Chine en Question

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Archives de Tag: Europe/Chine

Francophonie en Orient (1840–1940)


 

Écrit dans un langage peaufiné, ce présent ouvrage pousse plus avant l’étude informative des faits francophones – historiques, sociologiques, littéraires – dans les pays non-francophones de l’Asie de l’Est, tels que le Japon, la Corée, mais surtout la Chine.

Mathilde Kang exclut délibérément les anciennes colonies françaises en Indochine de sa focalisation principale, tout en soulignant les relations pan-asiatiques face à l’influence politique et culturelle de la France dans cette région.

Mathilde KANG, Francophonie en Orient – Aux croisements France-Asie (1840–1940), Amsterdam University Press, 2017 [Texte en ligne].

Lire aussi :
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La Chine vue par Jean-Pierre RAFFARIN


 

Jean-Pierre Raffarin est connu parce qu’il fut Premier ministre de trois gouvernements successifs du 6 mai 2002 au 31 mai 2005 sous la présidence de Jacques Chirac. Son parcours assez banal ne le destinait pas à cette fonction car il a commencé sa carrière professionnelle au sein de la direction marketing des cafés Jacques Vabre et resta longtemps un homme politique obscur à Poitiers et dans la région Poitou-Charentes. Alain Juppé le mit sous les projecteurs en 1995 en le nommant ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce et de l’Artisanat.

Ce chantre de la France d’en bas (une raffarinade parmi d’autres) donna sa démission de son poste de Premier ministre en 2005, à la suite de la victoire du « non » lors du référendum sur le projet de traité constitutionnel européen, et retomba dans l’oubli. Il continua néanmoins à grenouiller activement dans les rangs de l’UMP jusqu’en octobre 2017, date à laquelle il se retira de la vie politique.

En 2008, il devint président de la Fondation Prospective et Innovation, groupe de réflexion se consacrant notamment aux relations économiques avec la Chine. En 2010, il a (sagement) décliné la proposition de Nicolas Sarkozy de devenir ambassadeur de France en Chine. En janvier 2018, il fut nommé administrateur de Plastic Omnium en Chine et il est chargé par Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, d’une mission de soutien aux entreprises françaises installées en Chine. En septembre 2019, il reçoit la médaille de l’Amitié des mains de XI Jinping.

J’ai consacré un dossier spécial à cette homme politique de droite qui, bien que ne lisant ni parlant le chinois, a une analyse beaucoup plus objective sur la Chine que tous les autres politiques français (de droite ou de gauche). Sa position peut se résumer par sa réaction aux polémiques sur les droits de l’homme en Chine : Ne donnons pas des leçons à la Chine.

04/10/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
07/05/2002, La télévision, vue par Marie-Claude Martin : L’inconnu d’avant-hier, Le Temps.
17/05/2002, France d’en bas : la récup’ de Raffarin, Libération.
27/06/2017, Le very best-of des Raffarinades, BFMTV.
Dossier Jean-Pierre RAFFARIN, Monde en Question.
Jacques CHIRAC (1932-2019), Monde en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

La route de la soie – Un trait entre deux mondes (2019)


 

Titre : La route de la soie – Un trait entre deux mondes
Réalisateur : Steven R Talley
Durée : 1h29
Année : 2019
Pays : Nouvelle Zélande
Genre : Documentaire
Résumé : Remontant à plus de 4 000 ans, cet immense réseau commercial reliait la ville de Chang’an, en Chine, à Antioche, en Syrie médiévale. L’axe doit son nom à la précieuse étoffe, dont seuls les Chinois connaissaient alors le secret de fabrication : la soie. Des inventions majeures ont transité par cette route et ont permis aux populations de se rencontrer et d’évoluer au fil des siècles. Des innovations souvent révolutionnaires, comme la poudre ou le papier, qui ont participé à la transformation des sociétés. Mais c’est aussi par là que les virus qui ont ravagé et changé le visage de l’Europe se sont propagés… Sécurisée par Gengis Khan avec les conquêtes mongoles, la route de la soie a permis aux Européens de s’aventurer dans les pays du Levant pour vendre leurs biens et acheter des produits exotiques, marquant ainsi la naissance du commerce mondial.
Fiche : Programme TV
Partage proposé par : 9docu HD 720 VF
Avis de Chine en Question : Ce documentaire de propagande du QUAD raconte l’histoire des inventions qui ont permis aux Européens de conquérir le monde. Il entretient des légendes comme celle de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb où il aurait débarqué (sic) [1h10]. Et se termine par l’apologie de New York la ville-monde [1h28] !

Lire aussi :
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma Nouvelle Zélande, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Impressions au retour de Chine


Suivre l’actualité, courir après le vent.
Penser l’actualité, marcher à contre-courant.

 

Les commentaires sur la Chine, qui ne relèvent pas de la propagande anti-chinoise en cours dans les médias et chez les universitaires français, sont si rares que je conseille la lecture de cette article. En voici un extrait :

Il ne fait pas de doute, au vu de ce qui précède, que si le 18ème siècle fut français, le 19ème siècle britannique et le 20ème siècle américain, le 21ème siècle sera très vraisemblablement chinois. Doit-on pour autant s’en inquiéter ? Je ne le pense pas. A ceux qui agitent l’image du péril jaune et d’une main mise de la Chine sur la planète je rappellerai que la Chine n’a jamais été expansionniste ni agressive, comme en témoignent son immense muraille exclusivement conçue pour la protéger des invasions ou les fabuleuses expéditions maritimes de l’amiral Zheng He au 15ème siècle, instruit par le troisième empereur Ming de découvrir ce qu’il y avait « au delà de l’horizon » et qui n’eurent jamais pour finalité de coloniser d’autres terres. La Chine a toujours eu une stratégie défensive et il est clair que la montée en puissance de son appareil militaire sert d’abord sa stratégie de dissuasion et la défense de ses lignes de communication. N’en déplaise donc à la classe dirigeante et au complexe militaro-industriel américains, le monde de demain sera de nouveau multipolaire et cela sera bon pour la planète. Il serait également bon pour la planète que la Chine continue de s’affirmer comme championne de l’environnement et continue d’impulser le changement dans ce sens.

Lire l’intégralité de l’article : Ariel FRANÇAIS, 16/09/2018.

26/09/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Retour de Chine : impressions en vrac (I), Paul Jorion, 18/11/2017.
Retour de Chine : impressions en vrac (II), Paul Jorion 24/11/2017.
Voyageurs français en Chine – Impressions et jugements, Dix-Huitième Siècle, 1990.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Dossier documentaire Récits de voyages Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

L’Occident déteste vraiment la Chine


 

Il n’y a aucune « clémence » pour la Chine, en Occident. A plusieurs titres, la plus grande et l’une des plus anciennes cultures de la Terre a été systématiquement dénigrée, insultée, ridiculisée et jugée avec arrogance par les faiseurs d’opinion, les propagandistes, les universitaires et la presse traditionnelle ayant des sièges à Londres, New York et Paris et par bien d’autres endroits que l’Occident appelle lui-même les centres de « l’érudition » et de la « liberté de l’information ».

Les messages anti-chinois sont parfois manifestes, mais la plupart du temps à peine voilés. Ils sont presque toujours racistes et fondés sur l’ignorance. Et, horrible réalité, c’est qu’ils fonctionnent !

Ils fonctionnent pour de nombreuses raisons. L’une d’entre elles est que si les Asiatiques du Nord en général, et les Chinois en particulier, ont appris avec ardeur tout ce qui concerne le reste du monde, l’Occident est complètement ignorant sur presque tout ce qui concerne les Asiatiques et les Chinois.

[…]

Ils fonctionnent pour de nombreuses raisons. L’une d’entre elles est que si les Asiatiques du Nord en général, et les Chinois en particulier, ont appris avec ardeur tout ce qui concerne le reste du monde, l’Occident est complètement ignorant sur presque tout ce qui concerne les Asiatiques et les Chinois.

J’ai personnellement mené une série d’expériences simples mais révélatrices en Chine, en Corée et au Japon, ainsi que dans plusieurs pays occidentaux : alors que presque tous les enfants d’Asie du Nord peuvent facilement identifier au moins quelques « icônes » de la culture occidentale, y compris Shakespeare et Mozart, la plupart des professeurs d’université européens titulaires d’un doctorat ne pouvaient pas nommer un seul réalisateur coréen, un compositeur de musique classique chinois ou un poète japonais.

Les Occidentaux ne savent rien à propos de l’Asie ! Non pas 50% d’entre eux, ni même 90%, mais très probablement dans les 99,9%.

Et il va sans dire que la Corée produit certains des meilleurs films d’art au monde, tandis que la Chine et le Japon sont réputés pour leur art classique raffiné, ainsi que pour leurs chefs-d’œuvre modernes.

En Occident, la même ignorance s’étend à la philosophie chinoise, à son système politique et à son histoire. En Europe et en Amérique du Nord, il y a une obscurité absolue, une ignorance foudroyante, concernant la vision du monde chinois. A Paris ou à Berlin, la Chine est jugée exclusivement par la logique occidentale, par les « analystes » occidentaux, avec une arrogance insurpassable.

Le racisme est la seule explication fondamentale, bien qu’il existe de nombreuses autres raisons secondaires à cet état de fait.

Le racisme occidental, qui a humilié, attaqué et ruiné la Chine pendant des siècles, a modifié progressivement ses tactiques et ses stratégies. D’ouvertement et clairement insultant et vulgaire, il s’est progressivement développé en quelque chose de beaucoup plus « raffiné » mais constamment manipulateur.

[…]

Le concept de « droits de l’homme », que l’Occident utilise constamment contre la Chine, est « ciblé ». La plupart des accusations et des « faits  » ont été retirés du contexte de ce qui s’est passé à l’échelle mondiale (de nos jours et dans l’histoire). Des vues et des « analyses » exclusivement eurocentrées lui ont été appliquées. La philosophie et la logique chinoises ont été totalement ignorées ; elles n’ont jamais été prises au sérieux. Personne en Occident ne demande au peuple chinois ce qu’il veut vraiment (seuls les soi-disant « dissidents » sont autorisés à parler au public occidental par l’intermédiaire des médias de masse). Une telle approche n’est pas censée défendre ou aider qui que ce soit ; au contraire, elle est dégradante, conçue pour causer le maximum de dommages au pays le plus peuplé de la Terre, à son système unique et, de plus en plus, à son importante stature mondiale.

Il est évident que les universités et les médias occidentaux sont financés par des centaines de millions et de milliards de dollars pour censurer les principales voix médiatiques chinoises et promouvoir un nihilisme anticommuniste et contre le Parti communiste chinois.

Je connais un universitaire irlandais basé en Asie du Nord, qui enseignait en Chine. Il m’a dit, avec fierté, qu’il avait l’habitude de provoquer les étudiants chinois : « Savez-vous que Mao était un pédophile ? » Et il ridiculisait ceux qui le défiaient et trouvaient ses propos déplaisants.

Mais une telle approche est tout à fait acceptable pour l’académie occidentale établie en Asie. Inversez les rôles et imaginez un universitaire chinois qui vient à Londres pour enseigner la langue et la culture chinoises, et commençant ses cours en demandant aux élèves s’ils savent que Churchill avait des relations sexuelles avec des animaux ? Que se passerait-il ? Serait-il renvoyé immédiatement ou à la fin de la journée ?

Lire l’intégralité de l’article : Réseau International.

Lire aussi :
Articles André VLTCHEK : Arrêt sur InfoGlobal ResearchLe Grand SoirRéseau International.
Bibliographie André VLTCHEK : Babelio.
Noam CHOMSKY, André VLTCHEK, L’Occident terroriste – D’Hiroshima à la guerre des drones, Écosociété, 2015 [Texte en ligne].
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Les sextants de Pékin


 

Les touristes qui visitent la Cité interdite à Pékin sont souvent surpris d’y trouver un observatoire équipé de sextants, de théodolites, de sphères armillaires et d’autres instruments de l’ancienne astronomie occidentale. Malgré leur facture indéniablement chinoise, ces instruments de bronze ont en effet été exécutés sous la supervision d’un jésuite flamand, à la demande d’un empereur Qing qui espérait trouver dans la science occidentale un appui à son pouvoir. Les sextants de Pékin témoignent ainsi de l’intérêt et de la curiosité que les Chinois ont pu manifester à l’égard d’une culture pourtant bien éloignée de la leur, et ce, il y a déjà plus de trois cents ans, à une époque où l’Occident ne montrait pas tant d’ouverture d’esprit.

C’est au mythe d’une Chine monolithique, refermée sur elle-même, immobile et figée dans sa grandeur antique, que s’attaque ici Joanna Waley-Cohen. Cette idée reçue ne résiste pas à l’analyse. Toute l’histoire de l’Empire du milieu montre au contraire que les Chinois ont toujours accueilli avec intérêt les produits, les techniques, les idées, et même les religions des autres cultures, dans la mesure où l’on ne tentait pas de les leur imposer par la force. En s’appuyant sur les résultats les plus récents de la recherche historique, l’auteur montre les relations fructueuses que les Chinois ont su entretenir avec leurs voisins asiatiques et avec les Occidentaux, depuis les temps anciens de la Route de la soie jusqu’à nos jours.

Joanna WALEY-COHEN, Les sextants de Pékin – Sociétés et cultures de l’Asie, Presses de l’Université de Montréal, 2002 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Dossier documentaire Sciences Chine, Monde en Question.
< Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

La Chine imaginaire construite par les médias et les sinologues


 

Au seuil d’une nouvelle année, nous aimons faire la rétrospective de ce qui s’est passé et envisager l’avenir. Respectant cette tradition, je voudrais expliquer aux lecteurs occidentaux que la Chine est absolument une chance pour l’Europe et non une menace. La raison est très simple : entre la Chine et l’Europe il n’existe aucun conflit, qu’il soit d’ordre géopolitique, commercial, militaire ou financier. Depuis des milliers d’années, la Chine garde son art de vivre à travers « l’harmonie respectueuse de la diversité » de Confucius. La Chine vise toujours à « rechercher des vues identiques tout en mettant de côté les divergences », en d’autres termes, c’est « la coopération gagnant-gagnant ».

Cependant, mon intention a changé après la rétrospective 2017 faite par des médias français dans les reportages et commentaires portant sur l’un des événements majeurs survenus en Chine : le XIXe Congrès du PCC et le deuxième mandat de Xi Jinping. Puisque les Français ne peuvent pas connaître la Chine réelle à travers les médias, il est vain de souligner que la Chine n’est pas une menace. La presse française et certains sinologues butés font flèche de tout bois pour créer une « image imaginaire de la Chine » dans la tête des Français. Voilà la clé du problème.

[…]

Un autre exemple me vient à l’esprit. Les Chinois ont l’habitude d’épargner comme les Français, mais dans la bouche de Valérie Niquet, une « sinologue » française, les Chinois doivent déposer l’argent à la banque, car il n’existe pas de régime de retraite en Chine. La Chine sans régime de retraite ?! Je ne sais pas combien de gens en Europe croient ce mensonge, mais la Chine possède non seulement un régime parfait de retraite pour tous les travailleurs urbains, et depuis 2010, les habitants ruraux profitent aussi du nouveau type d’assurance vieillesse. Plus de 90% des paysans touchent actuellement la pension de vieillesse. Pour être honnête, la pension de retraite des fonctionnaires chinois est bien meilleure par rapport à celle en France. En Chine, tous les fonctionnaires masculins prennent la retraite à 60 ans, et pour les femmes à 55 ans. La pension de retraite équivaut à 80% du salaire avant la retraite. Lors de la retraite, le niveau de vie des fonctionnaires n’est pas considérablement diminué. Ils peuvent maintenir leur train de vie. Mais en France, les gens ne recevront une retraite qu’après avoir travaillé plus de 40 annuités, et la façon de la calculer est aussi étrange : 50 % du salaire moyen des 25 meilleures années. Les meilleurs salaires sont aux dernières années de la carrière, donc un fonctionnaire français retraité prendra moins d’une moitié de son salaire. De fait son niveau de vie baisse immédiatement. Mme Niquet ne connaît-elle pas la situation réelle ? Ou bien a-t-elle l’intention de tromper la population française ? Je ne sais pas.

Lire l’intégralité de l’article : ZHENG Ruolin, Deux images de la Chine : l’imaginaire et la réelle, La Chine au présent, 04/01/2018.

Lire aussi :
Jonathan D. SPENCE, La Chine imaginaire – Les Chinois vus par les Occidentaux de Marco Polo à nos jours, Presses de l’Université de Montréal, 2000 [Google Books].
Depuis sept siècles, la Chine exerce une étonnante fascination sur l’Occident. Dès les premiers contacts, elle est apparue comme un objet de désir plutôt que de connaissance et, très vite, elle est devenue une construction imaginaire et un enjeu des débats internes de l’Occident. C’est l’histoire de la Chine comme l’ont comprise et imaginée les Occidentaux que retrace ici le grand sinologue américain Jonathan D. Spence. Pour rendre compte de cette fascination, il fait appel aux récits des voyageurs, aux systèmes des philosophes, aux rapports des diplomates, aux témoignages des missionnaires et, surtout, aux œuvres des grands écrivains qui, de Mendes Pinto à Italo Calvino, en passant par Voltaire, Segalen et Brecht, ont voulu communiquer leur vision de la Chine. Grossiers ou subtils, généreux ou empreints de préjugés, sobres ou avides d’exotisme, ces documents nous en apprennent finalement autant sur l’Occident que sur la Chine.
ZHENG Lu-nian, Daniel HABER, Chine-Ocident – Le grand malentendu du XXIe siècle, L’Harmattan, 2010 [Chine en Question].
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

L’Empire du Milieu II


 

Dans le précédent article, j’avais étudié l’origine de cette expression à partir de l’utilisation qu’en avait fait Elisée Reclus.

Malheureusement le sujet est loin d’être clos car les universitaires s’alignent sur les médias en nommant ainsi non seulement la Chine impériale, mais aussi la Chine contemporaine qui est pourtant une République depuis le 1er janvier 1912 !

Médias dominants

Une recherche dans les archives de L’im-Monde, qui se veut le quotidien de référence, montre que cette expression était peu utilisée avant la reconnaissance de la Chine par la France en 1964, mais que son usage a très fortement augmenté depuis cette date au point de devenir usuel.

L’occurrence Empire du Milieu fut utilisée 351 fois en 50 ans (entre le 01/01/1944 et le 01/01/1994 soit une moyenne de 7,02 fois par an) et 1091 fois en seulement 20 ans (entre le 01/01/1984 et le 01/01/2014 soit une moyenne de 54,55 fois par an) soit une progression spectaculaire qui s’amplifie encore pour l’année en cours :

1 925 éléments trouvés depuis 1944.
15 éléments trouvés entre le 01/01/1944 et le 01/01/1954.
13 éléments trouvés entre le 01/01/1954 et le 01/01/1964.
57 éléments trouvés entre le 01/01/1964 et le 01/01/1974.
79 éléments trouvés entre le 01/01/1974 et le 01/01/1984.
187 éléments trouvés entre le 01/01/1984 et le 01/01/1994.
431 éléments trouvés entre le 01/01/1994 et le 01/01/2004.
660 éléments trouvés entre le 01/01/2004 et le 01/01/2014.
120 éléments trouvés depuis 1 an.

Médias universitaires

On pourrait penser que les médias universitaires, notamment ceux dédiés à la Chine, ne tomberaient pas dans la propagande anti-chinoise. Il n’en est rien ! Le blog ChinElectrodoc – blog de veille sur le monde chinois, qui fait partie de la plateforme académique Hypotheses, a publié le compte-rendu de l’ouvrage Chine, les visages de la justice ordinaire : entre faits et droit sous le titre L’empire du Milieu par ses tribunaux !

J’avais posté un commentaire, qui est resté longtemps en attente de validation mais n’a pas été publié. Je l’ai reposté le 27/11/2017 à 16h52 (heure Mexico) sous la référence #comment-40597, mais sans succès.

En bref, tout le monde s’aligne, par ignorance ou/et propagande anti-chinoise, sur la pire des encyclopédies qui traduit zhōng guó par Empire du Milieu. J’avais modifié le texte le 21/02/2010 à 10h02 (heure Mexico) ainsi :

L' »empire du Milieu » (du chinois  »zhōngguó », 中国) est un terme étranger pour désigner la Chine alors qu’il signifie « pays du milieu ».
Source

Cette modification fut révoquée selon les techniques décrites dans le documentaire Die dunkle Seite der Wikipedia (version doublée en français).

30/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Articles contenant l’expression Empire du Milieu, Google Actualités.
Serge LEFORT, zhōng guó, Chine en Question, 23/02/2010.
Serge LEFORT, L’Empire du Milieu I, Chine en Question, 16/11/2012.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
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Connaître la Chine : mission impossible ?



ZHANG Weiwei, The China Wave: Rise of A Civilizational State

 

Journaliste ayant travaillé en France pendant une vingtaine d’années, j’observe toujours de près les reportages publiés dans la presse française qui portent sur la Chine. Depuis les années 1990 jusqu’à nos jours, en passant par la première décennie de ce siècle, la Chine, peu abordée autrefois, est devenue un sujet qui focalise désormais l’attention des médias français. Un pic avait été atteint en 2008 où, tous les jours ou presque, on pouvait lire quantités d’informations sur la Chine. À l’heure actuelle, malgré une actualité relativement « froide », les sujets liés à la Chine continuent de faire l’objet de reportages et commentaires dans la presse française.

Tous les jours nous pouvons voir, lire et entendre des informations sur la Chine dans les médias français. […] En plus de ceux qui traitent des droits de l’homme, les autres, quels que soient leurs sujets, expriment sans exception des points de vue ostensiblement négatifs à l’égard de la Chine.

[…]

Mais quel motif pousse les journalistes français à avoir une vision si négative de la Chine ? Mes amis journalistes français m’ont expliqué qu’il existe de facto une actualité chinoise négative. Toutefois, nous pourrions poser la question suivante : n’existe-t-il pas des phénomènes négatifs dans les autres pays ? Pourquoi les journalistes français ne rapportent-ils que le côté sombre de la Chine lorsqu’ils couvrent les événements qui s’y produisent ?

[…]

Prenons la France comme exemple, toutes les enquêtes montrent que le peuple n’est satisfait ni du gouvernement ni du président qu’il a élu. La popularité de l’ex-président Hollande était tombée à 10 % à la fin de son mandat et trois mois après l’élection d’Emmanuel Macron, sa popularité ne cesse de chuter elle aussi. Pourtant, lorsqu’il s’agit du régime politique de leur pays, j’ai découvert avec surprise que les Français le soutiennent et pensent qu’il n’en existe pas de meilleur en France, mais aussi en Europe et dans tout l’Occident. Malgré les limites de plus en plus visibles du système d’élection démocratique occidental, l’opinion française continue de lui témoigner sa confiance même si ce fondement de la vie publique est incapable de résoudre les problèmes auxquels la société française fait face. C’est là une différence entre la Chine et la France, voire entre la Chine et l’Occident.

[…]

Pour exprimer le fond de ma pensée, si les médias français, voire occidentaux, dépeignent avec insistance une image si négative de la Chine, c’est dans le seul but de défendre leur système électoral démocratique. Les Chinois ne s’opposent pas au régime démocratique occidental qui doit ses origines à la culture et à la tradition occidentales et se révèle bien adapté aux pays occidentaux développés. Compte tenu des conditions propres de la Chine, la voie chinoise et le modèle chinois conviennent plus à son histoire et à sa tradition culturelle. Pour reprendre une phrase du président Xi Jinping, on sait par soi-même si on a trouvé chaussure à son pied. La Chine est une civilisation vieille de 5 000 ans. Depuis la guerre de l’Opium qui força la Chine, 170 ans auparavant, à ouvrir ses portes, le pays a subi des échecs et traversé une période difficile de tâtonnements à la recherche d’un modèle de développement qu’elle a trouvé aujourd’hui ; peut-être même que le modèle de développement chinois pourrait davantage convenir à d’autres pays qui n’ont pas connu la phase du colonialisme et de l’industrialisation.

ZHENG Ruolin, Connaître la Chine : mission impossible ?, Chine au présent, 01/09/2017.

Ma conclusion est beaucoup plus pessimiste que celle de l’auteur. Presque tous les journalistes occidentaux cultivent une ignorance crasse de la Chine d’hier et d’aujourd’hui et se contentent de répéter paresseusement et inlassablement la propagande anti-chinoise en utilisant l’expression coloniale Empire du Milieu.
Lire : Serge LEFORT, L’Empire du Milieu I, Chine en Question, 16/11/2012.
J’en veux pour preuve le nombre d’articles qui quotidiennement usent et abusent de ce vocable : Google ActualitésGoogle Actualités RSS.

17/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
ZHENG Ruolin, Les chinois sont des hommes comme les autres, Denoël, 2012 [Question ChineYouTube].
Serge LEFORT, zhōng guó, Chine en Question, 23/02/2010.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Le Petit Journal (1890-1931)


 

Le Petit Journal est un quotidien parisien fondé en 1863. Bon marché, populaire, distrayant, il se lance en 1869, mais non exclusivement, dans le fait divers. Un supplément du dimanche commence à paraître en 1884. Les tirages vers 1900 sont alors les plus forts au monde, autour de deux millions d’exemplaires quotidiens.

Chine ancienne publie toutes les illustrations en couleurs concernant la Chine, leur thème, leur traitement, leur commentaire, afin d’essayer de saisir la perception de la Chine dans un journal à grand tirage (fin XIXe – début XXe).

Le Petit Journal – Supplément illustré : La Chine , Chine ancienne.

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.