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Créer un autre FMI



Qu’est-ce qui est écrit ? C’est écrit Danger !

Récemment, le problème du candidat au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI) a suscité un vif débat au sein de l’opinion publique mondiale. L’Europe a rapidement proposé deux candidats à ce poste, alors que les pays du Brics ont déclaré le 24 mai qu’il faudrait rejeter le concept de nationalité dans l’élection du nouveau directeur général. La dispute est à son comble.

Cependant, selon une règle du FMI, le pays dont le droit de vote dépasse 15% peut opposer son veto à tout sujet de discussion. A l’heure actuelle, seul le droit de vote des Etats-Unis dépasse 15%, à 17,407%. Viennent ensuite les droits de vote du Japon et de la Chine, soit respectivement 6,464% et 6,394%. C’est pourquoi dans le FMI, seuls les Etats-Unis possèdent le droit de veto.

Ainsi, pour le FMI, ce droit de veto revêt la plus grande valeur. Bien que le poste de son directeur général soit aux mains des Européens, les Etats-Unis sont le « patron » réel de cet organisme. Certes, le directeur général du FMI possède un pouvoir important. Mais si important qu’il soit, il doit être exercé dans le cadre établi par les Etats-Unis. C’est le cas actuellement, d’autant plus que les Européens et les Américains sont les alliés. Si les nouvelles économies réussissent à gagner ce poste, à quoi pourra servir ce poste pour ces pays. Les nouveaux pays montants devraient réfléchir sur ce point.

Et encore, ce qui rend le FMI attirant, est qu’il peut fournir un soutien financier à ses pays membres. Depuis 2009, les fonds que possède le FMI ont augmenté, passant de 250 milliards de dollars à 900 milliards de dollars. Pour vous donner une idée concrète de ces 900 milliards de dollars, les réserves en devises de la Chine ont déjà dépassé 3 000 milliards de dollars, soit plus du triple. D’ailleurs, les fonds du FMI, qui ont subitement augmenté, ont un caractère de bulle, du fait qu’ils sont liés à la politique monétaire souple de la réserve fédérale américaine. Ainsi à l’heure actuelle, le rôle du FMI est très limité pour sauver l’Europe de la crise de la dette, bien qu’il soit aux mains des Européens. Quel résultat y aura-t-il pour les nouveaux pays montants, si un candidat venant de ces pays émergents est élu directeur général du FMI ?

J’estime que si les pays en développement n’arrivent pas à augmenter leur part dans le FMI, ils devront établir un FMI qui leur appartiendra, ceci pour obtenir la justice et la transparence en terme de doit de vote au sens propre du terme.

A l’heure actuelle, les conditions sont déjà réunies pour la création de cet organisme. Avant la crise financière, les fonds possédés par le FMI n’étaient pas très importants. A l’heure actuelle, les forces réelles des nouvelles économies ont dépassé de loin les fonds du FMI. Selon une étude du journal britannique « Financial Times », les prêts accordés par deux banques nationales de la Chine à des pays en développement ont déjà dépassé ceux de la Banque mondiale.

Sur ce problème, les pays en développement doivent avoir confiance en eux-même. Cette confiance ne doit pas provenir de leurs importantes réserves en dollars, mais de la monnaie de leur propre pays. Retenons qu’on ne doit pas dépendre du dollar que les émissions incessantes rendront toujours plus nombreux. En comptant sur leurs dollars, les Etats-Unis pourraient toujours obtenir un droit de veto, quelle que soit leur part dans le nouveau FMI et même s’ils n’y participent pas directement. C’est une raison importante pour laquelle le Japon, qui possédait d’énormes réserves en dollars à l’époque, était incapable de lancer un « système monétaire japonais et européen » avec les pays d’Europe occidentale. Aujourd’hui, la Chine et les autres pays montants ont toutes les conditions pour établir un « système monétaire des nouveaux pays montants ».

30/05/2011
ZHOU Shumu, chercheur adjoint du Centre d’échange économique international de Chine
Renmin Ribao

Lire aussi :
• Dossier FMI, Renmin Ribao.
Revue de presse Dominique Strauss-Kahn, Monde en Question.
Revue de presse Chine 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.

Rivalités pour la présidence du FMI



Qu’est-ce qui est écrit ? C’est écrit Danger !

La démission de Dominique Strauss Kahn accusé d’agression sexuelle a provoqué une course pour le poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Le 15 mai, l’Europe a proposé une candidate de son continent et le 24, le BRICS s’est prononcé en faveur d’un candidat venant d’une nouvelle économie. En 10 jours seulement, les principales économies du monde sont impliquées dans cette course.

Quelle est la cause de ce phénomène ? Le déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale. D’une part, le rapport entre le montant global des économies américaine et européenne et celui des nouvelles économies a changé nettement et la part des nouvelles économies ne cesse d’augmenter. D’autre part, les voix pour une réforme de l’ordre financier international se font de plus en plus vives, que ce soit au Sommet de Londres ou au Sommet de Pittsburgh du G20 de 2009. Aujourd’hui, cette réforme est devenue un objectif non astreignant.

Cette réforme comprend la réforme de la monnaie de réserve et la monnaie de facturation dans le monde et encore la restructuration de la plate-forme de l’ordre financier international. Puisqu’en 2009, le FMI a été reconnu encore une fois en tant que superviseur de l’ordre financier international et le créditeur le plus important, avoir dans son équipe dirigeante un porte-parole venant d’un continent autre que l’Europe et l’Amérique du Nord parait très important. Si sa direction demeure toujours dans les mains des Européens ou des Américains, cela signifie que le consensus de vues obtenu au cours de la crise financière pour élire ses responsables de manière transparente et réformer l’ordre financier international sera abandonné.

Cependant, les faits montrent qu’on oublie les douleurs, alors que les cicatrices ne sont pas encore effacées. Les noms de Christine Lagarde, ministre française des Finances et de Manfred Weber, gouverneur de la Banque centrale d’Allemagne, ont été mentionnés plusieurs fois par l’Europe. Evidemment, cette façon d’agir vise à occuper une piste dans la course imminente vers le poste de directeur général du FMI. Dans ce contexte, les noms du Chinois Zhu Min, assistant au Directeur général du FMI, d’Arminio Fraga, ancien gouverneur de la Banque centrale du Brésil, et de Trevor Manuel, ancien ministre sud-africain des Finances, ont aussi commencé à surgir.

Le nom de Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque centrale de Chine, figure également sur la liste des candidats. Fin mars 2009, avant le Sommet de Londres du G20, M.Zhou a publié trois articles de suite sur la mise en doute de la sécurité du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale. Le 19 mai, M. Zhou a exposé sur le site Internet de sa banque ses vues sur le candidat au poste de directeur général du FMI. Ce qui reflète un point de vue commun des pays du BRICS selon lequel dans l’élection du directeur général du FMI, l’accent devra être mis sur la capacité, mais non sur la nationalité.

En tout cas, si le processus d’élection est encore verrouillé par les concertations entre Européens et Américains, l’injustice d’un tel processus portera atteinte à l’autorité du FMI. Si le directeur général est élu selon un processus transparent, l’impact produit par l’affaire DSK pourra être diminué au maximum.

27/05/2011
Renmin Ribao

Lire aussi :
• 21/05/2011, Derrière la lutte acerbe pour choisir le nouveau chef du FMI, WSWS.
• 27/05/2011, FMI – Pour les peuples victimes de l’impérialisme : Une succession sans enjeu, Lutte Ouvrière.
• 28/05/2011, M. K. BHADRAKUMAR, Nouveau DG au FMI : la Chine est stoïque, l’Inde méfiante et la Russie acrobatique, Questions Critiques.
Revue de presse Dominique Strauss-Kahn, Monde en Question.
Revue de presse Chine 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.

Guerre contre le dollar


Certains croyaient qu’il existait un accord implicite entre les États-Unis et la Chine : les premiers acceptaient la sous-évaluation massive du yuan, mais obtenaient en échange de la seconde un financement indéfectible de la dette publique américaine, et la reconnaissance du dollar comme seule vraie monnaie de réserve. On l’a même appelé « l’accord Bretton Woods 2 ». Or depuis juillet 2008, et jusqu’à la visite du président brésilien Lula à Pékin, hier, tout indique que cet accord, s’il a jamais existé, n’existe plus.

Dès juillet dernier, on vit ses premières fissures. Les dirigeants chinois interrompent, unilatéralement et sans avertissement préalable, le processus de réévaluation très graduel du yuan contre dollar qu’ils avaient accepté sous la pression du Congrès américain (de 8,28 yuans pour 1 dollar en juillet 2005 à 6,85). Quand le cours équilibrant se situe sans doute à 2 yuans pour 1 dollar, on mesure la provocation que cette interruption soudaine signifiait pour les dirigeants américains.

Au même moment, l’organisme qui gère les réserves de change de l’Etat chinois décide de sortir des obligations Agencies (Freddie Mac et Fannie Mae) pour se concentrer sur les seules obligations du Trésor américain. Ils accentuent ainsi la crise des Agencies, et contraignent monsieur Paulson à les nationaliser le 7 septembre pour un coût de 200 milliards de dollars. Un stress qui conduira les dirigeants américains à lâcher Lehman Brothers huit jours plus tard. La Chine ne jouant plus le jeu, la panique s’était emparée de l’administration américaine.

L’arrivée d’Obama à la présidence des États-Unis ne ramènera pas la Chine à plus de coopération. En janvier 2009, sans doute pour décourager la nouvelle administration d’exiger une réévaluation du yuan, la Chine interrompt ses achats d’obligations du Trésor à plus de deux ans ; elle ne les reprendra qu’en mars, et pour un montant limité, après que Tim Geithner, nouveau secrétaire au Trésor, a dissuadé publiquement ses partenaires du G7 de réclamer l’inscription du yuan à l’agenda du G20 suivant.

En clair, la Chine entend bien continuer à capitaliser sur son commerce extérieur l’avantage que lui donne la sous-évaluation massive du yuan. Pour autant, elle n’entend plus financer le déficit public américain, ni soutenir le dollar comme monnaie de réserve. En mars, le numéro deux chinois, Wen Jiabao, et le gouverneur de la banque centrale, M. Zhou, dénigraient la capacité du dollar à se maintenir comme monnaie de réserve et pointaient la nécessité de son remplacement à terme par une monnaie non nationale : un nouveau DTS.

Au même moment, la Russie annonçait vouloir remplacer le dollar par une monnaie non nationale avec l’aval des autres pays du BRIC (Brésil, Inde et Chine) ainsi que de la Corée du Sud et de l’Afrique du Sud. D’ailleurs, la Chine et le Brésil, qui ont des réserves de change considérables, ont refusé de s’inscrire comme les pays du G7 dans les accords d’emprunt en dollar du FMI, accords qui visent à protéger de la crise mondiale les pays émergents en difficulté (Mexique, Turquie, Pologne, etc.). S’ils ont consenti le 23 mars à financer le FMI, c’est à la condition expresse que, pour la première fois de son histoire, il se finance par émission d’obligations, et ce libellées en DTS et non en dollar.

Dans le même esprit, la Chine révélait, le 27 avril, que ses réserves d’or s’élevaient, non pas à 400 tonnes d’or comme affirmé depuis 2003, mais en réalité à 1.000 tonnes. Tout est bon pour déconsidérer le dollar et convaincre les pays tiers (les pays du Golfe en particulier) de le répudier comme monnaie de réserve et comme monnaie de règlement. Enfin, dernier coup porté au billet vert, le 18 mai, le Brésil et la Chine, à l’occasion d’un voyage du président Lula à Pékin, annoncaient qu’ils n’utiliseraient plus le dollar comme moyen de règlement dans leurs échanges bilatéraux.

Dans ces grandes manœuvres visant à mettre en cause le privilège du dollar tout en conservant pour elle une monnaie sous-évaluée, la Chine joue donc un rôle central. Une évolution hautement géopolitique. Comme l’a rappelé Adam Poser, du Peterson Institute, « le gouvernement américain a toutes les raisons de croire que le dollar doit rester la devise de référence du commerce international.

C’est une question géopolitique autant que monétaire. Il offre la meilleure sécurité possible aux États-Unis dans l’économie mondiale ». Les Chinois comme les Russes semblent ne pas avoir oublié que c’est en finançant la guerre des étoiles par le dollar, monnaie de réserve, que les États-Unis de Reagan avaient défait l’URSS de Brejnev.

19/05/2009
Antoine Brunet
La Tribune

La valse des sommets


Après les Sommets du G20, de l’UE-Russie ou Russie-UE, de l’APEC, Dmitri Medvedev annonce l’organisation du Sommet du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) en Russie en 2009 [RIA Novosti].

Ce Sommet du BRIC sera particulièrement important car il tracera les contours d’une nouvelle organisation mondiale sans les États-Unis.

Lire aussi :
• Sommets, Monde en Question.
• G20, Wikipédia.
• G20, Google Actualités .
• G20, Yahoo! Actualités.
• Sommet du G20, RIA Novosti.
• UE-Russie, Google Actualités .
• UE-Russie, Yahoo! Actualités.
• Sommet Russie-UE, RIA Novosti.
• Coopération économique pour l’Asie-Pacifique, Wikipédia.
• APEC, Google Actualités .
• APEC, Yahoo! Actualités.
• Sommet de l’APEC, RIA Novosti.
• BRIC, Wikipédia.
• BRIC, Google Actualités .
• BRIC, Yahoo! Actualités.

Après le Sommet du G20


La presse européenne commente positivement le Sommet du G20 :

NRC Handelsblad – Pays-Bas
Ce qui est positif dans ce sommet, c’est que les discussions relatives à l’économie mondiale ne sont plus l’apanage exclusif des pays industrialisés du G7. La rencontre de Washington pourrait rester dans l’histoire comme l’événement marquant le changement des rapports de force dans le G20. Des pays comme la Chine, l’Inde et le Brésil ont dorénavant une voix dans les décisions.
Commentaires : Les médias dominants ne disent pas que la participation aux décisions a un prix.

ABC – Espagne
Ce processus permettra à la communauté internationale de disposer de meilleurs instruments pour repérer les crises, les gérer et les résoudre. Ni plus ni moins.
Commentaires : Ce bel optimisme est démenti par le sacro-saint marché (voir plus bas).

RIA Novosti – Russie
La position de la Russie et d’autres pays émergents a été entendue au sommet du G20 grâce au fait que le groupe BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) a fait front commun, a estimé lors d’un point de presse lundi le vice-ministre russe des Finances, Dmitri Pankine.

Après le Sommet du G20, comme après l’annonce du plan Paulson, les bourses de Wall Street et de Paris continuent à baiser. Voir la carte interactive des indices publiée par Le Journal des Finances. La liste des pays en récession s’allonge et « Les inquiétudes sur l’économie ne se sont pas dissipées au cours du week-end, alors que le sommet du G20 n’a donné lieu à aucun accord susceptible de changer significativement les perspectives à court terme », a estimé Patrick O’Hare, du site d’analyse financière Briefing.com (AFP – Yahoo! Actualités).

Alors que la déclaration finale du Sommet du G20 à Washington inclut l’engagement exprès des participants de ne pas réagir à la crise par une politique protectionniste, chaque pays cherche aussi des solutions nationales à la crise :
• Barack Obama veut trouver des solutions nationales à la crise, Euronews – Yahoo! Actualités
• Crise : la Russie respectera les décisions du G20 mais pas au détriment de ses intérêts nationaux, RIA Novosti
• G20 : le Japon appelle la Chine à augmenter sa contribution au FMI, Aujourd’hui le Japon

WYPLOSZ Charles, Le G7 est mort. Vive le G20 ?, Telos

Comme prévu, le sommet du G20 aura accouché de vœux pieux et d’une longue déclaration qui promet des lendemains qui chantent. Rien de ce qui figure dans la déclaration finale n’est nouveau.
[…]
Parmi les aspects positifs on peut noter un bon diagnostic de la crise financière, qui reconnaît même que les pouvoirs publics « dans certains pays » n’ont pas pris la mesure des dangers qui s’accumulaient. […] Le G20 s’est aussi beaucoup préoccupé d’améliorer la réglementation financière, un besoin flagrant. Mais aucune mesure spécifique n’a été annoncée, et pour cause. […] De même, promettre plus de transparence dans les comptes des banques, c’est bien, mais quelque peu naïf. Chaque entreprise a ses secrets de fabrication, auxquels elles tiennent jalousement, et même très légitimement ; pour les banques, c’est la composition de leurs portefeuilles. Quoi qu’on fasse, elles sauront toujours trouver la parade.
[…]
Tout le reste est de l’eau tiède. On parle de renforcer la coopération entre les régulateurs nationaux. C’est très bien, mais il faut reconnaître que même en Europe, où la coopération économique a atteint un niveau unique au monde (marché commun, monnaie commune), les régulateurs et les superviseurs nationaux sont parvenus à maintenir leurs prés carrés, soutenus par leurs gouvernements qui caressent tous l’idée d’utiliser la réglementation pour protéger les champions nationaux. On voit mal les Anglais et les Chinois soumettre leurs banques à une quelconque supervision supranationale, et les Français n’y sont pas plus disposés, ni aucun autre pays d’ailleurs.
[…]
Le G20 indique son intention de « revoir » les rémunérations des dirigeants. Il est éminemment souhaitable que ces rémunérations soient conçues de manière à encourager plus de prudence, et de nombreuses idées ont été avancées dans ce sens. Mais, dans les entreprises privées, ces rémunérations sont fixées par les actionnaires. On peut toujours essayer de légiférer en la matière, mais toute loi est faite pour être contournée. De plus, un pays plus laxiste a de fortes chances d’attirer les meilleurs talents, une tentation à laquelle il sera difficile de résister.
[…]
Le communiqué de Washington se garde bien de mentionner une refondation de Bretton Woods. Cette idée était mort-née, elle est désormais enterrée.
[…]
Finalement, que restera-t-il de ce G20 ? Probablement sa naissance. […] Dans presque tous les domaines, comment croire que l’opinion – lire : les intérêts – du Canada, de l’Italie, et même de la France, compte infiniment plus que celle de la Chine, de l’Inde ou du Brésil ?
[…]
Manifestement, le Sommet de Washington n’a pas été réuni pour être efficace, juste symbolique et spectaculaire. Malheureusement, ce ne sont ni les symboles ni les spectacles qui règlent les grandes questions du monde.

Commentaires : Le point de vue d’un économiste, qui appartient au système, est beaucoup plus riche d’informations que beaucoup de critiques de « gauche » (si ce terme a encore un sens).

L’enjeu du Sommet du G20 (4) suite


Le Sommet du G20 fut un succès parce qu’il s’est contenté de préconisations (Le texte complet est publié par The New York Times). L’une d’entre elles est plus importante qu’il n’y paraît :

A moyen terme, mieux refléter l’évolution des poids des économies dans le FMI et la Banque mondiale.
NouvelObs

Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 ont convenu samedi d’accroître la représentation des pays en développement au sein du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, selon le communiqué publié à l’issue de leur premier sommet, à Washington.
Romandie News

Mais cette participation a un prix :
• La Chine devrait prêter plus d’argent au FMI (on parle de 100 milliards de dollars) pour occuper une place plus importante.
• Plus de 150 pays, dont la plupart des pays d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie, n’auront pas le droit d’émettre leurs vues sur l’ordre financier international.
• Le FMI et la Banque mondiale feront encore payer aux plus pauvres les pertes des plus riches (Le Grand Soir).

La Chine n’est pas pressée d’affirmer sa puissance, en pillant l’Afrique et l’Amérique latine, car le temps joue en sa faveur. Pendant que Nicolas Sarkozy attire l’attention des médias, Hu Jintao « renforce la coordination face à la crise financière » avec le Brésil et la Russie.

La retour à la réalité risque d’être brutal :

Première réaction des marchés, les places du Golfe seules ouvertes le dimanche, ont chuté déprimées par les mauvaises perspectives économiques, Dubaï perdant notamment 4,5%.
AFP – Yahoo! Actualités

Wall Street aura du mal à éviter d’être dans le rouge la semaine prochaine, résultats de sociétés et indicateurs économiques risquant d’attester d’un ralentissement conjoncturel prolongé.
Reuters – Yahoo! Actualités

L’enjeu du Sommet du G20 (4)


Le Sommet du G20 s’achève sur des déclarations de principe et un vague plan d’action, qui ne mécontente personne et satisfait donc tout le monde.
Cela est illustré par cette dépêche, dont la pauvreté de contenu est compensée par le titre « Le plan d’action du G20 en détails » et l’accroche « Plus aucune zone d’ombre, des places financières sous haute surveillance, le G20 veut davantage de régulation » (Euronews – Yahoo! Actualités).

Nicolas Sarkozy présente l’événement comme « historique » pour s’en attribuer naturellement tous les mérites. Le plus intéressant est dans cet aveu (Reuters – Yahoo! Actualités) :

Il s’est réjoui que le président chinois Hu Jintao n’ait « rien bloqué », que son homologue coréen ait été « très moteur » et le Premier ministre indien « très coopératif ».

Hu Jintao a fait des propositions pour l’avenir car, selon la Chine, le G20 est la première étape d’un processus (Xinhua) :

La réforme du système financier international doit permettre d’établir un nouvel ordre financier international qui est juste, inclusif et méthodique et qui crée un environnement institutionnel en faveur d’un bon développement de l’économie globale », a-t-il indiqué.

Il faut qu’elle soit menée de manière complète, équilibrée et progressive en accordant l’importance à ses résultats.

Une réforme complète est celle qui a un plan général et comprend des mesures pour améliorer non seulement le système financier international, le système monétaire et les institutions financières, mais aussi les règles et les procédures financiers internationaux », a-t-il précisé.

« Une réforme équilibrée est celle qui est basée sur une considération globale et cherche un équilibre entre les intérêts de toutes les parties« , a dit le président chinois.

Si la presse russe rapporte avec gourmandise que «l’intervention du président russe lors du sommet financier du G20 à Washington a été qualifiée samedi « d’extraordinaire » par le Wall Street Journal», elle ne dit pratiquement rien de plus (RIA Novosti).

Luiz Inacio Lula da Silva a plaidé pour une meilleur représentation politique des pays en développement (Xinhua) :

M. Lula, président par intérim du G20, a appelé également à une régulation équitable du système financier international et de l’économie mondiale.

Selon lui, le G8 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne, Canada, Russie) n’est plus approprié dans le monde mondialisé d’aujourd’hui et le G20 devrait jouer un rôle plus important dans la définition des régulations financières internationales.

« Nous parlons maintenat du G20 parce que le G8 n’a plus de raison d’exister, en d’autres termes, les économies émergentes doivent être prises en considération dans le monde mondialisé d’aujourd’hui », a-t-il dit.

« Les organisations multilatérales et les règles internationales existantes ont été rejetées par l’histoire. Le Fonds monétaire internationale et la Banque mondiale devraient s’ouvrir davantage à une plus grande participation des économies en développement », a dit M. Lula dans son discours prononcé lors du sommet du G20.

« Cela signifie plus de voix et plus de représentations pour les pays en développement« , a-t-il souligné.

Sommet du G20 : les réactions, NouvelObs.

L’enjeu du Sommet du G20 (3)


Le Sommet du G20 «a pour objectif de réformer et réguler le système financier international» (RFI), mais cette déclaration officielle masque l’intérêt des États-Unis à maintenir un statu quo politique qui leur est favorable.

De nouvelles alliances se sont nouées, celle entre l’UE et la Russie (Monde en Question) et celle entre Tokyo, Pékin et Séoul (RIA Novosti) et entre l’Europe et l’Asie.

Mais il est douteux que ces alliances aboutissent à «tenir compte des intérêts des nouvelles puissances économiques que sont la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie, ou encore les pays exportateurs de pétrole» (Les Affaires).

Mais un processus est en cours, qui inexorablement aboutira à un nouveau partage du pouvoir politique au sein des organisations internationales conforme au pouvoir économique (Xinhua).

Le temps joue en faveur de la Chine :

[Les économistes et les experts financiers chinois ] pensent que les participants au Sommet vont probablement attendre que la Chine commence à jouer un rôle plus important et prenne sur elle plus de responsabilité en fonction de sa grande taille économique.

A court terme, les économistes et les experts financiers pourraient s’adresser à la Chine pour qu’elle fournisse des liquidités en dollars américains aux banques centrales de nombreux pays, lui demander de continuer à détenir des actifs en dollars dans les réserves de devises étrangères, et, à moyen terme, de demander qu’elle adopte un système plus flexible du taux de change.

En mettant en évidence l’importance croissante de la Chine, certains économistes suggèrent aussi qu’on pourrait lui donner une position plus importante dans les principaux organismes monétaires internationaux afin qu’elle puisse jouer une fonction dans le remodelage de la nouvelle structure financière internationale.

Wang Tao, économiste de l’UBS Securities a dit à China Daily: « La question d’accroître le rôle de la Chine dans les organismes internationaux importants, comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, sera certainement discutée ».

Le Quotidien du Peuple

G20 : les USA doivent en priorité éliminer les actifs « toxiques », Aujourd’hui le Japon

Le Premier ministre japonais Taro Aso va pousser lors du sommet du G20 à Washington pour que les Etats-Unis et les autres pays touchés par la crise donnent la priorité à l’élimination des actifs « toxiques » des bilans de leurs établissements financiers.

« La première chose à faire c’est de donner une information complète sur les crédits douteux et retirer ces actifs à problèmes des bilans » des banques et autres institutions qui en détiennent, a indiqué Kazuo Kodama, porte-parole du ministère des Affaires étrangères nippon.

Le porte-parole a émis une critique à peine voilée de déclarations récentes du secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson qui a annoncé mercredi qu’il privilégiait désormais l’apport par l’Etat de capitaux aux banques, plutôt que d’utiliser l’enveloppe budgétaire de 700 milliards de dollars à sa disposition pour leur racheter leurs actifs invendables.

La Russie commence à former une zone rouble, RIA Novosti

Après la Biélorussie, la zone rouble sera sans doute étendue à la Moldavie où les chefs de gouvernement des pays membres de la CEI (Communauté des Etats indépendants) se sont réunis vendredi pour discuter de « l’intempérie financière » dans le monde. La Moldavie pourrait être suivie de la Chine et des autres pays BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).

L’enjeu du Sommet du G20 (2)


L’enjeu du Sommet du G20 tourne autour du leadership du Nord (USA et UE) contre le Sud. La Russie et la Chine, aidées par l’UE, joueront un rôle majeur pour réduire l’influence politique des États-Unis à son poids économique.

Il est significatif qu’avant le G20 Wall Street soit en baisse (Le Journal des Finances) alors que les bourses d’Asie sont en hausse (Le Journal des Finances).

Tous ceux qui plaident pour un « Bretton Woods II » cherchent à appliquer une recette du passé, mais le BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) plaide pour un rééquilibrage politique :

La crise, que beaucoup imputent à des prises de risque excessives et à une gestion déficiente des risques sur les marchés financiers, a mis en évidence la nécessité d’une réforme complète de la structure économique et financière globale existante, en d’autres termes du système Bretton Woods (du nom des accords qui gouvernent la finance mondiale depuis la fin de la seconde guerre mondiale), a précisé M. GGe Huayong [directeur éxécutif de Chine au FMI].

La réforme monétaire et financière internationale devrait respecter les deux principes de réforme continue et de large participation pour que tous les pays dans le cadre économique et financier global puissent équilibrer leurs droits et obligations et prendre part équitablement au processus d’élaboration de régulations, a-t-il ajouté.

Xinhua

Ce Sommet du G20 «est l’occasion pour la Chine d’affirmer sa puissance en montrant la voie à suivre» :

« Avec près de 2 milliards de dollars en réserves étrangères et un excédent budgétaire, la Chine a des marges plus larges de relance budgétaire que les gouvernements de nombreux pays en voie de développement, qui doivent en plus faire face à de déficits extérieurs élevés et le fardeau de la dette », a déclaré Jing Ulrich, directrice générale et présidente de China Equities J.P. Morgan.

Les économistes disent que la Chine est une trop grande économie qui ne montre pas sa position aujourd’hui. C’est pourquoi ils pensent que les participants au Sommet vont probablement attendre que la Chine commence à jouer un rôle plus important et prenne sur elle plus de responsabilité en fonction de sa grande taille économique.

En mettant en évidence l’importance croissante de la Chine, certains économistes suggèrent aussi qu’on pourrait lui donner une position plus importante dans les principaux organismes monétaires internationaux afin qu’elle puisse jouer une fonction dans le remodelage de la nouvelle structure financière internationale.

Aujourd’hui la Chine

Considérable bouleversement discrètement en cours, Dedefensa

Il devrait suffire de consulter cette réponse du président russe Dmitri Medvedev à une question, dans l’interview du Figaro, le 13 novembre, pour mesurer le changement intervenu dans les relations paneuropéennes, essentiellement entre la Russie et les grands pays de l’UE, et plus généralement dans les relations internationales en général, avec les deux crises successives de Géorgie (7 août 2008) et du système financier international (15 septembre 2008). La question est celle-ci: «Vous participez ce week-end au sommet de Washington sur la crise. Arrivez-vous à Washington avec des propositions précises?», – et cette question, en vérité, aurait aussi bien pu mentionner le sommet entre la Russie et l’UE, aujourd’hui à Nice, avant le sommet du G20 à Washington…

Voici la réponse de Medvedev :

«Non seulement je vais arriver avec des propositions mais je les ai déjà envoyées au président Sarkozy, au premier ministre Berlusconi, à la chancelière Merkel, au premier ministre Brown. Ce n’est pas un secret, nous partageons la même vision de la genèse et de la nature de la crise. Nous devons trouver des solutions pour stabiliser durablement le système financier et le réformer. Comment minimiser les dégâts de la crise actuelle ? Comment éviter la répétition d’une telle crise ? Nous devons trouver les réponses à ces deux questions clés.

»La nouvelle architecture financière mondiale doit être en premier lieu plus transparente, plus prévisible. Il faut jeter les bases d’un nouveau Bretton Woods qui comprendra de nouvelles institutions internationales de crédit, un nouveau système de comptabilité, un nouveau système d’assurance du risque. Nous avons proposé l’idée d’un système d’alerte préalable des risques, qui doit être repris à leur compte par tous les pays.»

[…]

L’Europe est particulièrement en pointe dans cette transformation, au travers de la transformation ultra-rapide, actuellement en cours, des relations entre les “acteurs essentiels” de l’UE et la Russie. La situation ridiculise absolument cette évaluation des proclamations de la fin août 2008 sur l’“isolement de la Russie” (crise géorgienne), – il y a seulement trois mois! – comme celle d’une époque antédiluvienne. Il y a une dynamique historique en marche qui nous paraît irrésistible. Les USA d’Obama, avec quelque retard, devraient chercher à suivre, – cela, au lieu de l’analyse convenue d’un monde dans l’attente d’un “leadership restauré” des USA, antienne d’une autre époque, dépassée et obsolète. («Dans cette bulle [d’] “obamania”, il y a quelque part en creux l’attente d’un leadership américain mais, cette fois, éclairé, bon et éclairé»; cette analyse émouvante de Pierre Lellouche à France 24 le 7 novembre 2008, aurait sans aucun doute eu son petit succès en 1981, par exemple.) On n’a certainement jamais vu autant d’activité diplomatique de coopération et de transformation qu’en cette période d’une transition si importante aux USA, c’est-à-dire avec les USA absents, – Bush inexistant, Obama pas encore installé. L’activité diplomatique intense en cours montre que le monde n’est nullement en attente d’une “restauration” du leadership US pour recommencer à fonctionner, mais qu’il fonctionne effectivement.

Revue de presse française, NouvelObs

LA CHARENTE LIBRE
L’Europe, outre l’intérêt qu’elle a d’agir de concert avec Moscou lors du sommet du G20, ne peut oublier qu’elle dépend pour la moitié de ses importations de gaz de la Russie.

LA PRESSE DE LA MANCHE
Nicolas Sarkozy a rappelé à plusieurs reprises que les accords de Bretton Woods qui, après la guerre, ont organisé le système actuel autour du dollar-étalon, établi monnaie de référence, n’ont plus guère de sens aujourd’hui, sinon la force de l’habitude. Tout simplement parce que l’Amérique a joué et triché avec sa monnaie, sous prétexte que son statut la rendait intouchable. La dette américaine de l’Etat fédéral, des cinquante Etats, des collectivités, des entreprises et des particuliers, est considérable, elle n’a rien à voir avec la valeur affichée du dollar. Ce qui explique la confiance qui se porte vers l’euro qui, insensiblement, devient une monnaie de référence plus crédible, pour de nombreux pays. Pour Nicolas Sarkozy, l’hégémonie du dollar est à revoir, et il n’est pas sain qu’une seule monnaie puisse vivre sur le dos des autres.

Commentaires : Nicolas Sarkozy reprend la position de de Hu Jintao (Chine) et Dimitri Medvedev (Russie).
Lire aussi :
• Nicolas Sarkozy, porte-parole de Hu Jintao, Monde en Question.
• Sarkozy, porte-parole de Medvedev, Monde en Question.
• Dmitri et Nicolas en hyper-phase, Dedefensa.

Sommet de Nice : Russes et Européens en quête d’alliance avant le G20, AFP – Yahoo! Actualités

Les dirigeants russes et européens, qui sont confrontés à un climat économique de plus en plus difficile, ont multiplié les signes de convergence sur ce sujet ces derniers jours.

Le G20 de Washington va chercher à enrayer la crise, la récession s’étend, AFP – Yahoo! Actualités

La marge de manoeuvre du président américain, en fin de mandat, est de toute façon réduite. Et les deux mois qui séparent son successeur Barack Obama de sa prise de fonction pourraient également encourager l’immobilisme de Washington.

Les Européens admettent que la réunion de Washington ne débouchera pas sur un nouveau « Bretton Woods », du nom des accords ayant donné naissance en 1944 à l’architecture financière actuelle, comme certains le souhaitaient, notamment les Français.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a averti qu’il ne fallait pas attendre « dans l’immédiat un miracle » de ce sommet, mais plutôt le « début d’un processus ».

Le G20 a quelques mois pour changer le système financier mondial, Reuters – Yahoo! Actualités

George Bush invitera ainsi la communauté internationale à réparer le système financier international et non à le « démanteler » et défendra l’idée que la liberté des marchés reste « le meilleur système », a fait savoir mercredi la Maison blanche.

Les pays émergents, eux, mettent en avant un renforcement de leur participation aux institutions internationales.

L’UE, qui sera en force autour de la table – France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Pays-Bas et Commission européenne, défendra une position adoptée vendredi dernier par les 27 à Bruxelles.

Commentaires : La position de l’UE est proche celles de la Chine et de la Russie.

Le G20 se mobilise face à la crise, première récession en zone euro, AFP – Yahoo! Actualités

Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays exerce la présidence de l’Union européenne, a estimé que la réunion du G20 « ne doit pas être un sommet pour rien ». « La crise financière est d’une très grande gravité. (…) il faut changer les choses, il faut les changer durablement, structurellement », a-t-il déclaré.

Il a salué l’engagement de la Russie dans la recherche de solutions à la crise, lors d’un sommet UE-Russie à Nice (sud de la France).

« Je crois pouvoir dire là aussi que les propositions russes, techniques, financières, économiques, sont de grande qualité et qu’elles se rapprochent beaucoup des propositions européennes », s’est félicité M. Sarkozy.

L’enjeu du Sommet du G20 (1)


Medvedev : la Russie et l’UE vont « parler d’une seule voix » au G20, AFP – Yahoo! Actualités

Le président russe Dmitri Medvedev a estimé jeudi que la Russie et l’Union européenne vont pouvoir « parler d’une seule voix » au sommet de Washington (G20) sur la crise financière.

Commentaires : Dmitri Medvedev exprime ce vœu dans le cadre du Sommet Russie-UE qui s’ouvrira le 14 novembre à Nice.
RIA NovostiYahoo! Actualités

G20 – Votre mission : sauver l’économie mondiale, LCI

Les grands pays émergents, qui continuent à tirer la croissance mondiale, veulent de leur côté pousser la porte du club fermé des pays riches pour être associés à part entière à la conduite des affaires économiques de la planète. A la faveur de la tempête financière qui fait trembler les économies les plus avancées, le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, qui forment le groupe dit des « Bric », ne veulent plus se contenter d’un strapontin aux discussions sur la nouvelle architecture financière. La nouvelle influence de ces pays, et en particulier de la Chine, s’est fait sentir avec l’annonce par Pékin d’un plan de relance record de 586 milliards de dollars qui a dopé lundi toutes les Bourses mondiales.

Le Brésil et l’Inde, qui se sont faits les porte-paroles des émergents, réclament une nouvelle gouvernance pour éviter des crises à répétition qui touchent durement les plus pauvres très dépendant de leurs exportations de matières premières. Ces pays ont déjà obtenu partiellement gain de cause lors d’une réunion le week-end dernier à Sao Paulo des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays les plus industrialisés et des principaux pays émergents. Ceux-ci ont en effet reconnu la nécessité de « réformer en profondeur » les institutions financières internationales. Reste aux « nouveaux grands » à transformer l’essai, dès samedi.

Commentaires : Le Sommet du G20 s’ouvrira le 15 novembre à Washington.
Yahoo! Actualités

Attention chefs d’Etat : le sommet du 15 novembre sera aussi celui de la dernière chance !, AgoraVox

Durant l’été 1933 et alors que les gouvernements américains et britanniques sont sur le point de perdre le contrôle de la situation, un sommet international est organisé à Londres, sommet qui se solde toutefois par un échec pitoyable, entraînant dans son sillage l’effondrement des économies US et allemandes qui devaient se contracter de 50% dans les années à venir. Les années suivantes seront alors dominées par un chômage atteignant progressivement le tiers de la masse salariale des pays développés et devant se maintenir à des niveaux records – à deux chiffres – pendant plus de dix ans par la suite…

Commentaires : L’histoire ne se répète pas, elle bégaie a dit Karl Marx. L’enjeu du Sommet du G20 tourne autour du leadership du Nord contre le Sud. Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine joueront un rôle majeur pour contrecarrer le poids actuel des États-Unis. Lire : BAKER Dean, La crise financière est aussi un conflit Nord-Sud, ContreInfo.