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Transformations silencieuses IV


 

Pendant que François Hollande poursuit sa croisade et permet au FN d’engranger les gains

Les 1er et 2 décembre, tous les médias chinois ont célébré la nouvelle, annoncée le 30 novembre par une conférence de presse de Christine Lagarde, d’inclure le Renminbi dans le panier des monnaies de réserve du FMI servant de références pour le calcul des droits de tirage spéciaux (DTS).

La satisfaction des autorités chinoises est encore augmentée par le fait que le poids relatif du Yuan dans le panier des monnaies de réserve sera de 10,92%, avant le Yen japonais (8,3%) et la Livre Sterling (8,1%), ce qui fait de la devise chinoise la 3e monnaie de référence globale, après l’Euro (30,9%) et le Dollar (41,7%).

Alors que la Banque Centrale a atteint l’objectif de faire figurer le Yuan au cœur de la direction des finances mondiales, la question est de savoir si Pékin a l’intention de pousser son avantage pour tenter de hisser sa monnaie au niveau d’une réserve globale à parité avec le Dollar.

A terme, la décision du FMI encouragera les banques centrales à détenir plus de réserves en monnaie chinoise et contribuera à augmenter l’utilisation du Yuan dans les transactions commerciales. Elle pourrait aussi pousser les autorités chinoises à ouvrir plus avant le marché des capitaux en Chine et à réaliser l’objectif que le Parti s’est lui-même fixé, de parvenir en 2020, à un marché du Yuan complètement libre dont le taux serait fixé sans entraves par le marché.

Le Renminbi accède au cercle fermé des monnaies de référence du FMI, Question Chine

Lire aussi :
• USA, FMI et Chine créent une « union monétaire » contre l’Allemagne, Sputnik.
• Edwin Le Heron : « Place importante pour le yuan baissera le rôle du dollar », Sputnik.
• Jacques Sapir : « face aux pressions US, la France devrait opter pour le yuan », Sputnik.
Dossier documentaire Chine – Économie, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Comment réaliser le « rêve chinois » à l’ère de la mondialisation ?


La mondialisation est la plus grande caractéristique de notre époque, où les intérêts des différents pays s’imbriquent fortement. La réalisation du « rêve chinois » dépend donc non seulement de nos efforts et de notre action réelle, mais nécessite également de bien gérer les relations avec le monde extérieur, d’étudier et de s’inspirer des expériences et des leçons des autres pays en la matière.

Le fameux « rêve américain » est né de l’autre côté du Pacifique. Les films hollywoodiens recèlent quant à eux du concept suivant : des immigrés arrivent en masse aux Etats-Unis par bateau et sautent de joie en apercevant la statue de la Liberté, comme s’ils pouvaient y gagner plus d’argent que n’importe où ailleurs et jouir de la plus grande des libertés.

Pourtant, à la suite des tourmentes de la crise financière, ceux qui se sont rendus aux Etats-Unis en emportant le rêve américain dans leur valise ne sont plus aussi enthousiastes qu’autrefois. La réalité actuelle est bien différente : la bulle immobilière a éclaté, la situation économique demeure morose, le taux de chômage grimpe sans cesse, la qualité de vie de la population baisse, la classe moyenne s’affaiblit et la population pauvre augmente considérablement.

Mais, en attendant, les financiers de Wall Street continuent de jeter l’argent par les fenêtres, plus de 80% de la nouvelle richesse est entre les mains de moins de 1% de la population américaine. Lorsque l' »occupation de Wall Street » s’est propagée sur le territoire américain, le « rêve américain » s’est brisé a révélé une réalité toute autre, celle du pillage de la richesse de la majorité par une minorité.

De l’autre côté du continent eurasien, l’Europe tente de bâtir une communauté supranationale et a ainsi fait naître le « rêve européen ». Dans l’ouvrage de Jeremy Rifkin, le « rêve européen » représente le nouveau rêve de développement de l’humanité et met l’accent sur le sens de la communauté au niveau politique, la diversité culturelle, des conditions de vie raffinées, la durabilité du développement et le multilatéralisme dans la coopération planétaire. A en croire toutes ces promesses, le « rêve européen » semble idéal, et les Européens ne cessent de le vendre au reste du monde.

Ce qui est regrettable, c’est que depuis l’éclatement de la crise de la dette européenne, le « rêve européen » est de plus en plus remis en question. Certains pays européens qui recherchent une qualité de vie au détriment du contexte national sont criblés de dettes et auront du mal à poursuivre leur développement. Au pic de la crise, la zone euro s’est enfoncée pendant un temps dans la panique du démantèlement.

Depuis la fondation de la République populaire de Chine, les Chinois ont travaillé d’arrache-pied pendant plusieurs générations, en ne comptant que sur leur propre labeur, pour faire de l’ancienne Chine un nouveau pays chaque jour plus prospère et plus puissant.

Aujourd’hui, la puissance de la Chine s’accroît sans cesse et son PIB s’est hissé au deuxième rang mondial. Les conditions de vie de la population se sont considérablement améliorées, et sont accompagnées de progrès énormes sur le plan social et dans d’autres domaines. Nous nous approchons de notre « rêve chinois ».

Par ailleurs, la réalisation du « rêve chinois » doit faire face à un grand nombre de défis sur le plan de l’écologie, des ressources et des énergies, du développement social et de certains dossiers internationaux. Certains pays ne veulent pas ou n’acceptent pas de voir la Chine réaliser son rêve. Ils mettent en place, consciemment ou inconsciemment, toutes sortes d’obstacles à la Chine, dans le but de ralentir sa course. Nous sommes confrontés à une situation internationale beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.

Quelles que soient les difficultés auxquelles nous devons faire face, nous poursuivrons notre course pour parvenir au « rêve chinois ». La réalisation du « rêve chinois » bénéficiera à toute la nation chinoise et apportera des bénéfices supplémentaires au reste du monde.

La Chine ne suivra pas la voie des anciens colonisateurs occidentaux qui ont pillé les ressources d’autrui, ni la voie brutale des militaristes qui ont envahi d’autres pays, ni même la voie erronée des hégémonistes. Nous continuerons à déployer des efforts inlassables, en comptant sur nos propres forces et en assimilant les acquis modernes de toutes les civilisations, pour réaliser enfin le grand rêve de la nation chinoise.

28/03/2013
China Internet Information Center
Articles « rêve chinois » via Google

Lire aussi :
Revue de presse Chine 2013, Monde en Question.
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Revue de presse Chine 01/09/2011


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01/09/2011, Anatomie de l’Etat local en Chine, structuration et distribution du pouvoir, SinoPolis

Le terme local fait ainsi référence à une proximité à laquelle ne renvoie pas le vocable chinois, la langue chinoise disposant d’autres expressions pour marquer la proximité physique. En français, la commune (ville ou village) – plus petite division territoriale – relève de ce que l’on entend par local, au même titre que le département ou la région (on note tout de même une tendance à l’utilisation du terme régional qui se distingue du local, ce dernier étant plus proche du citoyen). Le système chinois, quant à lui, considère comme local toutes les structures administratives qui ne sont pas du ressort du pouvoir central – difang se définit donc négativement par opposition à zhongyang (中央), le centre, sans inclure nécessairement une notion de proximité –, à l’exclusion des villages, autant dire la majeure partie de l’administration du pays. Le local chinois contient donc un sens plus politique que géographique, en ce qu’il constitue le pendant du centre politique. Les univers de sens européen et chinois sont donc assez éloignés.

01/09/2011, Fedor LOUKIANOV, Le silence étrange de la Chine, RIA Novosti

Dans le contexte des événements de l’été dernier – la guerre et les émeutes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, la confrontation politico-économique aux Etats-Unis, la fièvre financière en Europe, la confusion au Japon – on constate que la Chine est devenue peu visible dans le processus international. Or tout ce qui précède ci-dessus est directement lié aux intérêts de Pékin. La volonté de ne pas attirer l’attention semble liée à au fait que le gouvernement chinois est très préoccupé par les événements et fait une pause pour réfléchir aux changements.
La Chine vie une période importante – le changement du gouvernement se prépare au congrès du Parti communiste en 2012. Bien que tous les changements soient connus à l’avance et que les surprises soient exclues, le gouvernement prend ce processus très au sérieux. Tout risque de déviation du scénario préalablement établi doit être exclu. Pékin est conscient de la principale particularité de l’environnement international contemporain: il est impossible de s’isoler du facteur extérieur. La moindre défaillance interne pourrait entrer en résonnance dangereuse avec une influence extérieure. Et les événements de 2011 ont montré la vitesse avec laquelle l’amplitude des vibrations est capable de se transformer de faible à destructrice.
Si Pékin adoptait une politique de « déconnection » – non pas en paroles comme après la crise de 2008/2009, mais dans la réalité – cela conduirait à une restructuration radicale du système mondial: un mouvement vers une nouvelle « démondialisation », qui fera que les paramètres non seulement économiques mais également politiques du développement mondial changeront.

01/09/2011, Shanghai au fil des pages… Septembre 2011, La France en Chine

01/09/2011, Où va la confiance des Chinois ?, Renmin Ribao

Les gens ont même mis en doute les « déclarations officielles » ou les « clarifications officielles ». Chaque année, le salaire moyen et la vitesse de croissance des revenus rendus publics par les services des statistiques sont mis en doute par presque tous les Chinois, ce qui reflète le sentiment de méfiance du grand public. Après les mensonges de certains gouvernements locaux sur les doutes au sujet des recrutements et des logements subventionnés, les gens n’acceptent plus sans restriction les soi-disant « explications des autorités ».
Le doute a également des côtés positifs. Dans une certaine mesure, c’est un refus de la crédulité. Cela aide à découvrir petit à petit la vérité. Les diverses rumeurs et les hypothèses non professionnelles nées suite à un sentiment de méfiance signifient également une société plus ouverte.
Cependant, les affects négatifs apportés par la méfiance sont certainement plus grands, car le doute engendre l’incertitude. Même si les salaires augmentent et qu’on devient plus riche, on ne se senti pas heureux pour autant. Du point de vue social, la méfiance entre les gens va rendre sans doute l’administration sociale plus difficile.

01/09/2011, Le pouvoir d’achat des femmes chinoises augmente, Renmin Ribao

Les femmes chinoises ont un plus grand pouvoir sur les finances familiales, mais elles doivent faire face à une pression croissante au travail et dans la vie, selon l’institut de recherche marketing américain Nielsen.
L’institut, qui a ouvert plusieurs bureaux en Chine, affirme que les femmes chinoises décident à présent de l’achat de 70 % de la nourriture, de l’habillement, des cosmétiques et des soins pour enfant. Elles ont également un plus grand poids dans les achats d’électroménager, d’appareils électroniques et de voitures, des décisions revenant traditionnellement aux hommes.

31/08/2011, Nicolas Sarkozy s’est rendu en Chine en raison de la dette européenne, Renmin Ribao

Tandis que le nuage de la crise de la dette européenne est loin d’être dissipé, la Chine, qui possède la plus grande réserve de devises étrangères du monde, a réaffirmé une fois de plus son appui à l’euro et à la stabilité économique des Etats de la zone. Ainsi, l’attente d’une solution grâce à l’achat d’obligations européennes commence à gagner du terrain. L’économie européenne, tourmentée de la crise de la dette, pourrait se voir insuffler une nouvelle vitalité avec le soutien de la Chine.

29/08/2011, G20 : réunion de travail à Pékin avec HU Jintao, La France en Chine

29/08/2011, Les Etats-Unis peuvent-ils réduire un peu leurs dépenses militaires et leur dette, quand ils parlent de la « menace militaire chinoise » ?, Renmin Ribao

Le 25 août, les Etats-Unis ont publié un « Rapport sur le développement militaire et la situation de sécurité de la Chine » pour 2011. Ce rapport annuel parle toujours de la « menace militaire chinoise ». Il y a eu un commentaire qui a nettement indiqué : le rapport n’est que le meilleur prétexte utilisé par le Pentagone pour plaider en faveur de son budget.
Je pense que les Etats-Unis sont le plus grand pays débiteur du monde et le plus grand pays en terme de dépenses militaires. Est-ce qu’ils peuvent réduire un peu leurs dépenses militaires et leur dette ?

29/08/2011, Revue des hebdos chinois (22 au 26 août 2011), La France en Chine

29/08/2011, La Chine soutient l’établissement d’un Etat palestinien avec Jerusalem-Est comme capitale, Xinhua

La Chine soutient l’établissement d’un Etat palestinien indépendant avec Jerusalem-Est comme sa capitale et une souveraineté totale, a déclaré dimanche au Caire l’envoyé spécial chinois pour le Moyen-Orient, Wu Sike.

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Pourquoi la Chine a besoin d’une Union Européenne forte


Normalement, la visite du Premier Ministre chinois Wen Jiabao en Europe devrait faire les gros titres. Mais comme Wen Jiabao commence sa visite en Hongrie, au Royaume-Uni et en Allemagne vendredi, tous les yeux seront concentrés sur la crise apparemment interminable de l’Euro. Les dirigeants européens sont en réunion à Bruxelles jeudi et vendredi, et la crise de la dette y sera en tête de l’ordre du jour.

La crise imminente à laquelle la Grèce faisait face a été évitée, bien que les ministres des finances européens se soient mis d’accord sur de nouvelles mesures de sauvetage cette semaine.

Lors d’un point de presse avant la visite du Premier Ministre, la Vice-ministre des Affaires Etrangères Fu Ying a indiqué que la Chine avait essayé d’aider l’Union Européenne (UE) à surmonter ses problèmes en achetant davantage de dette européenne et en encourageant le commerce bilatéral, et que l’avenir de l’économie européenne était « extrêmement important » pour la Chine. La Chine n’a pas réduit le niveau considérable de ses avoirs en Euros, a t-elle dit. Au contraire, elle a continué à acheter des obligations des pays qui sont au coeur de la crise tels que la Grèce, le Portugal et l’Espagne.

Les analystes disent que l’appui Chinois a été important pour éviter la dépréciation de l’Euro. Aujourd’hui, il est juste à 5% au-dessous de son maxium contre le Dollar US, bien que beaucoup d’entreprises européennes préfèrent avoir un taux de change inférieur. Le soutien à l’Euro aidera la Chine dans sa double politique visant à renforcer le rôle international du Yuan et à permettre une réévaluation progressive de sa devise.

Wen Jiabao devrait réitérer le soutien de la Chine à l’UE pendant son voyage dans trois pays. L’UE est le plus grand marché d’exportation de la Chine, et les perspectives de croissance future de la Chine dépendent de pouvoir continuer à avoir accès au plus grand marché unique du monde. Le commerce entre l’UE et la Chine a atteint l’année dernière 566 milliards de Dollars US, presque 10% de toutes les activités commerciales du monde.

L’Europe compte pour un peu plus de 20% du PIB global et environ un cinquième du commerce mondial. L’importance de la position économique de l’Europe est également démontrée par le fait que plus de 170 des 500 plus grandes sociétés du monde ont leur siège dans l’UE. En outre, le PIB moyen par habitant de l’UE se situe à environ 32 500 dollars US, contre environ 4 500 Dollars US pour la Chine.

Ces derniers mois, l’UE a pris des mesures sans précédent pour mettre en place de nouveaux mécanismes pour répondre à la crise financière. Des fonds de stabilisation massifs de 850 milliards de Dollars US ont été constitués et les gouvernements ont accepté de permettre à l’UE de surveiller leurs politiques économiques et financières. Ces mesures devraient aider à favoriser la stabilité financière. En même temps, l’UE devra procéder encore à d’autres adaptations économiques et sociales pour relever le défi des nouvelles puissances naissantes comme la Chine.

Beaucoup d’Etats membres de l’UE se battent avec un taux de croissance bas et des mesures d’austérité sévères ayant pour objectif de réduire les niveaux élevés de la dette nationale et des déficits. Le chômage, particulièrement le chômage des jeunes, a augmenté dans la plupart des Etats membres de l’UE et les entreprises européennes font face à une concurrence féroce dans presque tous les secteurs. L’écart technologique entre les Etats membres de l’UE et leurs concurrents non-européens continue à se réduire et la société européenne fait face aux conséquences socio-économiques d’une population qui vieillit et qui se réduit.

Pendant sa visite en Chine le mois dernier, Herman van Rompuy, Président du Conseil Européen, a remercié ses hôtes chinois pour leur soutien et les a assurés que l’avenir de l’Euro ne faisait pas de doute. Il a souligné l’importance qu’il y a à préserver des relations économiques et commerciales ouvertes. Plusieurs entreprises européennes ont rencontré des problèmes lors de leurs activités en Chine, il a dit et demandé aux dirigeants chinois de garantir un « terrain de jeu égal ».

La Chine devrait prendre plus de responsabilités dans l’économie mondiale et être mieux représentée dans les institutions financières internationales, a t-il dit, et il a demandé à la Chine de prêter plus d’attention au changement climatique et à aider le reste du monde à se diriger vers une conclusion des négociations du Round de Doha des entretiens de l’Organisation Mondiale du Commerce.

De son côté, l’UE essaye de développer une stratégie commune envers la Chine mais est handicapée par des vues différentes parmi les 27 Etats membres de l’UE sur des questions telles que la levée de l’embargo sur les armes et l’octroi du statut d’économie de marché à la Chine.

Il y a eu un certain nombre de réunions de haut niveau EU-Chine ces dernières semaines, qui ont cherché à aborder certains des problèmes les plus difficiles. Indépendamment de la visite de M. Van Rompuy en Chine, Catherine Ashton, le chef de la politique extérieure de l’UE, a rencontré le Conseiller d’Etat Dai Bingguo en Hongrie au cours de la deuxième réunion du dialogue stratégique de haut niveau UE-Chine. Ces entretiens ont couvert des sujets internationaux tels que la situation en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, aussi bien que la coopération économique.

Bien entendu, la Chine fait aussi face à ses propres problèmes internes. Les dirigeants chinois se rendent compte des problèmes sociaux et économiques qui se posent à leur pays et ont besoin d’un environnement international stable et de marchés libres pour les exportations chinoises. C’est pourquoi l’Union européenne, en dépit de tous ses problèmes actuels, restera l’un des associés les plus importants de la Chine dans les décennies à venir.

Renmin Ribao

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Le naufrage du dollar


Quand le Premier ministre chinois Wen Jiabao déclarait en mars 2009 qu’il était «un peu inquiet» de l’état du dollar américain, il ne faisait que répercuter le sentiment des Etats, des entreprises et des individus dans le monde. Il invitait les Etats-Unis à «tenir leurs promesses, honorer leurs engagements et garantir la sécurité des avoirs chinois».

Il y a encore cinq ans, de tels propos seraient passés pour une demande très présomptueuse. A présent, cette invite apparaît «compréhensible» aux yeux même de Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale de San Francisco, qui considère cependant que les propositions chinoises d’une monnaie de réserve internationale sont «loin d’être une alternative réalisable».

Il n’existe que deux façons de stocker de la richesse : soit dans des structures physiques réelles soit sous différentes formes d’argent (devises, obligations, or). Chacune de ces deux voies comporte des risques pour le détenteur de richesses. Les structures physiques se détériorent à moins d’être utilisées et les utiliser comporte des coûts. Obtenir des revenus et par conséquent tirer des profits de leur utilisation dépend du «marché», c’est-à-dire de l’existence d’acheteurs disposés à acheter ce que les structures physiques peuvent produire.

Au moins, les structures physiques sont tangibles. L’argent (qui s’exprime en chiffres nominaux) n’est rien de plus qu’un droit potentiel à faire valoir sur des structures physiques. La valeur de ce droit dépend de sa relation d’échange avec les structures physiques. Et cette relation peut varier, ce qui lui arrive constamment. Si elle varie faiblement, personne ou presque ne le remarque. En revanche, si elle varie considérablement et fréquemment, ses détenteurs gagnent ou perdent beaucoup d’argent, souvent assez rapidement.

En termes économiques, une monnaie de réserve n’est vraiment rien d’autre que la forme d’argent la plus fiable, celle qui varie le moins. C’est par conséquent le lieu le plus sûr pour conserver toutes les richesses qui ne se présentent pas sous la forme de structures physiques. Depuis au moins 1945, la monnaie de réserve mondiale a été le dollar américain. C’est toujours le cas.

Le pays qui émet la monnaie de réserve possède un avantage singulier sur tous les autres pays. Il est le seul à pouvoir légalement créer de cette monnaie chaque fois qu’il le juge dans son intérêt.

Les monnaies ont toutes des taux de change les unes par rapport aux autres. Comme les Etats-Unis ont mis fin à leur taux de change fixe avec l’or en 1973, le dollar a depuis fluctué par rapport aux autres devises, à la hausse ou à la baisse. Quand le dollar s’est déprécié vis-à-vis d’une autre devise, les exportations américaines ont trouvé plus facilement preneur parce que l’acheteur avait moins à dépenser dans sa propre monnaie. Par contre, les importations s’en trouvaient du même coup renchéries puisque plus de dollars étaient nécessaires pour payer les biens importés.

A court-terme, une devise affaiblie peut augmenter le nombre d’emplois dans le pays. Mais c’est au mieux un avantage de court-terme. Dans le moyen-terme, les avantages à disposer d’une «monnaie forte» sont plus importants. Cela signifie que le détenteur de cette devise dispose d’une plus grande maîtrise de la richesse mondiale telle que mesurée par les structures et les produits physiques.

Sur le moyen-terme, les monnaies de réserve sont des monnaies fortes et comptent le demeurer. La force d’une monnaie de réserve découle non seulement de sa maîtrise de la richesse mondiale mais aussi du pouvoir politique qu’elle procure dans le système-monde. C’est pourquoi la monnaie de réserve internationale a tendance à être la devise de la puissance hégémonique mondiale, même sur le déclin. C’est pourquoi le dollar américain est la monnaie de réserve internationale.

Pourquoi le Premier ministre Wen se dit-il alors «un peu inquiet» ? Parce que, clairement, au cours des dernières décennies, le taux de change du dollar américain a beaucoup fluctué mais en suivant, globalement, une pente lentement déclinante. Un des principaux facteurs responsables est celui de l’explosion de la dette globale du gouvernement américain. Les Etats-Unis ont été capables d’équilibrer leurs bilans de deux grandes manières : en faisant marcher la planche à billets et en vendant des bons du Trésor, en premier lieu à d’autres gouvernements (les «fonds souverains»).

Ce n’est un secret pour personne que dans les années récentes, la Chine a été le plus gros acquéreur de bons du Trésor américain. Elle n’est pas la seule. Le Japon et la Corée du Sud, l’Arabie saoudite et Abou Dhabi, l’Inde et la Norvège ont tous acheté de ces obligations américaines. Mais la Chine en est aujourd’hui le plus gros client et, vue l’actuelle contraction du crédit, elle fait partie des rares acheteurs probables dans un avenir immédiat.

Le dilemme pour la Chine, comme pour d’autres qui ont investi dans ces bons du Trésor, c’est que si le dollar continue sa baisse ou si une inflation importante résulte de la création de monnaie par les Etats-Unis, leurs investissements en obligations du Trésor américain pourraient leur faire perdre de l’argent. D’un autre côté, ont-ils d’autres solutions ?

La conclusion que la Chine (et les autres acheteurs) en tire en termes de politique à suivre est celle d’un désengagement discret. Ils ne veulent pas aller trop vite pour ne pas provoquer de «panique bancaire» mais pas trop lentement non plus pour ne pas être le dernier à fermer la porte «avant le sauve-qui-peut», pour rependre le titre que W. Joseph Stroupe a donné à son article dans l’Asia Times.

La Chine réduit les quantités de bons du Trésor américain qu’elle achète et préfère maintenant acquérir des obligations à court-terme plutôt qu’à long-terme. La Chine s’engage dans des «swaps de devises» avec d’autres pays, comme l’Argentine, de sorte que personne n’ait à utiliser le dollar dans les transactions. De plus, la Chine appelle à la création d’une autre monnaie de réserve qui serait basée sur les Droits de tirage spéciaux (DTS) créés par le Fonds monétaire international et reposant sur un panier de devises. La Russie a soutenu cet appel.

Les Etats-Unis ne sont pas sûrs de savoir comment répondre. Lorsque le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a déclaré que le gouvernement américain était «assez ouvert» à la proposition chinoise d’augmenter le recours aux DTS, le dollar a immédiatement chuté sur le marchés des devises. Geithner a alors dû «clarifier» ses propos : le dollar reste la «monnaie de réserve dominante» dans le monde et ceci a «des chances de continuer pendant encore un long moment». Et de poursuivre en affirmant que «nous allons faire le nécessaire pour être sûr de maintenir la confiance dans nos marchés financiers, dans la capacité productive de ce pays et dans les fondamentaux à long-terme de notre économie».

Geithner essaie-t-il juste de se donner du courage ? Plus important, qui peut tenir de telles affirmations pour vraisemblables ? L’élément clé qui fait la force d’une monnaie, ce ne sont pas ses «fondamentaux» mais la «foi» dans la réalité de ces fondamentaux.

Tous les principaux acteurs espèrent qu’un atterrissage en douceur est possible, c’est-à-dire une transition ordonnée de sortie du dollar américain. Personne ne veut précipiter une chute libre car personne n’est sûr d’en sortir gagnant si cela se produit. En revanche, si le stimulus américain se révèle être la dernière des bulles en date, le dollar pourrait très soudainement se dégonfler sur un mode des plus chaotiques. Au sens premier, «sauve-qui-peut» signifie «que se sauve celui qui le peut».

15/05/2009
Immanuel Wallerstein
Fernand Braudel Center

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Dossier documentaire & Bibliographie Immanuel WALLERSTEIN, Monde en Question.

La fin de l’Empire américain (2)


Les médias ont peu parlé du rapport « Global Trends 2025 – a Transformed World » publié par le National Intelligence Council (PDF).

La revue de presse de Google Actualités est pauvre. La presse chinoise est muette. L’agence russe RIA Novosti a, par contre, publié une analyse d’Andreï Fediachine :

Tout ce qui est le plus alarmant dans ce rapport est consacré à l’Amérique.
[…]
Pour la Russie, les experts ont trouvé non pas une bonne prévision, mais carrément plusieurs. Si l’on met de côté la « diminution » de notre population, annoncée par le Conseil pour 2025, qui passera des 141 millions d’habitants actuels à 130 millions (ce que nous savons déjà, sans lui), les Russes continueront d’être aidés par leur gaz et leur pétrole, et même par le réchauffement global attendu. Selon les experts, l’Union européenne ne sera pas parvenue, en 2025, à diversifier ses fournisseurs de ressources énergétiques et conservera sa dépendance vis-à-vis des importations, et donc vis-à-vis des livraisons de gaz naturel russe. L’augmentation de la consommation européenne est prévue à hauteur de 60%. En 2025, 57% de l’ensemble des réserves mondiales de gaz seront concentrées en Russie, en Irak et au Qatar. De nombreux producteurs actuels de pétrole auront perdu leurs positions, et près de 40% du pétrole produit sera concentré entre les mains de 6 États. Ceux-ci sont cités dans l’ordre suivant : Russie, Arabie saoudite, Iran, Koweït, Emirats arabes unis, Irak. Si l’on prend en compte la totalité des réserves de gaz et de pétrole, il y aura en 2025 deux grandes Puissances énergétiques mondiales : la Russie et l’Iran.

[…]

Si l’on en croit le rapport, les États-Unis vont continuer de perdre leur poids et leur influence jusqu’à la fin du premier quart du XXIe siècle, tout en demeurant une grande puissance ; mais ils perdront leur influence dominante et ne seront qu’un « égal parmi leurs pairs ». Il en sera de même du dollar. La niche d’influence libérée par l’Amérique sera comblée par le Brésil, l’Inde, la Chine et, comme le dit le rapport, la « Péninsule coréenne » (les deux Corées étant, visiblement, alors réunies). Une certaine « forme d’union » est même pronostiquée pour ces trois dernières. Le monde sera multipolaire, les modèles occidentaux du libéralisme économique, de la démocratie perdront leur force d’attraction (c’est ce qui se produit déjà). L’Union européenne aura cédé elle aussi de son influence et sera devenue un « géant creux ».

[…]

Ces rapports ne sont pas des prévisions ou des pronostics précis, mais plutôt un rappel aux administrations américaines de ce qui pourrait arriver si elles ne pratiquent pas telle ou telle politique. C’est à la fois une base de réflexion et un instrument pour faire avancer cette réflexion dans une direction donnée.

Pour savoir si un avenir aussi effroyable nous attend véritablement, et dans quelle mesure le NIC est objectif dans ses évaluations, il n’est pas mauvais de rappeler ce qu’il est véritablement. Le Conseil national du renseignement est le principal « brain trust » auprès du directeur de la CIA, Michael McConnell, lequel a en charge l’analyse stratégique à moyen et long termes. C’est de lui que dépend directement le patron actuel de cette « agence Nostradamus », Thomas Fingar. Le Conseil « ravitaille » toute la direction américaine, et sa principale marchandise, ce sont les Evaluations du renseignement national (National Intelligence Estimates), dont une grande partie, naturellement, est tenue secrète, mais dont des « extraits » sont toujours distillés à la presse. Le Conseil, comme aiment à le dire ses collaborateurs, a pour vocation d' »analyser l’horizon ». Cela le conduit parfois à s’aventurer bien au-delà de la ligne d’horizon fictive, pour des raisons purement politiques. Le NIC, comme cela se produit fréquemment avec n’importe quelle organisation de renseignement créée auprès des administrations, et pour elles, « se démarque d’avec la ligne politique » de manière modérée. Ce n’est absolument pas une particularité endémique propre à l’Amérique : c’est la caractéristique génétique de quasiment toutes les formations de ce type. De celles-là même qui, « ayant mûri » (or, le NIC a été créé en 1979), ont bien compris avec le temps que ce que l’on attend d’elles, ce ne sont pas des prophéties à la Nostradamus, mais « ce qu’on a besoin d’entendre ».

Le NIC doit effectuer de ce point de vue une tâche peu enviable. Il doit, en principe, coordonner et « unifier » l’analyse de tous les centres de renseignement américains – la CIA, la Direction du renseignement du département de la Défense (le GRU russe), le renseignement politique du Département d’État, les renseignements de l’Armée, de l’Aviation, de la Marine, du Service des frontières, du ministère des Finances, du ministère de l’Energie et, pour finir, le FBI (qui s’occupe du contre-espionnage). Et c’est en cela que réside le principal « hic ». Toutes les administrations tirent, naturellement, la couverture à elles, s’efforçant de pousser le président, les ministères, le Congrès vers les mesures ou les lois dont elles ont besoin. C’est la raison pour laquelle des discussions très chaudes surgissent toujours autour de l’élaboration du principal « produit » du NIC, ce que l’on appelle les Evaluations du renseignement national, et autour également des analyses de renseignement thématiques. Il s’agit de documents analytiques ciblés sur n’importe quels thèmes, allant par exemple de l’arme nucléaire, la Russie, ou Israël, à l’évaluation des conséquences possibles d’une mauvaise récolte de riz en Asie. Il peut y avoir plusieurs de ces évaluations par an. Les patrons de ces administrations sont plongés dans la plus grande effervescence s’ils viennent à apprendre que leurs évaluations, pour une raison ou pour une autre, n’ont pas été retenues dans la variante finale des « Evaluations ». Il en va à peu près de même pour ces fameuses « Tendances globales ».

États-Unis : le renseignement d’accord pour enterrer l’avenir, RIA Novosti.

Commentaires : Encore une fois, RIA Novosti se révèle plus pertinent que les médias dominants français, qui se contentent de copier-coller un communiqué de presse ou une dépêche d’agence.

On licencie pour « garder nos marges de profit »


Obama promet de créer 2,5 millions d’emplois d’ici 2011 alors qu’il avoue que « la plupart des experts pensent que nous pourrions perdre des millions d’emplois l’année prochaine » [AP – Yahoo! Actualités].

En attendant qu’il prenne ses fonctions à la Maison Blanche, le 20 janvier prochain, les entreprises américaines licencient massivement. Depuis le début de 2008, 1,2 million emplois ont été perdus aux États-Unis. Au cours de la semaine précédant le 15 novembre, 542 000 nouveaux chômeurs ont un recours aux prestations d’assurance-emploi, selon des chiffres avancés par le département du Travail américain. L’Administration Bush poursuit la politique qui a conduit au désastre.

Il a semblé jusqu’ici beaucoup plus utile à Hank Paulson de voler au secours d’AIG à hauteur de 150 milliards de dollars pour préserver éventuellement quelques dizaines de milliers d’emplois plutôt que de soutenir les Big Three qui représentent, directement ou indirectement, 2,5 à trois millions d’emplois. Ceux-ci pourraient pourtant être perdus en seulement quelques mois, ce qui constituerait un signal conjoncturel et social aux conséquences désastreuses, sans commune mesure avec la faillite de Lehman Brothers. C’est à se demander si l’administration Bush sera capable — avant de lâcher le devant de la scène — de démontrer qu’elle sait tirer les conséquences de ses erreurs passées.

L’activité industrielle a dégringolé de +3,8 à -37,5 dans la région de Philadelphie en octobre, selon l’enquête mensuelle publiée jeudi par la Réserve fédérale locale — alors que les économistes prévoyaient un repli limité de l’indice à -10 environ.

Pour couronner le tout, le département du Travail confirme tous les signaux de dégradation du marché de l’emploi observés dans la quasi-totalité des secteurs d’activité, avec la multiplication des plans de licenciements. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont ainsi grimpé de 27 000 à 542 000 au cours de la semaine achevée le 15 novembre.

[…]

Après le « too big to fail » (trop gros pour disparaître), c’est le « trop gros pour être sauvé » qui semble constituer un obstacle psychologique majeur pour les sénateurs républicains qui prétendent défendre les principes libéraux qui ont fait — et c’est désormais du passé décomposé — la fortune de l’Amérique.

Ils n’éprouvent en revanche nulle réticence à voter chaque année des rallonges de plusieurs dizaines de milliards de dollars pour financer les vaines guerres impériales de l’Amérique, comme les baptise depuis leur origine Bill Bonner.

Ces sénateurs républicains ont en effet les moyens d’opposer un veto à un plan de sauvetage de 25 milliards de dollars qui pourrait éviter la perte de 2,5 millions à 3,5 millions d’emplois avant la fin 2009.

[…]

Un jusqu’au-boutisme dans le chaos économique après l’effondrement du système financier qui semble satisfaire la fibre apocalyptique de nombreux sénateurs et représentants qui ont suivi (ou même encouragé) G.W. Bush dans les pires mésaventures géopolitiques de l’après 11 septembre 2001 et qui ont ruiné le crédit de l’Amérique – dans tous les sens du terme.

Chronique Agora

Pendant les Trente Glorieuses du néo-libéralisme, les entreprises licenciaient pour accroître leurs profits. Aujourd’hui, elles licencient pour préserver leurs profits comme l’explique cyniquement Arent Jan Hesselink, porte-parole de Philips.

« Dans la division médicale, les contours d’un programme d’optimisation ont été récemment annoncés », a indiqué à l’AFP Arent Jan Hesselink, porte-parole de Philips.

« Dans ce secteur, environ 5% de tous les emplois vont devoir disparaître, malheureusement. Il y a dans la division 32.000 emplois, donc si on calcule on en arrive à environ 1.600 », a-t-il ajouté.

« Nous voulons prendre des mesures qui nous permettront, même dans une période où l’économie est moins forte, de garder nos marges de profit à niveau et de même les améliorer là où c’est possible« , a expliqué le porte-parole.

Le groupe a enregistré au troisième trimestre un bénéfice net en hausse de 7,8% à 357 millions d’euros grâce à la vente de sa participation dans le fabricant de semi-conducteurs TSMC.

AFP – Yahoo! Actualités

Partout, aux États-Unis comme en Chine ou en Europe, les gouvernements suivent la même politique : ils financent les entreprises qui font du chantage aux licenciements pour maintenir leurs profits.

Les Pays-Bas ont annoncé vendredi des mesures pour soutenir leurs entreprises d’un montant de six milliards d’euros, soit 1% de leur produit intérieur brut (PIB), quelques jours avant la présentation d’un plan de relance européen qui fait débat.
[…]
Outre l’Allemagne, qui a déjà annoncé un plan national de 32 milliards d’euros sur deux ans, d’autres capitales européennes, comme Paris, Madrid ou Bruxelles ont déjà pris d’importantes mesures de soutien de l’économie.
AFP – Yahoo! Actualités

22/11/2008
Serge LEFORT

Lire aussi :
• Ford demande 40 milliards d’euros à l’Union européenne, France 24.
• L’État allemand doit-il sauver Opel ?, France 24.
• L’Etat doit aider l’industrie automobile à sortir de la crise, euro|topics.
• General Motors : le CA prêt à envisager la faillite, contre l’avis du PDG, AFP – Yahoo! Actualités.
• Laisser mourir Detroit afin de punir les syndicats ?, Le Monde diplomatique.
• Citigroup vacille et l’Amérique s’angoisse, Libération.
• Citigroup : sauvetage, rachat ? le marché attend une annonce avant lundi, AFP – Yahoo! Actualités.
• Toyota supprime 3.000 postes temporaires au Japon, AFP – Aujourd’hui le Japon.
• La Chine surveille les éventuels licenciements de masse et les contestations salariales, China.org.
• La Chine appelle au contrôle des licenciements de masse et des conflits du travail à grande échelle, Xinhua – Le Quotidien du Peuple.

Pour aller plus loin : LANGLET Denis, L’industrie dans la tourmente de la finance, L’Harmattan, 2008.
Alors que les sommets internationaux se succèdent et que les gouvernants du monde entier promettent des jours meilleurs, les plans sociaux tombent. Dans l’automobile, dans l’aéronautique, dans les banques et compagnies d’assurance, mais aussi dans les petites et moyennes entreprises, des centaines de milliers de travailleurs, de salariés, sont confrontés à la perte de leur emploi ou au chômage partiel, à la difficulté croissante de «faire leur fin de mois».

L’étude produite par Denis Langlet dans son ouvrage L’industrie dans la tourmente de la finance est un matériau qui tombe à pic pour démontrer que toutes les déclarations n’engageront que ceux qui auront décidé de bien vouloir y croire. Il s’agit d’un livre explicatif, extrêmement documenté, dans lequel toute affirmation est étayée [1].
La Sociale


[1] L’auteur rappelle opportunément que la gauche, PS et PCF, ont impulsé la déréglementation néo-libérale à partir de 1982. Lire : Dossier documentaire & Bibliographie Tournant de la rigueur, Monde en Question.

 

La fin de l’Empire américain (1)


Le Washington Times a publié un article révélant les principaux points d’un nouveau rapport général du National Intelligence Council (NIC) sur les prévisions à long terme de la situation politique générale du monde d’ici à 2025.
[…]
D’une façon générale et par rapport à NIC 2004, le rapport NIC 2008 prévoit le changement fondamental du passage du monde « unipolaire » (puissance US dominante) à un monde « multipolaire ».

Le rapport prévoit également un deuxième changement fondamental au niveau de l’énergie, sans s’attarder fondamentalement, semble-t-il, à l’évolution parallèle de la crise climatique, sinon pour ses possibles/probables conséquences catastrophiques. […] ce qui est remarquable c’est le changement d’appréciation qui est en parallèle avec le premier changement signalé : la perte de l’hégémonie US est accompagnée par la fin des réserves disponibles de pétrole, ou bien est-ce le contraire, – comme si, effectivement, les deux étaient liées, comme si l’hégémonie US avait tenu essentiellement à l’hégémonie du pétrole dans notre civilisation machiniste.

Au niveau de l’économie générale, le rapport envisage des changements importants, largement influencés, ou confirmés c’est selon, par les événements des derniers mois. Principalement, il envisage le déclin du dollar et, par conséquent, la fin de son rôle hégémonique. Il envisage la montée d’une structure économique concurrente au capitalisme du laissez-faire, voire son remplacement par le « capitalisme d’Etat ».
[…]
Le rapport fait diverses « projections » sur des situations nationales, donnant un grand rôle de puissance à la Chine, mais aussi à la Russie; prévoyant une réunification des deux Corées et une « course à l’armement nucléaire » au Moyen-Orient, etc. Ces « projections » sont en général très conventionnelles et n’apportent aucune idée très nouvelle.

Effectivement, ce qui apparaît avec NIC 2008, c’est, pourrait-on dire, « la fin de la confiance » des USA en eux-mêmes, et c’est bien entendu le point psychologique principal de ce document.

Ce rapport n’envisage pas, parce que la chose est inenvisageable à un circuit de pensée bureaucratique et américaniste, l’importance de la dynamique des relations, et la dynamique de l’influence qui en découle. Il conçoit la supplantation d’une puissance brute par une autre (disons les USA par la Chine) mais n’envisage pas l’hypothèse que le déclin de la puissance US est peut-être, aussi, et surtout si la tendance se confirme, le déclin de la conception américaniste de la puissance, voire le déclin de l’idée de « puissance » telle que l’envisage Guglielmo Ferrero en 1917 lorsqu’il oppose « idéal de perfection » et « idéal de puissance » pour caractériser la grande Guerre.
[…]
Le caractère le plus frappant de cette « projection » qui se refuse même à l’être tout à fait est bien l’incertitude, et la latitude laissée aux lecteurs de NIC 2008 d’imaginer « autre chose », et de voir survenir effectivement « autre chose ». Ce refus de la certitude du lendemain est la marque de la crise psychologique de l’américanisme, cette conception du monde effectivement marquée par la certitude de ses lendemains. S’il est suggéré, seule touche d’encouragement pour ne pas désespérer Washington, que de bons dirigeants pourraient modifier cette prévision apparemment pessimisme, nous suggérerions que cela pourrait être aussi bien la porte laissée ouverte à un développement beaucoup plus pessimiste, à une dégradation beaucoup plus rapide. Le rapport NIC 2008 aura comme effet de préparer les psychologies à cette possibilité, qui devrait être appréciée désormais comme une probabilité. NIC 2008 nous dit implicitement que la résolution éventuelle de la crise en cours, ou la fin de la crise en cours, ne débouche pas sur une restauration de l' »ordre ancien » mais ne fait que préparer à l’enchaînement des crises à suivre, – une étape dans le processus de la chute du système, pour faire bref.

Dedefensa

Lire aussi :
• La chute de l’empire américain, c’est maintenant !, Allociné.
• Le déclin de l’empire américain ?, AgoraVox.
• BELLO Walden, La fin de l’empire. La désagrégation du système américain, PayotAlternatives EconomiquesAlternatives.

Après le Sommet du G20


La presse européenne commente positivement le Sommet du G20 :

NRC Handelsblad – Pays-Bas
Ce qui est positif dans ce sommet, c’est que les discussions relatives à l’économie mondiale ne sont plus l’apanage exclusif des pays industrialisés du G7. La rencontre de Washington pourrait rester dans l’histoire comme l’événement marquant le changement des rapports de force dans le G20. Des pays comme la Chine, l’Inde et le Brésil ont dorénavant une voix dans les décisions.
Commentaires : Les médias dominants ne disent pas que la participation aux décisions a un prix.

ABC – Espagne
Ce processus permettra à la communauté internationale de disposer de meilleurs instruments pour repérer les crises, les gérer et les résoudre. Ni plus ni moins.
Commentaires : Ce bel optimisme est démenti par le sacro-saint marché (voir plus bas).

RIA Novosti – Russie
La position de la Russie et d’autres pays émergents a été entendue au sommet du G20 grâce au fait que le groupe BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) a fait front commun, a estimé lors d’un point de presse lundi le vice-ministre russe des Finances, Dmitri Pankine.

Après le Sommet du G20, comme après l’annonce du plan Paulson, les bourses de Wall Street et de Paris continuent à baiser. Voir la carte interactive des indices publiée par Le Journal des Finances. La liste des pays en récession s’allonge et « Les inquiétudes sur l’économie ne se sont pas dissipées au cours du week-end, alors que le sommet du G20 n’a donné lieu à aucun accord susceptible de changer significativement les perspectives à court terme », a estimé Patrick O’Hare, du site d’analyse financière Briefing.com (AFP – Yahoo! Actualités).

Alors que la déclaration finale du Sommet du G20 à Washington inclut l’engagement exprès des participants de ne pas réagir à la crise par une politique protectionniste, chaque pays cherche aussi des solutions nationales à la crise :
• Barack Obama veut trouver des solutions nationales à la crise, Euronews – Yahoo! Actualités
• Crise : la Russie respectera les décisions du G20 mais pas au détriment de ses intérêts nationaux, RIA Novosti
• G20 : le Japon appelle la Chine à augmenter sa contribution au FMI, Aujourd’hui le Japon

WYPLOSZ Charles, Le G7 est mort. Vive le G20 ?, Telos

Comme prévu, le sommet du G20 aura accouché de vœux pieux et d’une longue déclaration qui promet des lendemains qui chantent. Rien de ce qui figure dans la déclaration finale n’est nouveau.
[…]
Parmi les aspects positifs on peut noter un bon diagnostic de la crise financière, qui reconnaît même que les pouvoirs publics « dans certains pays » n’ont pas pris la mesure des dangers qui s’accumulaient. […] Le G20 s’est aussi beaucoup préoccupé d’améliorer la réglementation financière, un besoin flagrant. Mais aucune mesure spécifique n’a été annoncée, et pour cause. […] De même, promettre plus de transparence dans les comptes des banques, c’est bien, mais quelque peu naïf. Chaque entreprise a ses secrets de fabrication, auxquels elles tiennent jalousement, et même très légitimement ; pour les banques, c’est la composition de leurs portefeuilles. Quoi qu’on fasse, elles sauront toujours trouver la parade.
[…]
Tout le reste est de l’eau tiède. On parle de renforcer la coopération entre les régulateurs nationaux. C’est très bien, mais il faut reconnaître que même en Europe, où la coopération économique a atteint un niveau unique au monde (marché commun, monnaie commune), les régulateurs et les superviseurs nationaux sont parvenus à maintenir leurs prés carrés, soutenus par leurs gouvernements qui caressent tous l’idée d’utiliser la réglementation pour protéger les champions nationaux. On voit mal les Anglais et les Chinois soumettre leurs banques à une quelconque supervision supranationale, et les Français n’y sont pas plus disposés, ni aucun autre pays d’ailleurs.
[…]
Le G20 indique son intention de « revoir » les rémunérations des dirigeants. Il est éminemment souhaitable que ces rémunérations soient conçues de manière à encourager plus de prudence, et de nombreuses idées ont été avancées dans ce sens. Mais, dans les entreprises privées, ces rémunérations sont fixées par les actionnaires. On peut toujours essayer de légiférer en la matière, mais toute loi est faite pour être contournée. De plus, un pays plus laxiste a de fortes chances d’attirer les meilleurs talents, une tentation à laquelle il sera difficile de résister.
[…]
Le communiqué de Washington se garde bien de mentionner une refondation de Bretton Woods. Cette idée était mort-née, elle est désormais enterrée.
[…]
Finalement, que restera-t-il de ce G20 ? Probablement sa naissance. […] Dans presque tous les domaines, comment croire que l’opinion – lire : les intérêts – du Canada, de l’Italie, et même de la France, compte infiniment plus que celle de la Chine, de l’Inde ou du Brésil ?
[…]
Manifestement, le Sommet de Washington n’a pas été réuni pour être efficace, juste symbolique et spectaculaire. Malheureusement, ce ne sont ni les symboles ni les spectacles qui règlent les grandes questions du monde.

Commentaires : Le point de vue d’un économiste, qui appartient au système, est beaucoup plus riche d’informations que beaucoup de critiques de « gauche » (si ce terme a encore un sens).

L’enjeu du Sommet du G20 (4) suite


Le Sommet du G20 fut un succès parce qu’il s’est contenté de préconisations (Le texte complet est publié par The New York Times). L’une d’entre elles est plus importante qu’il n’y paraît :

A moyen terme, mieux refléter l’évolution des poids des économies dans le FMI et la Banque mondiale.
NouvelObs

Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 ont convenu samedi d’accroître la représentation des pays en développement au sein du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, selon le communiqué publié à l’issue de leur premier sommet, à Washington.
Romandie News

Mais cette participation a un prix :
• La Chine devrait prêter plus d’argent au FMI (on parle de 100 milliards de dollars) pour occuper une place plus importante.
• Plus de 150 pays, dont la plupart des pays d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie, n’auront pas le droit d’émettre leurs vues sur l’ordre financier international.
• Le FMI et la Banque mondiale feront encore payer aux plus pauvres les pertes des plus riches (Le Grand Soir).

La Chine n’est pas pressée d’affirmer sa puissance, en pillant l’Afrique et l’Amérique latine, car le temps joue en sa faveur. Pendant que Nicolas Sarkozy attire l’attention des médias, Hu Jintao « renforce la coordination face à la crise financière » avec le Brésil et la Russie.

La retour à la réalité risque d’être brutal :

Première réaction des marchés, les places du Golfe seules ouvertes le dimanche, ont chuté déprimées par les mauvaises perspectives économiques, Dubaï perdant notamment 4,5%.
AFP – Yahoo! Actualités

Wall Street aura du mal à éviter d’être dans le rouge la semaine prochaine, résultats de sociétés et indicateurs économiques risquant d’attester d’un ralentissement conjoncturel prolongé.
Reuters – Yahoo! Actualités