Chine en Question

Blog dédié au Monde asiatique

Connaître la Chine : mission impossible ?



ZHANG Weiwei, The China Wave: Rise of A Civilizational State

 

Journaliste ayant travaillé en France pendant une vingtaine d’années, j’observe toujours de près les reportages publiés dans la presse française qui portent sur la Chine. Depuis les années 1990 jusqu’à nos jours, en passant par la première décennie de ce siècle, la Chine, peu abordée autrefois, est devenue un sujet qui focalise désormais l’attention des médias français. Un pic avait été atteint en 2008 où, tous les jours ou presque, on pouvait lire quantités d’informations sur la Chine. À l’heure actuelle, malgré une actualité relativement « froide », les sujets liés à la Chine continuent de faire l’objet de reportages et commentaires dans la presse française.

Tous les jours nous pouvons voir, lire et entendre des informations sur la Chine dans les médias français. […] En plus de ceux qui traitent des droits de l’homme, les autres, quels que soient leurs sujets, expriment sans exception des points de vue ostensiblement négatifs à l’égard de la Chine.

[…]

Mais quel motif pousse les journalistes français à avoir une vision si négative de la Chine ? Mes amis journalistes français m’ont expliqué qu’il existe de facto une actualité chinoise négative. Toutefois, nous pourrions poser la question suivante : n’existe-t-il pas des phénomènes négatifs dans les autres pays ? Pourquoi les journalistes français ne rapportent-ils que le côté sombre de la Chine lorsqu’ils couvrent les événements qui s’y produisent ?

[…]

Prenons la France comme exemple, toutes les enquêtes montrent que le peuple n’est satisfait ni du gouvernement ni du président qu’il a élu. La popularité de l’ex-président Hollande était tombée à 10 % à la fin de son mandat et trois mois après l’élection d’Emmanuel Macron, sa popularité ne cesse de chuter elle aussi. Pourtant, lorsqu’il s’agit du régime politique de leur pays, j’ai découvert avec surprise que les Français le soutiennent et pensent qu’il n’en existe pas de meilleur en France, mais aussi en Europe et dans tout l’Occident. Malgré les limites de plus en plus visibles du système d’élection démocratique occidental, l’opinion française continue de lui témoigner sa confiance même si ce fondement de la vie publique est incapable de résoudre les problèmes auxquels la société française fait face. C’est là une différence entre la Chine et la France, voire entre la Chine et l’Occident.

[…]

Pour exprimer le fond de ma pensée, si les médias français, voire occidentaux, dépeignent avec insistance une image si négative de la Chine, c’est dans le seul but de défendre leur système électoral démocratique. Les Chinois ne s’opposent pas au régime démocratique occidental qui doit ses origines à la culture et à la tradition occidentales et se révèle bien adapté aux pays occidentaux développés. Compte tenu des conditions propres de la Chine, la voie chinoise et le modèle chinois conviennent plus à son histoire et à sa tradition culturelle. Pour reprendre une phrase du président Xi Jinping, on sait par soi-même si on a trouvé chaussure à son pied. La Chine est une civilisation vieille de 5 000 ans. Depuis la guerre de l’Opium qui força la Chine, 170 ans auparavant, à ouvrir ses portes, le pays a subi des échecs et traversé une période difficile de tâtonnements à la recherche d’un modèle de développement qu’elle a trouvé aujourd’hui ; peut-être même que le modèle de développement chinois pourrait davantage convenir à d’autres pays qui n’ont pas connu la phase du colonialisme et de l’industrialisation.

ZHENG Ruolin, Connaître la Chine : mission impossible ?, Chine au présent, 01/09/2017.

Ma conclusion est beaucoup plus pessimiste que celle de l’auteur. Presque tous les journalistes occidentaux cultivent une ignorance crasse de la Chine d’hier et d’aujourd’hui et se contentent de répéter paresseusement et inlassablement la propagande anti-chinoise en utilisant l’expression coloniale Empire du Milieu.
Lire : Serge LEFORT, L’Empire du Milieu I, Chine en Question, 16/11/2012.
J’en veux pour preuve le nombre d’articles qui quotidiennement usent et abusent de ce vocable : Google ActualitésGoogle Actualités RSS.

17/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
ZHENG Ruolin, Les chinois sont des hommes comme les autres, Denoël, 2012 [Question ChineYouTube].
Serge LEFORT, zhōng guó, Chine en Question, 23/02/2010.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Publicités

Baramnan gajok – Une femme coréenne


 

Réalisateur : IM Sang-soo
Acteurs : Hwang Jung-Min, Moon So-ri, Yun Yeo-Jung
Durée : 1h47
Année : 2003
Pays : Corée
Genre : Drame
Résumé : L’histoire d’une ancienne danseuse mariée à un avocat de renom infidèle. Femme au foyer, elle décide de sortir de sa torpeur quotidienne en cédant aux charmes de son jeune voisin, un adolescent timide.
Fiche : IMDb
Partage proposé par : Anonyme DVD VOSTFR (Film rare)

Lire aussi :
Cinéma Corée, Ciné Monde.
Dossier Cinéma Corée, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Chine versus États-Unis


 

La clarté et la cohérence d’un penseur stratégique profond comme le président Xi Jinping contrastent avec les déclarations improvisées, contradictoires et incohérentes du président et du Congrès des États-Unis. Il ne s’agit pas d’une simple question de style, mais de fond.

La Chine a d’abord et avant tout établi des orientations stratégiques bien définies qui mettent l’accent sur les priorités macro-économiques et militaires des cinq, dix et vingt prochaines années [jusqu’en 2049 soit 32 ans !].

[…]

La Chine est devenue le chef de file mondial dans la réalisation de réseaux mondiaux d’infrastructures grâce à son projet One Belt One Road (la nouvelle Route de la Soie) qui va traverser l’Eurasie. Des ports, aéroports et chemins de fer chinois relient déjà vingt villes chinoises à l’Asie centrale, à l’Asie de l’Ouest, au Sud-Est asiatique, à l’Afrique et à l’Europe. La Chine a créé une banque asiatique multilatérale d’investissement dans les infrastructures (avec plus de 60 pays membres) qui a fourni 100 milliards de dollars pour le financement initial.

[…]

Le système chinois de planification centrale permet au gouvernement d’allouer des ressources à l’économie productive et à ses secteurs hautement prioritaires. Sous la présidence de Xi Jinping, la Chine a mis en place un système d’enquête et de justice qui a abouti à l’arrestation et à la poursuite de plus d’un million de fonctionnaires corrompus dans les secteurs tant public que privé. Un haut statut n’est pas une protection contre la campagne anticorruption du gouvernement : plus de 150 membres du Comité central et des ploutocrates milliardaires sont tombés. Il est tout aussi important de noter que le contrôle central exercé par la Chine sur les flux de capitaux (vers l’extérieur et vers l’intérieur) permet d’allouer des ressources financières aux secteurs productifs de haute technologie tout en limitant la fuite des capitaux ou leur détournement vers l’économie spéculative.

En conséquence, le PNB de la Chine a augmenté en moyenne de 6,5% à 6,9% par an, soit quatre fois le taux de croissance de l’UE et trois fois celui des États-Unis.

[…]

En revanche, le président et le Congrès des États-Unis n’ont pas élaboré de vision stratégique pour le pays, encore moins une vision liée à des propositions concrètes et à des priorités socioéconomiques qui pourraient profiter aux citoyens.

Les États-Unis ont 240 000 militaires, actifs et de réserve, stationnés dans 172 pays. La Chine en compte moins de 5 000 dans un seul pays – Djibouti. Les États-Unis ont placé 40 000 soldats au Japon, 23 000 en Corée du Sud, 36 000 en Allemagne, 8 000 au Royaume-Uni et plus de 1 000 en Turquie. La Chine dispose d’un nombre équivalent de personnel civil hautement qualifié engagé dans des activités productives dans le monde entier. Les missions outre-mer chinoises et leurs experts ont travaillé pour favoriser la croissance économique mondiale et chinoise.

Les nombreux conflits militaires sans fin que les États-Unis alimentent en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Libye, au Yémen, au Niger, en Somalie, en Jordanie et ailleurs ont absorbé et détourné des centaines de milliards de dollars qui auraient pu aller à des investissements productifs pour l’économie nationale. Dans quelques rares cas seulement, les dépenses militaires ont permis de construire des routes et des infrastructures utiles, ce qui pourrait être considéré comme à double usage, mais, la plupart du temps, les activités militaires américaines à l’étranger ont été totalement destructrices, comme en témoigne le démembrement délibéré de la Yougoslavie, de l’Irak et de la Libye.

[…]

Les États-Unis ont rompu leurs liens avec les centres de croissance dynamiques mondiaux. Washington recourt à une rhétorique auto destructrice idiote et chauviniste pour imposer sa politique commerciale, tandis que la Chine encourage les réseaux mondiaux par le biais d’associations commerciales. La Chine crée des chemins internationaux d’approvisionnement en reliant la haute technologie occidentale et la main d’œuvre bon marché orientale.

[…]

Alors que la Chine a élargi son horizon culturel, l’élite anglo-saxonne mondiale accroit les possibilités de guerre nucléaire. Le Financial Times traite le rayonnement culturel et économique de la Chine dans le monde entier de soft power subversif. Les esprits et les médias occidentaux considèrent l’expansion de la Chine comme un complot ou une conspiration. Tout auteur, penseur ou décideur sérieux qui a étudié et loué le succès de la Chine est écarté en tant que dupe ou agent du rusé président Xi Jinping. Sans substance ni réflexion, le Financial Times (27/10/17) met en garde ses lecteurs en leur demandant de rester vigilants et d’éviter d’être séduits par les succès chinois !

[…]

Pendant que les bombes américaines pleuvent sur le Yémen et que les contribuables américains financent le gigantesque camp de concentration israélien autrefois connu sous le nom de Palestine, la Chine construit des réseaux routiers et ferroviaires reliant l’Himalaya et l’Asie centrale à l’Europe.

Comme Sherlock Holmes exerçait son art de l’observation et de la déduction, les médias et les politiciens américains perfectionnent leur art de la manipulation et de la tromperie.

En Chine, les scientifiques et les innovateurs jouent un rôle central dans la production et l’augmentation de biens et de services pour la classe moyenne et ouvrière en plein essor. Aux États-Unis, l’élite économique joue un rôle central dans l’aggravation des inégalités, l’augmentation des profits par la réduction des impôts et la transformation du travailleur américain en un travailleur intérimaire mal rémunéré, destiné à mourir prématurément de causes pourtant évitables.

James PETRAS, China’s Strategic Economic Planning versus America’s Failed Capitalism, Global Research, 05/11/2017 – La Chine et les États-Unis – Planification rationnelle d’un côté, « Lumpen » capitalisme de l’autre, Mondialisation, 16/11/2017

Lire aussi :
Index Économie, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle Géoéconomie, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Le premier navire au monde à propulsion électrique mis à l’eau en Chine


 

La Chine a mis à l’eau le premier navire à zéro émission de gaz d’échappement au monde. Le bateau est propulsé par électricité !

Le premier navire à propulsion électrique au monde a été mis à l’eau le 12 novembre dernier à Guangzhou, dans la province chinoise de Guangdong (sud), ont annoncé les médias chinois.

Bâtiment de 2.000 tonnes, le navire a une autonomie de 80 km. Il faut seulement deux heures pour charger ses deux batteries au lithium. Leur capacité est de 2.400 kWh.

Le cargo en acier construit dans les chantiers navals de Guangzhou est long de 70,5m, large de 13,9 m et son tirant d’eau est de 3,3 mètres. Son équipage est de six personnes.

Selon les médias, le navire, qui n’utilise pas de pétrole et ne produit pas de déchets dangereux, transportera du charbon sur le fleuve Zhu Jiang.

​La Chine envisage d’utiliser la technologie de production de navires électriques pour élargir sa flotte de bateaux pour passagers et de cargos.

Source : Sputnik, 18/11/2017.

Lire aussi :
Dossier documentaire Sciences Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Supercalculateurs : la Chine règne en maître


 

Non contente de posséder les deux supercalculateurs les plus puissants de la planète, la Chine écrase les États-Unis dans le dernier top 500, avec 202 machines présentes dans ce classement, contre 143 pour son rival.
Lire la suite… Futura Tech, 15/11/2017.

L’article assez factuel est intéressant à un détail près. Le journaliste semble ignorer que la Chine est une République depuis 1911 et écrit Empire du Milieu, formulation hélas récurrente dans les médias français. Les médias étrangers, notamment anglo-saxons, n’utilisent jamais cette expression coloniale.
Lire : Commentaires, Futura Forum.

On remarquera la progression de la Chine dans ce domaine en comparant les données publiées il y a un exactement an.
Lire : Top500 : Les supercomputers gagnent en efficience énergétique Le Monde informatique, 14/11/2016.

16/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
China makes world’s fastest wind tunnel to test hypersonic weapons, RT World News, 16/11/2017.
La Chine construit la soufflerie la plus rapide du monde pour simuler des vols hypersoniques de 12 kilomètres par seconde dans le cadre du programme de développement d’armes hypersoniques du pays.
Le tunnel sera achevé en 2020 et permettra à la Chine d’effectuer des essais au sol d’avions hypersoniques, qui pourraient voyager de la Chine vers les États-Unis en moins de 14 minutes, selon le South China Morning Post.
Articles contenant l’expression Empire du Milieu, Google ActualitésGoogle Actualités RSS.
Ce lien est particulièrement destiné à un lecteur qui croit que cette expression coloniale n’est plus usitée par les médias dominants alors que j’ai comptabilisé plus de 186 000 occurrences entre le 15/11/2016 et le 15/11/2017.
Serge LEFORT, zhōng guó, Chine en Question, 23/02/2010.
Serge LEFORT, L’Empire du Milieu I, Chine en Question, 16/11/2012.
Dossier documentaire Sciences Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

4 Inyong shiktak – The Uninvited


 

Réalisateur : LEE Seo Goon
Acteurs : Park Shin-yang, Gianna Jun, Seon Yu
Durée : 2h07
Année : 2003
Pays : Corée
Genre : Horreur, Thriller
Résumé : Jeong-won prend un soir le métro pour se rendre à son nouvel appartement où il va emménager avec sa fiancée. Deux petites filles s’assoient à côté de lui. Scène des plus anodines. Le soir même, il découvre les deux petites, mortes calcinées, apparaissant dans son salon. Travaillant à la restauration d’un cabinet de psychiatre, il va faire la connaissance d’une mystérieuse jeune femme qui l’amènera peut être à comprendre ce qui lui arrive.
Fiche : DogaruIMDb
Partage proposé par : Anonyme DVD VOSTFR (Film rare)

Lire aussi :
Cinéma Corée, Ciné Monde.
Dossier Cinéma Corée, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

La guerre contre la Chine passe par Riyad


Les États-Unis sont en guerre contre la Chine depuis 1856 (seconde guerre de l’opium) aux côtés de l’Angleterre et la France. Il s’agissait de démanteler l’économie chinoise qui menaçait les grandes puissances alors que la dynastie Qing était dans sa phase décadente [1]. La République de Chine resta sous domination étrangère entre 1911 et 1949. La Chine retrouva son indépendance nationale en octobre 1949, date de la proclamation de la République populaire de Chine, mais ce n’est qu’à partir de 2001 qu’elle a retrouvé le niveau de développement qu’elle avait atteint au XIXe siècle [2].

Depuis 1945, les États-Unis contrôle tous les pays via une structure militaires divisée en cinq zones [3] via l’OTAN sous commandement américain et, depuis 2001, des partenariats de coopération militaire [4]. À cela s’ajoute les interventions de la CIA [5], celles d’armées secrètes sous couvert de l’OTAN [6] et, last but not least, le recours aux mercenaires divers et variés notamment les terroristes se réclamant de l’islam.

Ainsi, les frontières de la Chine sont sous le contrôle militaires des États-Unis (marron), auquel s’ajoutent les anciennes colonies américaines (orange) et les multiples groupes islamistes instrumentalisés (vert) sans compter les réseaux d’espionnage dont on ne sait rien par définition [7].

La guerre n’aura pas lieu ! La guerre n’aura pas lieu frontalement ni entre les États-Unis et la Chine ni, sauf un possible dérapage, entre les États-Unis et la Chine via la Corée. L’administration américaine de Donald Trump, comme celle de Barack Hussein Obama, maintiendra la pression aux frontières, notamment en mer de Chine, et poursuivra ses tentatives de déstabilisation au Xinjiang, après son échec au Tibet en 2008, et au Myanmar (Birmanie), mais la guerre se déroule sur le front économique.

L’étude de cas du coup de force, survenu à Riyad dans la nuit du 4 au 5 novembre dernier [8], montre que l’événement se comprend pour l’essentiel comme un épisode de la guerre économique entre les États-Unis et la Chine et, en l’occurrence, la bataille pour le contrôle de Saudi Aramco [9].

Nous pouvons ignorer complètement les centaines d’articles, dont la matrice est rédigée par quelques agences et qui sont ensuite copier-coller par tous les médias payants ou gratuits, car ils n’apportent aucun élément de réflexion.
Les rares analyses se révèlent très décevantes car elles s’en tiennent à une approche géopolitique, héritée du XIXe siècle et donc largement insuffisante [10].

Pour comprendre l’événement, il faut le placer dans son contexte géo-économique-politique et rappeler donc quelques faits.

1) L’Arabie saoudite est une monarchie islamique dirigée par la famille Saoud depuis sa création en 1932. L’État est la propriété privée de la famille royale ! II s’agit d’une famille élargie qui, jusqu’à aujourd’hui, maintenait un équilibre plus ou moins précaire fondé sur le partage des richesses du royaume entre les principaux clans [11].

2) La découverte de pétrole en 1938 transforme le pays sur le plan économique et marque le début d’une alliance stratégique avec les États-Unis, qui en échange d’un accès au pétrole, engage les États-Unis à protéger militairement la dynastie des Saoud [12].

3) Depuis cette date, l’économie de l’Arabie saoudite reposent exclusivement sur les revenus du pétrole gérés par la compagnie Saudi Aramco appartenant aux différents membres de la famille royale. La baisse structurelle de la rente pétrolière a créé une crise économique d’autant plus grave que les princes continuaient leur consommation ostentatoire des produits de luxe.

4) Pour tenter de sortir de cette crise, le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud décida d’ouvrir le capital de Saudi Aramco par une introduction en bourse prévue pour 2018. La Chine, qui a avait déjà réalisée une joint-venture pétrolière intégrée avec le groupe américain Exxon Mobile et l’Aramco d’Arabie saoudite en 2007 et avait signé un nouvel accord stratégique de coopération avec Saudi Aramco en 2016, était fortement intéressée par l’achat d’actions de la compagnie [13].

5) Les investisseurs anglo-américains l’étaient plus encore car ils craignaient par dessus- tout le projet clairement affiché par la Chine de substituer le pétro-yuan au pétrodollar, mais la bourse de Londres et celle de New-York ont empêché de réaliser l’opération. Max Keiser explique pourquoi :

L’Arabie saoudite a été récemment empêchée de se joindre à la dédollarisation par les États-Unis […].
La motivation des Saoudiens est logique. Ils veulent spéculer sur Aramco car ils sont profondément endettés et ils manquent de liquidité. Ils voulaient faire une offre publique d’achat sur le marché de Londres ou des États-Unis, mais en ont été empêché par les actions judiciaires des rescapés du 11 septembre, qui ont à juste titre désigné les Saoudiens comme responsables.
Source : Max KEISER, US Empire of Debt will go to war to stop emergence of petro-yuan, RT Business News, 25/10/2017 – Les États-Unis déclencheront une guerre pour empêcher l’émergence du pétro-yuan, Chine en Question, 10/11/2017.
Traduction de Serge LEFORT [14]

6) En 2016, Mohammed ben Salmane Al Saoud a naturellement intégré l’ouverture du capital de Saudi Aramco dans le plan Vision 2030, mais il soulignait que Aramco était à la fois le problème et la solution et critiquait vertement ses prédécesseurs pour leur addiction à la rente pétrolière.

Deputy Crown Prince Mohammed bin Salman said that the Kingdom of Saudi Arabia was founded by late King Abdul Aziz and his companions without the need for oil, pointing out that it is very dangerous to deal with Aramco company as our constitution. He said that Aramco’s reverence by some is a very big problem and we have a state of oil addiction in the kingdom, which disrupted the development. He added that we will turn Aramco into a holding company and move its operations to companies owned by it.
Source : Vision 2030 constitutes roadmap for kingdom’s development, economy objectives for next 15 years, Deputy Crown Prince says, Saudi Vision 2030, 25/04/2016 [15].

7) En juin 2017, promu prince héritier d’Arabie saoudite et vice-Premier ministre, Mohammed ben Salmane Al Saoud était pressé d’aboutir… et, dans la nuit du 4 au 5 novembre, réalisa un coup de force contre sa propre famille en s’arrogeant tous les pouvoirs. David Hearst résume ainsi la situation :

En d’autres termes, le prince [Mohammed ben Salmane] peut faire tout ce qu’il veut à quiconque, saisissant leurs biens dans et en dehors du royaume. Rappelons-nous simplement ce qu’il contrôle désormais. Le prince dirige les trois armées d’Arabie saoudite ; il dirige Aramco, la plus grande compagnie pétrolière du monde ; il dirige la commission chargée de toutes les affaires économiques qui est sur le point de lancer la plus grande privatisation que le royaume ait connue ; et il contrôle maintenant toutes les chaînes médiatiques saoudiennes.
Source : David HEARST, Ces étranges événements qui hantent les nuits de Riyad, Middle East Eye, 07/11/2017.

Si Mohammed ben Salmane Al Saoud s’appelait Saddam Hussein, une campagne médiatique serait aussitôt orchestrer pour renverser ce sinistre dictateur… avant qu’il ne soit trop tard. Mais, affublé du doux acronyme de MBS, il devient le chevalier blanc, mise en scène par Coca-Cola avec comme slogan Le changement a une saveur [16].

8) Il est clair que l’ouverture du capital de Saudi Aramco constitue un facteur déterminant pour comprendre l’essentiel de cet imbroglio. Gregory Brew fait l’analyse suivante [17] :

Un autre facteur influençant les événements est la vente anticipée de Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale et probablement la plus grande entreprise au monde. MBS a soutenu la décision de mettre en vente une partie d’Aramco, en utilisant les bénéfices pour financer un important projet de développement économique connu sous le nom de Vision 2030. Il a soutenu qu’avec des prix plus bas sur le marché pétrolier mondial et un avenir incertain, l’économie saoudienne doit être diversifiée pour ne plus dépendre de la production de pétrole et de gaz naturel.
[…]
L’introduction en bourse de Saudi Aramco a besoin de prix élevés pour réussir, et l’introduction en bourse est courtisée par les États-Unis, le président Donald Trump exhortant les Saoudiens à publier l’offre à la bourse de New York.
Le beau-fils et conseiller principal du président, Jared Kushner, a fait un voyage imprévu et soudain en Arabie Saoudite, où il aurait rencontré MBS pour une longue réunion secrète.
Source : Gregory BREW, Why Saudi Arabia’s crackdown sent oil prices soaring, Oil Price, 06/11/2017.
Traduction de Serge LEFORT


Source : Twitter
Traduction : J’apprécierais beaucoup que l’Arabie Saoudite fasse l’introduction en bourse d’Aramco au New York Stock Exchange. Important pour les USA !

Ainsi, pièce importante du puzzle, Donald Trump soutient totalement Mohammed ben Salmane Al Saoud et, plus encore, il lui offre la bourse de New York pour réaliser l’opération financière prévue en 2018 ! David Hearst fait aussi le lien avec Aramco :

Tout cela serait-il arrivé sans un nouvel accord de Trump ? Il a tweeté hier qu’il « apprécierait beaucoup que l’Arabie saoudite procède à l’introduction en bourse d’Aramco sur le New York Stock Exchange, important pour les États-Unis ! » Trump a également appelé le roi Salmane, le félicitant pour tout ce qu’il a fait depuis son arrivée au pouvoir. Cette décision est survenue après la troisième visite de Jared Kushner au royaume cette année.
Source : David HEARST, article cité.

Quelle garantie précise a donné Donald Trump afin de faciliter « l’introduction en bourse d’Aramco sur le New York Stock Exchange » ? Nous le saurons certainement plus tard quand sera éclairci le rôle que Jared Kushner, gendre de Donald Trump, a joué pour renverser à Riyad le spectre du pétro-yuan qui hante les dirigeants américains [18].

À Pékin, XI Jinping propose très logiquement à Donald Trump « un accord plus large visant à ce que les deux pays partagent la responsabilité des affaires internationales » [19]. À Riyad, Mohammed ben Salmane Al Saoud met un coup d’arrêt à toutes les négociations antérieures pour substituer le yuan au dollar dans les achats du pétrole saoudien. C’est la réponse de Donald Trump, homme d’affaires et président américain, à XI Jinping, stratège et président chinois [20].

09/11/2017 modifié le 14/11/2017 et le 15/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question
La mise à jour du 14/11/2017 porte sur :
– la reproduction du tweet de Donald Trump qui a fait lui-même le lien entre le coup de force de Mohammed ben Salmane Al Saoud et le contrôle de Saudi Aramco ;
– l’ajout dans la note [14] de l’article publié par Sputnik le 10/11/2017 et donc après la rédaction du présent article ;
– la suppression de la version courte au format pdf.
La mise à jour du 15/11/2017 porte sur l’insertion de balises (aller et retour) pour faciliter la lecture des notes et références. Merci au lecteur qui m’a demandé cette amélioration ergonomique.


Notes et références

[1] Un siècle de guerres contre la Chine :
Michel TIBON-CORNILLOT, Les guerres de l’opium ou l’écrasement de la Chine, Dedefensa, 10/08/2008.
Michel TIBON-CORNILLOT, La Chine en enfer : pillages et génocides blancs, Dedefensa, 29/08/2008.
Corinne AUTEY-ROUSSEL, Guerres de l’opium : le viol de la Chine par les puissances occidentales, Entelekheia, 30/04/2017.
Dossier documentaire Histoire Chine, Monde en Question.

[2] L’économie chinoise XIXe-XXIe siècles :
Angus MADDISON, L’économie chinoise – Une perspective historique, OCDE, 1998 et 2007 [BooksGooglePerspectives chinoisesTexte en ligne].
L’étude réévalue la portée et le sens du renouveau de la Chine depuis une cinquantaine d’années, en se servant de techniques quantitatives couramment utilisées dans les pays de l’OCDE. À partir d’une approche comparative, l’auteur explique pour quelles raisons le rôle de la Chine dans l’économie mondiale a fluctué aussi fortement au cours du dernier millénaire. Il conclut que la Chine devrait retrouver en 2015 la place de première économie mondiale qui lui revient naturellement et qu’elle a occupé jusqu’en 1890.
Dossier documentaire Économie Chine, Monde en Question.

[3] Le contrôle militaire du monde :
Carte USom
Contrôle de l’Amérique du Nord, USNorthCom.
Contrôle de l’Amérique du Sud, USSouthCom.
Contrôle de l’Europe, USEuCom.
Contrôle de l’Afrique, USAfriCom.
Contrôle du Moyen-Orient, USCentCom.
Contrôle de l’Asie et de l’Océanie, USPaCom.
Carte bases militaires dans le Pacifique
Au 30 juin 2011, l’ensemble des Forces militaires américaines, c’est-à-dire l’US Army, l’US Navy, l’US Air Force et l’US Marine Corps (exception faite de l’US Coast Guard qui compte 43 521 personnels d’active au 30 septembre 2011) regroupaient 1 434 312 militaires répartis sur un millier de bases dans une centaine de pays.
Par comparaison, la Chine possède une et une seule base militaire à Djibouti !
Lire : La Chine construit sa première base militaire à l’étranger, Sputnik, 13/07/2017.

[4] L’OTAN :
Pays membres
Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA)
Partenariat avec pays non membres
Manlio DINUCCI, Brève histoire de l’OTAN de 1991 à nos jours, Le Grand Soir, 23/10/2017.

[5] Les guerres de la CIA :
William BLUM, Les guerres scélérates – Les interventions de l’armée américaine et de la CIA depuis 1945, Parangon, 2004 [Le Grand Soir].
John K. COOLEY, CIA et Jihad 1950-2001 – Contre l’URSS, une désastreuse alliance, Autrement, 2002.

[6] Les guerres secrètes de l’OTAN :
Daniele GANSER, Les armées secrètes de l’OTAN, Demi Lune, 2007 réédition 2011 et 2016 [Monde en Question].
Daniele GANSER, Les guerres illégales de l’OTAN – Une chronique de Cuba jusqu’à la Syrie, Demi Lune, 2017 [Monde en Question].

[7] Le contrôle militaire de la Chine :
Bases militaires : Corée du Sud, Japon, Philippines
Opération Enduring Freedom : Afghanistan
Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA) : Kazakhstan, Kirghizistan, Tajikistan
Partenariat avec pays non membres : Afghanistan, Pakistan, Corée du Sud, Japon, Mongolie

[8] Coup de force à Riyad :
Il ne s’agit pas d’un coup d’État puisque le pouvoir reste aux mains de la famille Saoud – un jeu à somme nul.
Cela me rappelle les rivalités pour la succession au trône de France de 1314 à 1356 sous les règnes de Philippe le Bel à Jean le Bon que Maurice Druon a magistralement racontées dans la suite romanesque historique Les rois maudits ou les aventures d’Iznogoud qui veut devenir calife à la place du calife !
Maurice DRUON, Les rois maudits 7 volumes, 1955-1977 [Texte en ligne].
René GOSCINNY (scénario) et Jean TABARY (dessin), Iznogoud (titres divers) 19 albums (en comptant ceux de Goscinny publiés après sa mort en 1977), 1966-1994 [Bedetheque].

[9] Saudi Aramco :
Site officiel EN, Saudi AramcoHistorySaudi Aramco China.

[10] Extraits commentés d’une sélection de trois articles :
Alors que la popularité du régime chutait radicalement, MBS a sorti sa Vision 2030. Théoriquement, il s’agissait de faire la transition énergétique pour sortir du pétrole, de vendre une partie d’Aramco et de tenter d’introduire de nouvelles industries. Pour calmer le mécontentement, on a procédé à des paiements royaux aux principaux princes pour qu’ils restent loyaux et au versement des arriérés de salaires aux masses indisciplinées.
[…]
En un mot : un État qui s’avère être la propriété privée d’une famille royale hostile à tous les principes de la liberté d’expression et de religion, ainsi que la matrice idéologique de toutes les formes de djihadisme salafiste ne peut pas métastaser en un État « modéré » sur un claquement de doigts de MBS.
C’est le seul article qui rappelle la nature de l’État en Arabie saoudite bien différent des fantasmes occidentaux.
Source : Pepe ESCOBAR, The inside story of the Saudi night of long knives, Asia Times, 06/11/2017 – Rififi dans la Maison des Saoud : décodage, Tlaxcala, 08/11/2017.

Selon la Maison-Blanche, le président Trump et « MBS » se sont parlé par téléphone durant la journée du 4 novembre (horaire US), ce qui pourrait être soit juste avant le coup de Palais, soit au cours de l’opération. Un accord a été discrètement conclu prévoyant que l’offre publique d’achat d’Aramco sera lancée non pas à Riyad, mais à la Bourse de New York.
Ce sont les deux informations importantes, mais l’auteur n’en tire aucune conséquence.
Source : Thierry MEYSSAN, Coup de Palais à Riyad, Réseau Voltaire, 07/11/2017.

En réalité, cela ne leurre personne car, sans connaître dans le détail les éléments précis des dossiers à charge, cette action possède en réalité une dimension principalement politique. L’intrication entre sphère politique et économique est en effet structurelle en Arabie saoudite et nombres d’entreprises sont détenues par des membres de familles princières. Cela permet de saisir la signification des arrestations opérées à l’initiative de Mohamed Ben Salman dans la perspective de son accession au trône. C’est la volonté de marginalisation de ceux qui pourraient lui faire de l’ombre, voire le contester, et à une concentration accélérée du pouvoir entre ses mains auxquelles nous assistons.
L’auteur souligne bien la dimension politique de l’événement, mais ne dit rien de la dimension économique alors qu’il précise qu’elles sont intriquées.
Source : Didier BILLION, Mohamed Ben Salman, prince tout puissant mais responsable des échecs de Ryad sur la scène internationale, IRIS, 08/11/2017.

[11] Histoire Arabie saoudite :
Anne-Lucie Chaigne-Oudin, Arabie Saoudite, Les clés du Moyen-Orient, 01/02/2010.
Yara EL KHOURY, Ibn Saoud et la naissance du royaume d’Arabie saoudite – première partie, Les clés du Moyen-Orient, 14/06/2014.
Yara EL KHOURY, Ibn Saoud et la naissance du royaume d’Arabie saoudite – deuxième partie, Les clés du Moyen-Orient, 16/06/2014.

[12] Pacte du Quincy :
Comme le rappelle clairement Henry Laurens, ce pacte est une légende urbaine :

Si les deux personnalités n’évoquent pas la question du pétrole, c’est que l’affaire a déjà été réglée. L’Arabie saoudite a accordé en 1933 des concessions pétrolières à la Standard Oil of California (Socal) qui a créé la California Arabian Standard Oil Company (Casoc). En 1936, la Socal s’est associé avec la Texaco au Moyen-Orient pour former la Caltex. La Casoc a trouvé du pétrole en 1938 et a créé un terminal pétrolier à Ras Tanura et une petite ville à Daran.
[…]
Ce qui était implicite en février 1945 était la concurrence anglo-américaine qu’Ibn Saoud, en vieux roi rusé, savait attiser. Il avait laissé croire aux Américains que les Britanniques voulaient leur reprendre les concessions pétrolières et aux Britanniques que les Américains voulaient les chasser de la région. En fait, au début de 1945, la question essentielle était la transformation de Dahran en base militaire américaine, créant ainsi une présence militaire permanente et la fin du monopole militaire britannique déjà entamé par le corridor persan.
[…]
Dans les mois qui suivent l’entrevue du Quincy, la diplomatie saoudienne continue de jouer sur la rivalité anglo-américaine, insiste sur le danger hachémite et marque sa préoccupation en ce qui concerne la Palestine. Elle obtient explicitement un engagement américain de ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures saoudiennes en échange de la primauté accordée aux États-Unis dans les échanges entre l’Arabie saoudite et le monde extérieur (non arabe et non musulman).
Source : Henry LAURENS, De quoi parlaient le président américain et le roi saoudien en février 1945 ?, Orient XXI, 23/02/2016.

Écouter : Henry LAURENS, Histoire contemporaine du monde arabe, Collège de France.

[13] Participations chinoises aux projets de Saudi Aramco :
La Chine, les États-Unis et l’Arabie saoudite sont partenaires de ce projet industriel qui comprend tous les stages de la production et de la commercialisation du pétrole et de ses dérivés.
A cette fin, en mars 2007, Sinopec, un des plus grands groupes de raffinage pétroliers de la Chine et le gouvernement provincial du Fujian ont établi deux joint ventures avec le groupe américain Exxon Mobile et l’Aramco d’Arabie saoudite, pour un investissement total d’environ 5 milliards de dollars.
Dans cette première société, les parties chinoises (Sinopec et province du Fujian) détiendront 50% du capital, Exxon Mobile 25% et Aramco 25%.
Dans la seconde société qui sera chargée de commercialiser les carburants dans le Fujian, Sinopec détient 55%, Exxon Mobile 22,5% et Aramco 22,5%.
Source : Début des essais de la première joint-venture pétrolière intégrée, Renmin Ribao – Quotidien du peuple, 21/05/2009 – History 2000s, Saudi Aramco.

Que ce soit en Arabie saoudite ou ailleurs, Huawei coopère avec les opérateurs locaux, à la fois sur les réseaux fixes et mobiles. En 2005, elle a signé avec Saudi Aramco un contrat de huit ans concernant le réseau fixe. En 2013, le PDG de Huawei d’alors, Hu Houkun, a tenu des entretiens avec Khalid G. Al-Buainain, vice-président de Saudi Aramco, au sujet d’un système de vidéoconférence téléphonique devant être fourni par Huawei. En 2006, STC a décerné un prix d’excellence à Huawei. En 2009, les deux ont signé un accord de partenariat stratégique, qui a évolué en accord de coopération stratégique en 2014, gage d’une collaboration plus étendue et plus durable.
Source : Huawei : pour une Arabie saoudite mieux connectée, Chine au présent, 04/08/2015.

Pendant l’après-midi, MM. Xi et Salmane ont assisté à une cérémonie au Centre d’étude et de recherche sur le pétrole du roi Abdallah afin d’inaugurer à distance la raffinerie de pétrole Yasref, une coentreprise associant Aramco (Arabie saoudite) et Sinopec (Chine). Il s’agit du plus important projet d’investissement chinois réalisé en Arabie saoudite.
Yasref est la première raffinerie que Sinopec a construite à l’étranger. Les deux entreprises ont signé l’accord début 2012 et ont investi près de 10 milliards de dollars. Aramco et Sinopec détiennent respectivement 62,5 et 37,5 % du capital.
Source : Le président chinois a visité un palais historique et inauguré une raffinerie en Arabie saoudite, Chine au présent, 21/01/2016 – History 2010s, Saudi Aramco.

La Saudi Aramco, plus grande compagnie de pétrole au monde, envisage d’approfondir ses investissements dans les secteurs de la raffinerie, de la pétrochimie avec les entreprises chinoises. La première grande raffinerie saoudienne de Yanbu est entrée en fonction le 20 janvier 2016 avec d’importants capitaux de SINOPEC [entreprise publique chinoise]. Ces deux compagnies ont signé un nouvel accord stratégique de coopération pour se déployer dans les marchés mondiaux. Ainsi, la relation pragmatique sino-saoudienne pourrait être un levier pour l’économie saoudienne hors pétrole.
[…]
Pour financer les projets d’infrastructure, les entreprises chinoises bénéficient de la fameuse Exim Bank (Export-Import Bank of China), qui disposerait de plus d’un tiers des liquidités mondiales, ce qui permettrait d’investir dans les infrastructures ferroviaires en Arabie saoudite. Cette perspective permettrait à la fois aux saoudiens d’accompagner le plan « Vision 2030 » et aux Chinois de compléter le maillage de la Nouvelle Route de la Soie à travers le royaume pour ouvrir d’autres voies terrestres et maritimes aux marchandises chinoises à destination de l’Afrique dans laquelle elle est déjà fortement implantée.
[…]
Pékin a créé un outil puissant dans la stratégie de la NRS, la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB en anglais), concurrente implicite de la Banque mondiale. Elle compte parmi ses 57 membres l’Arabie saoudite, le Pakistan, l’Indonésie, la Malaisie, Oman et l’Iran, pays clefs de la route de la Soie. La Chine entend assumer le leadership mondial dans le domaine du financement des infrastructures mais elle a besoin d’une stabilisation du Moyen-Orient pour déployer ses investissements économiques, et l’Arabie saoudite est un acteur clef de cette région.
Source : Brahim KAS, L’Arabie saoudite et la Nouvelle Route de la Soie : vers un rôle accru ?, IRIS, 10/02/2017.

[14] Pétro-yuan vs Pétrodollar :
La Chine a commencé à encourager certains de ses fournisseurs de pétrole à substituer des paiements en dollar à des paiements en yuan et en or. En juillet, une proposition aurait été faite dans ce sens à l’Arabie Saoudite, le premier exportateur mondial. Même si cette dernière bénéficie d’une relation privilégiée avec la Chine – selon le Nikkei Asian Review, les deux pays auraient établi un fond d’investissement commun de 20 milliards de dollars et souhaitent cimenter leur relation lors de la mise sur le marché de l’entreprise nationale Saudi Aramco -, Ryad a perdu près de 10 % de ses parts de marché sur le marché chinois depuis 2008, au profit de la Russie, de l’Iran et de l’Angola, l’Angola ayant fait de la monnaie chinoise sa deuxième monnaie de référence au niveau national. Les décisions de l’Arabie saoudite risquent d’être la clé de voute des grands équilibres pétroliers et monétaires dans les années à venir.
Source : Emmanuel HACHE, Fake news ou pragmatisme chinois sur les marchés internationaux ?, IRIS, 28/09/2017.

L’introduction imminente de la vente du pétrole en yuan est une décision très audacieuse de la part de la Chine, car les États-Unis n’abandonneront jamais la base leur hégémonie – le dollar en tant que monnaie de réserve mondiale – sans combattre, a déclaré Keiser.
[…]
Bravo à la Chine pour ce projet d’autant qu’elle est un gros acheteur potentiel de la privation [prévue pour 2018] de la compagnie Aramco appartenant à l’État saoudien, a déclaré Keiser, en référence aux ventes anticipées d’actions de la compagnie Saudi Aramco.
« Cela a du sens, du point de vue géopolitique, car la Chine, la Russie et les Saoudiens cherchent à échapper au dollar américain, à l’hégémonie du dollar américain ».
L’Arabie saoudite a été récemment empêchée de se joindre à la dédollarisation par les États-Unis, qui, l’année dernière, ont permis aux survivants et aux proches des victimes de l’attentat du 11 septembre de poursuivre le royaume pour son rôle présumé dans les actes terroristes, a déclaré Keiser.
Source : Max KEISER, US Empire of Debt will go to war to stop emergence of petro-yuan, RT Business News, 25/10/2017 – Les États-Unis déclencheront une guerre pour empêcher l’émergence du pétro-yuan, Chine en Question, 10/11/2017.

Le passage à un islam modéré en Arabie saoudite, allié principal des États-Unis au Proche-Orient, peut être considéré comme une tentative de rétablir l’influence du pétrodollar face au yuan chinois, a déclaré à Sputnik le docteur en économie Volkan Özdemir, directeur de l’Institut turc de la politique et des marchés énergétiques (EPPEN).
« On assiste à la lutte contre les forces hostiles au pétrodollar en Arabie saoudite […]. Au lieu de soutenir le wahhabisme, il faut utiliser une nouvelle rhétorique qui plaira aux États-Unis. Et cette rhétorique consiste à créer une apparence de rapprochement entre les États-Unis et l’Arabie saoudite », a indiqué M.Özdemir.
[…]
Ces derniers temps, les représentants de l’Arabie saoudite et de la Chine ont mené des entretiens en vue de passer aux échanges libellés en yuan. Mais l’arrivée au pouvoir du Président américain Donald Trump a changé la donne. Le Président Trump a déclaré qu’il voulait revenir à politique extérieure classique à l’égard de l’Arabie saoudite, contrairement à son prédécesseur Barack Obama.
« Les partisans du pétrodollar l’ont emporté à court terme après l’arrivée de M.Trump, mais ce système n’a aucune chance de survie […], il disparaîtra d’ici à 2020, affirme l’expert.
Source : Le retour à un islam modéré à Riyad aurait un arrière-goût de pétrole, Sputnik, 10/11/2017.

[15] Saudi Vision 2030 :
Site officiel EN, Saudi Vision 2030. Le contenu, assez pauvre, ressemble au travail d’un candidat au BTS en marketing. Bien qu’il existe une version chinoise du site, l’occurrence China est introuvable. L’occurrence Aramco renvoie à un seul texte intéressant :

In an exclusive interview with Al Arabiya News Channel by Turki Aldakhayel, Deputy Crown Prince Mohammed bin Salman said that the Kingdom of Saudi Arabia was founded by late King Abdul Aziz and his companions without the need for oil, pointing out that it is very dangerous to deal with Aramco company as our constitution. He said that Aramco’s reverence by some is a very big problem and we have a state of oil addiction in the kingdom, which disrupted the development. He added that we will turn Aramco into a holding company and move its operations to companies owned by it.
Deputy Crown Prince explained that high risks would have occurred if there had not been a move to offer Aramco for public subscription, saying that the investment fund will not manage Aramco and there will be a board of directors to manage it. He pointed out that we have three strong points on which nobody competes with us: they are our Arab and Islamic depth, our investment strength and our geographical location.
Source : Vision 2030 constitutes roadmap for kingdom’s development, economy objectives for next 15 years, Deputy Crown Prince says, Saudi Vision 2030, 25/04/2016.

[16] Le chevalier blanc – Le changement a une saveur :
Tout le monde use et abuse de l’acronyme MBS pour désigner Mohammed ben Salmane Al Saoud. Cette pratique crée une image flatteuse et quasi iconique du personnage qu’on nous vend comme le chevalier blanc.
• Le chevalier blanc en littérature
Le chevalier blanc est une série de bande dessinée créée en 1953 par Fred et Liliane Funcken qui conte les aventures du jeune Jehan de Dardemont qui, de retour des croisades en 1210, doit succéder à son père comme justicier masqué auprès des pauvres et des opprimés.
Lire : Fred et Liliane FUNCKEN, Le chevalier blanc 11 albums, Éditions du Lombard, 1956-1994 [Bedetheque].
• Le chevalier blanc en droit financier
Jugeant « hostile » une offre publique d’achat ou d’échange de ses titres visant à une prise de contrôle, une entreprise « cible » et ses dirigeants disposent de plusieurs moyens de défense contre cette offre publique, dont celui de faire appel à une offre publique concurrente initiée par une tierce entreprise, appelée en cette occasion chevalier blanc.
Source : Chevalier blanc, Mataf.

Source : La nouvelle publicité Coca-Cola en Arabie saoudite fait le buzz, Huffpost Maghreb, 07/11/2017.

[17] Gregory Brew :
Gregory Brew, un chercheur et analyste basé à Washington, poursuit actuellement un doctorat à l’Université de Georgetown dans l’histoire du pétrole et la politique étrangère américaine.
Lire : Articles, Oil Price.

[18] Les visites de Jared Kushner en Arabie Saoudite :
Jared Kushner, le gendre et conseiller du président américain Donald Trump, s’est rendu en toute discrétion en Arabie Saoudite ces dernières semaines.
Une influence discrète, mais non négligeable. Depuis le début de l’année, Jared Kushner s’est rendu à trois reprises (en mai, en août et en octobre) en Arabie Saoudite pour des déplacements non annoncés au programme officiel.
[…]
Quelques jours après cette dernière visite en date, Mohammed ben Salman lançait le coup de filet spectaculaire qui a mené à l’arrestation de 11 princes, ministres et ex-ministres, dans le cadre d’une opération anti-corruption. Donald Trump a évidemment commenté cette nouvelle sur Twitter, félicitant le souverain saoudien et son fils : « J’accorde une grande confiance au roi Salman et au prince héritier d’Arabie Saoudite, ils savent exactement ce qu’ils font. Certains de ceux qu’ils traitent sévèrement ont pompé leur pays pendant des années ! »
Source : Les déplacements (très) discrets de Jared Kushner en Arabie Saoudite, Paris Match, 07/11/2017.
Lire aussi : Annie KARNI, Kushner took unannounced trip to Saudi Arabia, Politico, 29/10/2017.

[19] XI Jinping propose à Trump de « diriger à deux » :
Mais le président chinois Xi Jinping souhaite un accord plus large visant à ce que les deux pays partagent la responsabilité des affaires internationales. Il n’est pas encore question d’un duumvirat mais de la reconnaissance du leadership de la Chine en Asie par les Américains, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.
Les dirigeants chinois revendiquent un statut d’égalité avec les présidents américains depuis longtemps. Mais Xi Jinping souhaite aller encore plus loin et souhaite établir des relations particulières avec l’Amérique, ce qui signifierait la reconnaissance de la Chine en tant que deuxième grande puissance dans le monde bipolaire en formation.
[…]
Le directeur de l’Institut d’Extrême-Orient affilié à l’Académie des sciences de Russie Alexandre Larine analyse la situation : « Lors du 19e congrès du Parti communiste la Chine a revendiqué le leadership mondial. C’est un défi direct lancé aux USA. La Chine est convaincue de pouvoir rattraper et dépasser les USA. Il est évident qu’au fur et à mesure que la puissance nationale de la Chine grandira, sa rivalité avec les USA s’aggravera. Leur lutte prendra une place de plus en plus grande dans la politique mondiale. Auparavant ce sont les USA et l’URSS qui étaient impliqués dans une telle compétition. Maintenant on peut parler d’une nouvelle adversité entre deux superpuissances. »
Source : Xi Jinping proposerait à Trump de « diriger à deux » ?, Sputnik, 08/11/2017.

[20] Donald Trump vs XI Jinping :
David Hearst termine malheureusement son article par la diatribe habituelle et contreproductive contre Donald Trump, un président américain qui ne sait pas ce qu’il fait.

Si ce n’était pas encore évident pour tout le monde, cela doit sûrement l’être à présent. La capitale de l’insécurité au Moyen- Orient est Riyad, et les initiatives d’un prince âgé de 32 ans, en quête d’un pouvoir absolu, sont capables de déstabiliser les pays voisins et de destituer leurs Premiers ministres. Pire, ce prince semble être encouragé par un président américain qui ne sait pas ce qu’il fait.
Des dirigeants plus sages à Washington D.C., comme le secrétaire d’État Rex Tillerson ou le secrétaire à la Défense James Mattis, doivent s’arracher les cheveux – ou ce qu’il en reste. Cela ne m’étonnerait pas d’apprendre que Tillerson en a assez d’essayer d’éteindre les incendies que son président et son entourage immédiat continuent à déclencher.
Source : David HEARST, article cité.

Donald Trump sait parfaitement ce qu’il fait puisque Jared Kushner, son gendre et son conseiller, avait préparé le terrain depuis plusieurs mois. Mais, comme d’habitude, il a trop parlé et surtout trop vite en tweetant samedi qu’il « apprécierait beaucoup que l’Arabie saoudite procède à l’introduction en bourse d’Aramco sur le New York Stock Exchange, important pour les États-Unis ! »

XI Jinping, lui, est un stratège qui a une vision à très long terme. Ainsi, il a lancé le programme de développement de la Chine pour les 33 ans à venir ! avec un échéancier en trois étapes :
– Une société modérément prospère pour 2020 ;
– Un pays relativement modernisé en 2035 ;
– Une nation socialiste riche et puissante en 2050.
Lire : Pepe ESCOBAR, Xi’s road map to the Chinese Dream, Asia Times, 21/10/2017 – La feuille de route de Xi pour le grand Rêve chinois, Entelekheia, 26/10/2017.
Voir : Laurent BOUIT, Chine, à la conquête de l’Ouest, Chine en Question, 25/10/2017.

En conclusion, Donald Trump incarne la modernité occidentale dépendante du commentaire instantané et limité aux 140 caractères de Twitter alors que XI Jinping incarne la plus ancienne civilisation vivante du monde qui s’engage dans la réalisation d’ambitieux projets de développement d’une société harmonieuse.
Lire : YINGKUI Tian, La voie chinoise – Concept de développement scientifique, Editions en langues étrangères, 2008.

Les États-Unis déclencheront une guerre pour empêcher l’émergence du pétro-yuan


 

L’introduction imminente de la vente du pétrole en yuan est une décision très audacieuse de la part de la Chine, car les États-Unis n’abandonneront jamais la base leur hégémonie – le dollar en tant que monnaie de réserve mondiale – sans combattre, a déclaré Keiser.

Le plan chinois de déploiement d’un contrat pétrolier libellé en yuan avant la fin de cette année est une initiative très courageuse, car les pays qui « ont essayé de sortir de la matrice dollar-pétrole ont très mal terminé », a souligné Keiser.

« Saddam Hussein voulait vendre son pétrole en euros et il a été tué, Mouammar Kadhafi voulait le vendre dans une monnaie différente du dollar américain – il a été tué », a rappelé l’analyste.

La Chine, cependant, a la volonté et les ressources pour réussir la dédollarisation, et, de plus, elle est soutenue par plusieurs pays importants qui « résistent au cartel financier des États-Unis », à savoir la Russie et l’Iran, a déclaré Keiser.

Bravo à la Chine pour ce projet d’autant qu’elle est un gros acheteur potentiel de la privation [prévue pour 2018] de la compagnie Aramco appartenant à l’État saoudien, a déclaré Keiser, en référence aux ventes anticipées d’actions de la compagnie Saudi Aramco.

« Cela a du sens, du point de vue géopolitique, car la Chine, la Russie et les Saoudiens cherchent à échapper au dollar américain, à l’hégémonie du dollar américain ».

L’Arabie saoudite a été récemment empêchée de se joindre à la dédollarisation par les États-Unis, qui, l’année dernière, ont permis aux survivants et aux proches des victimes de l’attentat du 11 septembre de poursuivre le royaume pour son rôle présumé dans les actes terroristes, a déclaré Keiser.

« La motivation des Saoudiens est logique. Ils veulent spéculer sur Aramco car ils sont profondément endettés et ils manquent de liquidité. Ils voulaient faire une offre publique d’achat sur le marché de Londres ou des États-Unis, mais en ont été empêché par les actions judiciaires des rescapés du 11 septembre, qui ont à juste titre désigné les Saoudiens comme responsables », note Keiser.

« Tous les pays en ont assez de financer l’aventurisme militaire de « l’Empire de la dette » – le dollar américain – et se joindront donc probablement au mouvement de dédollarisation », a déclaré Keiser.

Il est peu probable que le secteur financier américain et son complexe militaro-industriel abandonnent l’hégémonie du dollar sans se battre, car le dollar est à la fois la base et le principal produit de l’Amérique. Et les États-Unis utiliseront leur instrument favori : la guerre, estime Keiser.

« Peut-être vont-ils préparer une guerre entre le Japon et la Chine, ou peut-être vont-ils en préparer une avec la Corée du Nord. L’Amérique fera tout pour que le dollar américain reste la monnaie de réserve mondiale », a déclaré Keiser.

« Ils envahiront d’autres pays, comme l’Afghanistan, et ne reculeront devant rien. Parce que c’est la base de l’empire américain. Il n’est pas basé sur des biens matériels, mais sur la rente. Il est basé sur les prêts et les revenus des intérêts en dollars et quand les pays ne peuvent pas payer, ils démantèlent leurs actifs et se les approprient. Nous l’avons vu en Amérique latine, c’est comme ça que les États-Unis ont construit leur empire. »

Max KEISER, US ‘Empire of Debt’ will go to war to stop emergence of petro-yuan, RT Business News, 25/10/2017.
Traduction de Serge LEFORT


Malgré mes faibles compétences en anglais, j’ai traduit cet article fondamental. J’avais exprimé depuis plusieurs mois et à plusieurs reprises la même analyse que celle de Max Keiser. Je regrette d’avoir couru après le vent… au lieu de la publier début septembre.

Suivre l’actualité
courir après le vent.
Penser l’actualité
marcher à contre-courant.

Cette analyse est d’autant plus importante qu’elle permet de comprendre les enjeux stratégiques du coup d’État de Mohammed ben Salame en Arabie saoudite, coup d’État soutenu par Donald Trump, promu par Coca-Cola et acclamé par les médias français (L’im-Monde, Libération, etc.) !

Je poursuis ma recherche documentaire pour peaufiner mon analyse que j’espère publier la semaine prochaine…

06/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Keiser Report, Russia Today.
Petro-Yuan, Chine en QuestionMonde en Question Russia Today.
Dossier documentaire USA, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

13 Kaidan


 

Réalisateur : NAGASAWA Masahiko
Acteurs : Takashi Sorimachi, Tsutomu Yamazaki, Kankurô Kudô
Durée : 2h02
Année : 2003
Pays : Japon
Genre : Thriller
Résumé : Toru Kihara se retrouve dans le couloir de la mort. Son crime est d’avoir commis un double meurtre. Mais le problème c’est que ce dernier ne se souvient que d’une chose : 13 marches. Shoji Nango, gardien de prison, et Junichi Migami, un ancien prisonnier qui a purgé sa peine de trois ans, vont tenter de disculper Kihara à la demande de son avocat. Mais avec pour seul indice « 13 marches », autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Cette enquête ne va pas être des plus faciles et cela va raviver les blessures du passé.
Fiche : DogaruIMDb
Partage proposé par : Anonyme DVD VOSTFR (Film rare)

Lire aussi :
Cinéma Japon, Ciné Monde.
Dossier Cinéma Japon, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Résolution du 19e Congrès national du PCC


 

Les extraits suivants de la Résolution du 19e Congrès national du PCC montrent que le texte original est très éloigné de la propagande des médias dominants occidentaux qui unanimement présentent Xi Jinping comme le nouvel empereur… de l’Empire du milieu :

• Xi Jinping, l’empereur rouge, Le Monde, 13/10/2017.
• Xi Jinping, l’empereur rouge déterminé à sauver le communisme chinois, Le Vif, 13/10/2017.
• Xi Jinping, le nouvel empereur, Arte, 16/10/2017.
• Le deuxième sacre de Xi Jinping, le tout-puissant « empereur rouge », Le Figaro, 17/10/2017.
• Xi Jinping ou le mythe du « Nouvel empereur rouge », RFI, 18/10/2017.
• Xi Jinping, l’empereur rouge de la Chine, L’Echo, 25/10/2017.
• Xi Jinping, empereur de Chine, L’Express, 25/10/2017.
• Xi Jinping, l’apprenti empereur, Le Vent de la Chine, 02/11/2017.
• L’empereur géo-économique Xi Jinping a quinze ans d’avance, La Jornada – Réseau Voltaire, 03/11/2017.

06/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Le Congrès souligne que le socialisme à la chinoise, après avoir parcouru un long chemin, est entré dans une nouvelle ère, et au cours de son développement, un nouvel horizon historique s’est ouvert à notre pays. Avec l’entrée du socialisme à la chinoise dans la nouvelle ère, la principale contradiction dans la société chinoise s’est transformée en celle entre l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure et le développement déséquilibré et insuffisant de la Chine. Cette transformation de la principale contradiction sociale en Chine est un changement historique touchant à la situation d’ensemble. Le Parti et l’État doivent donc agir en s’adaptant à de nombreuses nouvelles exigences qui en découlent. Il nous faut, en poursuivant nos efforts en faveur du développement, tout mettre en œuvre pour résoudre le problème lié à un développement déséquilibré et insuffisant, et améliorer sensiblement sa qualité et ses performances, de manière à satisfaire au mieux les besoins croissants de la population dans les domaines économique, politique, culturel, social et écologique, à encourager le plein épanouissement de l’homme, et à faire progresser la société dans tous les domaines.

Le Congrès indique que, jusqu’à 2020, nous nous trouverons dans l’étape décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance. Il nous faut donc, en conformité avec les exigences formulées par les XVIe, XVIIe et XVIIIe Congrès du Parti, mettre l’accent sur les domaines prioritaires, remédier à nos insuffisances, nous débarrasser de nos points faibles, et surtout, livrer la dure bataille pour parer aux risques majeurs, réaliser l’élimination ciblée de la pauvreté et maîtriser la pollution de l’environnement. Et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que, le moment venu, le peuple chinois reconnaisse l’avènement de la société de moyenne aisance et que cette dernière résiste à l’épreuve de l’histoire.

Le Congrès estime que la période qui sépare le XIXe du XXe Congrès du Parti constitue la charnière des objectifs des « deux centenaires ». Durant cette période, nous devons non seulement par achever l’édification intégrale de la société de moyenne aisance pour réaliser l’objectif du premier centenaire, mais également entreprendre, sur cette lancée, l’édification intégrale d’un pays socialiste moderne-nouvelle grande marche conduisant à la réalisation de l’objectif du deuxième centenaire. Après l’analyse de la conjoncture, tant extérieure qu’intérieure, et l’analyse des conditions de développement dont dispose notre pays, nous pouvons diviser en deux phases la période allant de 2020 au milieu du siècle pour prendre des dispositions : la première phase va de 2020 à 2035, phase pendant laquelle, partant de l’établissement de la société de moyenne aisance, nous poursuivrons nos efforts pour réaliser l’essentiel de la modernisation socialiste; la deuxième phase va de 2035 au milieu du siècle, phase pendant laquelle nous allons, partant de la modernisation réalisée pour l’essentiel, poursuivre nos efforts pendant encore 15 ans pour transformer la Chine en un grand pays socialiste beau, moderne, prospère, puissant, démocratique, harmonieux et hautement civilisé.

Le Congrès approuve les dispositions proposées dans le rapport d’activité concernant l’édification du socialisme sur les plans économique, politique, culturel, social et écologique. Il souligne qu’il faut appliquer le nouveau concept de développement et édifier un système économique moderne; insister sur la primauté de la qualité et privilégier la rentabilité du développement; prendre pour fil conducteur la réforme structurelle du côté de l’offre pour promouvoir un changement en matière de qualité, d’efficacité et de force motrice du développement économique; accélérer l’instauration d’un système industriel où l’économie réelle, l’innovation scientifique et technique, la finance moderne et les ressources humaines se développent de façon coordonnée; et construire un système économique caractérisé par la grande efficacité du rôle du marché, un dynamisme entrepreneurial des acteurs microéconomiques et un emploi à bon escient du macrocontrôle, notre but visé étant d’accroître sans cesse la capacité d’innovation et la compétitivité de notre économie. Il faut approfondir la réforme structurelle du côté de l’offre, accélérer l’édification d’un État innovant, appliquer la stratégie de redressement des régions rurales, mettre en œuvre la stratégie de développement interrégional coordonné, accélérer le perfectionnement du système d’économie de marché socialiste, promouvoir une nouvelle conjoncture d’ouverture tous azimuts, de manière à réaliser un développement de meilleure qualité, plus efficace, plus équitable et plus durable.

[…] il faut, avant tout, concentrer nos efforts sur les problèmes qui touchent aux intérêts directs et réels de la population et qui sont au centre de ses préoccupations: développer en priorité l’éducation, augmenter la qualité de l’emploi et les revenus de la population, renforcer l’édification du système de protection sociale, remporter la victoire finale dans la lutte contre la pauvreté, mettre en œuvre la stratégie de « Chine saine », mettre en place une architecture de gouvernance sociale dite « synergie, concertation et partage », et assurer efficacement la sécurité nationale, afin de procurer au peuple un sentiment de satisfaction, de bonheur et de sécurité qui soit plus fort, mieux garanti et plus durable. Il faut accélérer la réforme en faveur de la civilisation écologique et construire une belle Chine. À cet effet, il importe de promouvoir le développement vert, de veiller à résoudre les problèmes saillants de l’environnement, de renforcer la protection de l’écosystème, et d’innover dans le domaine du système de surveillance de l’écosystème pour créer une nouvelle situation de modernisation marquée par le développement harmonieux de l’homme et de la nature.

Texte intégral : Résolution du 19e Congrès national du Parti communiste chinois sur le rapport du 18e Comité central, Xinhua, 24/10/2017.

Lire aussi :
XIXe Congrès du Parti communiste chinois, Agence de Presse XinhuaBeijing InformationCentre d’Informations Internet de ChineChine au présent.
Dossier documentaire Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.