Chine en Question

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Archives de Tag: Europe/Chine

L’Occident déteste vraiment la Chine


 

Il n’y a aucune « clémence » pour la Chine, en Occident. A plusieurs titres, la plus grande et l’une des plus anciennes cultures de la Terre a été systématiquement dénigrée, insultée, ridiculisée et jugée avec arrogance par les faiseurs d’opinion, les propagandistes, les universitaires et la presse traditionnelle ayant des sièges à Londres, New York et Paris et par bien d’autres endroits que l’Occident appelle lui-même les centres de « l’érudition » et de la « liberté de l’information ».

Les messages anti-chinois sont parfois manifestes, mais la plupart du temps à peine voilés. Ils sont presque toujours racistes et fondés sur l’ignorance. Et, horrible réalité, c’est qu’ils fonctionnent !

Ils fonctionnent pour de nombreuses raisons. L’une d’entre elles est que si les Asiatiques du Nord en général, et les Chinois en particulier, ont appris avec ardeur tout ce qui concerne le reste du monde, l’Occident est complètement ignorant sur presque tout ce qui concerne les Asiatiques et les Chinois.

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Ils fonctionnent pour de nombreuses raisons. L’une d’entre elles est que si les Asiatiques du Nord en général, et les Chinois en particulier, ont appris avec ardeur tout ce qui concerne le reste du monde, l’Occident est complètement ignorant sur presque tout ce qui concerne les Asiatiques et les Chinois.

J’ai personnellement mené une série d’expériences simples mais révélatrices en Chine, en Corée et au Japon, ainsi que dans plusieurs pays occidentaux : alors que presque tous les enfants d’Asie du Nord peuvent facilement identifier au moins quelques « icônes » de la culture occidentale, y compris Shakespeare et Mozart, la plupart des professeurs d’université européens titulaires d’un doctorat ne pouvaient pas nommer un seul réalisateur coréen, un compositeur de musique classique chinois ou un poète japonais.

Les Occidentaux ne savent rien à propos de l’Asie ! Non pas 50% d’entre eux, ni même 90%, mais très probablement dans les 99,9%.

Et il va sans dire que la Corée produit certains des meilleurs films d’art au monde, tandis que la Chine et le Japon sont réputés pour leur art classique raffiné, ainsi que pour leurs chefs-d’œuvre modernes.

En Occident, la même ignorance s’étend à la philosophie chinoise, à son système politique et à son histoire. En Europe et en Amérique du Nord, il y a une obscurité absolue, une ignorance foudroyante, concernant la vision du monde chinois. A Paris ou à Berlin, la Chine est jugée exclusivement par la logique occidentale, par les « analystes » occidentaux, avec une arrogance insurpassable.

Le racisme est la seule explication fondamentale, bien qu’il existe de nombreuses autres raisons secondaires à cet état de fait.

Le racisme occidental, qui a humilié, attaqué et ruiné la Chine pendant des siècles, a modifié progressivement ses tactiques et ses stratégies. D’ouvertement et clairement insultant et vulgaire, il s’est progressivement développé en quelque chose de beaucoup plus « raffiné » mais constamment manipulateur.

[…]

Le concept de « droits de l’homme », que l’Occident utilise constamment contre la Chine, est « ciblé ». La plupart des accusations et des « faits  » ont été retirés du contexte de ce qui s’est passé à l’échelle mondiale (de nos jours et dans l’histoire). Des vues et des « analyses » exclusivement eurocentrées lui ont été appliquées. La philosophie et la logique chinoises ont été totalement ignorées ; elles n’ont jamais été prises au sérieux. Personne en Occident ne demande au peuple chinois ce qu’il veut vraiment (seuls les soi-disant « dissidents » sont autorisés à parler au public occidental par l’intermédiaire des médias de masse). Une telle approche n’est pas censée défendre ou aider qui que ce soit ; au contraire, elle est dégradante, conçue pour causer le maximum de dommages au pays le plus peuplé de la Terre, à son système unique et, de plus en plus, à son importante stature mondiale.

Il est évident que les universités et les médias occidentaux sont financés par des centaines de millions et de milliards de dollars pour censurer les principales voix médiatiques chinoises et promouvoir un nihilisme anticommuniste et contre le Parti communiste chinois.

Je connais un universitaire irlandais basé en Asie du Nord, qui enseignait en Chine. Il m’a dit, avec fierté, qu’il avait l’habitude de provoquer les étudiants chinois : « Savez-vous que Mao était un pédophile ? » Et il ridiculisait ceux qui le défiaient et trouvaient ses propos déplaisants.

Mais une telle approche est tout à fait acceptable pour l’académie occidentale établie en Asie. Inversez les rôles et imaginez un universitaire chinois qui vient à Londres pour enseigner la langue et la culture chinoises, et commençant ses cours en demandant aux élèves s’ils savent que Churchill avait des relations sexuelles avec des animaux ? Que se passerait-il ? Serait-il renvoyé immédiatement ou à la fin de la journée ?

Lire l’intégralité de l’article : Réseau International.

Lire aussi :
Articles André VLTCHEK : Arrêt sur InfoGlobal ResearchLe Grand SoirRéseau International.
Bibliographie André VLTCHEK : Babelio.
Noam CHOMSKY, André VLTCHEK, L’Occident terroriste – D’Hiroshima à la guerre des drones, Écosociété, 2015 [Texte en ligne].
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

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Les sextants de Pékin


 

Les touristes qui visitent la Cité interdite à Pékin sont souvent surpris d’y trouver un observatoire équipé de sextants, de théodolites, de sphères armillaires et d’autres instruments de l’ancienne astronomie occidentale. Malgré leur facture indéniablement chinoise, ces instruments de bronze ont en effet été exécutés sous la supervision d’un jésuite flamand, à la demande d’un empereur Qing qui espérait trouver dans la science occidentale un appui à son pouvoir. Les sextants de Pékin témoignent ainsi de l’intérêt et de la curiosité que les Chinois ont pu manifester à l’égard d’une culture pourtant bien éloignée de la leur, et ce, il y a déjà plus de trois cents ans, à une époque où l’Occident ne montrait pas tant d’ouverture d’esprit.

C’est au mythe d’une Chine monolithique, refermée sur elle-même, immobile et figée dans sa grandeur antique, que s’attaque ici Joanna Waley-Cohen. Cette idée reçue ne résiste pas à l’analyse. Toute l’histoire de l’Empire du milieu montre au contraire que les Chinois ont toujours accueilli avec intérêt les produits, les techniques, les idées, et même les religions des autres cultures, dans la mesure où l’on ne tentait pas de les leur imposer par la force. En s’appuyant sur les résultats les plus récents de la recherche historique, l’auteur montre les relations fructueuses que les Chinois ont su entretenir avec leurs voisins asiatiques et avec les Occidentaux, depuis les temps anciens de la Route de la soie jusqu’à nos jours.

Joanna WALEY-COHEN, Les sextants de Pékin – Sociétés et cultures de l’Asie, Presses de l’Université de Montréal, 2002 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Dossier documentaire Sciences Chine, Monde en Question.
< Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

La Chine imaginaire construite par les médias et les sinologues


 

Au seuil d’une nouvelle année, nous aimons faire la rétrospective de ce qui s’est passé et envisager l’avenir. Respectant cette tradition, je voudrais expliquer aux lecteurs occidentaux que la Chine est absolument une chance pour l’Europe et non une menace. La raison est très simple : entre la Chine et l’Europe il n’existe aucun conflit, qu’il soit d’ordre géopolitique, commercial, militaire ou financier. Depuis des milliers d’années, la Chine garde son art de vivre à travers « l’harmonie respectueuse de la diversité » de Confucius. La Chine vise toujours à « rechercher des vues identiques tout en mettant de côté les divergences », en d’autres termes, c’est « la coopération gagnant-gagnant ».

Cependant, mon intention a changé après la rétrospective 2017 faite par des médias français dans les reportages et commentaires portant sur l’un des événements majeurs survenus en Chine : le XIXe Congrès du PCC et le deuxième mandat de Xi Jinping. Puisque les Français ne peuvent pas connaître la Chine réelle à travers les médias, il est vain de souligner que la Chine n’est pas une menace. La presse française et certains sinologues butés font flèche de tout bois pour créer une « image imaginaire de la Chine » dans la tête des Français. Voilà la clé du problème.

[…]

Un autre exemple me vient à l’esprit. Les Chinois ont l’habitude d’épargner comme les Français, mais dans la bouche de Valérie Niquet, une « sinologue » française, les Chinois doivent déposer l’argent à la banque, car il n’existe pas de régime de retraite en Chine. La Chine sans régime de retraite ?! Je ne sais pas combien de gens en Europe croient ce mensonge, mais la Chine possède non seulement un régime parfait de retraite pour tous les travailleurs urbains, et depuis 2010, les habitants ruraux profitent aussi du nouveau type d’assurance vieillesse. Plus de 90% des paysans touchent actuellement la pension de vieillesse. Pour être honnête, la pension de retraite des fonctionnaires chinois est bien meilleure par rapport à celle en France. En Chine, tous les fonctionnaires masculins prennent la retraite à 60 ans, et pour les femmes à 55 ans. La pension de retraite équivaut à 80% du salaire avant la retraite. Lors de la retraite, le niveau de vie des fonctionnaires n’est pas considérablement diminué. Ils peuvent maintenir leur train de vie. Mais en France, les gens ne recevront une retraite qu’après avoir travaillé plus de 40 annuités, et la façon de la calculer est aussi étrange : 50 % du salaire moyen des 25 meilleures années. Les meilleurs salaires sont aux dernières années de la carrière, donc un fonctionnaire français retraité prendra moins d’une moitié de son salaire. De fait son niveau de vie baisse immédiatement. Mme Niquet ne connaît-elle pas la situation réelle ? Ou bien a-t-elle l’intention de tromper la population française ? Je ne sais pas.

Lire l’intégralité de l’article : ZHENG Ruolin, Deux images de la Chine : l’imaginaire et la réelle, La Chine au présent, 04/01/2018.

Lire aussi :
Jonathan D. SPENCE, La Chine imaginaire – Les Chinois vus par les Occidentaux de Marco Polo à nos jours, Presses de l’Université de Montréal, 2000 [Google Books].
Depuis sept siècles, la Chine exerce une étonnante fascination sur l’Occident. Dès les premiers contacts, elle est apparue comme un objet de désir plutôt que de connaissance et, très vite, elle est devenue une construction imaginaire et un enjeu des débats internes de l’Occident. C’est l’histoire de la Chine comme l’ont comprise et imaginée les Occidentaux que retrace ici le grand sinologue américain Jonathan D. Spence. Pour rendre compte de cette fascination, il fait appel aux récits des voyageurs, aux systèmes des philosophes, aux rapports des diplomates, aux témoignages des missionnaires et, surtout, aux œuvres des grands écrivains qui, de Mendes Pinto à Italo Calvino, en passant par Voltaire, Segalen et Brecht, ont voulu communiquer leur vision de la Chine. Grossiers ou subtils, généreux ou empreints de préjugés, sobres ou avides d’exotisme, ces documents nous en apprennent finalement autant sur l’Occident que sur la Chine.
ZHENG Lu-nian, Daniel HABER, Chine-Ocident – Le grand malentendu du XXIe siècle, L’Harmattan, 2010 [Chine en Question].
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
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L’Empire du Milieu II


 

Dans le précédent article, j’avais étudié l’origine de cette expression à partir de l’utilisation qu’en avait fait Elisée Reclus.

Malheureusement le sujet est loin d’être clos car les universitaires s’alignent sur les médias en nommant ainsi non seulement la Chine impériale, mais aussi la Chine contemporaine qui est pourtant une République depuis le 1er janvier 1912 !

Médias dominants

Une recherche dans les archives de L’im-Monde, qui se veut le quotidien de référence, montre que cette expression était peu utilisée avant la reconnaissance de la Chine par la France en 1964, mais que son usage a très fortement augmenté depuis cette date au point de devenir usuel.

L’occurrence Empire du Milieu fut utilisée 351 fois en 50 ans (entre le 01/01/1944 et le 01/01/1994 soit une moyenne de 7,02 fois par an) et 1091 fois en seulement 20 ans (entre le 01/01/1984 et le 01/01/2014 soit une moyenne de 54,55 fois par an) soit une progression spectaculaire qui s’amplifie encore pour l’année en cours :

1 925 éléments trouvés depuis 1944.
15 éléments trouvés entre le 01/01/1944 et le 01/01/1954.
13 éléments trouvés entre le 01/01/1954 et le 01/01/1964.
57 éléments trouvés entre le 01/01/1964 et le 01/01/1974.
79 éléments trouvés entre le 01/01/1974 et le 01/01/1984.
187 éléments trouvés entre le 01/01/1984 et le 01/01/1994.
431 éléments trouvés entre le 01/01/1994 et le 01/01/2004.
660 éléments trouvés entre le 01/01/2004 et le 01/01/2014.
120 éléments trouvés depuis 1 an.

Médias universitaires

On pourrait penser que les médias universitaires, notamment ceux dédiés à la Chine, ne tomberaient pas dans la propagande anti-chinoise. Il n’en est rien ! Le blog ChinElectrodoc – blog de veille sur le monde chinois, qui fait partie de la plateforme académique Hypotheses, a publié le compte-rendu de l’ouvrage Chine, les visages de la justice ordinaire : entre faits et droit sous le titre L’empire du Milieu par ses tribunaux !

J’avais posté un commentaire, qui est resté longtemps en attente de validation mais n’a pas été publié. Je l’ai reposté le 27/11/2017 à 16h52 (heure Mexico) sous la référence #comment-40597, mais sans succès.

En bref, tout le monde s’aligne, par ignorance ou/et propagande anti-chinoise, sur la pire des encyclopédies qui traduit zhōng guó par Empire du Milieu. J’avais modifié le texte le 21/02/2010 à 10h02 (heure Mexico) ainsi :

L' »empire du Milieu » (du chinois  »zhōngguó », 中国) est un terme étranger pour désigner la Chine alors qu’il signifie « pays du milieu ».
Source

Cette modification fut révoquée selon les techniques décrites dans le documentaire Die dunkle Seite der Wikipedia (version doublée en français).

30/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Articles contenant l’expression Empire du Milieu, Google Actualités.
Serge LEFORT, zhōng guó, Chine en Question, 23/02/2010.
Serge LEFORT, L’Empire du Milieu I, Chine en Question, 16/11/2012.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Connaître la Chine : mission impossible ?



ZHANG Weiwei, The China Wave: Rise of A Civilizational State

 

Journaliste ayant travaillé en France pendant une vingtaine d’années, j’observe toujours de près les reportages publiés dans la presse française qui portent sur la Chine. Depuis les années 1990 jusqu’à nos jours, en passant par la première décennie de ce siècle, la Chine, peu abordée autrefois, est devenue un sujet qui focalise désormais l’attention des médias français. Un pic avait été atteint en 2008 où, tous les jours ou presque, on pouvait lire quantités d’informations sur la Chine. À l’heure actuelle, malgré une actualité relativement « froide », les sujets liés à la Chine continuent de faire l’objet de reportages et commentaires dans la presse française.

Tous les jours nous pouvons voir, lire et entendre des informations sur la Chine dans les médias français. […] En plus de ceux qui traitent des droits de l’homme, les autres, quels que soient leurs sujets, expriment sans exception des points de vue ostensiblement négatifs à l’égard de la Chine.

[…]

Mais quel motif pousse les journalistes français à avoir une vision si négative de la Chine ? Mes amis journalistes français m’ont expliqué qu’il existe de facto une actualité chinoise négative. Toutefois, nous pourrions poser la question suivante : n’existe-t-il pas des phénomènes négatifs dans les autres pays ? Pourquoi les journalistes français ne rapportent-ils que le côté sombre de la Chine lorsqu’ils couvrent les événements qui s’y produisent ?

[…]

Prenons la France comme exemple, toutes les enquêtes montrent que le peuple n’est satisfait ni du gouvernement ni du président qu’il a élu. La popularité de l’ex-président Hollande était tombée à 10 % à la fin de son mandat et trois mois après l’élection d’Emmanuel Macron, sa popularité ne cesse de chuter elle aussi. Pourtant, lorsqu’il s’agit du régime politique de leur pays, j’ai découvert avec surprise que les Français le soutiennent et pensent qu’il n’en existe pas de meilleur en France, mais aussi en Europe et dans tout l’Occident. Malgré les limites de plus en plus visibles du système d’élection démocratique occidental, l’opinion française continue de lui témoigner sa confiance même si ce fondement de la vie publique est incapable de résoudre les problèmes auxquels la société française fait face. C’est là une différence entre la Chine et la France, voire entre la Chine et l’Occident.

[…]

Pour exprimer le fond de ma pensée, si les médias français, voire occidentaux, dépeignent avec insistance une image si négative de la Chine, c’est dans le seul but de défendre leur système électoral démocratique. Les Chinois ne s’opposent pas au régime démocratique occidental qui doit ses origines à la culture et à la tradition occidentales et se révèle bien adapté aux pays occidentaux développés. Compte tenu des conditions propres de la Chine, la voie chinoise et le modèle chinois conviennent plus à son histoire et à sa tradition culturelle. Pour reprendre une phrase du président Xi Jinping, on sait par soi-même si on a trouvé chaussure à son pied. La Chine est une civilisation vieille de 5 000 ans. Depuis la guerre de l’Opium qui força la Chine, 170 ans auparavant, à ouvrir ses portes, le pays a subi des échecs et traversé une période difficile de tâtonnements à la recherche d’un modèle de développement qu’elle a trouvé aujourd’hui ; peut-être même que le modèle de développement chinois pourrait davantage convenir à d’autres pays qui n’ont pas connu la phase du colonialisme et de l’industrialisation.

ZHENG Ruolin, Connaître la Chine : mission impossible ?, Chine au présent, 01/09/2017.

Ma conclusion est beaucoup plus pessimiste que celle de l’auteur. Presque tous les journalistes occidentaux cultivent une ignorance crasse de la Chine d’hier et d’aujourd’hui et se contentent de répéter paresseusement et inlassablement la propagande anti-chinoise en utilisant l’expression coloniale Empire du Milieu.
Lire : Serge LEFORT, L’Empire du Milieu I, Chine en Question, 16/11/2012.
J’en veux pour preuve le nombre d’articles qui quotidiennement usent et abusent de ce vocable : Google ActualitésGoogle Actualités RSS.

17/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
ZHENG Ruolin, Les chinois sont des hommes comme les autres, Denoël, 2012 [Question ChineYouTube].
Serge LEFORT, zhōng guó, Chine en Question, 23/02/2010.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Le Petit Journal (1890-1931)


 

Le Petit Journal est un quotidien parisien fondé en 1863. Bon marché, populaire, distrayant, il se lance en 1869, mais non exclusivement, dans le fait divers. Un supplément du dimanche commence à paraître en 1884. Les tirages vers 1900 sont alors les plus forts au monde, autour de deux millions d’exemplaires quotidiens.

Chine ancienne publie toutes les illustrations en couleurs concernant la Chine, leur thème, leur traitement, leur commentaire, afin d’essayer de saisir la perception de la Chine dans un journal à grand tirage (fin XIXe – début XXe).

Le Petit Journal – Supplément illustré : La Chine , Chine ancienne.

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Sur Matteo RICCI


 

La méthode de Ricci, notamment en matière d’habillement, diffère totalement de celle de Christophe Colomb qui imposa par la force aux « sauvages » les coutumes européennes :

Le père Matthieu [Ricci] avait maintenant reconnu par expérience combien il lui était peu profitable de se trop abaisser par l’habit & déportement étranger. Il prit donc soin qu’entrant en cette ville il représentât une modeste majesté. Il se fit à cet effet vêtir de l’habit de soie de civilité, pour s’acquitter des devoirs de visite, & prit le bonnet qu’ont accoutumé porter les lettrés, lequel n’est pas beaucoup différent de celui dont les prêtres espagnols se servent, sinon qu’il est un peu plus haut. Il menait aussi deux serviteurs domestiques revêtus de soutanes de coton avec soi, lesquels étaient portés sur les portefaix dans une selle portative, lorsqu’il allait faire ses visites. Ce qu’encore qu’il soit visité par les pauvres lettrés, toutefois si vous ne marchez de cette façon, il est impossible que vous soyez tenu pour lettré, tant l’apparence extérieure, étant passée en coutume, est estimée être la chose même qu’elle représente. Or, quand je parle des lettrés, je n’entends pas (comme aucuns croient) parler des magistrats. Car ceux-là marchent en public avec beaucoup plus de parade ; & tous les magistrats sont à la vérité bien lettrés, mais non tous les lettrés magistrats.

Nicolas TRIGAULT, Histoire de l’expédition chrétienne au royaume de la Chine entreprise par les pères de la compagnie de jésus tirée des mémoires de M. Ricci, Imprimerie de Pierre de Rache, 1617 [Texte en ligne].

La victoire remportée sur la xénophobie chinoise, par l’établissement de la mission catholique au cœur de l’empire, a eu ses conséquences même dans l’ordre économique. Ç’a été le point de départ d’un rapprochement entre l’Extrême-Orient et l’Occident, qui s’est fait de plus en plus étroit, avec le développement de la mission, et dont je n’ai pas besoin de dire les résultats, au point de vue des intérêts matériels du monde entier.

Joseph Brucker, Matthieu Ricci, fondateur des missions de Chine, Revue Études, 1910 [Texte en ligne]

Lire aussi :
• Serge LEFORT, Hommage à Matteo RICCI, Monde en Question.
Dossier documentaire Matteo RICCI, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine-Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

De l’Europe à l’Asie, que veut la Chine ?


 

Il y a quelques années, la question aurait semblé incongrue. Aujourd’hui l’hypothèse n’est plus à exclure tant les tensions sont fortes en Asie Pacifique. Les commentateurs en attribuent la responsabilité à la seule Chine prête à dévorer ses voisins – version moderne et asiatique du « péril jaune » !

Martine BULARD, Université Populaire de Toulouse

Le titre de cette conférence d’une journaliste du Monde diplomatique reprend le titre d’un ouvrage d’un journaliste du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Alliances militaires contre la Chine


 

Les États Unis intensifient la politique anti-Chine du « pivot vers l’Asie »

La stratégie américaine de maintien d »une supériorité navale écrasante dans la région Indo-Pacifique est tout sauf innocente. Le plan du Pentagone pour une guerre contre la Chine, nommé « Bataille de l’air et de la mer » repose sur la capacité de monter une attaque aérienne et par missiles massive sur le continent chinois à partir de la mer, visant entre autres les forces militaires et l’infrastructure de la Chine, le tout complété par un blocus économique. Sous prétexte d’assurer « la liberté de navigation », la marine américaine s »assure la capacité de bloquer les voies maritimes-clés de l’océan Indien dont se sert la Chine pour ses importations d’énergie et de matières premières depuis l »Afrique et le Moyen-Orient.

Le seul aspect « coopératif » de cette stratégie est l’effort fait par des Etats-Unis pour renforcer leurs alliances et partenariats stratégiques contre la Chine dans toute la région indo-pacifique. Ceci est mis en exergue dans le document comme le principal « défi lorsque [les Etats-Unis] font usage de force ou d’intimidation contre d »autres nations souveraines pour faire valoir des revendications territoriales. »

En fait, c »est Washington qui a délibérément enflammé les disputes maritimes dans l »ouest du Pacifique et encouragé le Japon, les Philippines et le Vietnam à mettre agressivement en avant leurs revendications territoriales contre la Chine.

WSWS

La France et le Japon renforcent une coopération militaire dirigée contre la Chine

En visite à Tokyo vendredi, les ministres français des Affaires étrangères et de la Défense ont signé des accords avec leurs homologues japonais après des entretiens « deux-plus-deux » sur les questions de sécurité nationale et de diplomatie. Le Japon est le seul pays d’Asie avec lequel la France a mis en place une telle échange diplomatico-militaire.

Cet accord militaire intervient après que le Japon et la France ont convenu de collaborer en Afrique, où l’impérialisme français monte des interventions militaires dans ses anciennes colonies, notamment au Mali et en République centrafricaine (RCA). Au cours de leurs premiers pourparlers « deux-plus-deux » à Paris l’an dernier, Tokyo s’était engagé à soutenir les interventions militaires françaises en Afrique, qui visent à saper l’influence croissante de la Chine sur le continent. (Voir : La France et le Japon s’allient contre l’influence chinoise en Afrique)

En concluant une alliance militaire avec le Japon, la France attise les tensions déjà entraînées en Asie par le « pivot vers l’Asie » du gouvernement Obama. En même temps que Washington essaie de consolider une alliance militaro-stratégique avec le Japon, l’Australie, l’Inde et d’autres puissances régionales, visant à isoler la Chine et à se préparer à une guerre avec elle, le Japon et la Chine sont enfermés dans un face-à-face militaire virulent au sujet des îles Senkaku / Diaoyu en Mer de Chine orientale.

WSWS

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

De l’un au multiple


 

Série de coups de projecteur sur les vicissitudes de la traduction du chinois dans les langues européennes depuis trois siècles, sur la diversité des idiomes et des personnages impliques. Variation aussi, de la proximité du traducteur au texte d’origine, de son empreinte propre, de son époque, du genre choisi et, bien sur, de la langue cible – ou des langues intermédiaires. Ce parcours a travers un choix de textes littéraires, philosophiques et scientifiques illustre les enjeux réels et fantasmatiques de la relation de la Chine et de l’Europe. Il ne s’agit pas de confrontation, mais bien plutôt, a travers le processus de traduction, d’approfondissement mutuel – ce qui s’observe par exemple quand plusieurs interprétations traditionnelles du texte de départ sont prises en compte.

Viviane ALLETON et Michael LACKNER (sous la direction de), De l’un au multiple, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1999 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine Linguistique, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.