Chine en Question

Blog dédié au Monde asiatique

L’économie mondiale pourrait s’effondrer à tout moment


 

De plus en plus de signes indiquent que la croissance économique mondiale a probablement déjà atteint son apogée. On ne peut donc s’attendre qu’à une aggravation, affirment les experts de Saxo Bank.

Le secteur le plus vulnérable de l’économie chinoise est l’immobilier. Ces dernières années, il a pu enregistrer une croissance grâce aux emprunts excessifs subventionnés par l’État. Aujourd’hui les prix des logements en Chine dépendent aux trois quarts de l’accessibilité des crédits, et le financement du secteur par les crédits de l’État se réduit.

Il sera difficile pour la Chine de réduire les prix de l’immobilier tout en évitant l’effondrement du marché, qui pourrait affaiblir tout le système bancaire et financier.

Les perspectives économiques de l’autre côté de la planète ne sont pas non plus réjouissantes. La probabilité que la réforme fiscale du président américain Donald Trump conduise à une croissance économique considérable est faible, indiquent les experts de Saxo Bank.

[…]

Mais la surprise la plus désagréable, selon les analystes, vient de la zone euro. Les dernières informations d’IHS Markit et de la Commission européenne indiquent de toute évidence que le rythme de la croissance économique s’est stabilisé.

[…]

La partie finale de ces prévisions indique qu’il devient de plus en plus difficile pour les banques centrales des pays développés de contrôler la situation sur fond de ralentissement de la croissance dans les principaux pays du monde. Tout bouleversement paraissant insignifiant sur le marché pourrait provoquer l’effondrement de la conjoncture boursière.

Lire l’intégralité de l’article : Sputnik .

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Gong Zhu Xiao Mei – Romantic Princess (5-8)


 

Acteurs : Angela Zhang ( Mai Qiu Sui), Wu Chun (Nan Feng Jin), Gu Bao Ming (Huang Fu Xiong), Calvin Chen (Nan Feng Cai)
Durée : 1h10 par épisode
Année : 2007
Pays : Chine Taïwan
Genre : Comédie, Romance
Résumé : Adoptée par un couple venant de la classe moyenne, Xiao Mai a toujours rêvé d’être une riche héritière. Qui aurait cru qu’un beau jour son rêve deviendrait réalité ?
Fiche : DogaruIMDb
Partage proposé par : Anonyme DVD VOSTFR 05DVD VOSTFR 06DVD VOSTFR 07DVD VOSTFR 08 (Film rare)

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Gong Zhu Xiao Mei – Romantic Princess (1-4)


 

Acteurs : Angela Zhang ( Mai Qiu Sui), Wu Chun (Nan Feng Jin), Gu Bao Ming (Huang Fu Xiong), Calvin Chen (Nan Feng Cai)
Durée : 1h10 par épisode
Année : 2007
Pays : Chine Taïwan
Genre : Comédie, Romance
Résumé : Adoptée par un couple venant de la classe moyenne, Xiao Mai a toujours rêvé d’être une riche héritière. Qui aurait cru qu’un beau jour son rêve deviendrait réalité ?
Fiche : DogaruIMDb
Partage proposé par : Anonyme DVD VOSTFR 01DVD VOSTFR 02DVD VOSTFR 03DVD VOSTFR 04 (Film rare)

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La Chine inaugure le Petro-Yuan


 

La Chine a lancé lundi des transactions libellées en yuan de contrats à terme sur le pétrole brut à la Bourse internationale de l’énergie de Shanghai, soit les premiers contrats à terme cotés dans la partie continentale de la Chine pour les investisseurs étrangers.

Vingt minutes après l’ouverture de la séance, 14.000 transactions ont changé de mains.

« La Chine est le premier importateur de pétrole brut au monde, et l’introduction des contrats à terme sur le pétrole brut libellés en yuan représente un jalon pour le marché des contrats à terme de la Chine », a déclaré David Martin, responsable Asie-Pacifique des échanges mondiaux de la société J.P. Morgan.

Lire l’intégralité de l’article : Xinhuanet, 26/03/2018.

Lire aussi :
La Chine veut bousculer la domination du dollar sur le marché pétrolier, Sputnik, 26/03/2018.
China’s Oil Futures Launch With A Bang, Oil Price, 26/03/2018.
Pétrodollar : changement de donne…, Le Saker Francophone 26/03/2018.
Les « contrats à terme » de Shanghai – Espoirs et obstacles, Question Chine, 31/03/2018.
Dossier documentaire Économie Chine, Monde en Question.
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Chronique d’une mort annoncée


Ébranlé par le cours nouveau d’un bonapartisme à la chinoise du PCC, je cesse de publier mes chroniques sur la voie chinoise pour un temps indéterminé… Lire : Articles XI Jinping.
19/03/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Heobeu – Herb


 

Réalisateur : HEO In-mu
Acteurs : Hye-jeong Kang, Chong-ok Bae, Kyeong-ho Jeong
Durée : 1h53
Année : 2007
Pays : Corée Sud
Genre : Drame
Résumé : Sang-eun, une belle jeune fille de 20 ans, souffre d’une déficience intellectuelle. Un jour, elle rencontre par hasard Jong-Bom et se fait des illusions et pense qu’il est une bête sous l’emprise d’un pouvoir. Sa mère, qui a pris soin d’elle avec tant de dévouement se sent un peu ennuyée et délaissée en voyant que sa fille tombe amoureuse…
Fiche : DogaruIMDb
Partage proposé par : Anonyme DVD VOSTFR (Film rare)

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C’est probablement le début de la fin


 

Le premier quinquennat de XI Jinping avait suscité beaucoup d’espoir pour l’avenir de la Chine et du monde. L’initiative 一带一路 une Ceinture une Route, annoncée en 2013, augurait d’un développement économique, politique et culturel selon une logique plus équitable que le libéralisme occidental en cours depuis le XVIe siècle.

Le second quinquennat de XI Jinping commence mal, très mal. En supprimant la limitation à deux mandats de cinq ans, le PCC ouvre une crise de gouvernance qui, à plus ou moins long terme, aboutira à une sclérose au mieux comparable à celle de la période MAO Zedong et au pire à celle de la dynastie Qing.

L’empire mandchoue des Qing s’effondra autant du fait de la décomposition politique interne que de la guerre économique externe. En effet, la guerre coloniale anglo-française brisa d’autant plus facilement l’économie chinoise que la gouvernance ne reposait que sur l’allégeance à l’empereur.

DENG Xiaoping, en réintroduisant le principe de la sélection des cadres selon leurs compétences et non leur obéissance à la pensée de MAO Zedong, sauva le PCC. Cette mesure politique, alliée à la capitalisation de l’économie, permit à la Chine de retrouver au XXIe siècle la place qu’elle occupait au XVIIIe siècle.

Les arguments du PCC, complaisamment relayés par Pepe Escobar, ne tiennent pas :

Xi pourrait incarner la garantie dont la Chine a besoin pour mener à bien, aussi efficacement que possible, la purge anti-corruption dont elle a bien besoin dans les nombreuses branches pourries du PCC, tout en dirigeant une réorientation économique qui devrait avant tout bénéficier au prolétariat rural.
De plus, Xi est déjà la voix la plus importante dans le monde sur les thèmes du changement de climat, de la prolifération nucléaire, sans même parler du réalignement du commerce mondial dans le cadre de la mondialisation 2.0 emmenée par son pays.
Source : Asia Times, 02/03/2018.

Le PCC conserve toutes les garanties internes et externes. Il est le seul parti au pouvoir depuis 1949 et il est reconnu internationalement comme le gouvernement légitime depuis 1964.

En fait, la Chine est entrée dans un cercle vicieux négatif où la crise économique alimente la crise politique qui aggravera en retour la crise économique. Le cours nouveau se traduit par un raidissement de l’appareil du PCC qui espère sauver son avenir en se remettant à un seul homme XI Jinping, dont la pensée est inscrite désormais dans la Constitution. Ce faisant, le PCC bloque pour un temps indéterminé l’émergence d’hommes et de femmes capables d’envisager des solutions innovantes. Le renouvellement des cadres, se faisant sur l’allégeance à la pensée de XI Jinping, aboutira à une sclérose… mortelle. Ce bonapartisme à la chinoise sera préjudiciable aussi à l’économie chinoise et risque de créer une crise plus grave que celle de 1839…

12/03/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Léon TROTSKY, Cours nouveau, 1923 [Archive Internet des marxistesUQAC].
Dossier documentaire Politique Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

一带一路 une Ceinture une Route (3)


 

Dans son discours prononcé à l’occasion de la cérémonie d’ouverture, Zhai Jun, ambassadeur de Chine en France, a estimé que l’initiative « la Ceinture et la Route », lancée en 2013 par le président chinois Xi Jinping, est une solution chinoise emplie de sagesse orientale, visant la prospérité commune du monde. Selon lui, l’initiative « la Ceinture et la Route », dont l’essentiel du contenu réside dans la promotion de la construction des infrastructures et de l’interconnexion, la promotion d’un développement coordonné et interconnecté, et la réalisation de la prospérité commune, a remporté des résultats féconds depuis sa création il y a plus de quatre ans ; de plus en plus de pays et d’organisations internationales répondent et soutiennent fortement l’initiative chinoise.

La Chine et la France se situent, la main dans la main, à un moment historique important, qui est de promouvoir ensemble « la Ceinture et la Route » et un développement commun. Je suis persuadé que nos deux parties ont de larges perspectives de coopération dans le cadre de cette initiative et sont en mesure de faire progresser les avantages mutuels et les résultats « gagnant-gagnant ». Le partenariat global stratégique entre la Chine et la France, ainsi que les partenariats sino-européens de paix, de croissance, de réforme et de civilisation, dans la nouvelle ère, remporteront de plus grands succès.

Au cours du forum, l’ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine, l’ancien premier ministre italien Enrico Letta, le directeur de l’IRIS Pascal Boniface, et le directeur de recherche à l’IRIS Barthélémy Courmont nous ont accordé une interview, partageant leur opinion sur l’initiative »la Ceinture et la Route ».

Lire l’intégralité de l’article : L’initiative « la Ceinture et la Route » vue par des personnalités européennes, Chine au présent, 03/01/2018.

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Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie Chine, Monde en Question.
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Guru


 

Réalisateur : Mani Ratnam
Acteurs : Mithun Chakraborty, Abhishek Bachchan, Aishwarya Rai
Durée : 2h45
Année : 2007
Pays : Inde
Genre : Biographie
Résumé : L’histoire est basée sur la véritable vie Dhirubhai Ambani, qui, par la seule force de sa confiance en ses rêves, est parvenu à s’imposer dans le monde très fermé de la finance indienne. Guru Kant s’installe à Bombay avec sa femme, où à partir de rien ils parviendront à fonder la première compagnie de textile indienne.
Fiche : IMDb
Partage proposé par : Anonyme DVD VOSTFR (Film rare)

Lire aussi :
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Dossier Cinéma Inde, Monde en Question.
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Universitaires anti-chinois


L’ignorance de la Chine est notre lot commun, ignorance soigneusement entretenue non seulement par les médias dominants, mais aussi par les universitaires, surtout les sinologues, qui véhiculent le plus souvent une vulgaire propagande anti-chinoise.

Cette étude de cas explore les carences de deux auteurs, l’un scientifique et l’autre sinologue, qui à presque soixante ans d’intervalle (1961 et 2018) sont présentés comme significatifs dans leur domaine.

Un scientifique

Pierre Rousseau fut un vulgarisateur scientifique qui faisait autorité à son époque et a écrit une Histoire des transports [1].

C’est un rare privilège de mériter à la fois l’attention admirative du public et l’estime raisonnée des savants.
op. cit. quatrième de couverture

Or son Histoire des transports fait l’impasse sur la Chine. L’auteur s’en explique :

N’oublions pas que le monde méditerranéen ne peut être regardé comme le nombril du globe, pas plus que ses habitants ne sauraient avoir tout inventé. Rappelons-nous que la Chine possédait un réseau routier et une organisation des transports publics quelque mille ans avant notre ère, et qu’il y avait dans l’Inde, vers le même moment, des caravanes qui allaient vendre, jusqu’en Iran et en Afghanistan, soieries, armes et parfums. Ce serait donc céder à un fâcheux « occidentalocentrisme », pourrait-on dire, que passer sous silence l’œuvre de pays aussi différents ou ne point réserver à ceux-ci une place proportionnée à l’importance de leur apport.
C’est néanmoins ce que nous ferons ici, en toute connaissance de cause et sans solliciter d’absolution. C’est un fait, en effet, d’abord que le type de civilisation qui nous gouverne fut forgé par les peuples méditerranéens, et non par les Chinois ou les Incas ; ensuite que c’est ce type même qui fut adopté peu à peu par tous les peuples, au fur et à mesure qu’ils accédaient à la conscience historique. […]
Il nous paraît donc des plus légitimes de continuer à concentrer notre attention sur ces peuples de la Méditerranée ou de la Proche-Asie qui avaient écrit déjà le prologue de notre histoire des transports. Prologue, oui, car, grâce à ces peuples et sept ou huit siècles avant notre ère, tout était en place pour que le rideau se levât. Et c’était sur la scène de la Grèce et de Rome qu’il allait s’ouvrir.
op. cit. p.37 et 38

Alors que jusque-là [479 avant notre ère] l’histoire du monde et de la civilisation s’était confondue avec celle de l’Asie, l’humble Europe, par la Grèce, signalait pour la première fois sa présence. Sur le vaste continent de ténèbres qu’était le monde occidental, Athènes venait, pour la première fois d’allumer une lueur.
Une lueur qui devint une éblouissante clarté quand, débarrassée de la menace asiatique, Athènes put s’adonner librement à son goût de l’activité et du commerce.
op. cit. p.39

Si le style peut prêter à sourire aujourd’hui, l’argumentation reste d’actualité y compris la justification de la colonisation, nommée ici accès à la conscience historique, des peuples d’Amérique, d’Afrique et d’Asie.
Cinquante ans plus tard, beaucoup d’universitaires font encore l’impasse sur la Chine. Ainsi Immanuel Wallerstein, sociologue proche du mouvement altermondialiste, a produit le concept système-monde qui reste centré sur les États-Unis et n’englobe pas la Chine [2] !

Une sinologue

Cette spécialité est un produit de la colonisation qui, à partir du XVIe siècle, fut le projet économique et politique de l’Europe. On n’imagine pas celle de francologue qui serait compétent dans l’étude non seulement de la langue, mais aussi de la philosophie, des sciences sociales (économie, politique, etc.), des sciences pures (mathématiques, astronomie, physique, chimie, biologie, etc.), des techniques, des arts, de la littérature, de la géographie et de l’histoire.

Ceci dit, Anne Cheng a des compétences linguistiques reconnues, mais obscurcies par ses préjugés politiques. Alors qu’elle a traduit les Entretiens de Confucius et qu’elle a fait des cours sur Confucius au Collège de France pendant de nombreuse années [3], elle pratique le double-langage [4] en dénigrant l’étude de Confucius… en Chine.

Depuis 2015, elle poursuit un nouveau cycle de cours sur le thème Universalité, mondialité, cosmopolitisme – Chine, Japon, Inde.

A rebours des discours ambiants, ceux des médias et ceux des autorités chinoises, sur la Chine, entité autosuffisante, selon ses mots l’an passé, la sinologue renoue le fil avec son interrogation pluriannuelle et nous propose de « décentrer la Chine », de regarder au-delà de son poids économique et géopolitique, de questionner les empires antiques sur la longue durée et un « espace circulatoire plus large » où s’esquissent les interactions avec les grands voisins, l’Inde et le Japon. Il s’agit de « d’interroger », nous dit-elle, la prétention chinoise à l’universalité.

« Cette prétention à l’universalité a-t-elle un fondement historique » demande encore Anne Cheng, alors que la Chine s’est lancée dans l’ambitieux projet « One Belt, One Road », selon la traduction anglaise de la volonté de la Chine de ceinturer une partie du monde (il n’y a guère que le continent américain pour échapper, semble-t-il, à la nouvelle route de la soie qui relie la Chine par voie terrestre et maritime à ses voisins et aux pays plus lointains engagés dans les échanges avec elle). Comment cette nouvelle route contourne-t-elle l’Inde, la question est esquissée aujourd’hui.

Le problème vient du fait que Anne Cheng affirme la prétention chinoise à l’universalité sans le démontrer. Elle applique mécaniquement à la Chine, qui redevient la première puissance économique qu’elle était au XVIIIe siècle, le concept occidental d’universalisme créé pour justifier la colonisation des Amériques, de l’Afrique et de l’Asie [5].

12/03/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Notes et références

[1] Pierre ROUSSEAU, Histoire des transports, Fayard, 1961 [cité en 1996 dans un mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine].

[2] Serge LEFORT, Les impasses de Wallerstein, Monde en Question.

[3] Entretiens de Confucius [Traduction Anne CHENG], Points Seuil, 1981 [Archives des sciences sociales des religionsRevue Philosophique de Louvain].
Anne CHENG, Cours au Collège de France.

[4] Le ressac de l’histoire – Réflexions sur les amnésies chinoises : entretien avec Anne Cheng, Vacarme, 23/06/2010.

Mon travail est le produit d’une situation. Je suis née de parents chinois dans la France de l’après-guerre : mon père y était venu pour étudier le chant, ma mère la peinture occidentale aux Beaux-Arts, deux artistes en herbe dans la bohème parisienne. On parle souvent de comique de situation ; dans mon cas, ce serait plutôt un tragique de situation : ma mère a choisi de rentrer en Chine à l’été 1966, aux premiers signes de la Révolution culturelle. À peine âgée de dix ans, j’ai vu ma mère disparaître et suis restée sans nouvelles pendant plus d’une décennie. Je ne savais même pas si elle était encore vivante : la Chine de la Révolution culturelle s’était coupée du monde. C’est là qu’a commencé mon tiraillement entre les deux extrémités du continent eurasiatique. Je reprendrais volontiers à mon compte le titre du tout premier film de Dai Sijie, Chine, ma douleur. Par ma situation, la Chine est une part de moi : j’ai été nourrie à la chinoise et le chinois est la première langue que j’ai parlée. Mais il y a eu cette cassure. La Chine, intimement, ce n’est donc ni l’Autre, ni l’exotisme, ni même la jolie Chine, celle de la jolie peinture et de la jolie poésie : c’est d’abord l’expérience d’une certaine forme de violence, du vécu et du non-dit.

[5] François JULLIEN, De l’universel, de l’uniforme, du commun et du dialogue entre les cultures, Fayard, 2008 [FiligraneHommes et migrations].

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