR station in grisly act of violence police classify as attempted murder, South China Morning Post, 11/11/2019.
Un homme incendié alors que les émeutiers intensifient les actes de violence à Hong Kong, Le Quotidien du Peuple, 12/11/2019.

[2] Lire : Hong Kong XII – L’aveu de l’im-Monde, Chine en Question, 05/11/2019.

[3] Lire :
Hong Kong X – Une crise politique ukrainienne, Chine en Question, 05/11/2019.
Hong Kong est une révolution de couleur, Chine en Question.

Lire aussi :
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle Géopolitique, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Hong Kong – Propagande trotkyste


 

Les médias dominants, inféodés aux grand groupes industriels, n’ont pas le monopole de la propagande anti-chinoise. C’est aussi une spécialité de toute l’extrême gauche – anarchistes et trotkystes. La haine anti-communiste des anarchistes est telle qu’ils soutiennent l’extrême droite instrumentalisée par les États-Unis en Ukraine. Quant aux trotkystes, ils récitent imperturbablement leur catéchisme quelque soit les circonstances car pour eux le monde s’est arrêté le 21 août 1940 à Coyoacán (à deux pas de mon ancien domicile au Mexique) [1].

L’enterrement de Pierre Overney, militant maoïste, le 25 février 1972 marqua le reflux de l’extrême gauche en France. Les organisations trotkystes ont alors périclité. La Ligue Révolutionnaire (tendance Pierre Frank) et l’OCI (tendance Pierre Lambert) ont pratiquement disparu. Lutte Ouvrière survit vaille que vaille en cultivant un sectarisme débilitant et en publiant des articles de plus en plus pauvres [2].

Aux États-Unis, le CIQI est très actif via son site WSWS car sur le terrain son influence est nulle. Jerry White a obtenu 471 voix aux élections présidentielles de 2016 et Niles Niemuth 2 213 voix aux élections législatives de 2018 dans le Michigan [3] !

Dès le 11 juin, WSWS vole au secours de la démocratie en danger par un mensonge : le régime de Pékin pourrait utiliser cette législation pour faire expulser vers la Chine continentale, juger et emprisonner sur la base d’accusations inventées de toutes pièces. En l’occurrence, il s’agit d’un homme accusé d’un meurtre commis à Taïwan qu’il a avoué mais qui n’a pas été jugé car il s’est réfugié opportunément à Hong Kong [4]. Le plus drôle est que cette organisation, qui se dit révolutionnaire, vole au secours des dissidents religieux chinois qui seraient considérés comme une menace par les communistes chinois mais pas par les trotskystes américains. Comme d’habitude, l’auteur de l’article, dont le nom importe peu, termine par le refrain obligé pour sa chapelle : La lutte pour les droits démocratiques à Hong Kong doit s’appuyer sur la classe ouvrière et s’inscrire dans la lutte plus large contre l’austérité et pour les droits sociaux fondamentaux tels que des emplois et salaires décents. […] C’est pour cette perspective que se bat le Comité international de la Quatrième Internationale.

Dans l’article du 18 juin, l’auteur reprend les fantasmes habituels de WSWS que la conclusion prescriptive précédente contredit : Les manifestations de masse à Hong Kong sont une autre indication de la résurgence des luttes de la classe ouvrière sur le plan international. Embourbé dans une terminologie dépassée qualifiant le gouvernement chinois de régime stalinien, l’auteur évoque la grande région industrielle de Shenzhen. Là encore, il retarde terriblement car Shenzhen est devenue une grande place financière de la Chine et, en 2018, son produit intérieur brut a dépassé celui de Hong Kong [5].
Curieusement, alors qu’il s’insurge contre l’ingérence du gouvernement Pékin, il le tient pour responsable des mauvaises conditions de vie de la population à Hong Kong :

Vingt pour cent de la population de Hong Kong, soit 1,37 million de personnes, vivent dans la pauvreté et sont confrontés à une grave crise du logement. Le coût médian d’une maison est 18 fois plus élevé que le revenu médian des ménages. Selon les chiffres du gouvernement, plus de 200.000 personnes vivent dans des appartements illégaux et dangereux, à peine assez grands pour accueillir une seule personne, où les normes de sécurité et d’hygiène sont ignorées. Des centaines de milliers d’autres vivent dans des cabanes de fortune au sommet d’immeubles d’habitation ou d’usines.
Le CIQI redécouvre incidemment la conception matérialiste de l’histoire de Karl Marx, mais ses prescriptions politiques restent au niveau de l’idéalisme hégélien voire proudhonien !

Le 3 juillet, le soutien de WSWS aux manifestants devient plus réservé : ni l’éloge de la domination coloniale britannique, ni la promotion de l’esprit de clocher de Hong Kong ne constituent les moyens politiques de lutter pour les droits démocratiques. L’auteur fait alors la leçon à des manifestants, qui ne le liront jamais, en fantasmant sur Tiananmen !

Le 10 juillet, l’article évoque des pancartes écrites avec des caractères chinois simplifiés alors que les photos montrent surtout des pancartes imprimés et rédigées en anglais [6] et l’auteur fantasme encore, comme les médias dominants à la même l’époque, sur l’intervention probable de l’armée – le conditionnel étant une clause style car la plupart des commentateurs souhaite une intervention pour prouver que XI Jinping est un nouvel Hitler.

L’article du 24 juillet est particulièrement suspect car il est basé sur des allégations sans preuves. Le rédacteur n’a pas enquêté sur place, mais affirme avec force Il serait d’ailleurs tout à fait naïf de conclure que cette attaque [des triades] a eu lieu sans le soutien de Beijing ! Il donne crédit aux théories complotistes des médias dominants sur une soi-disante alliance entre les triades et le PCC alors qu’elles se sont réfugiées à Hong Kong, sous gouvernement britannique, après la prise du pouvoir par le PCC en 1949. Les films hongkongais, que j’ai visionnés et dont je parlerai ultérieurement, montrent au contraire que les triades se sont opposées à la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997.

L’article du 30 juillet est encore plus suspect car il est basé sur des témoignages non sourcés ou sur des déclarations d’Amnesty International dont on connait la partialité en ce qui concerne la Chine notamment lors de sa campagne de 2008 en faveur de l’indépendance du Tibet. Plus grave encore, il prétend que les groupes de l’extrême droite indépendantiste, comme Hong Kong Indigenous ou Civic Passion, seraient minoritaires alors que ce sont ces activistes qui, à l’abri des manifestations, saccagent immeubles, aéroport, métro, etc. Les envolées lyriques sur un mouvement international de Hong Kong à Porto Rico en passant par Paris sont aussi fantasmagoriques que risibles. La conclusion est comme toujours encore plus cocasse : Une telle lutte contre l’impact de l’aggravation de la crise du capitalisme doit être basée sur le programme de l’internationalisme socialiste. Elle doit s’inspirer des leçons des luttes historiques du mouvement trotskyste – celles du Comité international de la Quatrième Internationale contre le stalinisme, le maoïsme et l’impérialisme.

Les deux articles du 8 août sont typiques de cette organisation dont le slogan magique est grève générale ! Ils tissent des liens qui n’existent que dans l’imagination des dirigeants du CIQI et que les sous-fifres répètent inlassablement : Cette flambée d’opposition populaire a lieu parallèlement aux manifestations de masse sur le territoire américain de Porto Rico, aux grèves massives en Inde et au mouvement des Gilets jaunes en France, pour n’en citer que quelques-uns. Mais, pour réussir, les manifestants du monde entier doivent écouter les conseils de CIQI déclinés scolairement et, cerise sur le gâteau, contacter et engager un dialogue politique sur ces questions essentielles avec cette direction éclairée… qui fera trembler Pékin !

L’article du 15 août voit un un mouvement de protestation présentant des revendications démocratiques plus larges, mais ne voient pas les destructions de plus en plus fréquentes réalisées par des commandos bien équipés et organisés. Par contre, il brandit toujours le spectre d’une intervention militaire. Il parle bizarrement de frontière entre Hong Kong et la Chine continentale comme s’il s’agissait de deux pays différents. Enfin, il a une vision eschatologique d’une révolution mondiale imminente… depuis 79 ans : Les commentaires de Trump ne font que souligner l’unité de base entre les classes dirigeantes aux États-Unis, en Chine et dans le monde entier contre la résurgence de la lutte de la classe ouvrière au niveau international, dont les manifestations à Hong Kong constituent une expression initiale.

Le 17 août, le CIQI via WSWS poursuit le délire paranoïaque déclinée précédemment d’une alliance entre Donald Trump et Xi Jinping contre la révolution mondiale qui a commencé à Hong Kong ! En fait, l’article ne va pas assez loin dans ce délire car il oublie de tirer argument du fait que le gouvernement d’Emmanuel Macron à livrer des canons à eau à la police de Hong Kong et celui d’Angela Merkel des grenades lacrymogènes. C’est la preuve d’une conspiration mondiale contre la révolution !
Plus drôle encore, il parle de la propagande du gouvernement de Pékin concernant une intervention militaire alors que c’est le CIQI qui, à le remorque des médias dominants, a alimenté cette rumeur depuis plusieurs jours.

Le deuxième paragraphe de l’article du 20 août commence par une tournure journalistique classique selon les organisateurs. Or, ces organisateurs ne sont pas cités et encore moins mesurés à l’aune de leur influence réelle sur le terrain. Le participants sont décrits vaguement comme une foule anonyme. Par contre, le rédacteur lance une phrase qui contredit les accusations antérieures : Le « crime organisé » est une référence aux attaques contre des manifestants par des voyous qui appartiennent prétendument à des gangs des triades liés à des personnalités pro-Pékin. Ce prétendument est d’autant pus étrange que l’article du 24 juillet nous mettait en garde : Il serait d’ailleurs tout à fait naïf de conclure que cette attaque [des triades] a eu lieu sans le soutien de Beijing ! Il fait une large publicité au Front civil des droits de l’homme comme s’il s’agissait de la direction préconisée le 30 juillet et qui sert de conclusion… comme d’habitude : Ce constat souligne la nécessité de créer une section du Comité international de la Quatrième Internationale à Hong Kong et en Chine !

Le 26 août, les visions d’une révolution mondiale en marche sert de fil conducteur pour dénoncer le régime stalinien de Pékin qui n’est ni socialiste ni communiste, mais défend les intérêts des oligarques bourgeois et des super-riches en Chine et à Hong Kong. Cette phraséologie est classique et elle est d’ailleurs enseignée aux futurs rédacteurs comme celle du paragraphe commençant par Pour lutter pour les droits démocratiques et sociaux, il est nécessaire de et se termine par un régime capitaliste qui défend les intérêts d’une poignée d’oligarques ultra-riches. Et de conclure par cette phrase incroyable : Le CIQI est le seul à avoir mené pendant des décennies une lutte contre le stalinisme et toutes les formes d’opportunisme. Ce qui se traduit en clair nous sommes les seuls capables de diriger le mouvement contre la dictature de Pékin !

L’article du 31 août est un copier-coller des précédents et prophétise encore un prochain Tiananmen !

Le 3 septembre les dirigeants du Comité international de la Quatrième Internationale qui aspirent à diriger la révolution mondiale qui a débuté à Hong Kong est incapable de donner le nombre de travailleurs qui… participeront à la grève et font confiance à la déclaration d’un organisateur étudiant anonyme ! Le passé, le présent et le futur sont allègrement mélangés sans rien n’ajouter aux articles précédents et encore moins le refrain de la conclusion.

L’article du 4 septembre fait contre toute attente l’éloge du spontanéisme des masses que la bureaucratie syndicale et politique veut brider. Et termine en beauté sur la propagande habituelle : le régime de Beijing menace d’intervenir militairement et a organisé des exercices mobilisant une police paramilitaire lourdement armée dans la ville de Shenzhen.

Le 6 septembre la direction géniale du CIQI ne se rend toujours pas compte de son erreur d’analyse et pleurniche sur le fait que les manifestants se jettent dans les bras des Américains au lieu de les écouter eux. Les imbéciles ! Et de conclure en renouvelant son appel : Nous exhortons les étudiants et les travailleurs à nous contacter pour ouvrir un dialogue sur ces questions politiques cruciales en vue de l’établissement nécessaire d’une section du CIQI en Chine. Gageons que personne n’entendra cet appel pathétique d’une direction qui ne parle même pas chinois.

L’autre article du 6 septembre (paru en anglais le 10 juin) évoque la manifestation du 4 juin dernier : Les participants étaient venus non seulement pour manifester leur opposition à la répression militaire barbare de Pékin il y a 30 ans mais aussi à cause de leur préoccupation relative à la loi sur l’extradition. Il ne fait aucun doute que la manifestation comprenait des personnes qui avaient fui à Hong Kong en 1989 et qui craignaient d’être arrêtées et renvoyées en Chine. Ce retour dans le passé ne sert pas à éclairer la situation présente, mais d’argument pour que les manifestants fassent appel à la direction éclairée du CIQI seule capable de vaincre le régime d’État policier de Beijing ! Bla bla bla…

09/11/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Lire : Museo León Trotsky, Arte y Cultura.

[2] Lire :
Morgan SPORTÈS, Ils ont tué Pierre Overney, Fayard, 2017 [Texte en ligne].
Articles Hong Kong, Lutte Ouvrière :
– 18/06/2019, Hong Kong : le pouvoir mis en échec.
Axiome de la doxa trostskyste : Il est incontestable que Carrie Lam est sous la tutelle de Xi Jinping et que l’État chinois est une dictature sans pitié pour ses opposants.
– 23/07/2019, Hong Kong : violence des gangs et violence sociale.
Croit à la thèse complotiste que la mafia soutiendrait le gouvernement de Pékin alors qu’elle a émigré à Hong Kong en 1949 !
– 07/08/2019, Hong Kong : la mobilisation et les intérêts des travailleurs.
– 21/08/2019, Hongkong : la contestation ne faiblit pas.
Lutte Ouvrière redécouvre la lutte de classes, mais de manière purement rhétorique : Même si la contestation actuelle porte sur des droits démocratiques, ces inégalités sociales, exacerbées par la crise économique mondiale, en constituent la toile de fond.
– 28/08/2019, Hongkong : business is business.
– 04/09/2019, Hongkong : la jeunesse en première ligne.

[3] Lire :
2016 Presidential Election by State, The Green Papers.
Michigan’s 12th Congressional District election, 2018, Ballotpedia.
Articles Hong Kong, WSWS :
– 11/06/2019, Des manifestations de masse éclatent à Hong Kong.
– 18/06/2019, Des millions de personnes défilent à Hong Kong contre la loi d’extradition.
– 03/07/2019, Des centaines de milliers de personnes manifestent dans les rues de Hong Kong.
– 10/07/2019, Les manifestants de Hong Kong font appel au soutien des Chinois du continent.
– 24/07/2019, Des membres de gang attaquent les manifestants à Hong Kong.
– 30/07/2019, Les manifestations à Hong Kong se poursuivent malgré l’escalade de la violence policière.
– 08/08/2019, Grève générale à Hong Kong : la classe ouvrière entre dans le mouvement de protestation.
– 08/08/2019, Grève générale des travailleurs de Hong Kong contre la loi d’extradition.
– 15/08/2019, Les manifestations à Hong Kong accueillies par des menaces et des dénonciations.
– 15/08/2019, Les manifestations à Hong Kong se poursuivent pour une dixième semaine.
– 17/08/2019, Alors que la Chine masse ses troupes à la frontière, Trump demande d’en finir avec le « problème » de Hong Kong.
– 20/08/2019, De nouvelles manifestations de masse à Hong Kong.
– 26/08/2019, Comment lutter pour les droits démocratiques à Hong Kong.
– 31/08/2019, Un rassemblement de masse à Hong Kong est interdit alors que les troupes chinoises font une démonstration de force.
– 03/09/2019, Grève de deux jours à Hong Kong après les manifestations du week-end dernier.
– 04/09/2019, Des dizaines de milliers de personnes se joignent au premier jour de grève de protestation à Hong Kong.
– 06/09/2019, Aux manifestants de Hong Kong Tournez-vous vers la classe ouvrière chinoise et non pas vers l’impérialisme américain.

[4] Lire :
Hong Kong V – L’extradition en question, Chine en Question, 11/10/2019.
Hong Kong IX – L’extradition sans commentaire, Chine en Question, 25/10/2019.

[5] Lire :
From « High-Speed » to « High-Quality » Growth Shenzhen, the birthplace of China’s economic miracle, goes low-carbon, East Asia & Pacific on the Rise, 03/07/2014.
Hong Kong II – De la crise économique à la crise politique, Chine en Question, 02/09/2019.
Passé et avenir de la Chine, observations d’un Chinois d’outre-mer, French-China, 29/10/2019.

[6] Lire : Hong Kong IV – Photos avec commentaires, Chine en Question, 09/10/2019.

Lire aussi :
Le trostskysme est mort, mais son cadavre bouge encore, Monde en Question.
Articles Trotskysme, Monde en Question.
Dossier Trotskysme, Monde en Question.
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Hong Kong XII – L’aveu de l’im-Monde


 

Comme je l’avais noté rapidement dans le commentaire de photos : Il est évident que l’équipement sophistiqué et identique de ces manifestants, qui évoluent selon la méthode des commandos, nécessite une logistique en amont et donc une organisation et des fonds.

Or, j’ai découvert par hasard un article de l’im-Monde qui sympathise avec ces groupes non identifiés experts dans la terreur noir. Normalement réservé aux abonnés, il décrit assez précisément l’organisation de ces commandos sur le terrain des manifestations sans rien dire naturellement de leur organisation et de leur financement en amont.

Voici la partie du texte accessible avec des mots mis en gras en guise de commentaire. Source, Le Monde, 04/11/2019 [copie intégrale en pdf].

Les parapluies s’ouvrent pour faire paravent, des formes noires s’accroupissent et attaquent les trottoirs au burin. Pendant que des milliers de manifestants défilent, les frontliners, ceux du front, casqués, une cagoule enfoncée jusqu’aux yeux et un masque à gaz en bandoulière, les tibias et avant-bras couverts de protections, poussent une brouette de briques de l’autre côté du carrefour et en déversent le contenu sur le bitume. Le but ? Entraver la progression des camions de police quand ceux-ci décideront de « charger ».

Dans les manifestations à Hongkong, comme lors d’un récent week-end d’octobre sur la péninsule de Kowloon, les « logisticiens » préparent les évacuations, les habits de rechange ou montent des barricades. Les « éteigneurs » neutralisent les grenades lacrymogènes. Des combattants attaquent à distance les forces de l’ordre avec des projectiles et des lance-pierres, tandis que les « braves » occupent le terrain jusqu’au dernier moment. Et, enfin, les « magiciens du feu » lancent des cocktails Molotov pour protéger la fuite des autres.

Ils fonctionnent en petits groupes, communiquent par Telegram ou talkie-walkie – et se voient en justiciers des abus de la police, d’un gouvernement vu comme inféodé à la Chine, et de ceux qui agiraient au nom de celle-ci, comme les triades, accusées de plusieurs attaques contre des manifestants ou des figures du mouvement. Oui, on viole les lois. Mais regardez comment la police se comporte. Quand ils arrêtent quelqu’un, ils le frappent. Leur violence est à un autre niveau, explique « Rain », un jeune d’une vingtaine d’années, qui surveille le démontage de barrières devant le nouvel opéra chinois, construit dans l’ouest de Kowloon.

05/11/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Articles Sémiotique, Monde en Question.
Dossier Sémiotique, Monde en Question.
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Hong Kong XI – Médias complices de la terreur noire


 

Xinhua est l’agence de presse chinoise au même titre que l’AFP en France, Reuters au Royaume-Uni, Associated Press et United Press International aux États-Unis ou Sputnik en Russie.

Xinhua News Agency est l’agence de presse officielle et la plus importante de la République Populaire de Chine. Créée en 1931, elle dispose aujourd’hui d’un réseau de 10 000 journalistes répartis dans 144 bureaux à travers le monde, dont 33 en Chine pour la couverture de chaque province du pays.
Source : AFP [1]

Les agences de presse constituent la source principale des informations publiées dans les journaux quelque soit le support (papier, télévision ou internet). La plupart des journaux publient les dépêches des diverses agences par un simple copier-coller ou en les habillant aux couleurs politiques du support.

Les agences de presse sont consensuellement respectées non seulement par les médias dominants, mais aussi par les autres médias qui pompent les informations sans citer leurs sources, car les agences sont devenues le passage obligé des journaux qui n’ont plus les moyens d’entretenir des correspondants aux quatre coins de la planète.

Ainsi, s’en prendre même verbalement à une agence de presse revient à se mettre à dos tous les médias qui hurlent en meute à l’atteinte de la sacro-sainte liberté d’expression… rengaine orwelienne bien connue [2].

Mais quand un commando saccage les locaux de l’agence de presse chinoise à Hong Kong, tout le monde détourne pudiquement son regard et garde le silence. Un silence qui en dit long sur la complicité des médias avec la terreur noire.

Les rares mentions des faits dans les agences étrangères sont noyées au milieu de longues considérations qui trahissent la sympathie des médias qui militent avec les armes de la propagande pour la séparation de Hong Kong aux couleurs de la Corse ou de l’Ukraine [3].

En France, ni l’AFP ni aucun média n’ont, à ma connaissance, rapporté les faits. L’AFP les a pourtant brièvement mentionné, mais de manière différente, dans ses éditions en anglais et en espagnol ! Cette censure sélective est à l’image des préjugés communément partagés contre la Chine dans les milieux où brille la prétention couplée à l’ignorance.

Revue de presse

Samedi après-midi, un certain nombre d’émeutiers [vêtus de noir et cagoulés] ont détruit les installations de sécurité de l’immeuble, ont tagué des insultes sur les murs et ont brisé la porte d’entrée et plusieurs fenêtres. Ils ont également jeté des bombes incendiaires et de peintures à l’intérieur du hall d’entrée et y ont commis des actes de vandalisme après y avoir pénétré.
Source : Xinhua, 03/11/2019

Au cours de cette nouvelle vague de violence à travers la ville, les émeutiers ont pris pour cible le bureau de l’agence de presse chinoise, établi depuis longtemps à Wan Chai, dans le centre-ville de Hong Kong. Ils ont détruit les installations de sécurité de l’immeuble, mis le feu devant l’immeuble et jeté des cocktails Molotov dans le hall. Ils ont peint à la bombe des messages insultants sur les murs extérieurs et fracassé la porte d’entrée et certaines fenêtres.
Source : French-China, 04/11/2019

Un café Starbucks et les bureaux de l’agence de presse chinoise Xinhua ont notamment été pris pour cible par les manifestants.
Source : Reuters, 02/11/2019

As police also used pepper spray and water cannons to disperse protesters, some responded by building barricades, hurling petroleum bombs and vandalizing shops and the office of Xinhua, China’s state-run news agency.
Tandis que la police utilisait également du spray au poivre et des canons à eau pour disperser les manifestants, certains ont construit des barricades, lançant des bombes incendiaires et vandalisant des magasins ainsi que le bureau de Xinhua, l’agence de presse chinoise.
Source : UPI, 02/11/2019

Hardcore demonstrators in the financial hub smashed the windows of the official Xinhua news agency’s regional bureau on Saturday, capping another weekend of unrest that also saw scores of arrests and a gruesome attack on a pro-democracy lawmaker.
Dans le centre financier, des manifestants ont brisé samedi les vitres du bureau régional de l’agence de presse officielle chinoise Xinhua, clôturant un nouveau week-end d’agitation qui a également vu des dizaines d’arrestations et une terrible attaque contre un législateur pro-démocratie.
Source : AFP English, 04/11/2019

Manifestantes radicales rompieron las ventanas de la oficina regional de la agencia oficial de noticias china Xinhua el sábado […].
Samedi, des manifestants radicaux ont brisé les vitres du bureau régional de l’agence de presse officielle chinoise Xinhua […].
Source : AFP Español, 04/11/2019

Merci de me signaler vos trouvailles qui complèteraient ou contrediraient mon analyse.

04/11/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Lire : Dossier Agences de presse, Monde en Question.

[2] Lire : Hong Kong – Les médias préparent la guerre contre la Chine, Chine en Question, 26/08/2019.

[3] Lire :
Hong Kong VI – Une crise politique corse, Chine en Question, 14/10/2019.
Hong Kong X – Une crise politique ukrainienne, Chine en Question, 01/11/2019.

Lire aussi :
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Une spécialiste en propagande


 

Elise Lucet est une journaliste coutumière des théories du complot. Elle avait déversée sa haine contre les musulmans dans l’affaire des bagagistes d’Orly. Comme elle mange à tous les râteliers, elle se veut aussi la championne de la guerre contre la Chine.


10/10/2019, Envoyé spécial : Chine, tout est sous contrôle ! (Source)

 

Nul besoin d’être expert en sémiotique pour se rendre compte que ce soi-disant reportage est construit pour créditer un discours préparé à l’avance et asséné à coup de marteau.
Dans la critique, publiée par Beijing Information, Jacques Fourrier se réfère à l’analyse du discours de Dominique Maingueneau pour décrypter la scène de présentation comme une scène d’énonciation stéréotypée.

A défaut de reportage, il s’agissait d’une enquête à charge tellement caricaturale et bâclée que toute personne de bonne foi qui connaît un tant soit peu la Chine ne peut qu’être soit choquée soit amusée par tant d’amateurisme et de légèreté. On y trouve tous les ingrédients qui viendront conforter les clichés habituels sur la Chine. [1]

Comme je n’habite plus dans ce pays où règne l’ordre nouveau Charlie, j’ai vu cette émission grâce à 9docu.

La présentation d’Elise Lucet en voix off débute par une assertion suspecte : Il faut être honnête [34’12]. Ce sont en général les menteurs qui commencent leur discours par ce préliminaire afin de rassurer leurs interlocuteurs.
Le soi-disant reportage sur la Chine commence par un mot peu en adéquation avec l’objectivité supposée : Imaginez [35’00]. Nous sommes donc conviés à imaginer la Chine et non à la voir et à la penser telle qu’elle est. Mais notre imagination va être formatée par le discours et les images de journalistes qui veulent nous convaincre que leur imaginaire est le réel [2].

Le plus drôle est le commentaire en voix off affirmant Elle signale la présence d’un délinquant à la police et la voilà qui atteint le niveau supérieur 1100 points alors que la comparse pointe son doigt vers… le caméraman [35’54].

Après des images commentées comme réelles, mais mises en scène de manière frauduleuse avec des incrustations ajoutées en studio, le commentaire glisse sur une pseudo interrogation La Chine est-elle en train de mettre en place les outils d’une surveillance totale ? [37’00], qui trouve naturellement sa réponse immédiate La Chine de demain est déjà en gestation [37’24]. Ce qu’il fallait démonter !

Quant à moi, je ne perdrai pas d’avantage mon temps à visionner ce discours journalistique de propagande car, comme l’a dit Francis Balle à un média qui se croit au-dessus des autres : Un service de propagande se dit toujours être un média d’information (Source).

28/10/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Lire :
Quand « Envoyé Spécial » fait dans le sensationnalisme, Beijing Information.
Dominique Maingueneau, Analyse du discours, Site de l’auteur.
Dominique Maingueneau, Que cherchent les analystes du discours ?, Argumentation et Analyse du Discours.
Publications de Dominique Maingueneau, Argumentation et Analyse du Discours.
Publications de Dominique Maingueneau, Cairn.info.

[2] Lire : Jonathan D. SPENCE, La Chine imaginaire – Les Chinois vus par les Occidentaux de Marco Polo à nos jours, 2000 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Revue de presse Chine, Chine en Question.
Dossier Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Hong Kong II – De la crise économique à la crise politique


Je hais la politique car elle devient injustice, car elle trahit la parole pour le slogan.
Stefan Zweig in Stefan Zweig Farewell to Europe (2016) – Stefan Zweig, adieu l’Europe [16’09].

 

Pour comprendre ce qui se passe à Hong Kong, il est nécessaire de situer la crise actuelle dans un contexte géoéconomique et géopolitique plus général.

Les États-Unis sont en guerre contre la Chine depuis 1856 (seconde guerre de l’opium) aux côtés de l’Angleterre et la France. Il s’agissait de démanteler l’économie chinoise qui menaçait les grandes puissances alors que la dynastie Qing était dans sa phase décadente [1]. La République de Chine resta sous domination étrangère entre 1911 et 1949. La Chine retrouva son indépendance nationale en octobre 1949, date de la proclamation de la République populaire de Chine, mais ce n’est qu’à partir de 2001 qu’elle a retrouvé le niveau de développement qu’elle avait atteint au XIXe siècle [2].

Le gouvernement américain a soutenu Tchang Kaï-chek jusqu’à sa mort en 1975. Même si la République populaire de Chine fut admise à l’ONU le 25 octobre 1971, les États-Unis n’établiront des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine que le 1er janvier 1979.
Tchang Kaï-chek, replié à Taïwan depuis 1949, fonda en 1966 la WACL – Ligue anticommuniste mondiale renommée opportunément Ligue mondiale pour la liberté et la démocratie en 1990 comme par hasard après la chute du mur de Berlin. De hauts responsables de la CIA, tels Ray S. Cline, ont joué un rôle important dans l’organisation de la WACL. Les liens de cette organisation avec l’extrême droite sont notoires [3].

Depuis 1945, les États-Unis contrôle tous les pays via une structure militaires divisée en cinq zones [4], l’OTAN sous commandement américain et, depuis 2001, des partenariats de coopération militaire [5]. À cela s’ajoute les interventions de la CIA [6], celles d’armées secrètes sous couvert ou non de l’OTAN [7] et, last but not least, le recours aux mercenaires divers et variés notamment les terroristes se réclamant de l’islam comme au Xinjiang.

Les frontières de la Chine sont sous le contrôle militaires des États-Unis (marron), auquel s’ajoutent les anciennes colonies américaines (orange) et les multiples groupes islamistes instrumentalisés (vert) sans compter les réseaux d’espionnage dont on ne sait rien par définition [8].

Une guerre militaire n’aura pas lieu frontalement entre les États-Unis et la Chine, sauf un possible dérapage [9]. L’administration américaine de Donald Trump, comme le fit celle de Barack Hussein Obama, maintiendra la pression aux frontières, notamment en mer de Chine, et poursuivra ses tentatives de déstabilisation au Tibet, au Xinjiang, au Myanmar (Birmanie) et aujourd’hui à Hong Kong, cette ancienne colonie britannique. Mais la guerre se déroule essentiellement sur le front économique.

Depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, Hong Kong est dans le collimateur du gouvernement américain qui espère, en plombant son économie, ralentir par ricochet sinon stopper la progression de la Chine dans l’économie mondiale. Cette politique a en partie porté ses fruits puisque Hong Kong est dans une phase de déclin économique. La spéculation immobilière en est l’aspect le plus visible y compris pour les médias dominants [10].

Le gouvernement chinois savait pertinemment que la rétrocession de la colonie britannique ne serait pas un processus facile et il avait anticipé les embûches que préparaient plus ou moins ouvertement les puissances occidentales en développant Shenzhen, ville ultra moderne dont le produit intérieur brut a dépassé celui de Hong Kong en 2018 [11].


Shenzhen située à la frontière entre Hong Kong et la Chine continentale

 

Hong Kong perd chaque jour de sa puissance au profit de Shenzhen. Si les grosses fortunes, même moins nombreuses, maintiennent vaille que vaille leur taux de profit, la petite bourgeoisie d’affaires paye les frais de cette crise de décroissante en basculant petit à petit dans la pauvreté. Cette crise économique se traduit naturellement par un profond désarroi social qui est aujourd’hui instrumentalisé politiquement non seulement à Hong Kong mais aussi à l’étranger… contre le gouvernement de Pékin [12].

Quatre leçons que Washington doit tirer de la guerre commerciale avec la Chine :

La première leçon est que la Chine ne courbe pas l’échine face à la tactique de pression maximale des États-Unis.
La deuxième leçon que ces faucons devraient apprendre est que l’économie chinoise est assez forte et résiliente pour résister à cette pression.
Le troisième fait que les faucons du commerce à Washington devraient cesser de nier, c’est que cette guerre commerciale nuit à leur peuple et à leurs entreprises.
Enfin, dernier point et non le moindre, les États-Unis devraient apprendre à se comporter comme une puissance mondiale responsable et cesser d’agir comme une « brute de cour d’école ». En tant que seule superpuissance du monde, les États-Unis doivent assumer leur responsabilité et se joindre à d’autres pays pour faire de ce monde un endroit meilleur et plus prospère.
Ce n’est qu’alors que les États-Unis pourront retrouver leur grandeur.
Source : Xinhua, 01/09/2019

02/09/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Un siècle de guerres contre la Chine :
Michel TIBON-CORNILLOT, Les guerres de l’opium ou l’écrasement de la Chine, Dedefensa, 10/08/2008.
Michel TIBON-CORNILLOT, La Chine en enfer : pillages et génocides blancs, Dedefensa, 29/08/2008.
Corinne AUTEY-ROUSSEL, Guerres de l’opium : le viol de la Chine par les puissances occidentales, Entelekheia, 30/04/2017.
Dossier Histoire Chine, Monde en Question.

[2] L’économie chinoise XIXe-XXIe siècles :
Angus MADDISON, L’économie chinoise – Une perspective historique, OCDE, 1998 et 2007 [BooksGooglePerspectives chinoisesTexte en ligne].
L’étude réévalue la portée et le sens du renouveau de la Chine depuis une cinquantaine d’années, en se servant de techniques quantitatives couramment utilisées dans les pays de l’OCDE. À partir d’une approche comparative, l’auteur explique pour quelles raisons le rôle de la Chine dans l’économie mondiale a fluctué aussi fortement au cours du dernier millénaire. Il conclut que la Chine devrait retrouver en 2015 la place de première économie mondiale qui lui revient naturellement et qu’elle a occupé jusqu’en 1890.
Dossier Économie Chine, Monde en Question.

[3] États-Unis/Chine – Ligues anticommunistes :
Chronologie Relations Chine-USA, Kronobase.
2004, Une source inédite de l’histoire de l’anticommunisme : les archives de l’Entente internationale anticommuniste (EIA) de Théodore Aubert (1924-1950), Matériaux pour l’histoire de notre temps.
18/02/2017, Comment le centre international de l’anticommunisme s’est ancré au bout du lac , Tribune de Genève.
WACL, Right Web.
août 1983, Du pogrome au combat pour la liberté, Le Monde diplomatique.
avril 1986, La Ligue anticommuniste mondiale, Le Monde diplomatique.
12/05/2004, Ligue Anti-communiste mondiale – World Anti-Communist League (WACL), Réseau Voltaire.

[4] Le contrôle militaire du monde :
Carte USom
Contrôle de l’Amérique du Nord, USNorthCom.
Contrôle de l’Amérique du Sud, USSouthCom.
Contrôle de l’Europe, USEuCom.
Contrôle de l’Afrique, USAfriCom.
Contrôle du Moyen-Orient, USCentCom.
Contrôle de l’Asie et de l’Océanie, USPaCom.
Carte bases militaires dans le Pacifique
Au 30 juin 2011, l’ensemble des Forces militaires américaines, c’est-à-dire l’US Army, l’US Navy, l’US Air Force et l’US Marine Corps (exception faite de l’US Coast Guard qui compte 43 521 personnels d’active au 30 septembre 2011) regroupaient 1 434 312 militaires répartis sur un millier de bases dans une centaine de pays.
Par comparaison, la Chine possède une et une seule base militaire à Djibouti !
Lire : La Chine construit sa première base militaire à l’étranger, Sputnik, 13/07/2017.

[5] L’OTAN :
Pays membres
Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA)
Partenariat avec pays non membres
Manlio DINUCCI, Brève histoire de l’OTAN de 1991 à nos jours, Le Grand Soir, 23/10/2017.

[6] Les guerres de la CIA :
William BLUM, Les guerres scélérates – Les interventions de l’armée américaine et de la CIA depuis 1945, Parangon, 2004 [Le Grand Soir].
John K. COOLEY, CIA et Jihad 1950-2001 – Contre l’URSS, une désastreuse alliance, Autrement, 2002.

[7] Les guerres secrètes de l’OTAN :
Daniele GANSER, Les armées secrètes de l’OTAN, Demi Lune, 2007 réédition 2011 et 2016 [Monde en Question].
Daniele GANSER, Les guerres illégales de l’OTAN – Une chronique de Cuba jusqu’à la Syrie, Demi Lune, 2017 [Monde en Question].

[8] Le contrôle militaire de la Chine :
Bases militaires : Corée du Sud, Japon, Philippines
Opération Enduring Freedom : Afghanistan
Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA) : Kazakhstan, Kirghizistan, Tajikistan
Partenariat avec pays non membres : Afghanistan, Pakistan, Corée du Sud, Japon, Mongolie

[9] Lire : La prochaine guerre américaine, Monde en Question.

[10] Lire : Hong Kong, de la crise économique à la crise politique I, Chine en Question.

[11] Shenzhen une zone de démonstration socialiste :
07/12/2017, Shenzhen-Hong Kong Connect, des noces de coton en or, Lazuli International.
Articles Shenzhen, Lazuli International.
28/02/2019, Shenzhen surpasses HK in GDP China Daily.
Articles Shenzhen, China Daily.
19/08/2019, La Chine va faire de Shenzhen une zone de démonstration socialiste, Xinhua.
19/08/2019, Beijing wants Shenzhen to play ‘key role’ in tech innovation for planned Greater Bay Area, The Japan Times.
26/08/2019, Ce n’est pas pour remplacer Hong Kong que Beijing relève le statut de Shenzhen, Le Quotidien du Peuple [c’est l’inverse qui est vrai].
29/08/2019, Shenzhen va introduire davantage de règles commerciales dans sa nouvelle zone de développement, Le Quotidien du Peuple.

[12] Lire : Les médias préparent la guerre contre la Chine, Chine en Question.

Lire aussi :
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle Géoéconomie, Monde en Question.
Veille informationnelle Géopolitique, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Hong Kong – Les médias préparent la guerre contre la Chine


Suivre l’actualité, courir après le vent.
Penser l’actualité, marcher à contre-courant.

 

À l’image de Twitter et Facebook, YouTube a annoncé jeudi avoir enrayé une vaste campagne de propagande menée par Pékin sur les réseaux sociaux pour discréditer le mouvement en faveur de réformes démocratiques à Hong Kong.
AFP-Cnews, 23/08/2019.

Google se vante d’avoir désactiver 210 chaînes sous prétexte que le contenu serait mis en ligne par le gouvernement chinois… de Pékin. Et comble de l’hypocrisie, prétend que au fur et à mesure des manifestations, l’attitude de la Chine va devenir plus agressive, à la fois dans le monde réel et virtuel alors que l’agression vient de Facebook, Twitter et Google qui mènent une guerre de désinformation en censurant les contenus ne correspondant pas à leur opinion des événements.

Voilà un exemple de la liberté de la presse… version Big Brother !

26/08/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
George ORWELL, 1984 [Texte en ligne].
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle Géopolitique, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Pékin, Washington, Pyongyang – Du tambour de guerre aux conflits commerciaux


 

Après les diatribes menaçantes échangées entre Donald Trump et Kim Jong-un, sous l’œil inquiet de Pékin qui craint un dérapage, voilà que la véhémence du discours s’est insinuée dans la relation sino-américaine sur les thèmes de la disparité des relations commerciales, de l’absence de réciprocité et du viol de la propriété intellectuelle.

Suite à la signature, le 14 août, par la Maison Blanche d’une directive enjoignant au représentant au commerce extérieur Lighthizer d’enquêter sur les discriminations infligées aux intérêts américains en Chine, Pékin a réagi avec d’autant plus de véhémence que les discours accompagnant la feuille de route reprenaient les thèmes antichinois de la campagne électorale de D. Trump.

Lire la suite… Question Chine

Lire aussi :
Serge LEFORT, La prochaine guerre américaine, Monde en Question.
Federico PIERACCINI, Pourquoi la stratégie de Kim Jong-Un fait sens, Arrêt sur Info.
Dossier documentaire USA, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Trump élu, la Chine menace de bloquer les importations d’iPhone


 

Le futur président des États-Unis est déjà menacé par la presse nationale chinoise : après avoir fait campagne sur la lutte contre l’économie chinoise, Donald Trump reçoit des avertissements venus d’un pays indispensable à l’économie américaine.

Lire la suite… Numerama

Lire aussi :
L’iPhone, future victime collatérale du bras de fer entre Trump et la Chine ?, Le Soir.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Le conflit franco-chinois


La France de la Troisième République, sous l’impulsion de Jules Ferry, fit la guerre contre la Chine, entre septembre 1881 et juin 1885, pour prendre le contrôle du fleuve Rouge qui reliait Hanoï à la riche province du Yunnan en Chine. La victoire française avec la reconnaissance de son protectorat sur l’Annam et le Tonkin, s’ajoutant à la Cochinchine déjà occupée dix ans plus tôt et au Cambodge, conduisit à la création de l’Indochine française.

Édouard GUILLON, Le conflit franco-chinois (la guerre et les traités) d’après les documents officiels, A. Gratier, 1885 [Gallica].

L’auteur de ce document nomme la Chine l’Empire du Milieu, expression consacrée du colonialisme français.

S’il reconnaît les méfaits des précédentes guerres anglo-française contre la Chine, c’est pour mieux soutenir la légitimité de celle-ci.

Les deux guerres que l’Europe a faites à la Chine avant la guerre actuelle n’étaient pas davantage de nature à ramener l’Empire et à triompher de ses préventions. L’une est la guerre de l’opium, en 1840-42. Les Anglais ont vaincu la Chine pour avoir le droit de l’empoisonner. L’autre est la campagne de Pa-li-Kiao, en 1860. Les Français ont démontré l’excellence de leur civilisation par le pillage du Palais d’Été.
op. cit. p.9

En ce qui concerne le Tonkin, Édouard Guillon répète la propagande de l’époque :

En trois semaines, le Tonkin était à nous. Cette conquête de tout un royaume par une poignée de soldats et de marin rappelait les exploits des conquistadors espagnols du XVIe siècle. Elle restera une des pages les plus émouvantes de notre histoire coloniale.
op. cit. p.19

Comme la France considérait le Tonkin comme sa chasse gardée, elle n’hésita pas à faire la guerre contre la Chine pour sécuriser sa conquête coloniale. Les clauses du traité de 1884 (p.38-39) révèlent les roueries de la diplomatie française pour camoufler ses buts coloniaux sous le vocable politiquement correct du « libre trafic des marchandises entre l’Annam et la France » et pour continuer la guerre, que Jules Ferry appela des « destructions intelligentes », afin d’obtenir une indemnité de 80 millions.

En fait, il ne s’agissait pas d’une guerre puisque le Parlement n’avait pas donné son accord, mais d’un droit de représailles (p.43) car « il était injuste de condamner toute expansion coloniale » de la France (p.44). Bien que grisée par ses succès en Tunisie « une vaste et belle colonie qui complète l’Algérie », l’armée française redoutait les batteries Krupp (allemandes) de l’armée chinoise, mauvais souvenir de sa défaite en 1870. L’auteur vante donc l’héroïsme et la ténacité de l’armée car c’est au prix « de tâtonnements et de luttes pénibles », « de revers et de succès, de déceptions et d’espérances » que l’Algérie fut conquise (p.45).

Comme Jules Ferry démissionna le 30 mars 1885, ce fut son successeur qui signa le traité de paix qui consacra les droits coloniaux de la France sur la péninsule indochinoise.

Le but que la politique française poursuit depuis plusieurs années dans la péninsule indochinoise est d’assurer la pacification de l’Annam et particulièrement du Tonkin, afin d’ouvrir cette région à l’industrie et au commerce européens.
L’appui que les Annamites trouvaient au dehors a été la principale causes des difficultés auxquelles nous nous sommes heurtés. Ils recevaient, en effet, de leurs voisins non pas seulement des contingents militaires, mais des encouragements et une assistance morale qui les enhardissait à nous braver.
[…] les articles 1 et 2 du présent traité nous donnent des assurances positives et vous constaterez, sans doute avec satisfaction, qu’ils consacrent formellement de la part de l’Empire du Milieu la reconnaissance de nos droits sur l’Annam.
op. cit. p.55

Ces articles usent de la même rhétorique que celle de François Hollande pour justifier l’intervention de l’armée française au Mali.

Articles 1 (extraits)
La France s’engage à rétablir et à maintenir l’ordre dans les provinces de l’Annam qui confinent à l’empire chinois. À cet effet, elle prendra les mesures nécessaires pour disperser ou expulser les bandes de pillards et les gens sans aveu qui compromettent la tranquillité publique et pour empêcher qu’elles se reforment.
Articles 2 (extraits)
La Chine est décidée à ne rien faire qui puisse compromettre l’œuvre de pacification entreprise par la France.
op. cit. p.60

L’auteur vante les bénéfices militaire et politique de la guerre gagnée non sans difficultés contre la Chine.


op. cit. p.66

Il conclut sur le thème récurrent du colonialisme français :

Pour nous, Français, maîtres du Tonkin, dans cette influence de l’Europe sur l’Extrême Orient, à quelle part pouvons-nous prétendre ? Notre part ne sera pas politique, comme celle de la Russie ; elle ne sera pas commerciale comme celle de l’Angleterre. Elles sera plutôt morale et civilisatrice.

Et, in fine, avouant les bénéfices économiques de cette guerre pour conquérir l’Indochine, il fait le parallèle avec celles menées pour conquérir l’Afrique du Nord.


op. cit. p.67-68

06/04/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Revue de presse Chine 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.