Chine en Question

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Cinéma japonais 2


 

France Culture a consacré une nuit au cinéma japonais [émission à écouter, télécharger, podcaster] :

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Cinéma japonais, Ciné Monde.
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Cinéma japonais 1

Les passeurs de Chine


La Chine paradoxale. Elle est le « tigre » économique du XXIè siècle mais aussi la terre des philosophes, du détachement radical.

Jacques PIMPANEAU, auteur de l’essai A deux jeunes filles qui voudraient comprendre la religion des chinois et du roman Les quatre saisons de Monsieur Wu.

Jean LÉVI, directeur de recherche au CNRS, auteur de l’essai Le petit monde du Tchouang-Tseu.

Tout un monde

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L’Origine du Monde


Depuis plus de deux mille ans la pensée occidentale est engluée dans le mythe de l’origine. Toutes les civilisations sauf une – la civilisation chinoise – racontent une histoire sur l’origine du monde. Ces contes ont été repris par la cosmologie des trois religions monothéistes qui ont construit le démiurge – YHWH, Dieu ou Allah – responsable de la création de l’univers.

La physique, pourtant une science dure, n’a pas échappé au mythe de l’origine. Tout le monde connaît la théorie du Big Bang, mais peu de gens savent que ce modèle cosmologique fut proposé en 1927 par le chanoine catholique belge Georges Lemaître, qui décrivait dans les grandes lignes l’expansion de l’univers, avant que celle-ci ne soit mise en évidence par Edwin Hubble en 1929. Pour la petite histoire, il est significatif de savoir que l’expression Big Bang fut popularisée lors d’une émission de la BBC en 1950 alors que Fred Hoyle, qui l’utilisa d’une manière ironique, était le principal détracteur de la théorie du Big Bang.

Les physiciens les plus illustres entretiennent la confusion entre théorie ou modèle d’une part et connaissance issue d’expérimentations scientifiques d’autre part. Il est connu que Bernard d’Espagnat est le physicien chéri des catholiques [1], mais il est moins connu que Etienne Klein est conseiller de rédaction de la revue jésuite Etudes [2]. Étrange car le jésuite Matteo Ricci a précisément cherché à convertir les chinois non en les évangélisant, mais en leur parlant de sciences : mathématique, astronomie, etc.

Le discours soi-disant universaliste de l’origine bute sur le fait que la pensée chinoise – philosophie et scientifique – s’est construite sans recourir à l’idée de création, mais à celle de procès c’est-à-dire le mouvement d’alternance du yin et du yang.

Le principe de l’alternance évacue de lui-même toute possibilité de construction téléologique, sur la Terre comme au Ciel […]
De même qu’il ne saurait avoir de fin, le mouvement en cours ne saurait avoir de début : en amont comme en aval de lui-même, le cours du procès n’a pas d’extrémité possible.
François JULLIEN, op. cit. p.72

Dans le chapitre ni créateur ni création, François Jullien résume :

Qu’y a-t-il, au fond, qui sépare aussi radicalement la pensée du procès de celle de la création ? Il me semble que, si l’on tente de remonter plus avant dans la structure de la différence, le principe de l’opposition serait d’abord celui-ci : à l’origine du procès […] il n’y a jamais eu une mais toujours deux instances. Celles-ci, d’une part, s’opposent catégoriquement l’une à l’autre dans leurs déterminations réciproques et, en même temps, fonctionnent toujours à parité l’une vis-à-vis de l’autre, sans qu’il y ait jamais antériorité ou supériorité entre elles deux. De là naît une logique de l’interaction mutuelle et continue, par rapport à quoi la question de l’origine, elle-même, perd son sens.
François JULLIEN, op. cit. p.79

Plus loin, il ajoute :

La justification minimale de Dieu, au sein du rationalisme occidental, est de lui attribuer l’impulsion initiale dans l’enchaînement des causes et des effets qui constituent le cours du monde. Dieu est là pour donner sa première chiquenaude à l’univers [Big Bang], après quoi tout marche tout seul : l’interprétation mécaniste évacue toute mise en scène dramatique de la création, mais ne peut pour autant se dispenser de l’hypothèse du premier moteur. Or c’est précisément cette idée d’une intervention extérieure, même réduite à son minimum – au seul début -, que repousse catégoriquement [la pensée chinoise].
François JULLIEN, op. cit. p.84

L’athéisme profond de la pensée chinoise se comprend par cette absence des idées d’origine et de fin car, comme le dit Wang Fuzhi, « c’est chaque jour que le monde commence comme c’est chaque jour que le monde finit ». « Le début du monde et la fin du monde sont une seule et même chose ».

01/02/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Bernard d’ESPAGNAT, À la recherche du réel – Le regard d’un physicien, Gauthier-Villars, 1979 réédition Pocket, 1991 [Journal de physique].
Qu’est-ce que la réalité ? Cette question sans cesse posée dans la tradition philosophique est aujourd’hui reprise par des physiciens, dont l’objet d’étude, cet ensemble de phénomènes qu’il est convenu d’appeler réalité, se dérobe parfois à l’analyse scientifique autant qu’il était rebelle à toute définition métaphysique close. La physique contemporaine permet-elle de résoudre ce problème, d’affirmer l’existence d’une réalité indépendante de notre perception, et d’en construire le concept ? Bernard d’Espagnat s’attache à reprendre cette question, lui apporte l’éclairage de la philosophie classique, et celui de la science contemporaine. Reprenant les termes du débat à l’origine, il en propose une interprétation qui tient compte des plus récents acquis de la physique. Méditation sur une des questions essentielles de la philosophie, ce livre est donc également une brillante initiation aux problématiques de la physique, science qui entre toutes a connu récemment les plus grands bouleversements.
• Bernard d’ESPAGNAT, Une incertaine réalité – Le monde quantique, la connaissance et la durée, Gauthier-Villars, 1985 réédition Fayard, 1993.
• Bernard d’ESPAGNAT, Le réel voilé – Analyse des concepts quantiques, Fayard, 1994 [La Recherche].
Parce qu’elle relativise certaines notions que l’on pouvait croire absolues (espace, objet, causalité), la physique quantique bouleverse nos conceptions traditionnelles. Ce livre expose en détail les raisons de ces changements et les nouveaux problèmes conceptuels qui en découlent. Il fournit une description d’ensemble, aussi utile aux épistémologues qu’aux physiciens, des diverses manières dont les experts en la matière s’attaquent aux problèmes en question. Après un rappel simple et clair des principes de la mécanique quantique, l’ouvrage traite successivement de la causalité locale, du critère E.P.R. de réalité, des théories quantiques de l’opération de mesure (problèmes relativistes compris), des théories de la décohérence (environnement), de celles des logiques cohérentes, des théories à visées ontologiques telle celle de Bohm, et de plusieurs problèmes connexes. Certaines questions touchant au lien entre contractualité et réalisme, à l’accord intersubjectif, aux limites de sens des verbes « être » et « avoir », etc., émergent naturellement des analyses ainsi conduites et sont étudiées en détail. Enfin, il est montré que le fait de distinguer entre la réalité empirique et un réel indépendant « voilé », dont on ne peut espérer connaître que certaines structures générales, met sur la voie d’une interprétation satisfaisante de la physique d’aujourd’hui.
• Bernard d’ESPAGNAT et Etienne KLEIN, Regards sur la matière – Des quanta et des choses , Fayard, 1993 [Les Humains AssociésRevue d’histoire des sciences].
La physique quantique n’est pas seulement à la base de nombreuses inventions de pointe.
Elle constitue aussi une révolution conceptuelle de grande ampleur. Bien que ses implications pratiques comme ses conséquences philosophiques soient immenses, la physique quantique est encore mal connue des non-spécialistes, en partie à cause des difficultés qu’il y a à exposer ses fondements. Or c’est justement la gageure réussie de cet ouvrage. En un style clair, enjoué et dépourvu d’équations, Etienne Klein nous guide dans les profondeurs de la matière.
Nous découvrons avec lui des expériences aussi étranges que celle des « fentes de Young », qui montre que la matière est à la fois onde et corpuscule et que ses caractéristiques sont en partie liées… à notre propre existence en tant qu’observateur humain! Après avoir pris connaissance de paradoxes surprenants comme celui du chat de Schrödinger – un chat à la fois mort et vivant ! – nous abordons la mystérieuse question de la « non-séparabilité », sorte d’influence qui se joue de l’espace et du temps. Prenant le relais, Bernard d’Espagnat nous montre les impressionnantes conséquences de ces découvertes; comment il en résulte que la physique ne donne accès qu’à une allégorie de ce réel dont elle maîtrise si admirablement les apparences.
Notre vision du monde s’en trouve transformée et vivifiée. Loin d’apparaître comme la grande mécanique que paraissait décrire la physique classique, ce réel -voilé et non séparable – laisse entrevoir une profondeur et un mystère qui semblaient avoir disparu. La quête immémoriale d’un « être » qui soit plus que les matériaux qui le composent retrouve ainsi une pertinence que la science avait un moment paru nier. Ensemble, ils nous proposent un livre clair et vigoureux qui, non seulement nous initie à la physique moderne mais réhabilite aussi la dimension contemplative du métier de physicien.
• Etienne KLEIN, Discours sur l’origine de l’univers, Flammarion, 2010 [ExtraitsLibération].
D’où vient l’univers ? Et d’ou vient qu’il y a un univers ? Irrépressiblement, ces questions se posent à nous. Et dès qu’un discours prétend nous éclairer, nous tendons l’oreille, avides d’entendre l’écho du tout premier signal : les accélérateurs de particules vont bientôt nous révéler l’origine de l’univers en produisant des « big bang sous terre » ; les données recueillies par le satellite Planck nous dévoiler le « visage de Dieu » ; certains disent même qu’en vertu de la loi de la gravitation l’univers a pu se créer de lui-même, à partir de rien… Le grand dévoilement ne serait donc devenu qu’une affaire d’ultimes petits pas ? Rien n’est moins sûr… Car de quoi parle la physique quand elle parle d’« origine » ? Qu’est-ce que les théories actuelles sont réellement en mesure de nous révéler ? À bien les examiner, les perspectives que nous offre la cosmologie contemporaine sont plus vertigineuses encore que tout ce que nous avons imaginé : l’univers a-t-il jamais commencé ?
• Etienne KLEIN, Interview, Arte, 2006.
• Etienne KLEIN, cours 2007, Le mystère d’être, 2007.
• Ce que nous savons du commencement du monde est-il compatible avec l’idée de créateur ?, Du Grain à moudre, 20/10/2010.
• Les Origines 3/5 : L’origine de l’univers, Les Nouveaux chemins de la connaissance, 12/01/2011.
• Etienne KLEIN, L’origine de l’univers est-elle pensable ?, Cours méthodique et populaire de philosophie, 19/01/2011.
• Etienne KLEIN, Les lois du monde sont-elles dans le monde ?, Cours méthodique et populaire de philosophie, 25/05/2011.
• Big Bang, CNRS.
• François JULLIEN, Procès ou Création – Une introduction à la pensée des lettrés chinois, Seuil, 1989 réédition Points Seuil, 1996.
Que toute réalité soit conçue comme processus en cours, relevant d’un rapport d’interaction ; que tout réel ne soit donc jamais analysable comme entité individuelle mais comme relation ; qu’il y ait, par conséquent, à l’origine de tout phénomène non pas une mais toujours deux instances fonctionnant corrélativement, c’est là une rerésentation de base de la culture chinoise.
Dossier documentaire & Bibliographie François JULLIEN, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.


[1] Sélection bibliographique :
• À la recherche du réel – Entretien avec Bernard d’Espagnat, Jean Staune, non daté.
• Approches des positions de Bernard d’Espagnat dans une incertaine réalité, Laval théologique et philosophique, 1988.
• Physique et réalité, entretien avec Bernard d’Espagnat, Évangile & Liberté, Août-Septembre 2006.
• Bernard d’Espagnat : spiritualité et science, Racines chrétiennes, 13/12/2009.
[2] Sélection bibliographique :
• La Compagnie de Jésus dans la cité des hommes, Le Monde, 13/07/2010.
• Etienne KLEIN, Articles depuis janvier 2001, Etudes.

Cette étrange idée du beau


Quelques soient ses critères ou les variations dans la manière de le concevoir, il y a en occident un « impérialisme » du beau auquel la création, l’œuvre ou la réception se soumettent. On peut faire l’archéologie de cet impérialisme pour en dégager les partis pris théoriques et travailler l’écart avec la pensée chinoise qui, elle, n’a pas isolé ou abstrait le beau. D’autres possibles s’ouvrent alors, donnant un autre accès à l’art et singulièrement à l’art contemporain.
Conférence de Jean-Jacques Melloul, Citéphilo, 21/11/2010.

Lire aussi :
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• François JULLIEN, Cette étrange idée du beau, Grasset, 2010.
François Jullien offre une mise en regard de la pensée chinoise et de la pensée européenne sur le concept de beau, afin de le sortir des lieux communs et de le rendre à son étrangeté.
Dossier documentaire & Bibliographie François JULLIEN, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.

Shanghai


L’exposition universelle de Shanghaï s’est tenue de mai à novembre 2010. Elle avait pour slogan : Better city, better life (meilleure ville, meilleure vie). Le gouvernement de Shanghaï prétend que sa ville montre l’exemple.

Pour en avoir le cœur net, Planète Terre a rapporté des quartiers de Shanghaï trois émissions. Sur le terrain, trois chercheurs installés sur place, deux Françaises et une Chinoise, nous ont ouvert la voie et guidé dans cet arpentage d’un territoire grand comme la moitié de l’Ile de France : Carine Henriot, géographe ; Zhang Kaï, urbaniste ; Valérie Laurans, sociologue. Leurs voix se mêlent, sur place, à celles de deux universitaires lyonnais : Christian Henriot, historien ; et Michel Lussault, géographe, président de l’Université de Lyon, l’institution partenaire de cette série de trois émissions de Planète terre. Elles se reflètent dans de brefs éclats littéraires de Shanghaï lus par Marie Richeux et dans les citations d’Hergé lues par Nadège Cathelineau.

Shanghaï, la meilleure des villes (1/3)
Shanghaï, la meilleure des villes (2/3)
Shanghaï, la meilleure des villes (3/3

Sélection bibliographique :
• BERGÈRE Marie-Claire, Histoire de Shanghaï, Fayard, 2002 [BiblioMondeLa Fabrique de l’HistoirePerspectives chinoises].
• IDIER Nicolas (sous la direction de), Shanghai – Histoire, promenades, anthologie & dictionnaire, Bouquins Laffont, 2010 [Sommaire2000 ans d’Histoire sur France InterLes Matins sur France CultureFrance Info].
Après avoir été le « Paris de l’Orient » dans les années 1930, Shanghai, qui est devenue l’une des grandes capitales du monde, dépasse aujourd’hui toute comparaison. Ville chinoise autant que capitale cosmopolite, ville de tous les excès, elle multiplie les âges d’or. Derrière la vitrine du triomphe économique et de la démesure architecturale, se développe une culture inquiète, tout à la fois tournée vers le passé et aimantée par l’avenir. Les plus grandes personnalités de la Chine contemporaine partagent un point commun : Shanghai. Tout ce qui compte en Chine a transité par cette ville. Véritable transformateur de la modernité économique, politique et culturelle, Shanghai ne cesse de fasciner.
Cet ouvrage totalement inédit, tant dans son ambition que dans son contenu, est le fruit d’une collaboration entre les meilleurs spécialistes de la Chine, aussi bien Français que Chinois ou Anglo-Saxons, historiens, économistes, écrivains, acteurs de la vie trépidante d’une ville ancrée dans la modernité. Comprendre Shanghai, c’est non seulement comprendre la Chine d’aujourd’hui mais comprendre le monde où l’on vit.
• SANJUAN Thierry, Atlas de Shanghai, Autrement, 2009.
Shanghai est une métropole de l’aventure moderne de la Chine, fruit d’une greffe réussie, fille de l’implantation occidentale sur les rives de l’Empire à l’issue des guerres de l’Opium. Pour cela, Shanghai a été longtemps dénoncée par le régime actuel comme l’illégitime relais des agressions de l’impérialisme étranger. C’est dans ce paradoxe que Shanghai a retrouvé sa légitimité depuis le début des années 1990. La création de la Nouvelle Zone de Pudong, la modernisation et le renforcement du rayonnement de Shanghai, sa force d’attractivité exceptionnelle se nourrissent de la capacité originelle de la ville à être une métropole moderne. Métropole, Shanghai l’est par essence. Elle se réinscrit aujourd’hui dans le réseau des plus grands pôles de commandement mondiaux. Carrefour portuaire et aéroportuaire, elle devient aussi une mégapole avec tous les processus caractéristiques des grandes villes en brutale émergence : verticalisation du bâti, gentrification du centre-ville, tertiarisation de son économie, changement d’échelle et redistribution périphérique de ses populations, ses activités et ses grands équipements. Shanghai connaît les défis de la ville mondiale de demain. Les questions redoutables de développement durable en termes sociaux autant qu’environnementaux, de stratification sociale et de déséconomies urbaines comme la pollution, se bousculent à la porte d’une modernisation réalisée en moins de vingt ans. Shanghai, ville à la fois moderne et postmoderne, ville de l’enrichissement et de la ségrégation, de la suractivité et de la précarisation, illustre étonnamment l’avenir de la ville asiatique, voire de la ville tout court, dans une globalisation sous contrainte.
• ZHENG Zu’an, HENRIOT Christian, Atlas de Shanghai – Espaces et représentations de 1849 à nos jours, CNRS, 1999 [Géoconfluences].
Shanghai. A la simple évocation de ce nom surgissent des flots d’images : Paris de l’Orient et lupanar de l’Asie, berceau de la révolution prolétarienne, lieu de plaisirs et d’aventures, de tribulations et de perdition. Shanghai la mythique, Shanghai la rebelle est née en 1849, avec son ouverture forcée au monde. A l’orée du XXe siècle, la plus grande métropole de Chine n’en finit pas de recréer et de revivre ses propres mythes. Aujourd’hui comme hier, Shanghai incarne le fruit défendu de la modernité chinoise. Cendrillon oubliée par la première vague des réformes, la cité bâtit aujourd’hui un nouveau Manhattan face au Bund qui l’a rendue célèbre dans le monde entier. Prise par une frénésie de progrès, après 35 ans d’immobilisme, Shanghai regarde davantage vers le futur que vers son passé. Alors que s’amorce une nouvelle étape décisive pour l’avenir de la ville, les auteurs redonnent, à travers cet atlas original, une épaisseur historique aux bouleversements du temps présent. Les ouvrages consacrés à Shanghai ont le plus souvent négligé la dimension spatiale de la cité. En prenant appui sur un matériau inédit ou méconnu – cartes anciennes ou  » interdites au public « , documents d’archives, reconstructions statistiques – les auteurs cherchent à réintroduire l’espace dans le temps et dire l’histoire à travers les clés de lecture originales qu’offre la cartographie. Cette exploration des 150 dernières années de l’histoire de Shanghai conduit le lecteur des remparts de la vieille ville impériale aux excroissances les plus récentes de la métropole la plus vivante de Chine.
• Shanghai, Le Petit Futé, 2009 [BooksGoogle].
• Shanghai, Villes chinoises.
• La ville, laboratoire de la Chine de demain, Perspectives chinoises, Octobre 2008.
• Bibliographie Shanghai , Institut d’Asie Orientale.

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Revue des podcasts n°3


 

La Chine, RFI – La rivalité sino-américaine, RFI.

Il est beaucoup question de géoéconomie (avec Pascal Lorot) et de géopolitique (avec Yves Lacoste) plus régionale qu’internationale. À propos du conflit frontalier Chine-Japon, personne n’a rappelé que le Japon a participé au pillage coloniale de la Chine pendant un siècle et que le parti de Mao Zedong prit le pouvoir en 1949 parce qu’il fut le meilleur opposant nationaliste à l’occupation japonaise. Il manque donc l’éclairage de la géohistoire.

Pourquoi le modèle chinois séduit-il certains davantage que le modèle occidental ?, Du grain à moudre.

Les animateurs et les intervenants plaquent les concepts occidentaux pour analyser les contradictions du pays du milieu – zhōng guó – qu’ils appellent improprement – ce qui est significatif – l’Empire du Milieu.

Chine, Les Enjeux internationaux.

Claude Meyer dit en quelques mots l’essentiel des « heurs et malheurs de la relation franco-chinoise » : « En rencontrant le président français, le chef de l’état chinois s’adressait tout d’abord au futur président du sommet du G20 qui se déroulera la semaine prochaine ».

La France et la Chine, Géopolitique.

Bernard Guetta reprend les arguments des médias dominants, donneurs de leçons, qui ne digèrent pas que cette ex-colonie des puissances occidentales soit devenue la deuxième puissance mondiale.

Le roi du monde, Revue de presse internationale.

Il est toujours intéressant de connaître le point de vue des médias dominants des autres pays. En France par exemple, les médias dominants font pression pour réévaluer le yuan, mais se taisent sur le fait que les États-Unis « font marcher la planche à billets pour tenter de sortir le pays de la crise… au risque bien sûr de faire sombrer l’économie mondiale dans une nouvelle crise ».

France / Chine : des interêts convergents, IRIS.

Fabienne Clérot montre bien que d’une part la France a besoin du soutien de la Chine pour assurer la prochaine présidence du G20 et que d’autre part la France et la Chine ont des intérêts convergents face à l’hégémonie contestée du dollar.

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Revue des podcasts n°2


Grâce à tous ces petits ouvriers, Là-bas si j’y suis

Aujourd’hui, nous vous emmenons à la rencontre de patrons français qui se sont installés en Chine : bonheur et prospérité à la clé.
« Françaises, Français, encore un effort pour être chinois ! ». Voilà peut-être ce que veulent nous dire ces patrons français…

La Chine vue du bord, Sur les docks – Hong-Kong : 1/4, 2/4, 3/4 – Belleville : 4/4

Le dernier épisode, titré « Belleville : chronique d’une colère jaune ! », a des relents de « péril jaune ».
Lire : LEFORT Serge, Du « péril jaune » à « l’invasion des produits chinois », Monde en Question.

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Revue des podcasts n°1


Histoire de la Chine, La Fabrique de l’Histoire.

Notre grand témoin de la semaine « Chine-Europe; quatre cents ans de relations » est un historien et journaliste chinois dont la thèse a été soutenue en Sorbonne dans les années quatre-vingts : Chen YAN, L’éveil de la Chine, Edition de l’Aube, 2003.

1/4 : Après la lecture d’un récit de voyage du premier ambassadeur de l’Empire en Europe, écrit à la fin des années 1870, Chen Yan résume pour nous la lente découverte du monde par les lettrés chinois du XIX ème siècle.
Dès cette époque, la Cour est divisée en partisans de la modernisation et défenseurs de la tradition, furieux de voir la Chine se compromettre avec des peuples considérés comme barbares.

2/4 : Entre 1916 et 1917 les armées françaises et britaniques ont recruté des dizaines de milliers de travailleurs chinois selon un accord passé avec le gouvernement chinois. La seule condition fixée par l’Etat chinois était de se voir garantir que ceux-ci ne combattraient pas et seraient employés comme ouvriers ou manoeuvres.

3/4 : Ce matin, nous remontons le temps et nous arrêtons au XIX ème siècle, quand les Européens, longtemps interdits de commercer avec l’Empire de Chine, y entrèrent par effraction en utilisant ce qu’on appelera « la diplomatie de la canonnière ».
Ce furent les deux guerres de l’opium qui mirent à genou la Chine et ouvrirent ce que ce pays appelle encore « le siècle de l’humiliation ».

4/4 : Matteo Ricci, jésuite italien, parvint à pénètrer à la cour impériale de Chine à la fin du XVI ème et à vivre et évangéliser à Pékin où il mourut il y a quatre-cents ans, en mai 1610.
Pour se faire accepter, Matteo Ricci apprit la langue, s’habilla de la robe de soie des lettrés chinois et comme eux se laissa pousser la barbe. Bref, à la façon de François-Xavier, évangélisateur jésuite du Japon, s’adapta à la civilisation qu’il voulait convertir au christianisme.

Écouter aussi : Matteo Ricci messager des sciences entre la Chine et l’Europe au XVIIe siècle, La Marche des sciences.