Chine en Question

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La Chine lutte contre l’épidémie


 

Pendant que la Chine lutte avec acharnement contre l’épidémie du coronavirus les médias occidentaux se complaisent dans l’immonde propagande de la menace du péril jaune.

J’invite les lecteurs à lire les informations, publiées en anglais par Global Times, sur l’évolution de l’épidémie et à comparer le nombre de cas mortels recensés en Chine à celui de la mortalité annuelle de la grippe en France communiqué par l’Institut Pasteur.

03/02/2020
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

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Hong Kong – Propagande trotkyste


 

Les médias dominants, inféodés aux grand groupes industriels, n’ont pas le monopole de la propagande anti-chinoise. C’est aussi une spécialité de toute l’extrême gauche – anarchistes et trotkystes. La haine anti-communiste des anarchistes est telle qu’ils soutiennent l’extrême droite instrumentalisée par les États-Unis en Ukraine. Quant aux trotkystes, ils récitent imperturbablement leur catéchisme quelque soit les circonstances car pour eux le monde s’est arrêté le 21 août 1940 à Coyoacán (à deux pas de mon ancien domicile au Mexique) [1].

L’enterrement de Pierre Overney, militant maoïste, le 25 février 1972 marqua le reflux de l’extrême gauche en France. Les organisations trotkystes ont alors périclité. La Ligue Révolutionnaire (tendance Pierre Frank) et l’OCI (tendance Pierre Lambert) ont pratiquement disparu. Lutte Ouvrière survit vaille que vaille en cultivant un sectarisme débilitant et en publiant des articles de plus en plus pauvres [2].

Aux États-Unis, le CIQI est très actif via son site WSWS car sur le terrain son influence est nulle. Jerry White a obtenu 471 voix aux élections présidentielles de 2016 et Niles Niemuth 2 213 voix aux élections législatives de 2018 dans le Michigan [3] !

Dès le 11 juin, WSWS vole au secours de la démocratie en danger par un mensonge : le régime de Pékin pourrait utiliser cette législation pour faire expulser vers la Chine continentale, juger et emprisonner sur la base d’accusations inventées de toutes pièces. En l’occurrence, il s’agit d’un homme accusé d’un meurtre commis à Taïwan qu’il a avoué mais qui n’a pas été jugé car il s’est réfugié opportunément à Hong Kong [4]. Le plus drôle est que cette organisation, qui se dit révolutionnaire, vole au secours des dissidents religieux chinois qui seraient considérés comme une menace par les communistes chinois mais pas par les trotskystes américains. Comme d’habitude, l’auteur de l’article, dont le nom importe peu, termine par le refrain obligé pour sa chapelle : La lutte pour les droits démocratiques à Hong Kong doit s’appuyer sur la classe ouvrière et s’inscrire dans la lutte plus large contre l’austérité et pour les droits sociaux fondamentaux tels que des emplois et salaires décents. […] C’est pour cette perspective que se bat le Comité international de la Quatrième Internationale.

Dans l’article du 18 juin, l’auteur reprend les fantasmes habituels de WSWS que la conclusion prescriptive précédente contredit : Les manifestations de masse à Hong Kong sont une autre indication de la résurgence des luttes de la classe ouvrière sur le plan international. Embourbé dans une terminologie dépassée qualifiant le gouvernement chinois de régime stalinien, l’auteur évoque la grande région industrielle de Shenzhen. Là encore, il retarde terriblement car Shenzhen est devenue une grande place financière de la Chine et, en 2018, son produit intérieur brut a dépassé celui de Hong Kong [5].
Curieusement, alors qu’il s’insurge contre l’ingérence du gouvernement Pékin, il le tient pour responsable des mauvaises conditions de vie de la population à Hong Kong :

Vingt pour cent de la population de Hong Kong, soit 1,37 million de personnes, vivent dans la pauvreté et sont confrontés à une grave crise du logement. Le coût médian d’une maison est 18 fois plus élevé que le revenu médian des ménages. Selon les chiffres du gouvernement, plus de 200.000 personnes vivent dans des appartements illégaux et dangereux, à peine assez grands pour accueillir une seule personne, où les normes de sécurité et d’hygiène sont ignorées. Des centaines de milliers d’autres vivent dans des cabanes de fortune au sommet d’immeubles d’habitation ou d’usines.
Le CIQI redécouvre incidemment la conception matérialiste de l’histoire de Karl Marx, mais ses prescriptions politiques restent au niveau de l’idéalisme hégélien voire proudhonien !

Le 3 juillet, le soutien de WSWS aux manifestants devient plus réservé : ni l’éloge de la domination coloniale britannique, ni la promotion de l’esprit de clocher de Hong Kong ne constituent les moyens politiques de lutter pour les droits démocratiques. L’auteur fait alors la leçon à des manifestants, qui ne le liront jamais, en fantasmant sur Tiananmen !

Le 10 juillet, l’article évoque des pancartes écrites avec des caractères chinois simplifiés alors que les photos montrent surtout des pancartes imprimés et rédigées en anglais [6] et l’auteur fantasme encore, comme les médias dominants à la même l’époque, sur l’intervention probable de l’armée – le conditionnel étant une clause style car la plupart des commentateurs souhaite une intervention pour prouver que XI Jinping est un nouvel Hitler.

L’article du 24 juillet est particulièrement suspect car il est basé sur des allégations sans preuves. Le rédacteur n’a pas enquêté sur place, mais affirme avec force Il serait d’ailleurs tout à fait naïf de conclure que cette attaque [des triades] a eu lieu sans le soutien de Beijing ! Il donne crédit aux théories complotistes des médias dominants sur une soi-disante alliance entre les triades et le PCC alors qu’elles se sont réfugiées à Hong Kong, sous gouvernement britannique, après la prise du pouvoir par le PCC en 1949. Les films hongkongais, que j’ai visionnés et dont je parlerai ultérieurement, montrent au contraire que les triades se sont opposées à la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997.

L’article du 30 juillet est encore plus suspect car il est basé sur des témoignages non sourcés ou sur des déclarations d’Amnesty International dont on connait la partialité en ce qui concerne la Chine notamment lors de sa campagne de 2008 en faveur de l’indépendance du Tibet. Plus grave encore, il prétend que les groupes de l’extrême droite indépendantiste, comme Hong Kong Indigenous ou Civic Passion, seraient minoritaires alors que ce sont ces activistes qui, à l’abri des manifestations, saccagent immeubles, aéroport, métro, etc. Les envolées lyriques sur un mouvement international de Hong Kong à Porto Rico en passant par Paris sont aussi fantasmagoriques que risibles. La conclusion est comme toujours encore plus cocasse : Une telle lutte contre l’impact de l’aggravation de la crise du capitalisme doit être basée sur le programme de l’internationalisme socialiste. Elle doit s’inspirer des leçons des luttes historiques du mouvement trotskyste – celles du Comité international de la Quatrième Internationale contre le stalinisme, le maoïsme et l’impérialisme.

Les deux articles du 8 août sont typiques de cette organisation dont le slogan magique est grève générale ! Ils tissent des liens qui n’existent que dans l’imagination des dirigeants du CIQI et que les sous-fifres répètent inlassablement : Cette flambée d’opposition populaire a lieu parallèlement aux manifestations de masse sur le territoire américain de Porto Rico, aux grèves massives en Inde et au mouvement des Gilets jaunes en France, pour n’en citer que quelques-uns. Mais, pour réussir, les manifestants du monde entier doivent écouter les conseils de CIQI déclinés scolairement et, cerise sur le gâteau, contacter et engager un dialogue politique sur ces questions essentielles avec cette direction éclairée… qui fera trembler Pékin !

L’article du 15 août voit un un mouvement de protestation présentant des revendications démocratiques plus larges, mais ne voient pas les destructions de plus en plus fréquentes réalisées par des commandos bien équipés et organisés. Par contre, il brandit toujours le spectre d’une intervention militaire. Il parle bizarrement de frontière entre Hong Kong et la Chine continentale comme s’il s’agissait de deux pays différents. Enfin, il a une vision eschatologique d’une révolution mondiale imminente… depuis 79 ans : Les commentaires de Trump ne font que souligner l’unité de base entre les classes dirigeantes aux États-Unis, en Chine et dans le monde entier contre la résurgence de la lutte de la classe ouvrière au niveau international, dont les manifestations à Hong Kong constituent une expression initiale.

Le 17 août, le CIQI via WSWS poursuit le délire paranoïaque déclinée précédemment d’une alliance entre Donald Trump et Xi Jinping contre la révolution mondiale qui a commencé à Hong Kong ! En fait, l’article ne va pas assez loin dans ce délire car il oublie de tirer argument du fait que le gouvernement d’Emmanuel Macron à livrer des canons à eau à la police de Hong Kong et celui d’Angela Merkel des grenades lacrymogènes. C’est la preuve d’une conspiration mondiale contre la révolution !
Plus drôle encore, il parle de la propagande du gouvernement de Pékin concernant une intervention militaire alors que c’est le CIQI qui, à le remorque des médias dominants, a alimenté cette rumeur depuis plusieurs jours.

Le deuxième paragraphe de l’article du 20 août commence par une tournure journalistique classique selon les organisateurs. Or, ces organisateurs ne sont pas cités et encore moins mesurés à l’aune de leur influence réelle sur le terrain. Le participants sont décrits vaguement comme une foule anonyme. Par contre, le rédacteur lance une phrase qui contredit les accusations antérieures : Le « crime organisé » est une référence aux attaques contre des manifestants par des voyous qui appartiennent prétendument à des gangs des triades liés à des personnalités pro-Pékin. Ce prétendument est d’autant pus étrange que l’article du 24 juillet nous mettait en garde : Il serait d’ailleurs tout à fait naïf de conclure que cette attaque [des triades] a eu lieu sans le soutien de Beijing ! Il fait une large publicité au Front civil des droits de l’homme comme s’il s’agissait de la direction préconisée le 30 juillet et qui sert de conclusion… comme d’habitude : Ce constat souligne la nécessité de créer une section du Comité international de la Quatrième Internationale à Hong Kong et en Chine !

Le 26 août, les visions d’une révolution mondiale en marche sert de fil conducteur pour dénoncer le régime stalinien de Pékin qui n’est ni socialiste ni communiste, mais défend les intérêts des oligarques bourgeois et des super-riches en Chine et à Hong Kong. Cette phraséologie est classique et elle est d’ailleurs enseignée aux futurs rédacteurs comme celle du paragraphe commençant par Pour lutter pour les droits démocratiques et sociaux, il est nécessaire de et se termine par un régime capitaliste qui défend les intérêts d’une poignée d’oligarques ultra-riches. Et de conclure par cette phrase incroyable : Le CIQI est le seul à avoir mené pendant des décennies une lutte contre le stalinisme et toutes les formes d’opportunisme. Ce qui se traduit en clair nous sommes les seuls capables de diriger le mouvement contre la dictature de Pékin !

L’article du 31 août est un copier-coller des précédents et prophétise encore un prochain Tiananmen !

Le 3 septembre les dirigeants du Comité international de la Quatrième Internationale qui aspirent à diriger la révolution mondiale qui a débuté à Hong Kong est incapable de donner le nombre de travailleurs qui… participeront à la grève et font confiance à la déclaration d’un organisateur étudiant anonyme ! Le passé, le présent et le futur sont allègrement mélangés sans rien n’ajouter aux articles précédents et encore moins le refrain de la conclusion.

L’article du 4 septembre fait contre toute attente l’éloge du spontanéisme des masses que la bureaucratie syndicale et politique veut brider. Et termine en beauté sur la propagande habituelle : le régime de Beijing menace d’intervenir militairement et a organisé des exercices mobilisant une police paramilitaire lourdement armée dans la ville de Shenzhen.

Le 6 septembre la direction géniale du CIQI ne se rend toujours pas compte de son erreur d’analyse et pleurniche sur le fait que les manifestants se jettent dans les bras des Américains au lieu de les écouter eux. Les imbéciles ! Et de conclure en renouvelant son appel : Nous exhortons les étudiants et les travailleurs à nous contacter pour ouvrir un dialogue sur ces questions politiques cruciales en vue de l’établissement nécessaire d’une section du CIQI en Chine. Gageons que personne n’entendra cet appel pathétique d’une direction qui ne parle même pas chinois.

L’autre article du 6 septembre (paru en anglais le 10 juin) évoque la manifestation du 4 juin dernier : Les participants étaient venus non seulement pour manifester leur opposition à la répression militaire barbare de Pékin il y a 30 ans mais aussi à cause de leur préoccupation relative à la loi sur l’extradition. Il ne fait aucun doute que la manifestation comprenait des personnes qui avaient fui à Hong Kong en 1989 et qui craignaient d’être arrêtées et renvoyées en Chine. Ce retour dans le passé ne sert pas à éclairer la situation présente, mais d’argument pour que les manifestants fassent appel à la direction éclairée du CIQI seule capable de vaincre le régime d’État policier de Beijing ! Bla bla bla…

09/11/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Lire : Museo León Trotsky, Arte y Cultura.

[2] Lire :
Morgan SPORTÈS, Ils ont tué Pierre Overney, Fayard, 2017 [Texte en ligne].
Articles Hong Kong, Lutte Ouvrière :
– 18/06/2019, Hong Kong : le pouvoir mis en échec.
Axiome de la doxa trostskyste : Il est incontestable que Carrie Lam est sous la tutelle de Xi Jinping et que l’État chinois est une dictature sans pitié pour ses opposants.
– 23/07/2019, Hong Kong : violence des gangs et violence sociale.
Croit à la thèse complotiste que la mafia soutiendrait le gouvernement de Pékin alors qu’elle a émigré à Hong Kong en 1949 !
– 07/08/2019, Hong Kong : la mobilisation et les intérêts des travailleurs.
– 21/08/2019, Hongkong : la contestation ne faiblit pas.
Lutte Ouvrière redécouvre la lutte de classes, mais de manière purement rhétorique : Même si la contestation actuelle porte sur des droits démocratiques, ces inégalités sociales, exacerbées par la crise économique mondiale, en constituent la toile de fond.
– 28/08/2019, Hongkong : business is business.
– 04/09/2019, Hongkong : la jeunesse en première ligne.

[3] Lire :
2016 Presidential Election by State, The Green Papers.
Michigan’s 12th Congressional District election, 2018, Ballotpedia.
Articles Hong Kong, WSWS :
– 11/06/2019, Des manifestations de masse éclatent à Hong Kong.
– 18/06/2019, Des millions de personnes défilent à Hong Kong contre la loi d’extradition.
– 03/07/2019, Des centaines de milliers de personnes manifestent dans les rues de Hong Kong.
– 10/07/2019, Les manifestants de Hong Kong font appel au soutien des Chinois du continent.
– 24/07/2019, Des membres de gang attaquent les manifestants à Hong Kong.
– 30/07/2019, Les manifestations à Hong Kong se poursuivent malgré l’escalade de la violence policière.
– 08/08/2019, Grève générale à Hong Kong : la classe ouvrière entre dans le mouvement de protestation.
– 08/08/2019, Grève générale des travailleurs de Hong Kong contre la loi d’extradition.
– 15/08/2019, Les manifestations à Hong Kong accueillies par des menaces et des dénonciations.
– 15/08/2019, Les manifestations à Hong Kong se poursuivent pour une dixième semaine.
– 17/08/2019, Alors que la Chine masse ses troupes à la frontière, Trump demande d’en finir avec le « problème » de Hong Kong.
– 20/08/2019, De nouvelles manifestations de masse à Hong Kong.
– 26/08/2019, Comment lutter pour les droits démocratiques à Hong Kong.
– 31/08/2019, Un rassemblement de masse à Hong Kong est interdit alors que les troupes chinoises font une démonstration de force.
– 03/09/2019, Grève de deux jours à Hong Kong après les manifestations du week-end dernier.
– 04/09/2019, Des dizaines de milliers de personnes se joignent au premier jour de grève de protestation à Hong Kong.
– 06/09/2019, Aux manifestants de Hong Kong Tournez-vous vers la classe ouvrière chinoise et non pas vers l’impérialisme américain.

[4] Lire :
Hong Kong V – L’extradition en question, Chine en Question, 11/10/2019.
Hong Kong IX – L’extradition sans commentaire, Chine en Question, 25/10/2019.

[5] Lire :
From « High-Speed » to « High-Quality » Growth Shenzhen, the birthplace of China’s economic miracle, goes low-carbon, East Asia & Pacific on the Rise, 03/07/2014.
Hong Kong II – De la crise économique à la crise politique, Chine en Question, 02/09/2019.
Passé et avenir de la Chine, observations d’un Chinois d’outre-mer, French-China, 29/10/2019.

[6] Lire : Hong Kong IV – Photos avec commentaires, Chine en Question, 09/10/2019.

Lire aussi :
Le trostskysme est mort, mais son cadavre bouge encore, Monde en Question.
Articles Trotskysme, Monde en Question.
Dossier Trotskysme, Monde en Question.
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Hong Kong XII – L’aveu de l’im-Monde


 

Comme je l’avais noté rapidement dans le commentaire de photos : Il est évident que l’équipement sophistiqué et identique de ces manifestants, qui évoluent selon la méthode des commandos, nécessite une logistique en amont et donc une organisation et des fonds.

Or, j’ai découvert par hasard un article de l’im-Monde qui sympathise avec ces groupes non identifiés experts dans la terreur noir. Normalement réservé aux abonnés, il décrit assez précisément l’organisation de ces commandos sur le terrain des manifestations sans rien dire naturellement de leur organisation et de leur financement en amont.

Voici la partie du texte accessible avec des mots mis en gras en guise de commentaire. Source, Le Monde, 04/11/2019 [copie intégrale en pdf].

Les parapluies s’ouvrent pour faire paravent, des formes noires s’accroupissent et attaquent les trottoirs au burin. Pendant que des milliers de manifestants défilent, les frontliners, ceux du front, casqués, une cagoule enfoncée jusqu’aux yeux et un masque à gaz en bandoulière, les tibias et avant-bras couverts de protections, poussent une brouette de briques de l’autre côté du carrefour et en déversent le contenu sur le bitume. Le but ? Entraver la progression des camions de police quand ceux-ci décideront de « charger ».

Dans les manifestations à Hongkong, comme lors d’un récent week-end d’octobre sur la péninsule de Kowloon, les « logisticiens » préparent les évacuations, les habits de rechange ou montent des barricades. Les « éteigneurs » neutralisent les grenades lacrymogènes. Des combattants attaquent à distance les forces de l’ordre avec des projectiles et des lance-pierres, tandis que les « braves » occupent le terrain jusqu’au dernier moment. Et, enfin, les « magiciens du feu » lancent des cocktails Molotov pour protéger la fuite des autres.

Ils fonctionnent en petits groupes, communiquent par Telegram ou talkie-walkie – et se voient en justiciers des abus de la police, d’un gouvernement vu comme inféodé à la Chine, et de ceux qui agiraient au nom de celle-ci, comme les triades, accusées de plusieurs attaques contre des manifestants ou des figures du mouvement. Oui, on viole les lois. Mais regardez comment la police se comporte. Quand ils arrêtent quelqu’un, ils le frappent. Leur violence est à un autre niveau, explique « Rain », un jeune d’une vingtaine d’années, qui surveille le démontage de barrières devant le nouvel opéra chinois, construit dans l’ouest de Kowloon.

05/11/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

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Hong Kong IX – L’extradition sans commentaire


Suivre l’actualité, courir après le vent.
Penser l’actualité, marcher à contre-courant.

 

Hong Kong (AFP) – L’homme accusé de meurtre dont le projet d’extradition vers Taïwan avait déclenché le vaste mouvement de protestation qui secoue Hong Kong depuis près de cinq mois a été remis en liberté mercredi à Hong Kong où il devrait désormais rester.

La crise à Hong Kong était née de la contestation populaire d’un projet de loi, depuis suspendu, permettant les extraditions vers la Chine.

Le pouvoir exécutif hongkongais avait décidé de soumettre ce texte après le meurtre d’une jeune femme par son petit ami hongkongais Chan Tong-kai, en 2018 à Taïwan, où ils passaient des vacances.

M. Chan avait fui et était rentré à Hong Kong d’où il ne pouvait pas être extradé, faute de traité d’extradition entre l’ex-colonie britannique et Taïwan, que la République populaire de Chine considère comme une de ses provinces.

Le meurtrier présumé, qui a purgé une peine 18 mois d’emprisonnement pour avoir volé des biens appartenant à sa petite amie, a présenté ses excuses à la famille de la victime.

« Je suis prêt à me rendre (…) et à retourner à Taïwan pour faire face au procès et purger ma peine », a déclaré à la presse Chan Tong-kai, 20 ans, à sa sortie de prison.

Mais pour le moment il ne retournera pas à Taïwan, l’île ayant déclaré qu’il ne serait pas admis au titre de visiteur ordinaire. La présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, a affirmé que le suspect ne pouvait qu’être arrêté et ne pouvait pas se rendre.

Taipei avait demandé mardi l’autorisation d’envoyer du personnel à Hong Kong afin d’aller le chercher. Les autorités hongkongaises ont rejeté cette demande, jugée irrespectueuse et « totalement inacceptable ».

Le secrétaire à la Sécurité de Hong Kong, John Lee a déclaré mercredi que M. Chan avait purgé sa peine à Hong Kong et était désormais un « homme libre ».

« Le gouvernement n’a pas le droit de lui imposer des mesures obligatoires », a indiqué M. Lee, exhortant Taïwan à ne pas faire obstacle pour permettre à M. Chan de se rendre. « Si la justice n’est pas rendue, Taïwan doit en assumer toutes les responsabilités », a-t-il ajouté.

La proposition de loi sur les extraditions a déclenché une vaste mobilisation, avec des manifestations et actions quasi-quotidiennes depuis plus de quatre mois, donnant lieu à la pire crise politique depuis la rétrocession en 1997 de l’ex-colonie britannique à la Chine.

Source : AFP – L’Obs.

Lire aussi :
Une place de parking vendue 1 million de dollars à Hong Kong, Les Echos, 24/10/2019.
Cette transaction est révélatrice de la flambée de l’immobilier à Hong Kong, à l’origine de nombreux problèmes sociaux et d’inégalités de richesse atteignant des niveaux sans précédent depuis 45 ans. Les difficultés de logements à Hong Kong ont nourri la contestation des jeunes à Hong Kong ces derniers mois, même si leurs revendications sont politiques [sans commentaire].
Le coefficient de Gini, qui mesure les disparités de revenus, est à Hong Kong le plus élevé de toutes les économies développées en 2016. Un habitant sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté.
Lire aussi : Hong Kong I – De la crise économique à la crise politique, Chine en Question.
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Hong Kong VIII – Des députés militent pour le chaos


 

Le Parlement de Hong Kong, saccagé le 1er juillet [1], a réouvert le 16 octobre. Les députés de l’opposition, qui se prétendent démocrates et soutiennent le projet de loi des États-unis contre Hong Kong (Hongkong Human Rights and Democracy Act) [2], ont malmené la chef de ­l’exécutif, Carrie Lam, et l’ont empêchée de présenter son discours de politique générale.

Les médias dominants dénoncent à grand bruit la violence des catalans qui ont osé manifester contre la condamnation des dirigeants séparatistes, mais soutiennent haut et fort tous ceux qui « causent du chaos » à Hong Kong – dans la rue et au Parlement – tout en restant prudemment enfermés dans leurs bureaux climatisés à l’abri des foules qu’ils méprisent.


CNA, média de Singapour moins propagandiste que les médias de France

 

Voici un compte-rendu du discours de Carrie Lam publié par la presse chinoise [3] :

Carrie Lam Cheng Yuet-ngor, cheffe de l’exécutif de Hong Kong, a déclaré le 16 octobre matin dans son discours de politique annuel que les actes qui prônent l’indépendance de Hong Kong et menacent la souveraineté, la sécurité ou les intérêts de la Chine en matière de développement ne seront pas tolérés. Elle a également annoncé que le logement et les terrains à Hong Kong seront une priorité absolue.

Mme Lam a réitéré son engagement à adhérer au principe Un pays, deux systèmes, alors que Hong Kong cherche le moyen de sortir de la tempête pour saisir l’arc-en-ciel dans le contexte de chaos prolongé que connaît la ville.

Elle a souligné l’importance de la sauvegarde de l’État de droit, une valeur fondamentale d’une importance primordiale pour Hong Kong, et qui est la pierre angulaire du succès de la ville.

Elle a également appelé toutes les parties à assumer leurs responsabilités afin de protéger les forces institutionnelles de Hong Kong développées par différents organes et organisations.

Le logement et les terrains disponibles ont été les priorités de son discours. Le logement est le problème de subsistance le plus difficile auquel la société de Hong Kong est confrontée. C’est aussi une source de griefs publics, a-t-elle déclaré, ajoutant que pour répondre à la demande de logements de la population, le gouvernement de la RAS doit augmenter de manière persistante l’offre de terrains pour le développement de logements. [4]

Elle a proposé une approche dirigée par le gouvernement pour la planification de l’utilisation des terres et des infrastructures et la reprise ou la saisie des terres privées nécessaires à des fins publiques. Mme Lam a annoncé qu’un flux régulier de projets de reprise des terres en vertu de l’ordonnance sur la reprise des terres est en cours.

Environ 700 hectares de terres privées seront repris, dont 400 environ au cours des cinq prochaines années, soit bien plus que les 20 hectares repris ces cinq dernières années, a-t-elle précisé.

Son allocution a également porté sur les politiques visant à améliorer les moyens de subsistance, le développement des enfants et la santé publique. Pour aider davantage les familles de salariés à faibles revenus à devenir autonomes et à réduire la pauvreté intergénérationnelle, Mme Lam a proposé de relever tous les taux de versement de l’allocation de famille active. Il y aura une augmentation de 16,7% à 25% de l’allocation de foyer liée aux heures de travail dans le cadre du programme, tandis que l’allocation pour enfant augmentera considérablement de 40%, a-t-elle annoncé.

18/10/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Lire : Hong Kong VII – La terreur noire sous le masque de la démocratie, Chine en Question, 16/10/2019.

[2] Lire : Chine : le plus haut organe législatif condamne l’ingérence américaine dans les affaires de Hong Kong, Xinhua, 17/10/2019.

[3] Source : Carrie Lam souligne la primauté de l’État de droit dans son discours de politique annuel, Le Quotidien du Peuple, 17/10/2019.

[4] Lire : Hong Kong I – De la crise économique à la crise politique, Chine en Question, 30/08/2019.

Lire aussi :
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Hong Kong VII – La terreur noire sous le masque de la démocratie


Les médias dominants ont ignoré puis discrédité les Gilets Jaunes et ils applaudissent des quatre mains les opérations militaires des CRS pour maintenir l’ordre en France. Dans le même temps, ces démocrates en chambre, se font les propagandistes actifs des Black Blocs à Hong Kong

Ils condamnent la violence en France, mais en font l’apologie à Hong Kong parce qu’elle déstabilise la République populaire de Chine que l’administration de Donald Trump tente de détruire par une guerre commerciale et que Hillary Clinton était prête, lors de sa campagne en 2016, à ramener à l’âge de pierre [1].

Saccage du Parlement le 1er juillet 2019


Source : 02/07/2019, South China Morning Post

 


Source : 02/07/2019, AFP – L’Express

 


Source : 03/07/2019, AFP – Le Monde

 

Black Blocs

 


Source : 11/08/2019, The New York Times

 

 

Vandalisme systématique


Source : 04/10/2019, Reuters – Radio-Canada

 


Source : 04/10/2019, Reuters – Radio-Canada

 


Source : 11/10/2019, French-China

 

16/10/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] J’exagère un peu, mais à peine car Hillary Clinton était prête à un conflit armé :
30/07/2016, Hillary Clinton : guerre avec la Chine et la Russie, Le Club de Mediapart.
14/10/2016, Wikileaks : Mme Clinton a menacé d’encercler la Chine avec des missiles US, Sputnik.
14/10/2016, Elections américaines : que révèlent les courriels d’Hillary Clinton dévoilés par WikiLeaks ?, Le Monde.

Lire aussi :
07/10/2019, Hong Kong III – Photos sans commentaires, Chine en Question.
09/10/2019, Hong Kong IV – Photos avec commentaires, Chine en Question.
14/10/2019, Hong Kong VI – Une crise politique corse [Vidéo], Chine en Question.
Articles Sémiotique, Monde en Question.
Dossier Sémiotique, Monde en Question.
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle Géopolitique, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Hong Kong IV – Photos avec commentaires


Petit cours de rattrapage en sémiotique pour ne pas tomber dans les pièges de la propagande.


On voit clairement la différence entre une pancarte écrite à main (en anglais et en chinois) et les pancartes imprimées (en anglais seulement) et généreusement distribuées (par qui et avec quel argent ?).

 


Il est évident que l’équipement sophistiqué et identique de ces manifestants, qui évoluent selon la méthode des commandos, nécessite une logistique en amont et donc une organisation et des fonds.

 

Pour lire une image il est utile de recourir à la méthode QQOQCCP, un outil d’analyse attribué à Quintilien qui a l’avantage d’être efficace et facilement mémorisable :


Source : Qualiblog

 

09/10/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Articles Sémiotique, Monde en Question.
Dossier Sémiotique, Monde en Question.
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
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Hong Kong III – Photos sans commentaires



Comment le « miracle chinois » a éclipsé Hong Kong, Statista

 


Shenzhen est une ville ultra moderne, située à la frontière entre Hong Kong et la Chine continentale, dont le produit intérieur brut a dépassé celui de Hong Kong en 2018, Chine en Question

 


Hongkong : Pékin dénonce les « forces étrangères » derrière la manifestation, Le Monde

 


Manifestations, grève et blocage du métro plongent Hong Kong dans le chaos, Le Devoir

 


Hong Kong : des manifestants désormais prêts à la violence, France Culture

 


Truth About Hong Kong Protests, World Affairs

 

Lire aussi :
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Le maoïsme et ses critiques en France


 

Les années rouges des décennies 1960 – 1970 sont considérées, à tort ou à raison, comme celles de l’épanouissement de la « maolâtrie » dans la société française. Le maoïsme à la française est perçu comme une poursuite et une adaptation de l’utopie communiste après l’étiolement du mythe soviétique. Ces années rouges sont aujourd’hui l’objet d’études nouvelles permettant d’approfondir la compréhension et la perception du phénomène maoïste.

François Hourmant propose, dans Les années Mao en France, une synthèse sur l’apparition et les développements des mouvements prochinois en France. Dans le même temps les actes d’un colloque sur la Révolution culturelle en Chine et ses échos en France (La révolution culturelle en Chine et en France) sont publiés. Les deux livres se répondent et se prolongent et permettent d’approfondir la connaissance du phénomène.

Lire l’intégralité de l’article : Nonfiction.

Ce recensement de deux ouvrages oublie de rappeler que les idolâtre de Mao en France se sont recyclés dans la presse (Libération, Rue 89, Le Monde), l’audio-visuel, la publicité, etc. Ils sont aussi devenus les petits-maîtres-à-penser les plus écoutés… contre la Chine post-maoïste !

16/04/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Prochinois et maoïstes en France, Chine en Question.
Filmographie Révolution culturelle 1966-1969, Ciné Monde.
Dossier documentaire Maoïsme, Monde en Question.

Xi Jinping pourrait bien devenir Président à vie


 

Le président Xi Jinping a la ferme intention de rester au pouvoir au-delà de 2023. Le dernier obstacle à son maintien en tant que leader de la deuxième plus grande économie du monde semble avoir été levé par le Parti communiste chinois.

Dans une déclaration laconique de 35 mots publiée dimanche par Xinhua, le porte-parole du gouvernement chinois, le PCC, a annoncé :

Le Comité central du Parti communiste chinois a proposé de supprimer de la Constitution du pays la mention selon laquelle le Président et le Vice-Président de la République populaire de Chine ne peuvent exercer plus de deux mandats consécutifs.

D’autres détails doivent encore suivre. Mais la décision a été prise 24 heures seulement avant que le puissant Comité Central du Parti ne se réunisse à Pékin pour un « plénum » de trois jours, lundi, afin d’approuver la liste des dirigeants pour le second mandat du Président Xi.

La proposition devrait être soumise aux législateurs lors de la session plénière annuelle de l’Assemblée populaire nationale, qui débutera le 5 mars.

Lire l’intégralité de l’article : Réseau International, 27/02/2018.

Commentaire : C’est une mauvaise nouvelle pour la Chine et le monde quoiqu’en pense Pepe Escobar.

Xi pourrait incarner la garantie dont la Chine a besoin pour mener à bien, aussi efficacement que possible, la purge anti-corruption dont elle a bien besoin dans les nombreuses branches pourries du PCC, tout en dirigeant une réorientation économique qui devrait avant tout bénéficier au prolétariat rural.
De plus, Xi est déjà la voix la plus importante dans le monde sur les thèmes du changement de climat, de la prolifération nucléaire, sans même parler du réalignement du commerce mondial dans le cadre de la mondialisation 2.0 emmenée par son pays.
Source : Asia Times, 02/03/2018.

Le projet de changement de la Constitution, qui sera très certainement approuvé, remet en cause le renouvellement des élites dirigeantes et aboutira à plus ou moins long terme à une sclérose du PCC.

05/03/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Le Web [chinois] ne veut pas d’un mandat illimité pour Xi Jinping, Gbtimes, 27/02/2018.
La proposition d’amendement constitutionnel assurera la stabilité sur le long terme du Parti et du pays, Xinhua – Chine nouvelle, 01/03/2018.
La pensée de Xi Jinping devrait être inscrite dans la Constitution chinoise, Xinhua – Chine nouvelle, 01/03/2018.
Vif débat sur les amendements constitutionnels de la Chine, Gbtimes, 09/03/2018.
Comment fonctionne la vie politique chinoise ? Quelles différences entre le système politique chinois et le système politique français ? Quels sont les amendements constitutionnels en cours ? Quelle analyse peut-on faire de la suppression de la limite de deux mandats présidentiels ?
Dossier documentaire Politique Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.