Chine en Question

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Le texte officiel du gouvernement chinois sur la situation des droits de l’homme aux États-Unis


 

Le 3 mars, le Département d’État des États-Unis a publié ses rapports nationaux sur les pratiques en matière de droits de l’homme, se présentant de nouveau comme « le juge des droits de l’homme ». En brandissant « le bâton des droits de l’homme », il pointait du doigt et jugeait de la situation des droits de l’homme dans de nombreux pays, sans tenir compte de ses propres problèmes concernant de graves entorses aux droits de l’homme à domicile. Les gens ne peuvent donc s’empêcher de se poser des questions sur la situation actuelle des droits de l’homme aux États-Unis en 2016.

Des faits concrets montrent que, l’an dernier, la situation aux États-Unis a continué à se détériorer pour certains de leurs problèmes concernant les droits de la personne. Avec d’incessants tirs d’armes à feu résonnant jusque dans les oreilles de la Statue de la Liberté, l’aggravation de la discrimination raciale et la farce électorale dominée par des politiciens dirigés par l’argent, ces autoproclamés défenseurs des droits de l’homme ont exposé leur propre « mythe » des droits de l’homme et doivent maintenant répondre de leurs actes dans ce domaine.

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Trump élu, la Chine menace de bloquer les importations d’iPhone


 

Le futur président des États-Unis est déjà menacé par la presse nationale chinoise : après avoir fait campagne sur la lutte contre l’économie chinoise, Donald Trump reçoit des avertissements venus d’un pays indispensable à l’économie américaine.

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L’iPhone, future victime collatérale du bras de fer entre Trump et la Chine ?, Le Soir.
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Transformations silencieuses IV


 

Pendant que François Hollande poursuit sa croisade et permet au FN d’engranger les gains

Les 1er et 2 décembre, tous les médias chinois ont célébré la nouvelle, annoncée le 30 novembre par une conférence de presse de Christine Lagarde, d’inclure le Renminbi dans le panier des monnaies de réserve du FMI servant de références pour le calcul des droits de tirage spéciaux (DTS).

La satisfaction des autorités chinoises est encore augmentée par le fait que le poids relatif du Yuan dans le panier des monnaies de réserve sera de 10,92%, avant le Yen japonais (8,3%) et la Livre Sterling (8,1%), ce qui fait de la devise chinoise la 3e monnaie de référence globale, après l’Euro (30,9%) et le Dollar (41,7%).

Alors que la Banque Centrale a atteint l’objectif de faire figurer le Yuan au cœur de la direction des finances mondiales, la question est de savoir si Pékin a l’intention de pousser son avantage pour tenter de hisser sa monnaie au niveau d’une réserve globale à parité avec le Dollar.

A terme, la décision du FMI encouragera les banques centrales à détenir plus de réserves en monnaie chinoise et contribuera à augmenter l’utilisation du Yuan dans les transactions commerciales. Elle pourrait aussi pousser les autorités chinoises à ouvrir plus avant le marché des capitaux en Chine et à réaliser l’objectif que le Parti s’est lui-même fixé, de parvenir en 2020, à un marché du Yuan complètement libre dont le taux serait fixé sans entraves par le marché.

Le Renminbi accède au cercle fermé des monnaies de référence du FMI, Question Chine

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• USA, FMI et Chine créent une « union monétaire » contre l’Allemagne, Sputnik.
• Edwin Le Heron : « Place importante pour le yuan baissera le rôle du dollar », Sputnik.
• Jacques Sapir : « face aux pressions US, la France devrait opter pour le yuan », Sputnik.
Dossier documentaire Chine – Économie, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Estados Unidos: ¿Podrá con China y Rusia?


 

Destacadas figuras públicas alemanas, incluyendo a los ex primeros ministros Helmut Schmidt y Gerhard Schroder, han insistido en que las acciones occidentales para atraer a Ucrania a su bando implicaban una penetración en la esfera de interés legítima de Moscú y por tanto un acto de acorralamiento a este último. Una reacción era inevitable, aunque la fuerza de ésta indudablemente sorprendió a todos. Washington comparte con sus socios europeos la responsabilidad de haber puesto en movimiento una dinámica que ha conducido a una nueva guerra fría con Rusia. No obstante, a diferencia de aquellos, esto lo afecta en una escala global. Las posibilidades de concentrar esfuerzos en el Asia-Pacífico y de colocar allí al 60% de sus fuerzas militares para 2020, tal como había ofrecido, se hacen ahora cuesta arriba. Ello no fue obstáculo, sin embargo, para que Obama otorgase garantías directas e inequívocas de apoyo militar a sus aliados del Este de Asia en su reciente viaje a esta región. De más está decir que la tensión en esa parte del mundo aumenta a pasos agigantados, sentando las bases para que también allí Estados Unidos pueda verse confrontado a otra guerra fría, en este caso con China.

Mantener un estado de alta tensión con Rusia o con China individualmente no resultaría un problema mayúsculo para Washington, pero hacerlo con los dos a la vez atentaría contra la razón. De hecho, antes de los eventos de Ucrania, analistas estadounidenses venían recomendando a su gobierno una aproximación a Moscú, como vía para enfrentar con mayor fortaleza el reto representado por China. Robert Kaplan, destacado especialista en geopolítica y ex Subsecretario de Defensa estadounidense, llegó a sugerir en un libro reciente una alianza Washington-Moscú que llevase a China a volcar su atención sobre su frontera con Rusia, obligándola a relajarla en relación a sus mares del Este y del Sudeste. Lo que Estados Unidos pareciera estar logrando, en cambio, es exactamente lo contrario. Es decir, propiciando el surgimiento de una alianza Moscú-Pekín que le representaría un efecto tenaza sobre los escenarios de Europa y de Asia del Este. Ello colocaría a Washington frente a una doble amenaza. De un lado frente a los 8.500 misiles nucleares de los que dispone Moscú. Del otro frente al 1,2 millón de millones de dólares en bonos de la deuda pública estadounidense en manos de China. Aunque en ambos casos se trate de armas de destrucción recíproca asegurada, son gigantescas espadas de Damocles que penden sobre la suerte de Estados Unidos.

Estados Unidos confronta una deuda pública que supera los 17 billones (millón de millones) de dólares, lo que condujo a su Secretario de Defensa a anunciar en febrero pasado la intención de reducir en un billón de dólares los gastos de defensa en los próximos años, así como a llevar el número de sus efectivos militares a su menor nivel desde 1940. Dicho país no parece capacitado para asumir el reto dual planteado. Ello sin tomar en cuenta que una eventual guerra fría con China podría conducir a un desacoplamiento de la economía global, con este último país articulando su propio espacio de influencia a espaldas de Washington. China no sólo es el mayor exportador mundial de mercancías sino que desplazó a Estados Unidos dentro de la red global de comercio, siendo a la vez una fuente de inversiones extranjeras directas y de financiamiento de inmensa fortaleza. Ello podría conducir a una globalización paralela susceptible de debilitar fuertemente el papel detentado por Estados Unidos.

Observatorio de la política China

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Transformations silencieuses II


 

S’il y avait encore des doutes sur l’insondable bêtise des médias commerciaux occidentaux, sachez que le point culminant du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Beijing a été présenté comme celui où le président russe Vladimir Poutine a prétendument « dragué » l’épouse du président chinois Xi Jinping – et la censure chinoise qui a suivi du geste de Poutine qui a posé un châle sur ses épaules dans l’air froid où les dirigeants étaient rassemblés. Et puis quoi encore ? Poutine et Xi présentés comme un couple gay ?

Oublions ces clowns et passons aux choses sérieuses. Dès le début, le président Xi a exhorté l’APEC à « ajouter du bois sur le feu de l’économie de l’Asie-Pacifique et mondiale ». Deux jours plus tard, la Chine a obtenu tout ce qu’elle voulait.

1) Beijing a vu l’ensemble des 21 états membres de l’APEC approuver la Zone de libre-échange de l’Asie-Pacifique (FTAAP) – la version chinoise d’un accord commercial « tout inclus et que des avantages » capable de faire progresser la coopération Asie-Pacifique – voir le quotidien South China Morning Post. Le perdant a été l’accord de Partenariat Trans-Pacifique (TPP) défendu par les Etats-Unis, rédigé par les multinationales, et farouchement combattue – en particulier par le Japon et la Malaisie. [Voir ici]

2) de Beijing a avancé son projet de « connectivité tous azimuts » (selon les termes de Xi) à travers l’Asie-Pacifique – qui implique une stratégie à plusieurs volets. Une de ses caractéristiques principales est la mise en place de la banque d’investissement Asian Infrastructure Investment Bank dotée de 50 milliards de dollars et basée à Beijing. C’est la réponse de la Chine à Washington qui refusait de lui accorder une voix plus représentative au Fonds Monétaire International que l’actuelle et maigre 3,8% des voix (une part plus faible que les 4,5% détenus par la France en stagnation).

3) Beijing et Moscou se sont engagés dans un second méga-accord sur le gaz – cette fois à travers le gazoduc Altaï en Sibérie occidentale – après un premier méga-accord « Puissance de la Sibérie » conclu en mai dernier.

4) Beijing a annoncé un investissement initial de pas moins de $40 milliards pour lancer la construction de la ceinture économique Route de la Soie et de la Route de la Soie maritime 21e siècle.

De manière prévisible, une fois de plus, cette vague vertigineuse d’accords et d’investissements devait déboucher sur la plus spectaculaire et ambitieuse infrastructure plurinationale jamais entreprise : les multiples Nouvelles Routes de la Soie – ce réseau complexe de trains à grande vitesse, de pipelines, de ports, de fibres optiques et du nec plus ultra en matière de télécommunications que la Chine est déjà en train de construire à travers l’Asie centrale, reliés à la Russie, l’Iran, la Turquie et l’océan Indien, et qui bifurque vers l’Europe jusqu’à Venise, Rotterdam, Duisburg et Berlin.
Maintenant, imaginez la terreur des élites de Washington et Wall Street qui observent Beijing interconnecter le « Rêve Asie-Pacifique » de Xi bien au-delà de l’Asie de l’Est et tous azimuts, vers le commerce pan-Eurasie – dont le centre sera, comme s’il pouvait en être autrement, l’Empire du Milieu ; dans un avenir proche, une Eurasie transformée en ceinture de Soie chinoise massive, dans certaines régions choisies, une sorte de plan urbain de développement avec la Russie.

Vlad ne fait pas des trucs stupides

En ce qui concerne ‘Don Juan’ Poutine, tout ce qu’il faut savoir sur la priorité économique / stratégique de l’Asie-Pacifique pour la Russie a été distillé dans son intervention au sommet de l’APEC.

C’était en fait une mise à jour économique de son désormais célèbre discours [version française ] lors de la réunion de Club Valdaï à Sotchi en octobre, suivi par de nombreuses questions/réponses, qui a également été dûment ignoré par les médias des sociétés occidentales (ou présenté comme une nouvelle « agression ») .

Le Kremlin est arrivé à la conclusion que les élites de Washington & Wall Street n’ont absolument aucune intention de permettre un minimum de multipolarité dans les relations internationales. Il ne reste que le chaos.

Il ne fait aucun doute que la réorientation de Moscou de l’Occident vers l’Asie de l’Est est un processus directement influencé par la soi-disant doctrine de politique étrangère « ne faites pas des trucs stupides » du président Barack Obama, une formule qu’il a trouvé à bord de l’avion présidentiel Air Force One en avril dernier lors de son retour d’un voyage en – devinez – Asie.

Mais la symbiose/partenariat stratégique entre la Russie et la Chine se développe à plusieurs niveaux.

En matière d’énergie, la Russie se tourne vers l’est parce que c’est là que la demande est la plus forte. Quant au financement, Moscou a mis fin à la parité du rouble avec le dollar américain et l’euro ; sans surprise, le dollar américain a immédiatement – même si brièvement – chuté contre le rouble. La banque russe VTB a annoncé qu’elle pourrait abandonner la bourse de Londres pour celle de Shanghai – qui est sur le point d’être directement connectée à Hong Kong. Et Hong Kong, quant à elle, attire déjà les géants énergétiques russes.

Mélangez à présent tous ces événements clés avec le double accord énergétique massif en yuans-roubles, et le tableau est clair ; La Russie se protège activement contre les attaques spéculatives & politiques des Occidentaux contre sa monnaie.

La symbiose/partenariat stratégique sino-russe se développe visiblement sur l’énergie, la finance et, inévitablement, dans le domaine de la technologie militaire. Ce qui inclut le point crucial de la vente par Moscou à Beijing du système de défense aérienne S-400 et, à l’avenir, du S-500 – contre lequel les Américains sont impuissants ; et cela alors que Pékin développe des missiles qui peuvent dégommer tout ce que l’US Navy est capable d’aligner.

Quoi qu’il en soit, à l’APEC, Xi et Obama ont au moins convenu d’établir un mécanisme de notification mutuelle sur les principales opérations militaires. Ce qui pourrait – et le mot clé est « pourrait » – éviter en Asie de l’Est une réplique des incessantes pleurnicheries de l’OTAN du genre « La Russie a envahi l’Ukraine ».

Tremblez, néo-conservateurs

Quand le petit Dubya Bush est arrivé au pouvoir au début de 2001, les néo-conservateurs étaient confrontés à une dure réalité : ce n’était qu’une question de temps avant que les Etats-Unis perdent de manière irréversible leur hégémonie géopolitique et économique mondiale. Il n’y avait donc que deux alternatives ; gérer le déclin, ou miser le tout pour le tout pour consolider l’hégémonie mondiale en recourant à – quoi d’autre – la guerre.

Nous connaissons tous le vœu pieux qui a accompagné la guerre « à moindre coût » contre l’Irak – de Paul Wolfowitz et son « Nous sommes la nouvelle OPEP » à l’illusion que Washington pouvait intimider de manière décisive tous les concurrents potentiels, l’UE, la Russie et la Chine.

Et nous savons tous de quelle manière spectaculaire tout a mal tourné. Et même si cette aventure de mille milliards de dollars, comme l’a analysé Minqi Li dans The Rise of China and the Demise of the Capitalist World (la montée de la Chine et la chute du monde capitaliste), « a dilapidé la marge de manœuvre stratégique de l’impérialisme US », les impérialistes humanitaires de l’administration Obama n’ont pas encore renoncé et refusent d’admettre que les États-Unis ont perdu toute capacité à fournir la moindre solution significative à l’actuel, comme dirait Immanuel Wallerstein, système-monde.

Il y a des signes sporadiques d’une vie géopolitique intelligente dans les milieux universitaires US, comme ici sur le site Web Wilson Center (même si la Russie et la Chine ne sont pas un « défi » à un prétendu « ordre » mondial : leur partenariat est en réalité orienté pour créer un peu d’ordre dans tout ce chaos.)

C’est pourtant un article comme celui-ci dans US News qui réussit à se faire passer pour une « analyse » académique dans les grand médias américains.

En plus de cela, les élites de Washington & Wall Street – par la myopie de leur Think Tanks – s’accrochent encore à des platitudes mythiques telles que le rôle « historique » des États-Unis en tant qu’arbitre de l’Asie moderne et garant incontournable de l’équilibre des pouvoirs.

Il n’est donc pas étonnant que l’opinion publique aux États-Unis – et en Europe occidentale – soit incapable ne serait-ce que d’imaginer l’impact fracassant qu’auront les Nouvelles Routes de la Soie sur la géopolitique en ce début du 21ème siècle.

Les élites de Washington & Wall Street – avec une arrogance digne de la guerre froide – ont toujours considéré comme acquis que Beijing et Moscou seraient irréconciliables. Désormais, c’est l’étonnement qui prévaut. Notez comment « le pivotement vers l’Asie » de l’administration Obama a été complètement effacé de la narration – après que Beijing l’ait reconnu pour ce qu’il était : une provocation belliqueuse. Le nouveau concept est « rééquilibrage ».

Quant aux entreprises allemandes, elles sont littéralement en train de péter les plombs de joie devant les Nouvelles Routes de la Soie reliant Beijing à Berlin – et, point crucial, via Moscou. Les politiciens allemands devront tôt ou tard comprendre le message.

Tout cela sera discuté à huis clos ce week-end lors des réunions clés en marge du G20 en Australie. L’alliance en cours entre la Russie, la Chine et l’Allemagne sera là. Les BRICS, avec ou sans crise, seront là. Tous les acteurs du G-20 qui travaillent activement à un monde multipolaire seront là.

L’APEC a une nouvelle fois démontré qu’en matière de géopolitique, plus ça change et moins c’est pareil ; tandis que les chiens de guerre, chantres de « l’exceptionnalisme », de l’inégalité et du diviser pour régner continuent d’aboyer, la caravane sino-russe pan-Eurasienne poursuit son chemin, toujours plus loin, et encore plus loin, sur la route (multipolaire).

18/11/2014
Pepe Escobar
Le Grand Soir

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Transformations silencieuses I


 

Les entreprises françaises rachetées par des chinois . Bilan des 10 dernières années
Entre 2003 et fin 2013, le nombre d’implantations chinoises en France a significativement augmenté, passant de 9 à 33 par an, selon le rapport de l’agence française pour les investissements internationaux (AFII). Le récent rachat de l’hôtel Marriott des Champs Elysée par le fonds d’investissements chinois Kuai Yuan Holdings pour une somme de 344.5 millions d’euros en est le dernier exemple.
Question Chine

La Chine se prépare à briser le blocus visant la Russie imposé par les États-Unis
La Chine deviendra, à la fin de cette année, la première économie du monde, menaçant le statut de leader militaire des Etats-Unis dans l’ouest du Pacifique. Les Etats-Unis ne maintiennent leur statut actuel que par parce qu’ils mettent tout en œuvre pour contenir la puissance économique chinoise en déployant des forces militaires considérables dans les Océans Indien et Pacifique.
[…]
Pour résumer, la Chine a des intérêts communs avec la Russie en Asie du sud-est, c’est à dire retirer les Etats-Unis de ce marché qui représente 60 % de la population mondiale. Sans la technologie militaire de pointe et la fourniture de pétrole et de gaz par la Russie, l’économie chinoise devrait stagner. Le récent plan d’investissement de la Chine en Europe de l’est fait également partie de la politique commune russo-chinois pour casser l’hégémonie américaine.
Mondialisation

Beijing, le crépuscule asiatique post Bretton Woods
Le vendredi 24 octobre, un groupe de 22 pays asiatiques s’est réuni à Beijing, pour signer un accord approuvant finalement la création de la Banque Asiatique d’Investissement pour l’Infrastructure (AIIB en anglais), un an après que le Président de la République Populaire de Chine, Xi Jiping, en a fait la proposition lors du Forum de Coopération Economique Asie-Pacifique (APEC), à Bali, en Indonésie.
[…]
Les principes directeurs d’AIIB seront « justice, équité, ouverture » dans une claire allusion à l’écrasante domination de Washington dans le gouvernement de l’Architecture Financière Internationale. 70 ans après la Conférence de Bretton Woods, le rôle des Etats-Unis comme gendarme du capitalisme mondial reste intact malgré son enlisement économique et le haut niveau de sa dette, aussi bien publique que privée. « On pourrait comparer cela à un match de basket où les Etats-Unis établiraient la durée du match, la taille du terrain, la hauteur du panier et tout adapteraient tout selon leurs besoins » condamna Wei Jianguo, ex ministre du Commerce Chinois.
[…]
Sachant que le Japon, la Corée du Sud, l’Indonésie et l’Australie n’ont pas souhaité appuyer la mise en route de l’AIIB à cause des pressions du Gouvernement de Barak Obama, le soutien majoritaire du continent asiatique a montré que les efforts faits par la Maison Blanche pour affaiblir l’intégration régionale sont extrêmement limités face à la diplomatie du yuan. De plus, la mise en place de nouvelles institutions défie clairement les piliers de Bretton Woods et accentue le processus de transition vers de nouvelles formes de gouvernement avec pour objectif la régionalisation financière. Peut-être qu’à un moment l’ère américaine s’écroulera brutalement face à l’éclat resplendissant du crépuscule asiatique centré sur l’ascension multipolaire de Beijing.
Le Grand Soir

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Comment réaliser le « rêve chinois » à l’ère de la mondialisation ?


La mondialisation est la plus grande caractéristique de notre époque, où les intérêts des différents pays s’imbriquent fortement. La réalisation du « rêve chinois » dépend donc non seulement de nos efforts et de notre action réelle, mais nécessite également de bien gérer les relations avec le monde extérieur, d’étudier et de s’inspirer des expériences et des leçons des autres pays en la matière.

Le fameux « rêve américain » est né de l’autre côté du Pacifique. Les films hollywoodiens recèlent quant à eux du concept suivant : des immigrés arrivent en masse aux Etats-Unis par bateau et sautent de joie en apercevant la statue de la Liberté, comme s’ils pouvaient y gagner plus d’argent que n’importe où ailleurs et jouir de la plus grande des libertés.

Pourtant, à la suite des tourmentes de la crise financière, ceux qui se sont rendus aux Etats-Unis en emportant le rêve américain dans leur valise ne sont plus aussi enthousiastes qu’autrefois. La réalité actuelle est bien différente : la bulle immobilière a éclaté, la situation économique demeure morose, le taux de chômage grimpe sans cesse, la qualité de vie de la population baisse, la classe moyenne s’affaiblit et la population pauvre augmente considérablement.

Mais, en attendant, les financiers de Wall Street continuent de jeter l’argent par les fenêtres, plus de 80% de la nouvelle richesse est entre les mains de moins de 1% de la population américaine. Lorsque l' »occupation de Wall Street » s’est propagée sur le territoire américain, le « rêve américain » s’est brisé a révélé une réalité toute autre, celle du pillage de la richesse de la majorité par une minorité.

De l’autre côté du continent eurasien, l’Europe tente de bâtir une communauté supranationale et a ainsi fait naître le « rêve européen ». Dans l’ouvrage de Jeremy Rifkin, le « rêve européen » représente le nouveau rêve de développement de l’humanité et met l’accent sur le sens de la communauté au niveau politique, la diversité culturelle, des conditions de vie raffinées, la durabilité du développement et le multilatéralisme dans la coopération planétaire. A en croire toutes ces promesses, le « rêve européen » semble idéal, et les Européens ne cessent de le vendre au reste du monde.

Ce qui est regrettable, c’est que depuis l’éclatement de la crise de la dette européenne, le « rêve européen » est de plus en plus remis en question. Certains pays européens qui recherchent une qualité de vie au détriment du contexte national sont criblés de dettes et auront du mal à poursuivre leur développement. Au pic de la crise, la zone euro s’est enfoncée pendant un temps dans la panique du démantèlement.

Depuis la fondation de la République populaire de Chine, les Chinois ont travaillé d’arrache-pied pendant plusieurs générations, en ne comptant que sur leur propre labeur, pour faire de l’ancienne Chine un nouveau pays chaque jour plus prospère et plus puissant.

Aujourd’hui, la puissance de la Chine s’accroît sans cesse et son PIB s’est hissé au deuxième rang mondial. Les conditions de vie de la population se sont considérablement améliorées, et sont accompagnées de progrès énormes sur le plan social et dans d’autres domaines. Nous nous approchons de notre « rêve chinois ».

Par ailleurs, la réalisation du « rêve chinois » doit faire face à un grand nombre de défis sur le plan de l’écologie, des ressources et des énergies, du développement social et de certains dossiers internationaux. Certains pays ne veulent pas ou n’acceptent pas de voir la Chine réaliser son rêve. Ils mettent en place, consciemment ou inconsciemment, toutes sortes d’obstacles à la Chine, dans le but de ralentir sa course. Nous sommes confrontés à une situation internationale beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.

Quelles que soient les difficultés auxquelles nous devons faire face, nous poursuivrons notre course pour parvenir au « rêve chinois ». La réalisation du « rêve chinois » bénéficiera à toute la nation chinoise et apportera des bénéfices supplémentaires au reste du monde.

La Chine ne suivra pas la voie des anciens colonisateurs occidentaux qui ont pillé les ressources d’autrui, ni la voie brutale des militaristes qui ont envahi d’autres pays, ni même la voie erronée des hégémonistes. Nous continuerons à déployer des efforts inlassables, en comptant sur nos propres forces et en assimilant les acquis modernes de toutes les civilisations, pour réaliser enfin le grand rêve de la nation chinoise.

28/03/2013
China Internet Information Center
Articles « rêve chinois » via Google

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Revue de presse Chine 01/09/2011


Suivre l’actualité
courir après le vent.
Penser l’actualité
marcher à contre-courant.

01/09/2011, Anatomie de l’Etat local en Chine, structuration et distribution du pouvoir, SinoPolis

Le terme local fait ainsi référence à une proximité à laquelle ne renvoie pas le vocable chinois, la langue chinoise disposant d’autres expressions pour marquer la proximité physique. En français, la commune (ville ou village) – plus petite division territoriale – relève de ce que l’on entend par local, au même titre que le département ou la région (on note tout de même une tendance à l’utilisation du terme régional qui se distingue du local, ce dernier étant plus proche du citoyen). Le système chinois, quant à lui, considère comme local toutes les structures administratives qui ne sont pas du ressort du pouvoir central – difang se définit donc négativement par opposition à zhongyang (中央), le centre, sans inclure nécessairement une notion de proximité –, à l’exclusion des villages, autant dire la majeure partie de l’administration du pays. Le local chinois contient donc un sens plus politique que géographique, en ce qu’il constitue le pendant du centre politique. Les univers de sens européen et chinois sont donc assez éloignés.

01/09/2011, Fedor LOUKIANOV, Le silence étrange de la Chine, RIA Novosti

Dans le contexte des événements de l’été dernier – la guerre et les émeutes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, la confrontation politico-économique aux Etats-Unis, la fièvre financière en Europe, la confusion au Japon – on constate que la Chine est devenue peu visible dans le processus international. Or tout ce qui précède ci-dessus est directement lié aux intérêts de Pékin. La volonté de ne pas attirer l’attention semble liée à au fait que le gouvernement chinois est très préoccupé par les événements et fait une pause pour réfléchir aux changements.
La Chine vie une période importante – le changement du gouvernement se prépare au congrès du Parti communiste en 2012. Bien que tous les changements soient connus à l’avance et que les surprises soient exclues, le gouvernement prend ce processus très au sérieux. Tout risque de déviation du scénario préalablement établi doit être exclu. Pékin est conscient de la principale particularité de l’environnement international contemporain: il est impossible de s’isoler du facteur extérieur. La moindre défaillance interne pourrait entrer en résonnance dangereuse avec une influence extérieure. Et les événements de 2011 ont montré la vitesse avec laquelle l’amplitude des vibrations est capable de se transformer de faible à destructrice.
Si Pékin adoptait une politique de « déconnection » – non pas en paroles comme après la crise de 2008/2009, mais dans la réalité – cela conduirait à une restructuration radicale du système mondial: un mouvement vers une nouvelle « démondialisation », qui fera que les paramètres non seulement économiques mais également politiques du développement mondial changeront.

01/09/2011, Shanghai au fil des pages… Septembre 2011, La France en Chine

01/09/2011, Où va la confiance des Chinois ?, Renmin Ribao

Les gens ont même mis en doute les « déclarations officielles » ou les « clarifications officielles ». Chaque année, le salaire moyen et la vitesse de croissance des revenus rendus publics par les services des statistiques sont mis en doute par presque tous les Chinois, ce qui reflète le sentiment de méfiance du grand public. Après les mensonges de certains gouvernements locaux sur les doutes au sujet des recrutements et des logements subventionnés, les gens n’acceptent plus sans restriction les soi-disant « explications des autorités ».
Le doute a également des côtés positifs. Dans une certaine mesure, c’est un refus de la crédulité. Cela aide à découvrir petit à petit la vérité. Les diverses rumeurs et les hypothèses non professionnelles nées suite à un sentiment de méfiance signifient également une société plus ouverte.
Cependant, les affects négatifs apportés par la méfiance sont certainement plus grands, car le doute engendre l’incertitude. Même si les salaires augmentent et qu’on devient plus riche, on ne se senti pas heureux pour autant. Du point de vue social, la méfiance entre les gens va rendre sans doute l’administration sociale plus difficile.

01/09/2011, Le pouvoir d’achat des femmes chinoises augmente, Renmin Ribao

Les femmes chinoises ont un plus grand pouvoir sur les finances familiales, mais elles doivent faire face à une pression croissante au travail et dans la vie, selon l’institut de recherche marketing américain Nielsen.
L’institut, qui a ouvert plusieurs bureaux en Chine, affirme que les femmes chinoises décident à présent de l’achat de 70 % de la nourriture, de l’habillement, des cosmétiques et des soins pour enfant. Elles ont également un plus grand poids dans les achats d’électroménager, d’appareils électroniques et de voitures, des décisions revenant traditionnellement aux hommes.

31/08/2011, Nicolas Sarkozy s’est rendu en Chine en raison de la dette européenne, Renmin Ribao

Tandis que le nuage de la crise de la dette européenne est loin d’être dissipé, la Chine, qui possède la plus grande réserve de devises étrangères du monde, a réaffirmé une fois de plus son appui à l’euro et à la stabilité économique des Etats de la zone. Ainsi, l’attente d’une solution grâce à l’achat d’obligations européennes commence à gagner du terrain. L’économie européenne, tourmentée de la crise de la dette, pourrait se voir insuffler une nouvelle vitalité avec le soutien de la Chine.

29/08/2011, G20 : réunion de travail à Pékin avec HU Jintao, La France en Chine

29/08/2011, Les Etats-Unis peuvent-ils réduire un peu leurs dépenses militaires et leur dette, quand ils parlent de la « menace militaire chinoise » ?, Renmin Ribao

Le 25 août, les Etats-Unis ont publié un « Rapport sur le développement militaire et la situation de sécurité de la Chine » pour 2011. Ce rapport annuel parle toujours de la « menace militaire chinoise ». Il y a eu un commentaire qui a nettement indiqué : le rapport n’est que le meilleur prétexte utilisé par le Pentagone pour plaider en faveur de son budget.
Je pense que les Etats-Unis sont le plus grand pays débiteur du monde et le plus grand pays en terme de dépenses militaires. Est-ce qu’ils peuvent réduire un peu leurs dépenses militaires et leur dette ?

29/08/2011, Revue des hebdos chinois (22 au 26 août 2011), La France en Chine

29/08/2011, La Chine soutient l’établissement d’un Etat palestinien avec Jerusalem-Est comme capitale, Xinhua

La Chine soutient l’établissement d’un Etat palestinien indépendant avec Jerusalem-Est comme sa capitale et une souveraineté totale, a déclaré dimanche au Caire l’envoyé spécial chinois pour le Moyen-Orient, Wu Sike.

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Revue de presse Chine 10/08/2011


10/08/2011, La Chine réclame la réduction du budget… du Pentagone, Dedefensa

La Chine se conduit selon les pures règles du capitalisme le plus pur et le plus dur. Comme le veut ce capitalisme, et notamment aux USA, la souveraineté, l’Etat régalien, ces vieilles choses, valent bien peu de chose. C’est le dollar, le sacré dollar qui règle tout. Alors la Chine, qui a plus de $1.000 milliards en bons de trésor US et donc se trouve être la premières prêteuse à alimenter la dette colossale des USA, tape du poing. Imaginez qu’elle soit à la table du conseil d’administration du formidable consortium Washington-USA, Inc., comme premier actionnaire extérieur, et qu’elle consulte les comptes, et s’écrie, furieuse, à l’adresse des dirigeants de la société : “Ecoutez, vous dépensez trop d’argent en quincailleries militaires, en expéditions pas rentables du tout ; moi, je veux protéger mon investissement, et je veux une société plus rentable, – alors, arrêtez de faire joujou avec la ferraille militariste, sinon… !” (Menaces de retrait des investisseurs, comme on dit à Wall Street…)

10/08/2011, Dossier : S&P abaisse la note de dette américaine à « AA+ », Xinhua

08/08/2011, Les États-Unis et l’Europe devront assumer leur responsabilité politique pour la reprise de l’économie mondiale, Renmin Ribao

À ce moment crucial où l’économie mondiale fait face à un risque de « double dip », certains médias et chercheurs occidentaux ont une fois de plus joué la « carte » de la Chine, il semble que le « remède » du règlement de la crise soit dans les mains de la Chine. Un tel procédé n’est pas nouveau. Ces dernières années, chaque fois que l’économie mondiale rencontre des difficultés, l’Occident s’est mis à parler, sinon pour accuser la Chine d’ «avoir rejeté la crise » sur les autres, sinon pour « flatter » la Chine et lui demander de prendre la responsabilité. Ces deux jeux ne visent qu’un seul but, celui de se dérober à sa responsabilité.

08/08/2011, Revue des hebdos chinois (1er au 5 août 2011), La France en Chine

07/08/2011, Les États-Unis dans la tourmente, les européens tentent de calmer la panique des marchés, NouvelObs

Les conseillers et ministres des Finances du G7 ont discuté de la crise de la dette et de l’évolution des marchés financiers mais rien n’a filtré de leurs décisions.
Standard & Poor’s (SP) a retiré vendredi aux États-Unis la prestigieuse note « AAA », dont jouissent les émetteurs d’obligations les plus fiables. Evoquant « des risques politiques » liés à l’énorme dette publique américaine, SP a abaissé la note du pays d’un cran à « AA+ ».
Cette sévère sanction infligée à la première économie mondiale était certes attendue, mais risque néanmoins d’embraser encore davantage des marchés affolés par l’incapacité des dirigeants à trouver une riposte commune à la crise.
Les créanciers étrangers des États-Unis ont réagi de façon mesurée, à l’exception du premier d’entre eux, la Chine, qui a exhorté Washington à cesser de vivre au-dessus de ses moyens.
Pékin, qui détenait en mai quelque 1.160 milliards de dollars de bons du Trésor américains, a estimé avoir « désormais tous les droits d’exiger des États-Unis qu’ils s’attaquent à leur problème structurel de dette ».
« Les jours où l’oncle Sam (…) pouvait facilement dilapider des quantités infinies d’emprunts de l’étranger semblent comptés », a commenté l’agence officielle Chine Nouvelle.

06/08/2011, Coup de tonnerre dans le ciel de l’économie mondiale, Journal de 18h France Culture

C’est une première dans l’histoire de l’économie mondiale : la dégradation de la note souveraine attribuée à la dette des États-Unis. Elle passe de la meilleure note, triple A à AA+. La Chine veut désormais se faire entendre, nous expliquera Anne-Laure Delatte, économiste.

06/08/2011, La Chine exige que les États-Unis remettent leurs finances en ordre, Journal de 12h30 France Culture

Après la dégradation de la note de la dette américaine, Pékin, premier créancier des États-Unis, hausse le ton et évoque l’idée de remplacer le dollar par une autre monnaie de réserve.

06/08/2011, Note américaine dégradée : le coup de colère de la Chine, Journal de 9h France Culture

Après la dégradation de la note de la dette américaine, Pekin exige que les États-Unis prennent des mesures pour rééquilibrer leur budget.

Lire aussi :
Revue de presse Chine 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Tibet, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Xinjiang, Monde en Question.

L’im-Monde propagande pro-américaine


L’éditorial du Monde, paru dans l’édition du 27/11/2010, est un chef-d’œuvre de la propagande du temps de la guerre froide et dans le style de celui de Jean-Marie Colombani publié après l’écroulement des tours du World Trade Center à New York, symbole de la puissance américaine et de la prétention capitaliste à coloniser le monde [1].

L’éditorial du Monde débute par un mensonge :

Dans l’opinion internationale, particulièrement en Europe, la Corée du Nord échappe aux jugements les plus sévères.

Mensonge car les médias dominants, Slate, dont le Directeur de la publication est Jean-Marie Colombani, Libération, Rue89, tous condamnent a priori la Corée du Nord [2].

L’im-Monde reproche en fait la faiblesse de la riposte américaine :

La réprobation a été quasi-unanime. La Maison Blanche a «fermement condamné» le bombardement nord-coréen. La Chine, principal allié de Pyongyang dans la région, a de son côté fait part de sa «préoccupation». Les deux pays ont ensuite expliqué souhaiter que «la retenue soit exercée».
Plus tard, les États-Unis ont jugé «prématuré» à ce stade d’envisager une quelconque action militaire après le bombardement, selon un porte-parole du Pentagone, le colonel David Lapan. «Nous surveillons la situation et discutons avec nos alliés», a-t-il ajouté, précisant que le secrétaire à la Défense, Robert Gates, devait s’entretenir dans la matinée avec son homologue sud-coréen.
Libération

L’éditorial du Monde enchaîne sur une interprétation des faits selon la rhétorique jésuitique propre à ce quotidien [3] :

La vérité est qu’il s’agit d’un régime belliciste et belliqueux. Il vient encore de le prouver, mardi 23 novembre, en faisant bombarder par son artillerie l’île sud-coréenne de Yongpyong, en mer Jaune. Quatre ressortissants sud-coréens ont été tués dans cette agression gratuite. Elle fait suite au torpillage d’une corvette sud-coréenne en mars, toujours en mer Jaune, au cours duquel 46 marins ont trouvé la mort.

Même si le régime de Pyongyang est une dictature, les choses ne sont pas aussi simples :

Les tirs ont eu lieu sur fond d’exercices militaires sud-coréens dans la région. L’armée nord-coréenne avait envoyé un message aux forces armées sud-coréennes tôt mardi matin pour exiger l’arrêt des exercices, mais Séoul les a poursuivis, a précisé un responsable de l’état-major interarmes sud-coréen.
L’artillerie nord-coréenne a frappé la petite île de Yeonpyeong, située à environ 120km à l’ouest de la côte, qui abrite des installations militaires et compte entre 1.200 et 1.300 habitants.
AP-Yahoo! Actualités

L’éditorial du L’im-Monde poursuit par un nouveau mensonge :

Peu de pays se permettent d’agir ainsi sans susciter une tempête de protestations internationales.

On se souvient pourtant que l’État d’Israël a bombardé la population de Gaza du 27 décembre 2008 au 3 janvier 2009 sans susciter beaucoup de condamnations alors que le bilan de ce crime de guerre s’établit à 1455 Palestiniens tués, dont plus de 410 enfants et 100 femmes, et 5350 Palestiniens blessés [4].

L’éditorial du Monde use contre la Corée du Nord de l’argument qui servit de prétexte à la guerre contre l’Irak :

Mais le régime de Pyongyang n’est pas que cela. Il est l’une des plus épouvantables dictatures de la planète. Il entretient la terreur et la misère parmi une population de 23 millions d’habitants qui peine à survivre. Lorsqu’il s’effondrera – le plus tôt sera le mieux -, on découvrira l’existence d’atroces colonies pénitentiaires : par dizaines de milliers, sinon par centaines de milliers, des malheureux y sont condamnés à une mort lente, soumis à la famine et à la torture.

L’im-Monde, qui vantait les liens d’amitiés entre Jacques Chirac et Saddam Hussein quand la France vendait des armes au dictateur de Bagdad, a fait campagne contre Saddam Hussein quand il s’affronta à son protecteur américain sur la question du Koweït. De même, en septembre 2001, L’im-Monde oublia les liens d’amitiés entre la famille Bush et Ben Laden quand ce dernier se retourna contre son protecteur américain qui l’aida à constituer son réseau islamique en Afghanistan pour combattre l’armée rouge.

L’éditorial du Monde fait le lien, sans le dire explicitement, entre la Corée du Nord et l’Iran :

Le plus grave dans cette affaire est son impact sur la prolifération nucléaire. L’impunité du régime de Pyongyang est la preuve que l’arme atomique protège. Cette impunité a des allures d’encouragement à tous les candidats au nucléaire militaire.

L’im-Monde se fait le champion de l’hypocrisie des puissances occidentales qui se sont dotées de l’arme nucléaire à la fin de la Seconde guerre mondiale comme d’une arme de dissuasion entre elles et comme d’une arme stratégique contre tous les autres pays, en particulier pour maintenir leur empire colonial.
Les temps ont changé puisque les États des peuples colonisés ont acquis l’arme nucléaire (Chine, Corée du Nord, Inde et Pakistan) et que d’autres cherchent ou sont soupçonnés de vouloir l’acquérir (Algérie, Arabie saoudite, Brésil, Iran, Maroc, Syrie, etc.).

Deux autres remarques concernant l’hypocrisie des puissances occidentales :
L’État d’Israël possède l’arme atomique, mais ne l’avoue pas officiellement afin de ne pas signer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
Le seul État qui a utilisé l’arme nucléaire à ce jour pour terroriser la population civile – autre crime de guerre non condamné – sont les États-Unis les 6 et 9 août 1945 à Hiroshima et Nagasaki.

L’éditorial du Monde défend rétroactivement la légitimité de la présence militaire américaine en Corée du Sud et dans les eaux de la mer de Chine depuis 1945 :

Soutenue par la communauté internationale, la Corée du Sud – la péninsule coréenne a été divisée au début des années 1950, durant la guerre froide – a réagi avec modération.

Or c’est bien la légitimité de la présence militaire américaine qui est remise en cause aujourd’hui par la Chine.

La Chine a mis en garde vendredi 26 novembre contre des manoeuvres militaires, prévues à partir de dimanche par les Etats-Unis et la Corée du Sud, qui se dérouleraient dans sa zone économique exclusive, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
« Nous sommes opposés à toute action militaire non autorisée à l’intérieur de la zone économique exclusive de la Chine », a déclaré le porte-parole du ministère, Hong Lei.
« La situation actuelle dans la péninsule coréenne est compliqué et sensible, toutes les parties doivent faire preuve de retenue, oeuvrer dans le sens d’une détente et du maintien de la paix et de la stabilité de la péninsule, et non le contraire », a ajouté le porte-parole.
NouvelObs

L’éditorial du Monde conclut en donnant des leçons à la Chine :

Pékin tient à bout de bras le régime nord-coréen et redoute son effondrement. Il provoquerait la fuite de millions de Nord-Coréens vers la Chine. Une réunification non négociée verrait les troupes américaines stationnées aux portes d’une des frontières chinoises. Mais, en ne dénonçant pas Pyongyang, la Chine l’incite à d’autres aventures guerrières ; elle manifeste son impuissance à modérer son protégé. C’est un signe de faiblesse.

Mais la Chine, qui n’est pas Haïti, a une appréciation plus réaliste du rapport de force géoéconomique, géopolitique et géostratégique :

Le Président américain Barack Obama a quant à lui déclaré que les États-Unis défendraient la Corée du Sud après ce que la Maison Blanche a qualifié d’« attaque scandaleuse » de la Corée du Nord sur son voisin. Ne disposant cependant que d’options limitées, les États-Unis souhaitent plutôt chercher une solution diplomatique plutôt qu’une réponse militaire à ce qui est un des affrontements les plus inquiétants entre les deux Corées.
Renmin Ribao

26/11/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Face à face USA/Chine en Corée, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.


[1] Références :
• Editorial : Les provocations meurtrières de la Corée du Nord, Le Monde, 27/11/2010.
• Editorial : Jean-Marie Colombani, Nous sommes tous Américains, Le Monde, 13/09/2001.
[2] Revue de presse :
• A quoi joue la Corée du nord ?, Slate – Mentions légales, Slate.
• Derrière les tensions entre les deux Corée, il y a Pyongyang, Rue89.
• Revue de presseNouvelObs.
[3] L’art jésuitique de la rhétorique :
Quelle est la différence entre un Bénédictin et un Jésuite ?
Deux moines, l’un Bénédictin, l’autre Jésuite, se demandent s’il peuvent fumer. Ils vont demander l’autorisation au Père abbé.
Le bénédictin va donc voir le Père abbé et lui demande : « Est-ce que quand je prie, je peux fumer ? » « Pas question ! » répond le Père.
Le Jésuite va à son tour voir le Père abbé et lui demande : « Est-ce que quand je fume, je peux prier ? » « Bien évidemment » répond le Père « Vous pouvez prier dans tous les moments de votre vie quotidienne. »
Jésuitisme, Wikipédia.
[4]Revue de presse :
• Guerre de Gaza, Monde en Question.
• Chronique de la Colonisation de la Palestine 2008, Monde en Question.
• Chronique de la Colonisation de la Palestine 2009, Monde en Question.