Chine en Question

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Universitaires anti-chinois


L’ignorance de la Chine est notre lot commun, ignorance soigneusement entretenue non seulement par les médias dominants, mais aussi par les universitaires, surtout les sinologues, qui véhiculent le plus souvent une vulgaire propagande anti-chinoise.

Cette étude de cas explore les carences de deux auteurs, l’un scientifique et l’autre sinologue, qui à presque soixante ans d’intervalle (1961 et 2018) sont présentés comme significatifs dans leur domaine.

Un scientifique

Pierre Rousseau fut un vulgarisateur scientifique qui faisait autorité à son époque et a écrit une Histoire des transports [1].

C’est un rare privilège de mériter à la fois l’attention admirative du public et l’estime raisonnée des savants.
op. cit. quatrième de couverture

Or son Histoire des transports fait l’impasse sur la Chine. L’auteur s’en explique :

N’oublions pas que le monde méditerranéen ne peut être regardé comme le nombril du globe, pas plus que ses habitants ne sauraient avoir tout inventé. Rappelons-nous que la Chine possédait un réseau routier et une organisation des transports publics quelque mille ans avant notre ère, et qu’il y avait dans l’Inde, vers le même moment, des caravanes qui allaient vendre, jusqu’en Iran et en Afghanistan, soieries, armes et parfums. Ce serait donc céder à un fâcheux « occidentalocentrisme », pourrait-on dire, que passer sous silence l’œuvre de pays aussi différents ou ne point réserver à ceux-ci une place proportionnée à l’importance de leur apport.
C’est néanmoins ce que nous ferons ici, en toute connaissance de cause et sans solliciter d’absolution. C’est un fait, en effet, d’abord que le type de civilisation qui nous gouverne fut forgé par les peuples méditerranéens, et non par les Chinois ou les Incas ; ensuite que c’est ce type même qui fut adopté peu à peu par tous les peuples, au fur et à mesure qu’ils accédaient à la conscience historique. […]
Il nous paraît donc des plus légitimes de continuer à concentrer notre attention sur ces peuples de la Méditerranée ou de la Proche-Asie qui avaient écrit déjà le prologue de notre histoire des transports. Prologue, oui, car, grâce à ces peuples et sept ou huit siècles avant notre ère, tout était en place pour que le rideau se levât. Et c’était sur la scène de la Grèce et de Rome qu’il allait s’ouvrir.
op. cit. p.37 et 38

Alors que jusque-là [479 avant notre ère] l’histoire du monde et de la civilisation s’était confondue avec celle de l’Asie, l’humble Europe, par la Grèce, signalait pour la première fois sa présence. Sur le vaste continent de ténèbres qu’était le monde occidental, Athènes venait, pour la première fois d’allumer une lueur.
Une lueur qui devint une éblouissante clarté quand, débarrassée de la menace asiatique, Athènes put s’adonner librement à son goût de l’activité et du commerce.
op. cit. p.39

Si le style peut prêter à sourire aujourd’hui, l’argumentation reste d’actualité y compris la justification de la colonisation, nommée ici accès à la conscience historique, des peuples d’Amérique, d’Afrique et d’Asie.
Cinquante ans plus tard, beaucoup d’universitaires font encore l’impasse sur la Chine. Ainsi Immanuel Wallerstein, sociologue proche du mouvement altermondialiste, a produit le concept système-monde qui reste centré sur les États-Unis et n’englobe pas la Chine [2] !

Une sinologue

Cette spécialité est un produit de la colonisation qui, à partir du XVIe siècle, fut le projet économique et politique de l’Europe. On n’imagine pas celle de francologue qui serait compétent dans l’étude non seulement de la langue, mais aussi de la philosophie, des sciences sociales (économie, politique, etc.), des sciences pures (mathématiques, astronomie, physique, chimie, biologie, etc.), des techniques, des arts, de la littérature, de la géographie et de l’histoire.

Ceci dit, Anne Cheng a des compétences linguistiques reconnues, mais obscurcies par ses préjugés politiques. Alors qu’elle a traduit les Entretiens de Confucius et qu’elle a fait des cours sur Confucius au Collège de France pendant de nombreuse années [3], elle pratique le double-langage [4] en dénigrant l’étude de Confucius… en Chine.

Depuis 2015, elle poursuit un nouveau cycle de cours sur le thème Universalité, mondialité, cosmopolitisme – Chine, Japon, Inde.

A rebours des discours ambiants, ceux des médias et ceux des autorités chinoises, sur la Chine, entité autosuffisante, selon ses mots l’an passé, la sinologue renoue le fil avec son interrogation pluriannuelle et nous propose de « décentrer la Chine », de regarder au-delà de son poids économique et géopolitique, de questionner les empires antiques sur la longue durée et un « espace circulatoire plus large » où s’esquissent les interactions avec les grands voisins, l’Inde et le Japon. Il s’agit de « d’interroger », nous dit-elle, la prétention chinoise à l’universalité.

« Cette prétention à l’universalité a-t-elle un fondement historique » demande encore Anne Cheng, alors que la Chine s’est lancée dans l’ambitieux projet « One Belt, One Road », selon la traduction anglaise de la volonté de la Chine de ceinturer une partie du monde (il n’y a guère que le continent américain pour échapper, semble-t-il, à la nouvelle route de la soie qui relie la Chine par voie terrestre et maritime à ses voisins et aux pays plus lointains engagés dans les échanges avec elle). Comment cette nouvelle route contourne-t-elle l’Inde, la question est esquissée aujourd’hui.

Le problème vient du fait que Anne Cheng affirme la prétention chinoise à l’universalité sans le démontrer. Elle applique mécaniquement à la Chine, qui redevient la première puissance économique qu’elle était au XVIIIe siècle, le concept occidental d’universalisme créé pour justifier la colonisation des Amériques, de l’Afrique et de l’Asie [5].

12/03/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Notes et références

[1] Pierre ROUSSEAU, Histoire des transports, Fayard, 1961 [cité en 1996 dans un mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine].

[2] Serge LEFORT, Les impasses de Wallerstein, Monde en Question.

[3] Entretiens de Confucius [Traduction Anne CHENG], Points Seuil, 1981 [Archives des sciences sociales des religionsRevue Philosophique de Louvain].
Anne CHENG, Cours au Collège de France.

[4] Le ressac de l’histoire – Réflexions sur les amnésies chinoises : entretien avec Anne Cheng, Vacarme, 23/06/2010.

Mon travail est le produit d’une situation. Je suis née de parents chinois dans la France de l’après-guerre : mon père y était venu pour étudier le chant, ma mère la peinture occidentale aux Beaux-Arts, deux artistes en herbe dans la bohème parisienne. On parle souvent de comique de situation ; dans mon cas, ce serait plutôt un tragique de situation : ma mère a choisi de rentrer en Chine à l’été 1966, aux premiers signes de la Révolution culturelle. À peine âgée de dix ans, j’ai vu ma mère disparaître et suis restée sans nouvelles pendant plus d’une décennie. Je ne savais même pas si elle était encore vivante : la Chine de la Révolution culturelle s’était coupée du monde. C’est là qu’a commencé mon tiraillement entre les deux extrémités du continent eurasiatique. Je reprendrais volontiers à mon compte le titre du tout premier film de Dai Sijie, Chine, ma douleur. Par ma situation, la Chine est une part de moi : j’ai été nourrie à la chinoise et le chinois est la première langue que j’ai parlée. Mais il y a eu cette cassure. La Chine, intimement, ce n’est donc ni l’Autre, ni l’exotisme, ni même la jolie Chine, celle de la jolie peinture et de la jolie poésie : c’est d’abord l’expérience d’une certaine forme de violence, du vécu et du non-dit.

[5] François JULLIEN, De l’universel, de l’uniforme, du commun et du dialogue entre les cultures, Fayard, 2008 [FiligraneHommes et migrations].

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

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La Chine imaginaire construite par les médias et les sinologues


 

Au seuil d’une nouvelle année, nous aimons faire la rétrospective de ce qui s’est passé et envisager l’avenir. Respectant cette tradition, je voudrais expliquer aux lecteurs occidentaux que la Chine est absolument une chance pour l’Europe et non une menace. La raison est très simple : entre la Chine et l’Europe il n’existe aucun conflit, qu’il soit d’ordre géopolitique, commercial, militaire ou financier. Depuis des milliers d’années, la Chine garde son art de vivre à travers « l’harmonie respectueuse de la diversité » de Confucius. La Chine vise toujours à « rechercher des vues identiques tout en mettant de côté les divergences », en d’autres termes, c’est « la coopération gagnant-gagnant ».

Cependant, mon intention a changé après la rétrospective 2017 faite par des médias français dans les reportages et commentaires portant sur l’un des événements majeurs survenus en Chine : le XIXe Congrès du PCC et le deuxième mandat de Xi Jinping. Puisque les Français ne peuvent pas connaître la Chine réelle à travers les médias, il est vain de souligner que la Chine n’est pas une menace. La presse française et certains sinologues butés font flèche de tout bois pour créer une « image imaginaire de la Chine » dans la tête des Français. Voilà la clé du problème.

[…]

Un autre exemple me vient à l’esprit. Les Chinois ont l’habitude d’épargner comme les Français, mais dans la bouche de Valérie Niquet, une « sinologue » française, les Chinois doivent déposer l’argent à la banque, car il n’existe pas de régime de retraite en Chine. La Chine sans régime de retraite ?! Je ne sais pas combien de gens en Europe croient ce mensonge, mais la Chine possède non seulement un régime parfait de retraite pour tous les travailleurs urbains, et depuis 2010, les habitants ruraux profitent aussi du nouveau type d’assurance vieillesse. Plus de 90% des paysans touchent actuellement la pension de vieillesse. Pour être honnête, la pension de retraite des fonctionnaires chinois est bien meilleure par rapport à celle en France. En Chine, tous les fonctionnaires masculins prennent la retraite à 60 ans, et pour les femmes à 55 ans. La pension de retraite équivaut à 80% du salaire avant la retraite. Lors de la retraite, le niveau de vie des fonctionnaires n’est pas considérablement diminué. Ils peuvent maintenir leur train de vie. Mais en France, les gens ne recevront une retraite qu’après avoir travaillé plus de 40 annuités, et la façon de la calculer est aussi étrange : 50 % du salaire moyen des 25 meilleures années. Les meilleurs salaires sont aux dernières années de la carrière, donc un fonctionnaire français retraité prendra moins d’une moitié de son salaire. De fait son niveau de vie baisse immédiatement. Mme Niquet ne connaît-elle pas la situation réelle ? Ou bien a-t-elle l’intention de tromper la population française ? Je ne sais pas.

Lire l’intégralité de l’article : ZHENG Ruolin, Deux images de la Chine : l’imaginaire et la réelle, La Chine au présent, 04/01/2018.

Lire aussi :
Jonathan D. SPENCE, La Chine imaginaire – Les Chinois vus par les Occidentaux de Marco Polo à nos jours, Presses de l’Université de Montréal, 2000 [Google Books].
Depuis sept siècles, la Chine exerce une étonnante fascination sur l’Occident. Dès les premiers contacts, elle est apparue comme un objet de désir plutôt que de connaissance et, très vite, elle est devenue une construction imaginaire et un enjeu des débats internes de l’Occident. C’est l’histoire de la Chine comme l’ont comprise et imaginée les Occidentaux que retrace ici le grand sinologue américain Jonathan D. Spence. Pour rendre compte de cette fascination, il fait appel aux récits des voyageurs, aux systèmes des philosophes, aux rapports des diplomates, aux témoignages des missionnaires et, surtout, aux œuvres des grands écrivains qui, de Mendes Pinto à Italo Calvino, en passant par Voltaire, Segalen et Brecht, ont voulu communiquer leur vision de la Chine. Grossiers ou subtils, généreux ou empreints de préjugés, sobres ou avides d’exotisme, ces documents nous en apprennent finalement autant sur l’Occident que sur la Chine.
ZHENG Lu-nian, Daniel HABER, Chine-Ocident – Le grand malentendu du XXIe siècle, L’Harmattan, 2010 [Chine en Question].
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Mamie Charlie


 

Comme nous pouvons le voir dans cet extrait d’un livre destiné aux enfants, la propagande anti-chinoise commence très tôt :

Mathilde a toujours pensé qu’au McDo, la boîte du menu enfant était mal dessinée, les frites molles, grasses et tièdes, le pain dégueu et la viande ratatinée, elle n’aime pas le ketchup ni les cornichons sucrés, et le Coca l’empêche de dormir. Qu’est-ce qui reste ? Le jouet, qui est marrant, et les nuggets de poulet, qui sont délicieux. Hélas, Mathilde est comme Mamie, elle veut se tenir informée de tout et elle a appris en regardant un reportage télévisé que les jouets étaient fabriqués en Chine par des enfants esclaves et que les Chicken Mc Nuggets étaient en fait des bouts de restes de poulet fou raclés sur les carcasses et recollés ensemble sous de la chapelure camouflage. Alors il ne reste rien.
Sophie CHÉRER, Pourquoi Mamie n’est pas gâteau, L’école des loisirs, 2004 p.30-31.

Le pire est que ce livre soit recommandé en ces termes : « Avec ce petit roman, Sophie Chérer nous invite à revoir nos préjugés et à s’interroger sur nos différences. » [Ricochet]. Il s’agit donc de revoir les préjugés en faveur de McDo en faisant la promotion d’un reportage télévisé, promu comme la source d’information indiscutable, qui diffuse un discours violemment raciste contre les Chinois !

Ce cas n’est certainement pas unique, mais, comme j’habite au Mexique, je ne peux pas consulter les bibliothèques afin de recenser ces ouvrages qui relèvent du fascisme ordinaire promu par Charlie.

12/01/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Articles Charlie Hebdo, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Le papier dans la Chine impériale


 

Considéré comme l’un des quatre trésors du lettré chinois traditionnel, avec le pinceau, l’encre et la pierre à encre, le papier a conquis le monde entier à partir de la Chine.

Devenu le support privilégié de l’écrit, il s’est révélé indispensable à l’essor de l’imprimé. Mais les conditions de sa création, puis de sa fabrication au cours des âges sont restées relativement mal connues jusqu’à une période récente. Ouvrages historiques, littéraires ou techniques, encyclopédies ou monographies provinciales et locales, les principaux textes chinois sur le papier sont réunis dans le présent volume, et ce pour la première fois.

Cette histoire du papier par les textes nous fait découvrir toutes les variétés de sa production, depuis le papier non traité jusqu’aux papiers richement décorés, en passant par le papier monnaie fiduciaire et sacrificiel, les vêtements ou encore les objets récréatifs.

Jean-Pierre DRÈGE, Le papier dans la Chine impériale – Origines, fabrication, usages, Les Belles Lettres, 2017.

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Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Le livre technique avant le XXe siècle – À l’échelle du monde


L’histoire du livre technique constitue un champ neuf et peu développé. Si elle est relativement moins connue que celle du livre de science ou de la littérature artistique, elle concerne pourtant une production extrêmement riche, qui représente et met à l’œuvre l’intelligence pratique et l’esprit d’invention. Il suffit de penser aux Descriptions des arts et métiers, commandées au plus haut sommet de l’État sous l’Ancien Régime, aux spectaculaires « théâtres de machines », aux manuels de fonctionnaires circulant dans tout l’empire chinois, aux multiples traités qui ont formé des générations d’ingénieurs ou encore aux guides techniques destinés à améliorer les pratiques des artisans et des agriculteurs, pour comprendre qu’il s’agit d’une littérature importante à caractère universel faisant l’objet de circulations intenses entre les différentes parties du globe.

L’objet de ce livre est à la fois de combler une lacune du champ historique et d’interroger les relations entre l’économie du livre et le monde de la technique afin d’analyser la catégorie du livre technique à travers ses formes, ses fonctions, ses modes de diffusion et d’appropriation, avant le XXe siècle. Cet ouvrage contribue ainsi au dynamisme de l’histoire des techniques, soucieuse d’affirmer sa dimension culturelle, comme une histoire des savoirs et des représentations, et de s’inscrire dans les débats de l’histoire globale.

Liliane HILAIRE-PÉREZ, Valérie NÈGRE, Delphine SPICQ et Koen VERMEIR (sous la direction de), Le livre technique avant le XXe siècle – À l’échelle du monde, CNRS, 2017 [Table des matières].

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Travail, luttes sociales et régulation du capitalisme dans la Chine contemporaine


 

Les transformations économiques et sociales d’une Chine devenue capitaliste suscitent des commentaires fascinés ou craintifs. Quand les uns soulignent l’enrichissement de la population, le pragmatisme des dirigeants, et la grandeur retrouvée du pays, les seconds insistent sur les risques d’instabilité sociale, l’autoritarisme, la corruption et l’ampleur des dégâts environnementaux.

En cherchant à renouveler l’analyse du développement chinois et de ses conséquences, cet ouvrage collectif et pluridisciplinaire encourage le lecteur à se défaire d’une vision manichéenne des mutations en cours.

Pour ce faire, la transition économique est analysée au prisme des transformations institutionnelles et juridiques des entreprises et du rapport salarial. Si l’abandon des anciennes structures socialistes et le développement du secteur privé ont permis d’atteindre des taux de croissance inégalés sur plus de trois décennies, ils ont également conduit à la déstabilisation du monde du travail, avec l’émergence de conflits et de revendications qui menacent la stabilité sociale. Tout l’enjeu est alors de savoir avec quels acteurs (État, organisations de travailleurs, entreprises multinationales, « société civile ») et à partir de quels compromis sociopolitiques peut se construire une régulation « à la chinoise » du capitalisme.

Clément SEHIER, Richard SOBEL, Travail, luttes sociales et régulation du capitalisme dans la Chine contemporaine, Presses Universitaires du Septentrion, 2015 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine – Économie, Monde en Question.
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Le tour de Chine en 80 ans


 

Jacques Pimpaneau a consacré la majeure partie de sa vie à la Chine et s’est évertué à faire apprécier en France les subtilités sociales et culturelles du monde chinois.

Ni autobiographie ni savant ouvrage, ce récit relate à petites touches un parcours singulier, commencé par l’étude du chinois à Paris et un séjour à Pékin à la fin des années 1950, lors du « Grand Bond en avant » et de la famine qu’engendra cette politique économique désastreuse. Ce cheminement a abouti à ce qui, somme toute, reste important aux yeux de l’auteur, ce qu’il a retenu de la culture chinoise après avoir tout oublié. « Sinologue m’a toujours paru une insulte, car se prétendre spécialiste de la Chine est ridicule », proteste-t-il.

Outre les anecdotes et réflexions dont regorge ce livre, l’auteur y évoque les écrivains et les artistes qu’il a connus – notamment ceux qui ont marqué son regard sur la Chine et à qui il doit de n’avoir été ni maolâtre ni « expert » ès-chinoiseries, mais simplement, comme s’en souviennent ses anciens étudiants, un professeur pas comme les autres, pour lequel « les différences entre les cultures sont bien moindres que celles qui existent partout entre classes sociales ».

Jacques PIMPANEAU, Le tour de Chine en 80 ans, L’insomniaque, 2017.

L’auteur présentera son livre le 14 mars 2017 à 18h30 à La Maison de la Chine.

Dans sa présentation de l’auteur, l’éditeur utilise l’expression « Empire du Milieu ». Nommer la Chine « Empire du Milieu » relève d’une ignorance crasse car zhōng guó se traduit par pays du milieu et la Chine est une République depuis 1912. Qu’on se le dise !

08/03/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
L’Empire du Milieu, Chine en Question.
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Les cinémas d’Asie


 

D’où vient l’engouement jamais démenti pour les cinémas d’Asie ? Quelles pistes de réflexion esthétiques, historiques ou théoriques posent-ils? Quels en sont les problématiques et les enjeux principaux ? Tels sont les axes qui structurent cet ouvrage évoquant des cinématographies aussi riches que celles du Japon, de la Chine, de Taiwan ou encore de la Corée du Sud et du Nord, de la Malaisie ou des Philippines…

Tout en questionnant la relation cinématographique entre l’Orient et l’Occident, et plus particulièrement les rapports des cinémas d’Asie entre eux, les spécialistes réunis dans cet ouvrage analysent les nombreuses interférences esthétiques qui se nouent par le cinéma. Qu’il s’agisse de repenser des notions cinématographiques telles que la perspective ou la profondeur de champ, de rejouer le conflit entre classicisme et modernité, ou de mettre en scène des mémoires et des événements historiques, les cinémas d’Asie continuent d’interroger notre regard.

Enfin, au-delà des émotions et des réflexions esthétiques, ce sont aussi les mutations contemporaines qui sont disséquées avec force.

Nathalie BITTINGER, Les cinémas d’Asie, Presses universitaires de Strasbourg, 2016.

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Photographie


 

Exposition sur le massacre de Nankin, [Texte en ligne].

Studying Photographers of the Chinese Communist Party, [Texte en ligne].
Les photographes du Parti communiste chinois ont pour la plupart commencé leur travail au cours de la Seconde Guerre sino-japonaise (1937-1945), leurs photographies ont a joué un rôle important dans la mobilisation de masse.

The Photographs of William Saunders, [Texte en ligne].

La collection photographique Chine de Louis-Jules Dumoulin, [Texte en ligne].

Photographs from the 1950s, [Texte en ligne].

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De l’architecture à la ville… en Chine


 

De l’architecture à la ville met en exergue le travail d’Arte Charpentier Architectes ces dix dernières années en Chine. Cette agence française, regroupant architectes, urbanistes, architectes d’intérieur et paysagistes, soit 130 personnes dans le monde, est présente en Chine depuis le début des années 1990 et a ouvert une agence à Shanghai en 2002.

Après ses premières réalisations exemplaires à Shanghai, parmi lesquelles l’Opéra de Shanghai, l’Avenue du Siècle à Pudong, la Rue de Nankin, transformée en rue piétonne, Arte Charpentier a créé depuis 2002 une centaine de projets dont presque un tiers sont construits ou en chantier, comme le quartier Changfeng à Taiyuan, le Grand Théâtre de Shanxi, le Musée d’Ala’er, le Centre de la Mode de Shanghai, Sinan Mansions, la Place de la Célébration pour l’Expo 2010, etc. Les projets, architecturaux et/ou urbains, répartis dans diverses villes et souvent lauréats d’un concours international, sont de grande envergure et de haut niveau, programmes importants et prestigieux. Ils relèvent dès que possible des thèmes de l’écologie et du développement durable et bénéficient pour leurs brillantes réalisations de la longue expérience d’Arte Charpentier Architectes.

Cet ouvrage se divise en quatre parties présentant les projets urbains, les équipements publics, le renouvellement urbain et les complexes bureaux et commerces. Pour cela, la genèse de 21 projets est exposée, avec leurs contraintes et leurs difficultés et bien sûr toutes les réponses apportées par les équipes d’Arte Charpentier Architectes. De l’architecture à la ville est le fruit d’une excellente pratique chinoise, où la créativité contemporaine et le respect de la culture locale sont parfaitement conciliés..

Arte Charpentier Architectes, De l’architecture à la ville, ICI Interface, 2012 [Texte en ligne].

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