Chine en Question

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Le comble de la propagande


 

Contrairement à ce que j’ai réalisé à propos du virus A/H1N1, je ne citerai pas tous les médias qui, une fois encore, engrangent de l’audience et des bénéfices en instrumentalisant la peur à propos du virus 2019-nCoV [1].

La palme revient au torchon d’extrême droite danois Jyllands-Posten adulé par les médias français. Charlie Hebdo avait copié-collé sa campagne contre les musulmans. Cette opération marketing a non seulement sauvé l’hebdomadaire de la banqueroute, mais lui a permis de gagner des millions que se dispute l’équipe survivante.

Jyllands-Posten a récidivé dans la caricature raciste en substituant les étoiles du drapeau chinois par des virus [2].

 

La palme revient aussi au médecin de Hong Kong qui affirme sans rire :

Il y a une possibilité que 60% de la population mondiale finisse par contracter le virus. Le taux de propagation est tel, selon lui, que même si les mesures actuelles de contingentement s’avèrent nécessaires et efficaces aux premiers stades de l’épidémie, celle-ci risque de se propager bien au delà des pays actuellement touchés.
Source

La propagande sur l’épidémie du virus 2019-nCoV prétend qu’elle serait mondiale alors qu’elle est limitée à la province du Hubei qui totalise 82,12% des cas et 95,86% des morts !

17/02/2020
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Statistiques virus 2019-nCoV, Monde en Question.
Revue de presse Chine Société, Chine en Question.
Dossier Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Notes et références

[1] Lire :
Articles virus A/H1N1, Monde en Question.
Revue de presse Grippe A/H1N1 2009, Monde en Question.
Revue de presse Grippe A/H1N1 2010, Monde en Question.

[2] Lire :
Les internautes chinois répondent à la caricature danoise du drapeau chinois en évoquant le pourrissement du Royaume du Danemark, Strategika 51
Les chinois profondément offensées par le Jyllands-Posten, lequel n’en est pas à sa première caricature de mauvais goût et idéologiquement orientée, ont poussé la riposte jusqu’à évoquer le rôle de la richissime famille Laudrup qui monopolise à elle seule l’ensemble de l’économie danoise grâce à ses anciennes accointances avec les Rothschild et leur soutien avéré à la montée du parti National Socialiste Allemand entre 1926 et 1938.
Articles caricature, Monde en Question.
Articles Charlie Hebdo, Chine en QuestionMonde en Question.

Le virus de la propagande


 

Durant un peu plus de 16 mois, entre le début avril 2009 et la mi-août 2010, les médias ont gagné des fortunes en créant et en entretenant la peur du virus A/H1N1 par une vaste campagne de propagande.
Les médias américains et européens s’acharnèrent à cette époque contre le Mexique, tenu pour responsable de l’épidémie alors que le nombre de cas et de morts fut plus élevé aux États-Unis.
L’OMS, dont certains experts avaient des liens avec des fabricants de vaccins, a largement crédibilisé le feuilleton médiatique alors que le risque resta limité. Cette pandémie mondiale a en effet occasionné 284 500 décès contre 250 000 à 500 000 attribués chaque année à la grippe saisonnière dans le monde (entre 290 000 et 650 000 selon les dernières études de l’OMS) [1].

Onze ans plus tard, les médias orchestrent leur propagande contre les Chinois, présentés comme un risque pour la survie du monde occidental. Ils reprennent le vieux discours raciste contre la soi-disante menace d’un péril jaune. Ce thème est apparu aux États-Unis en 1881 avec la publication de Three Hundred Years Hence de W.H. Day et en France en 1897 avec celle de Le péril jaune du sociologue russe d’expression française Jacques Novicow. Jack London publia deux nouvelles sur ce thème : The Yellow Peril – Le péril jaune en 1904 et The Unparalleled Invasion – Une invasion sans précédent en 1910 qui, reprenant les argument du texte précédent, vante la solution finale : éradiquer les Chinois de la surface de la terre grâce à l’arme bactériologique [2].


Statistiques du 21/01 au 08/02/2020 (Source)

 

Quand on examine les chiffres d’un peu plus près, on s’aperçoit de cette épidémie soi-disant mondiale est non seulement limitée à la Chine, mais surtout à la province du Hubei qui, le 8 février, totalisait 72,58% des cas et 96,18% des morts survenus en Chine. Alors que le taux de mortalité du virus A/H1N1 fut de 17,4% celui du virus 2019-nCoV est seulement de 2,1%. Enfin, à partir du 1er février, le nombre de guérisons a commencé à dépasser le nombre de décès. [3].

 

Avec seulement 811 morts sur une population 1 400 millions d’habitants, la Chine a beaucoup de progrès à faire pour rivaliser avec la France car il faudrait qu’elle dépasse 62 790 morts en un mois !

10/02/2020
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Revue de presse Chine Société, Chine en Question.
Dossier Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.


Notes et références

[1] Lire :
Articles virus A/H1N1, Monde en Question.
Revue de presse Grippe A/H1N1 2009, Monde en Question.
Revue de presse Grippe A/H1N1 2010, Monde en Question.
Jusqu’à 650 000 décès par an sont dus à la grippe saisonnière, OMS.

[2] Lire :
Jack LONDON, The Yellow Peril, 1904 [Texte en ligne p.1559-1573].
The menace to the Western world lies, not in the little brown man [Japonais], but in the four hundred millions of yellow men [Chinois] should the little brown man undertake their management. The Chinese is not dead to new ideas; he is an efficient worker; makes a good soldier, and is wealthy in the essential materials of a machine age. Under a capable management he will go far. The Japanese is prepared and fit to undertake this management. Not only has he proved himself an apt imitator of Western material progress, a sturdy worker, and a capable organizer, but he is far more fit to manage the Chinese than are we. The baffling enigma of the Chinese character is no baffling enigma to him. He understands as we could never school ourselves nor hope to understand. Their mental processes are largely the same. He thinks with the same thought-symbols as does the Chinese, and he thinks in the same peculiar grooves. He goes on where we are balked by the obstacles of incomprehension. He takes the turning which we cannot perceive, twists around the obstacle, and, presto! is out of sight in the ramifications of the Chinese mind where we cannot follow.

We have had Africa for the Afrikander, and at no distant day we shall hear « Asia for the Asiatic! » Four hundred million indefatigable workers (deft, intelligent, and unafraid to die), aroused and rejuvenescent, managed and guided by forty-five million additional human beings who are splendid fighting animals, scientific and modern, constitute that menace to the Western world which has been well named the « Yellow Peril. » The possibility of race adventure has not passed away. We are in the midst of our own. The Slav is just girding himself up to begin. Why may not the yellow and the brown start out on an adventure as tremendous as our own and more strikingly unique?

Back of our own great race adventure, back of our robberies by sea and land, our lusts and violences and all the evil things we have done, there is a certain integrity, a sternness of conscience, a melancholy responsibility of life, a sympathy and comradeship and warm human feel, which is ours, indubitably ours, and which we cannot teach to the Oriental as we would teach logarithms or the trajectory of projectiles. That we have groped for the way of right conduct and agonized over the soul betokens our spiritual endowment. Though we have strayed often and far from righteousness, the voices of the seers have always been raised, and we have harked back to the bidding of conscience. The colossal fact of our history is that we have made the religion of Jesus Christ our religion. No matter how dark in error and deed, ours has been a history of spiritual struggle and endeavour. We are pre-eminently a religious race, which is another way of saying that we are a right-seeking race.
Jack LONDON, Une invasion sans précédent, 1910 [Texte en ligne].
Durant l’été et l’automne 1976, la Chine fut un enfer. Il était impossible d’éviter les microscopiques projectiles qui s’infiltraient dans les moindres recoins. Les centaines de millions de morts ne furent pas enterrés, les germes se multiplièrent et, à la fin, des millions de survivants moururent chaque jour de la famine. En outre, celle-ci affaiblissait les victimes, détruisant leurs défenses naturelles contre les fléaux. Le cannibalisme, le meurtre et la folie régnèrent. Ainsi périt la Chine.

C’est seulement au mois de février suivant, à la période la plus froide, que les premières expéditions furent lancées. Elles étaient modestes, composées de scientifiques et de quelques corps de troupes ; mais elles pénétrèrent en Chine de tous côtés. En dépit des précautions prises contre l’infection, de nombreux soldats et quelques médecins furent touchés. Mais l’exploration se poursuivit courageusement. Ils trouvèrent une Chine dévastée, transformée en une étendue en friche où erraient des meutes de chiens sauvages et des brigands désespérés qui avaient survécu. Tous les survivants furent mis à mort, où qu’ils se trouvent.

Alors commença la grande œuvre : le nettoyage de la Chine. Cinq années et des centaines de millions y furent engloutis, après quoi le monde vint s’installer, non dans des zones réparties d’avance, comme l’avait préconisé le baron Albrecht, mais de façon dispersée, selon le plan démocratique américain. Tout un vaste et heureux mélange de nationalités s’implanta en Chine en 1982 et, dans les années qui suivirent, une expérience de fertilisation croisée remarquablement réussie fut menée. Nous connaissons aujourd’hui les résultats admirables, sur le plan industriel, intellectuel et artistique, qui en furent le fruit.

[…] le 17 avril [1987], la Convention de Copenhague fut réunie. En présence des représentants de toutes les nations du monde, les participants jurèrent de ne jamais plus utiliser les méthodes de guerre bactériologique employées contre la Chine.
Articles péril jaune, Chine en Question.

[3] Lire :
Real-time update on coronavirus outbreak, Global Times.
06/02/2020, Face à l’épidémie, on mesure bien le sens moral de chacun, Le Quotidien du Peuple
Selon la presse, la grippe H1N1 qui a commencé en 2009 a infecté 1,6323 million de personnes, a fait 284 500 morts, avec un taux de mortalité de 17,4%. Alors que grâce aux efforts inlassables de la Chine, le taux de mortalité de patients atteints de pneumonie causée par le nouveau coronavirus est de 2,1%, nettement moins élevé que celui des autres épidémies. À partir du 1er février, le nombre de guérisons a commencé à dépasser le nombre de décès.
Grippe, Institut Pasteur
La grippe est une infection respiratoire aigüe contagieuse due aux virus influenza, dont la particularité est la grande variabilité génétique. C’est un enjeu de santé publique de par les épidémies saisonnières annuelles qui touchent chaque année 2 à 8 millions de personnes en France, avec un excès de mortalité attribuable à la grippe de 10 000 à 15 000 décès, principalement chez les sujets fragiles.
L’im-Monde de la propagande [virus A/H7N9], Chine en Question.

Disparités sociales en Chine et en France


Les journalistes et même les universitaires, qui se disent sinologues (une spécialité qui n’en est pas une), sont les artisans de la propagande anti-chinoise d’autant plus facile que l’immense majorité des lecteurs ignorent tout ou presque de la Chine.

Un lieu commun, parmi beaucoup d’autres, voudrait nous faire croire que la disparité économique entre les régions serait catastrophique en Chine. Cette disparité existe, mais elle n’est pas plus importante qu’en France et même moins importante si on inclut les territoires d’outre-mer.


Source : Statista

En 2015, le PIB par habitant en Hauts-de-France (région du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie) était inférieur de 52,75% à celui de l’Île-de-France (région parisienne) et de 84,32% à Mayotte !

La disparité en Chine n’est pas aussi forte qu’en France, mais elle préoccupe davantage le gouvernement [1] qui élabore des plans de développement des régions traditionnellement les plus pauvres et les plus excentrées, en particulier le Tibet et le Xinjiang [2].

Contrairement aux gouvernements européens et américains qui, depuis les années 80, abandonnent les pauvres à leur sort, le gouvernement chinois s’est fixé comme objectif d’éliminer complètement la pauvreté absolue d’ici 2020 [3].

En conséquence, alors que le taux de pauvreté diminue en Chine il augmente en France. En 2019, 3% de la population vivait sous le seuil de pauvreté en Chine et 14% en France [4].

07/02/2020
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Revue de presse Chine Économie, Chine en Question.
Dossier Chine Économie, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.


Notes et références

[1] Lire : 19/11/2019, La Chine enregistre de grandes disparité du taux de croissance des PIB régionaux, Le Quotidien du Peuple.

[2] Lire :
10/01/2020, Le Tibet a construit ou rénové 43 000 km de routes rurales en 5 ans, French-China.
09/01/2020, Le Xinjiang a fait sortir 645 000 personnes de la pauvreté en 2019, Beijing Information
En 2020, le Xinjiang envisage d’éradiquer la pauvreté absolue en faisant sortir le reste de 165.000 personnes de la pauvreté et de rayer dix districts de la liste de la pauvreté.
07/01/2020, La construction d’infrastructure s’accélère au Xinjiang, Le Quotidien du Peuple.
17/12/2019, Un train à grande vitesse relie les grandes villes des régions montagneuses du sud-ouest de la Chine, Xinhua.
10/12/2019, Xinjiang les dividendes de la stabilité sont libérés continuellement, Le Quotidien du Peuple
En 2018, le PIB a dépassé 1 200 milliards de yuans, soit une augmentation de 6,1 %.
Plus de 70 % des dépenses du budget public général servent à protéger et à améliorer les conditions de vie de la population afin que les résultats du développement profitent équitablement aux divers groupes ethniques.
Enfin, de 2014 à 2018, l’incidence de la pauvreté est passée de 22,84 % au début de 2014 à 6,51 %.
10/12/2019, Toutes les villes de niveau préfectoral seront reliées par le train à grande vitesse, Le Quotidien du Peuple
Zhao Jian, professeur d’économie spécialisé dans le transport ferroviaire à l’Université Jiaotong de Beijing, a déclaré que les plans de construction interurbains étaient axés sur les régions du centre et de l’est de la Chine, qui sont des zones urbaines densément peuplées. L’objectif est que les zones moins développées de ces régions soient mieux connectées avec les centres économiques régionaux.
09/12/2019, Quelques exemples de mesures prises dans les villages pauvres du Xinjiang pour améliorer le niveau de vie des habitants, Le Quotidien du Peuple
27/11/2019, Forte croissance des revenus chez les résidents ruraux au Tibet, Le Quotidien du Peuple.
26/11/2019, Tibet : 19 nouvelles zones retirées de la liste des zones défavorisées, Le Quotidien du Peuple.

[3] Lire :
24/01/2020, Xi Jinping insiste sur la course contre le temps pour réaliser le rêve chinois, Xinhua
« Au cours de la nouvelle année, nous devons assurer une victoire décisive dans la construction d’une société modérément prospère à tous égards et dans la lutte contre la pauvreté », a déclaré M. Xi.
22/01/2020, Le président du Forum de Davos salue les progrès de la Chine dans la réduction de la pauvreté et sa défense du multilatéralisme, Xinhua.
21/01/2020, Xi Jinping se concentre sur la lutte contre la pauvreté, French-China
D’après une étude réalisée par une équipe du Bureau national des statistiques, le Yunnan a réduit sa population pauvre de 8,04 millions en 2012 à 1,17 million en 2018.
Xi Jinping a indiqué qu’une fois que la Chine aurait achevé l’édification intégrale d’une société de moyenne aisance, il serait nécessaire de promouvoir de façon globale la revitalisation rurale et de résoudre les problèmes, incluant le déséquilibre entre le développement rural et urbain.
20/01/2020, La lutte contre la pauvreté est cruciale pour édifier une société de moyenne aisance, French-China
09/01/2020, Le Xinjiang a fait sortir 645 000 personnes de la pauvreté en 2019, Beijing Information
En 2020, le Xinjiang envisage d’éradiquer la pauvreté absolue en faisant sortir le reste de 165.000 personnes de la pauvreté et de rayer dix districts de la liste de la pauvreté.
08/01/2020, Un message d’altruisme, Beijing Information
Des mesures gigantesques ont été prises pour réduire la pauvreté pendant le XIIIe Plan quinquennal (2016-20). En 2012, la Chine comptait 99 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Ce nombre a été réduit à 16,6 millions en 2018. La Chine a cherché à maintenir une croissance économique entre 6 et 6,5 % en 2019 et, d’ici 2020, à doubler le revenu par habitant par rapport à celui de 2010.
10/12/2019, La politique américaine n’affectera pas la voie de développement de la Chine, Beijing Information
La Chine a encore de nombreuses tâches à accomplir, et la politique intérieure américaine n’affectera pas son propre calendrier. La Chine vise à construire une société raisonnablement prospère à tous les égards en 2020 et à éliminer complètement la pauvreté absolue d’ici 2020.
10/12/2019, Xinjiang les dividendes de la stabilité sont libérés continuellement, Le Quotidien du Peuple
En 2018, le PIB a dépassé 1 200 milliards de yuans, soit une augmentation de 6,1 %.
Plus de 70 % des dépenses du budget public général servent à protéger et à améliorer les conditions de vie de la population afin que les résultats du développement profitent équitablement aux divers groupes ethniques.
Enfin, de 2014 à 2018, l’incidence de la pauvreté est passée de 22,84 % au début de 2014 à 6,51 %.
10/12/2019, Shibadong, symbole de la réduction ciblée de la pauvreté, Beijing Information.
09/12/2019, Quelques exemples de mesures prises dans les villages pauvres du Xinjiang pour améliorer le niveau de vie des habitants, Le Quotidien du Peuple.
26/11/2019, Pourquoi est-ce que l’aide chinoise à l’étranger n’est pas une sorte de « générosité malgré sa propre pauvreté » ?, Le Quotidien du Peuple
Depuis plus de 40 ans, le résultat de la réduction de la pauvreté en Chine est remarquable. Selon les statistiques : entre 1978 et fin 2018, le nombre de personnes pauvres au sens absolu est passé de 770 millions à 16,6 millions.
18/10/2019, La Banque mondiale fait l’éloge des progrès chinois en matière de réduction de la pauvreté, Xinhua.
17/10/2019, Marchons sur un grand chemin 1949-2019 – 18 Lutte contre la pauvreté, Beijing InformationCGTNLe Quotidien du Peuple
20/09/2019, Les droits de l’homme en Chine, Beijing Information
La Chine est le premier pays en développement à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement en matière de réduction de la pauvreté, une prouesse que le monde a reconnue comme la réalisation la plus remarquable de son développement des droits de l’homme.

[4] Lire :
Taux de pauvreté dans le monde en 2019, Index mundi.
En Chine, la population vivant sous le seuil de pauvreté a chuté de 17,2% en 2010 à 3,1% en 2017, Statista.
En France, la population vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté de 8,9 millions en 2017 à 9,3 millions en 2018 (14,7% de la population), Ouest France.

Hong Kong – Victoire en trompe-l’œil des oppositions


Comme dans toutes les élections, les médias dominants publient des résultats qui ne sont pas faux mais trompeurs et ils en tirent des conclusions partielles et donc partiales. Ce fut le cas lors des élections présidentielles de 2007 en France [1] et c’est encore le cas lors des dernières élections locales à Hong Kong en 2019.


Résultats non définitifs

 

Le chiffre que tout le monde retient est celui de l’écrasante majorité des élus classés comme pro-démocratie alors qu’il est plus juste de dire les opposants au gouvernement de Beijing car ils regroupent des partisans du statu-quo, des localistes, des autonomistes, des indépendantistes, etc. et tous ne sont pas démocrates.

Pour faire court mais précis selon mon habitude, je retiendrai deux autres paramètres que les médias dominants connaissent certainement, mais qu’ils feignent d’ignorer car ils ne sont pas vendeurs pour leur propagande anti-chinoise.

Répartition des voix


Résultats définitifs

 

Ces chiffres ne sont communiqués par aucun média car ils contredisent le discours triomphaliste. Or, ils nuancent la victoire des partis et organisations qui se situent dans le camp de l’opposition au gouvernement de Beijing.

La différence significative entre le nombre des voix et celui des élus tient au système électoral qui, basé sur la majorité simple (dite aussi relative) à un tour, donne une prime au vainqueur [2].

Si le nombre d’élus est important en terme de pouvoir, le nombre de voix reflète la légitimité réelle des élus. En passant sous silence ce détail, les médias prouvent encore une fois que la démocratie n’est qu’un slogan idéologique creux car la démocratie réelle ne les intéresse pas.

Diversité des oppositions



Election Results, District Council Election

 

Mettre dans le même sac tous les partis, organisations et candidats indépendants qui ne soutiennent pas la politique de Beijing relève de la propagande. Cette présentation reviendrait, par exemple, à amalgamer en France les voix de l’extrême gauche, de la gauche, d’une partie de la droite et de l’extrême droite contre Nicolas Sarkozy au premier tour des élections présidentielles de 2007 [3].

L’examen détaillé des résultats montre que les partis d’opposition traditionnels ont peu progressé en pourcentage des voix par rapport à 2015 (de -1,20% à +2,11%).
Le parti le plus important, The Democratic Party, a perdu 1,20% des voix mais a gagné 10,15% des sièges. Au total, il représente 12,36% des voix et 20,13% des sièges en 2019.
Le gain vient essentiellement de la multitude des candidats indépendants. Ils ont progressé de 15,25% en voix et de 25,48% en sièges. Au total, ils représentent 20,63% des voix et 29,42% des sièges en 2019.

Il est probable qu’ils subiront de fortes pressions pour rejoindre les partis anti-Beijing voire pro-Beijing. Il sera très difficile, sinon impossible, de suivre cette évolution car aucun média francophone ne s’intéresse à ces détails et quasi aucun média anglophone non plus. Je suivrai au mieux ce dossier… avant les prochaines élections.

28/11/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Lire :
Leçons du 22 avril [2007], Monde en Question.
Leçons du 22 avril [2007] suite, Monde en Question.
Articles Sondages, Monde en Question.
[2] Lire : 1. Constitution and Administration et 2. The Electoral System, Hong Kong 2017 (dernière mise à jour).
[3] C’est la dernière élection française que j’ai analysée car j’ai émigré au Mexique le 9 mai 2007. Lire les références de la note 1.

Lire aussi :
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle Géopolitique, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Hong Kong – Terreur noire made in USA


Lundi 11 novembre, Leung Chi-cheung, père de deux filles et âgé de 57 ans, luttait pour sa vie à l’hôpital, souffrant de graves brûlures au corps et de traumatismes crâniens.

 

La séquence vidéo, diffusée par South China Morning Post Hong Kong, montre que Leung a eu une altercation avec des manifestants dans le couloir d’une école à Ma On Shan. L’un d’eux l’a aspergé d’un liquide inflammable et a mis le feu en le transformant en torche vivante [1].

Joshua Wong, comme d’autres dirigeants de pro-démocratie, ont refusé de condamner cet acte criminel. Joshua Wong l’avait au contraire encouragé sur son compte Twitter le 22 octobre 2019 :


Trois jeunes ont mis le feu, comment des manifestants modérés sont-ils devenus des « magiciens du feu » ?
Source

L’expression magiciens du feu fut reprise dans l’éloge de l’im-Monde le 04 novembre 2019 [2].

Joshua Wong, un des leaders de la terreur noire, reçoit ses ordres des États-Unis comme le montre cette photo publiée sur son compte :

 

Il n’est pas le seul à être financé, endoctriné et armé. Ainsi, des étudiants s’entraînent tranquillement sous le drapeau américain dans un camp de l’université chinoise de Hong Kong :

 

Les différents services américains répètent exactement la même stratégie appliquée en Afghanistan contre l’URSS et en Ukraine contre la Russie [3]. Tous les Hongkongais, qui collaborent sciemment ou naïvement avec les États-Unis contre la Chine, se préparent à des lendemains plus noires que la tenue qu’ils arborent fièrement aujourd’hui. Certains émigreront, mais la majorité devront rendre compte de leurs actes à Hong Kong… qui restera chinois.

La stratégie de déstabilisation du gouvernement par la terreur made in USA va échouer. Le fait que des volontaires se mobilisent pour nettoyer les rues révèle un tournant majeur.

 

16/11/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Lire :
Hong Kong father of two burned alive after chasing protesters at MTR station in grisly act of violence police classify as attempted murder, South China Morning Post, 11/11/2019.
Un homme incendié alors que les émeutiers intensifient les actes de violence à Hong Kong, Le Quotidien du Peuple, 12/11/2019.

[2] Lire : Hong Kong XII – L’aveu de l’im-Monde, Chine en Question, 05/11/2019.

[3] Lire :
Hong Kong X – Une crise politique ukrainienne, Chine en Question, 05/11/2019.
Hong Kong est une révolution de couleur, Chine en Question.

Lire aussi :
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle Géopolitique, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Hong Kong – Propagande trotkyste


 

Les médias dominants, inféodés aux grand groupes industriels, n’ont pas le monopole de la propagande anti-chinoise. C’est aussi une spécialité de toute l’extrême gauche – anarchistes et trotkystes. La haine anti-communiste des anarchistes est telle qu’ils soutiennent l’extrême droite instrumentalisée par les États-Unis en Ukraine. Quant aux trotkystes, ils récitent imperturbablement leur catéchisme quelque soit les circonstances car pour eux le monde s’est arrêté le 21 août 1940 à Coyoacán (à deux pas de mon ancien domicile au Mexique) [1].

L’enterrement de Pierre Overney, militant maoïste, le 25 février 1972 marqua le reflux de l’extrême gauche en France. Les organisations trotkystes ont alors périclité. La Ligue Révolutionnaire (tendance Pierre Frank) et l’OCI (tendance Pierre Lambert) ont pratiquement disparu. Lutte Ouvrière survit vaille que vaille en cultivant un sectarisme débilitant et en publiant des articles de plus en plus pauvres [2].

Aux États-Unis, le CIQI est très actif via son site WSWS car sur le terrain son influence est nulle. Jerry White a obtenu 471 voix aux élections présidentielles de 2016 et Niles Niemuth 2 213 voix aux élections législatives de 2018 dans le Michigan [3] !

Dès le 11 juin, WSWS vole au secours de la démocratie en danger par un mensonge : le régime de Pékin pourrait utiliser cette législation pour faire expulser vers la Chine continentale, juger et emprisonner sur la base d’accusations inventées de toutes pièces. En l’occurrence, il s’agit d’un homme accusé d’un meurtre commis à Taïwan qu’il a avoué mais qui n’a pas été jugé car il s’est réfugié opportunément à Hong Kong [4]. Le plus drôle est que cette organisation, qui se dit révolutionnaire, vole au secours des dissidents religieux chinois qui seraient considérés comme une menace par les communistes chinois mais pas par les trotskystes américains. Comme d’habitude, l’auteur de l’article, dont le nom importe peu, termine par le refrain obligé pour sa chapelle : La lutte pour les droits démocratiques à Hong Kong doit s’appuyer sur la classe ouvrière et s’inscrire dans la lutte plus large contre l’austérité et pour les droits sociaux fondamentaux tels que des emplois et salaires décents. […] C’est pour cette perspective que se bat le Comité international de la Quatrième Internationale.

Dans l’article du 18 juin, l’auteur reprend les fantasmes habituels de WSWS que la conclusion prescriptive précédente contredit : Les manifestations de masse à Hong Kong sont une autre indication de la résurgence des luttes de la classe ouvrière sur le plan international. Embourbé dans une terminologie dépassée qualifiant le gouvernement chinois de régime stalinien, l’auteur évoque la grande région industrielle de Shenzhen. Là encore, il retarde terriblement car Shenzhen est devenue une grande place financière de la Chine et, en 2018, son produit intérieur brut a dépassé celui de Hong Kong [5].
Curieusement, alors qu’il s’insurge contre l’ingérence du gouvernement Pékin, il le tient pour responsable des mauvaises conditions de vie de la population à Hong Kong :

Vingt pour cent de la population de Hong Kong, soit 1,37 million de personnes, vivent dans la pauvreté et sont confrontés à une grave crise du logement. Le coût médian d’une maison est 18 fois plus élevé que le revenu médian des ménages. Selon les chiffres du gouvernement, plus de 200.000 personnes vivent dans des appartements illégaux et dangereux, à peine assez grands pour accueillir une seule personne, où les normes de sécurité et d’hygiène sont ignorées. Des centaines de milliers d’autres vivent dans des cabanes de fortune au sommet d’immeubles d’habitation ou d’usines.
Le CIQI redécouvre incidemment la conception matérialiste de l’histoire de Karl Marx, mais ses prescriptions politiques restent au niveau de l’idéalisme hégélien voire proudhonien !

Le 3 juillet, le soutien de WSWS aux manifestants devient plus réservé : ni l’éloge de la domination coloniale britannique, ni la promotion de l’esprit de clocher de Hong Kong ne constituent les moyens politiques de lutter pour les droits démocratiques. L’auteur fait alors la leçon à des manifestants, qui ne le liront jamais, en fantasmant sur Tiananmen !

Le 10 juillet, l’article évoque des pancartes écrites avec des caractères chinois simplifiés alors que les photos montrent surtout des pancartes imprimés et rédigées en anglais [6] et l’auteur fantasme encore, comme les médias dominants à la même l’époque, sur l’intervention probable de l’armée – le conditionnel étant une clause style car la plupart des commentateurs souhaite une intervention pour prouver que XI Jinping est un nouvel Hitler.

L’article du 24 juillet est particulièrement suspect car il est basé sur des allégations sans preuves. Le rédacteur n’a pas enquêté sur place, mais affirme avec force Il serait d’ailleurs tout à fait naïf de conclure que cette attaque [des triades] a eu lieu sans le soutien de Beijing ! Il donne crédit aux théories complotistes des médias dominants sur une soi-disante alliance entre les triades et le PCC alors qu’elles se sont réfugiées à Hong Kong, sous gouvernement britannique, après la prise du pouvoir par le PCC en 1949. Les films hongkongais, que j’ai visionnés et dont je parlerai ultérieurement, montrent au contraire que les triades se sont opposées à la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997.

L’article du 30 juillet est encore plus suspect car il est basé sur des témoignages non sourcés ou sur des déclarations d’Amnesty International dont on connait la partialité en ce qui concerne la Chine notamment lors de sa campagne de 2008 en faveur de l’indépendance du Tibet. Plus grave encore, il prétend que les groupes de l’extrême droite indépendantiste, comme Hong Kong Indigenous ou Civic Passion, seraient minoritaires alors que ce sont ces activistes qui, à l’abri des manifestations, saccagent immeubles, aéroport, métro, etc. Les envolées lyriques sur un mouvement international de Hong Kong à Porto Rico en passant par Paris sont aussi fantasmagoriques que risibles. La conclusion est comme toujours encore plus cocasse : Une telle lutte contre l’impact de l’aggravation de la crise du capitalisme doit être basée sur le programme de l’internationalisme socialiste. Elle doit s’inspirer des leçons des luttes historiques du mouvement trotskyste – celles du Comité international de la Quatrième Internationale contre le stalinisme, le maoïsme et l’impérialisme.

Les deux articles du 8 août sont typiques de cette organisation dont le slogan magique est grève générale ! Ils tissent des liens qui n’existent que dans l’imagination des dirigeants du CIQI et que les sous-fifres répètent inlassablement : Cette flambée d’opposition populaire a lieu parallèlement aux manifestations de masse sur le territoire américain de Porto Rico, aux grèves massives en Inde et au mouvement des Gilets jaunes en France, pour n’en citer que quelques-uns. Mais, pour réussir, les manifestants du monde entier doivent écouter les conseils de CIQI déclinés scolairement et, cerise sur le gâteau, contacter et engager un dialogue politique sur ces questions essentielles avec cette direction éclairée… qui fera trembler Pékin !

L’article du 15 août voit un un mouvement de protestation présentant des revendications démocratiques plus larges, mais ne voient pas les destructions de plus en plus fréquentes réalisées par des commandos bien équipés et organisés. Par contre, il brandit toujours le spectre d’une intervention militaire. Il parle bizarrement de frontière entre Hong Kong et la Chine continentale comme s’il s’agissait de deux pays différents. Enfin, il a une vision eschatologique d’une révolution mondiale imminente… depuis 79 ans : Les commentaires de Trump ne font que souligner l’unité de base entre les classes dirigeantes aux États-Unis, en Chine et dans le monde entier contre la résurgence de la lutte de la classe ouvrière au niveau international, dont les manifestations à Hong Kong constituent une expression initiale.

Le 17 août, le CIQI via WSWS poursuit le délire paranoïaque déclinée précédemment d’une alliance entre Donald Trump et Xi Jinping contre la révolution mondiale qui a commencé à Hong Kong ! En fait, l’article ne va pas assez loin dans ce délire car il oublie de tirer argument du fait que le gouvernement d’Emmanuel Macron à livrer des canons à eau à la police de Hong Kong et celui d’Angela Merkel des grenades lacrymogènes. C’est la preuve d’une conspiration mondiale contre la révolution !
Plus drôle encore, il parle de la propagande du gouvernement de Pékin concernant une intervention militaire alors que c’est le CIQI qui, à le remorque des médias dominants, a alimenté cette rumeur depuis plusieurs jours.

Le deuxième paragraphe de l’article du 20 août commence par une tournure journalistique classique selon les organisateurs. Or, ces organisateurs ne sont pas cités et encore moins mesurés à l’aune de leur influence réelle sur le terrain. Le participants sont décrits vaguement comme une foule anonyme. Par contre, le rédacteur lance une phrase qui contredit les accusations antérieures : Le « crime organisé » est une référence aux attaques contre des manifestants par des voyous qui appartiennent prétendument à des gangs des triades liés à des personnalités pro-Pékin. Ce prétendument est d’autant pus étrange que l’article du 24 juillet nous mettait en garde : Il serait d’ailleurs tout à fait naïf de conclure que cette attaque [des triades] a eu lieu sans le soutien de Beijing ! Il fait une large publicité au Front civil des droits de l’homme comme s’il s’agissait de la direction préconisée le 30 juillet et qui sert de conclusion… comme d’habitude : Ce constat souligne la nécessité de créer une section du Comité international de la Quatrième Internationale à Hong Kong et en Chine !

Le 26 août, les visions d’une révolution mondiale en marche sert de fil conducteur pour dénoncer le régime stalinien de Pékin qui n’est ni socialiste ni communiste, mais défend les intérêts des oligarques bourgeois et des super-riches en Chine et à Hong Kong. Cette phraséologie est classique et elle est d’ailleurs enseignée aux futurs rédacteurs comme celle du paragraphe commençant par Pour lutter pour les droits démocratiques et sociaux, il est nécessaire de et se termine par un régime capitaliste qui défend les intérêts d’une poignée d’oligarques ultra-riches. Et de conclure par cette phrase incroyable : Le CIQI est le seul à avoir mené pendant des décennies une lutte contre le stalinisme et toutes les formes d’opportunisme. Ce qui se traduit en clair nous sommes les seuls capables de diriger le mouvement contre la dictature de Pékin !

L’article du 31 août est un copier-coller des précédents et prophétise encore un prochain Tiananmen !

Le 3 septembre les dirigeants du Comité international de la Quatrième Internationale qui aspirent à diriger la révolution mondiale qui a débuté à Hong Kong est incapable de donner le nombre de travailleurs qui… participeront à la grève et font confiance à la déclaration d’un organisateur étudiant anonyme ! Le passé, le présent et le futur sont allègrement mélangés sans rien n’ajouter aux articles précédents et encore moins le refrain de la conclusion.

L’article du 4 septembre fait contre toute attente l’éloge du spontanéisme des masses que la bureaucratie syndicale et politique veut brider. Et termine en beauté sur la propagande habituelle : le régime de Beijing menace d’intervenir militairement et a organisé des exercices mobilisant une police paramilitaire lourdement armée dans la ville de Shenzhen.

Le 6 septembre la direction géniale du CIQI ne se rend toujours pas compte de son erreur d’analyse et pleurniche sur le fait que les manifestants se jettent dans les bras des Américains au lieu de les écouter eux. Les imbéciles ! Et de conclure en renouvelant son appel : Nous exhortons les étudiants et les travailleurs à nous contacter pour ouvrir un dialogue sur ces questions politiques cruciales en vue de l’établissement nécessaire d’une section du CIQI en Chine. Gageons que personne n’entendra cet appel pathétique d’une direction qui ne parle même pas chinois.

L’autre article du 6 septembre (paru en anglais le 10 juin) évoque la manifestation du 4 juin dernier : Les participants étaient venus non seulement pour manifester leur opposition à la répression militaire barbare de Pékin il y a 30 ans mais aussi à cause de leur préoccupation relative à la loi sur l’extradition. Il ne fait aucun doute que la manifestation comprenait des personnes qui avaient fui à Hong Kong en 1989 et qui craignaient d’être arrêtées et renvoyées en Chine. Ce retour dans le passé ne sert pas à éclairer la situation présente, mais d’argument pour que les manifestants fassent appel à la direction éclairée du CIQI seule capable de vaincre le régime d’État policier de Beijing ! Bla bla bla…

09/11/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Lire : Museo León Trotsky, Arte y Cultura.

[2] Lire :
Morgan SPORTÈS, Ils ont tué Pierre Overney, Fayard, 2017 [Texte en ligne].
Articles Hong Kong, Lutte Ouvrière :
– 18/06/2019, Hong Kong : le pouvoir mis en échec.
Axiome de la doxa trostskyste : Il est incontestable que Carrie Lam est sous la tutelle de Xi Jinping et que l’État chinois est une dictature sans pitié pour ses opposants.
– 23/07/2019, Hong Kong : violence des gangs et violence sociale.
Croit à la thèse complotiste que la mafia soutiendrait le gouvernement de Pékin alors qu’elle a émigré à Hong Kong en 1949 !
– 07/08/2019, Hong Kong : la mobilisation et les intérêts des travailleurs.
– 21/08/2019, Hongkong : la contestation ne faiblit pas.
Lutte Ouvrière redécouvre la lutte de classes, mais de manière purement rhétorique : Même si la contestation actuelle porte sur des droits démocratiques, ces inégalités sociales, exacerbées par la crise économique mondiale, en constituent la toile de fond.
– 28/08/2019, Hongkong : business is business.
– 04/09/2019, Hongkong : la jeunesse en première ligne.

[3] Lire :
2016 Presidential Election by State, The Green Papers.
Michigan’s 12th Congressional District election, 2018, Ballotpedia.
Articles Hong Kong, WSWS :
– 11/06/2019, Des manifestations de masse éclatent à Hong Kong.
– 18/06/2019, Des millions de personnes défilent à Hong Kong contre la loi d’extradition.
– 03/07/2019, Des centaines de milliers de personnes manifestent dans les rues de Hong Kong.
– 10/07/2019, Les manifestants de Hong Kong font appel au soutien des Chinois du continent.
– 24/07/2019, Des membres de gang attaquent les manifestants à Hong Kong.
– 30/07/2019, Les manifestations à Hong Kong se poursuivent malgré l’escalade de la violence policière.
– 08/08/2019, Grève générale à Hong Kong : la classe ouvrière entre dans le mouvement de protestation.
– 08/08/2019, Grève générale des travailleurs de Hong Kong contre la loi d’extradition.
– 15/08/2019, Les manifestations à Hong Kong accueillies par des menaces et des dénonciations.
– 15/08/2019, Les manifestations à Hong Kong se poursuivent pour une dixième semaine.
– 17/08/2019, Alors que la Chine masse ses troupes à la frontière, Trump demande d’en finir avec le « problème » de Hong Kong.
– 20/08/2019, De nouvelles manifestations de masse à Hong Kong.
– 26/08/2019, Comment lutter pour les droits démocratiques à Hong Kong.
– 31/08/2019, Un rassemblement de masse à Hong Kong est interdit alors que les troupes chinoises font une démonstration de force.
– 03/09/2019, Grève de deux jours à Hong Kong après les manifestations du week-end dernier.
– 04/09/2019, Des dizaines de milliers de personnes se joignent au premier jour de grève de protestation à Hong Kong.
– 06/09/2019, Aux manifestants de Hong Kong Tournez-vous vers la classe ouvrière chinoise et non pas vers l’impérialisme américain.

[4] Lire :
Hong Kong V – L’extradition en question, Chine en Question, 11/10/2019.
Hong Kong IX – L’extradition sans commentaire, Chine en Question, 25/10/2019.

[5] Lire :
From « High-Speed » to « High-Quality » Growth Shenzhen, the birthplace of China’s economic miracle, goes low-carbon, East Asia & Pacific on the Rise, 03/07/2014.
Hong Kong II – De la crise économique à la crise politique, Chine en Question, 02/09/2019.
Passé et avenir de la Chine, observations d’un Chinois d’outre-mer, French-China, 29/10/2019.

[6] Lire : Hong Kong IV – Photos avec commentaires, Chine en Question, 09/10/2019.

Lire aussi :
Le trostskysme est mort, mais son cadavre bouge encore, Monde en Question.
Articles Trotskysme, Monde en Question.
Dossier Trotskysme, Monde en Question.
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Hong Kong X – Une crise politique ukrainienne


 

Ce qui se passe à Hong Kong, ou plutôt ce qu’on en sait à travers le filtre des médias, ressemble étrangement à ce que les mêmes médias ont baptisé révolutions de couleurs et qui furent instrumentalisées par différentes agences de renseignements américaines.
Il s’agissait pour les États-Unis de déstabiliser la Russie post-soviétique dans ses régions frontalières : Géorgie au Caucase (2003), Ukraine en Europe de l’Est (2004 et 2014), Biélorussie en Europe de l’Est (2005) et Kirghizistan en Asie (2005) [1].

Il s’agit aujourd’hui pour les États-Unis, en complément de la guerre économique, de déstabiliser politiquement la Chine dans ses régions frontalières : Tibet, Xinjiang et Hong Kong. L’assaut mené au Tibet en 2008 via des ONG fut un échec [2]. Le soutien aux islamistes du Xinjiang n’a pas donné non plus les résultats attendus car cette région n’est pas l’Afghanistan et le gouvernement de Pékin a créé les conditions du développement économique et social de cette province qui est maintenant désenclavée via l’initiative une Ceinture une Route [3]. Il reste Hong Kong, qui occupe une position géostratégique importante et est facile à investir car aucun visa n’est exigé pour entrer sur le territoire et, héritage de la colonisation, l’anglais est pratiqué par beaucoup [4].

Comme en Ukraine, les stratèges américains ont remis deux fois le couvert via des réseaux qui existaient avant la rétrocession de 1997. En 2014, ils avaient déjà instrumentalisé des manifestations baptisées révolution des parapluies sous le prétexte naturellement de la démocratie. Hier, on convertissait les sauvages aux lumières de la civilisation chrétienne et aujourd’hui à celles de la démocratie. Les conversions se font toujours l’arme au poing, mais elles sont pilotée aujourd’hui à très longue distance…
Pendant les 148 ans de l’occupation britannique personne n’avait protesté du fait que le gouverneur de Hong Kong était désigné par la couronne d’Angleterre. Mais, depuis la rétrocession à la Chine, tout le monde milite pour le suffrage universel à Hong Kong et chaque 1er juillet est l’occasion de mobiliser une population de plus en plus inquiéte de la dégradation de son niveau de vie [5].

La mayonnaise a prit cette année car les inégalités sociales deviennent criantes à Hong Kong notamment en matière de logement.

[Une place de parking vendue 1 million de dollars à Hong Kong] Cette transaction est révélatrice de la flambée de l’immobilier à Hong Kong, à l’origine de nombreux problèmes sociaux et d’inégalités de richesse atteignant des niveaux sans précédent depuis 45 ans.
Les difficultés de logements à Hong Kong ont nourri la contestation des jeunes à Hong Kong ces derniers mois, même si leurs revendications sont politiques.
Le coefficient de Gini, qui mesure les disparités de revenus, est à Hong Kong le plus élevé de toutes les économies développées en 2016. Un habitant sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté.
Source : Les Echos, 24/10/2019.

Comment peut-on parler sérieusement de démocratie à Hong Kong alors que le plus grand nombre s’enfonce dans la misère sociale.

Les inégalités sont un facteur puissant mais souvent ignoré qui sous-tend les frustrations des Hongkongais. Et, contrairement au discours pro-démocratie dominant, l’échec du gouvernement autonome de Hong Kong à s’attaquer au problème provient de la politique électorale à laquelle les manifestants sont si attachés.
Source : Project Syndicate, 27/08/2019.

N’en déplaise à tous les charognards, Hong Kong ne subira pas le sort de l’Ukraine ! La Chine veut et a les moyens de garder ce territoire même si son importance économique ira en diminuant. Deng Xiaoping avait anticipé ce processus en faisant du bourg de Shenzhen la première zone économique spéciale de Chine en 1980. Depuis, Shenzhen est devenue la Silicon Valley et une grande place financière de la Chine et, en 2018, son produit intérieur brut a dépassé celui de Hong Kong [6].

01/11/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Voir sur l’Ukraine :
Winter on Fire (2015), Monde en Question.
Ukraine on Fire (2016), Monde en Question.
Lire sur les interventions de la CIA :
William BLUM, Les guerres scélérates – Les interventions de l’armée américaine et de la CIA depuis 1945, Parangon, 2004.
Blum nous démontre que la période d’après-guerre, loin d’avoir été froide, a fait des millions de victimes, particulièrement dans les États qui ont eu la volonté de s’affranchir politiquement et économiquement de Washington. Tout au long de cette période, les États-Unis ont soutenu de nombreuses dictatures, écrasé des gouvernements démocratiquement élus et des mouvements de libération, au nom de la démocratie et de la lutte contre le complot communiste international.
Yvonnick DENOËL, Gordon THOMAS, Le livre noir de la CIA,, 2007 [Texte en ligne].
John PRADOS, Histoire de la CIA, 2019 [Texte en ligne].

[2] Lire : Tibet, articles, revue de presse et dossier.

[3] Lire :
Xinjiang, articles, revue de presse et dossier.
une Ceinture une Route, articles, revue de presse et dossier.

[4] Lire :
Hong Kong, articles, revue de presse et dossier.
La prochaine guerre américaine, Monde en Question.

[5] Lire :
Julia CAGÉ, Le prix de la démocratie, 2018 [Texte en ligne].
Luciano CANFORA, Exporter la liberté – Échec d’un mythe, 2008 [Texte en ligne].
Gilles DORRONSORO, Le reniement démocratique – Néolibéralisme et injustice sociale, 2018 [Texte en ligne].
Hélène THOMAS, Les vulnérables – La démocratie contre les pauvres, 2010 [Texte en ligne].

[6] Lire :
From « High-Speed » to « High-Quality » Growth Shenzhen, the birthplace of China’s economic miracle, goes low-carbon, East Asia & Pacific on the Rise, 03/07/2014.
Hong Kong II – De la crise économique à la crise politique, Chine en Question, 02/09/2019.
Passé et avenir de la Chine, observations d’un Chinois d’outre-mer, French-China, 29/10/2019.

Lire aussi :
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle Géopolitique, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Une spécialiste en propagande


 

Elise Lucet est une journaliste coutumière des théories du complot. Elle avait déversée sa haine contre les musulmans dans l’affaire des bagagistes d’Orly. Comme elle mange à tous les râteliers, elle se veut aussi la championne de la guerre contre la Chine.


10/10/2019, Envoyé spécial : Chine, tout est sous contrôle ! (Source)

 

Nul besoin d’être expert en sémiotique pour se rendre compte que ce soi-disant reportage est construit pour créditer un discours préparé à l’avance et asséné à coup de marteau.
Dans la critique, publiée par Beijing Information, Jacques Fourrier se réfère à l’analyse du discours de Dominique Maingueneau pour décrypter la scène de présentation comme une scène d’énonciation stéréotypée.

A défaut de reportage, il s’agissait d’une enquête à charge tellement caricaturale et bâclée que toute personne de bonne foi qui connaît un tant soit peu la Chine ne peut qu’être soit choquée soit amusée par tant d’amateurisme et de légèreté. On y trouve tous les ingrédients qui viendront conforter les clichés habituels sur la Chine. [1]

Comme je n’habite plus dans ce pays où règne l’ordre nouveau Charlie, j’ai vu cette émission grâce à 9docu.

La présentation d’Elise Lucet en voix off débute par une assertion suspecte : Il faut être honnête [34’12]. Ce sont en général les menteurs qui commencent leur discours par ce préliminaire afin de rassurer leurs interlocuteurs.
Le soi-disant reportage sur la Chine commence par un mot peu en adéquation avec l’objectivité supposée : Imaginez [35’00]. Nous sommes donc conviés à imaginer la Chine et non à la voir et à la penser telle qu’elle est. Mais notre imagination va être formatée par le discours et les images de journalistes qui veulent nous convaincre que leur imaginaire est le réel [2].

Le plus drôle est le commentaire en voix off affirmant Elle signale la présence d’un délinquant à la police et la voilà qui atteint le niveau supérieur 1100 points alors que la comparse pointe son doigt vers… le caméraman [35’54].

Après des images commentées comme réelles, mais mises en scène de manière frauduleuse avec des incrustations ajoutées en studio, le commentaire glisse sur une pseudo interrogation La Chine est-elle en train de mettre en place les outils d’une surveillance totale ? [37’00], qui trouve naturellement sa réponse immédiate La Chine de demain est déjà en gestation [37’24]. Ce qu’il fallait démonter !

Quant à moi, je ne perdrai pas d’avantage mon temps à visionner ce discours journalistique de propagande car, comme l’a dit Francis Balle à un média qui se croit au-dessus des autres : Un service de propagande se dit toujours être un média d’information (Source).

28/10/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Lire :
Quand « Envoyé Spécial » fait dans le sensationnalisme, Beijing Information.
Dominique Maingueneau, Analyse du discours, Site de l’auteur.
Dominique Maingueneau, Que cherchent les analystes du discours ?, Argumentation et Analyse du Discours.
Publications de Dominique Maingueneau, Argumentation et Analyse du Discours.
Publications de Dominique Maingueneau, Cairn.info.

[2] Lire : Jonathan D. SPENCE, La Chine imaginaire – Les Chinois vus par les Occidentaux de Marco Polo à nos jours, 2000 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Revue de presse Chine, Chine en Question.
Dossier Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Hong Kong VI – Une crise politique corse


 

À partir de 1965, la Corse fut le théâtre sanglant de revendications régionalistes puis autonomistes et enfin nationalistes. En 1975, les nationalistes du FLNC sont passés à la lutte armée en réclamant des droits nationaux du peuple corse, le droit à l’autodétermination et un pouvoir populaire démocratique en Corse. Michel Poniatowski, ministre de l’Intérieur, envoya 1200 gendarmes et CRS, des blindés et des hélicoptères. En 1996, après avoir réglé leurs comptes entre factions, les nationalistes ont annoncé théâtralement un cessez-le-feu (photo plus haut). Mais, en 1998, un commando assassina le préfet Claude Érignac. Ce n’est qu’après les assassinats de l’avocat Antoine Sollacaro et du Président de la Chambre de Commerce de Corse-du-Sud Jacques Nacer en 2012, que la nature mafieuse du nationalisme corse apparaît au grand jour pour tout le monde.

La situation à Hong Kong ressemble en partie à celle de la Corse. Les revendications soi-disant démocratiques sont accompagnées de manifestations organisées par des commandos dont le but est de provoquer les plus de dégâts possibles y compris en tabassant des Hongkongais soupçonnés d’être favorables à Pékin.


Cet homme a lancé Nous sommes tous chinois !.
Un journaliste international lui a bloqué le passage et un émeutier masqué l’a frappé par derrière.

 

Il faut savoir que la mafia chinoise a soutenu le gouvernement de Tchang Kaï-chek qui l’utilisa contre les communistes et que, après la prise du pouvoir par le Parti Communiste en 1949, elle a émigré avec armes et argent à Hong Kong et Taïwan. Or, depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997, elle craint par dessus tout de perdre son pouvoir et fera tout pour le garder [1]. Comme je l’ai indiqué précédemment, les manifestations sont encadrées par des gens, qui évoluent selon la méthode des commandos (en petits groupes très mobiles) et qui sont dotés d’un équipement sophistiqué (identique pour tous). Cela nécessite une préparation et une logistique en amont et donc une organisation structurée et naturellement des fonds [2].

Face à la violence des nationalistes corses, y compris la violence armée, le gouvernement français envoya des gendarmes, des CRS et même des militaires pour maintenir l’ordre public. Le gouvernement chinois, n’en déplaise aux journalistes occidentaux qui agitent ce spectre, ne tombera pas dans ce piège. Il sait mieux que quiconque que le prix politique serait très élevé dans un contexte où les États-Unis et l’Europe n’attendent qu’un faux pas pour ostraciser la Chine [3]. Le gouvernement chinois ne recourra pas aux méthodes expéditives du gouvernement français parce que, plus prosaïquement, il a beaucoup moins besoin de Hong Kong pour maintenir et accroître son développement économique [4].

Par contre, le gouvernement chinois défendra, les armes à la main s’il le faut, sa souveraineté sur Hong Kong, territoire qu’il a récupéré en 1997 après 155 ans d’occupation britannique (traité de Nankin en 1842). C’est la ligne rouge que certains stratèges d’officines, plus moins liées au gouvernement américain, sont prêts à franchir, mais le gouvernement chinois a montré au cours du défilé traditionnel du 1er octobre 2019 qu’il était prêt à faire face à cette éventualité [5].

14/10/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Les triades sont un thème récurrent du cinéma hongkongais et américain. IMDb recensent 210 films, mais il oublie deux des trois films de CHAN Fruit qui traitent à la fois du thème de la rétrocession de Hong Kong à la Chine et de celui des triades : Xianggang zhizao – Made in Hong Kong (1997), Hui nin yin fa dak bit doh – The Longest Summer (1998) et Xilu xiang – Little Cheung (1999).

[2] Lire : Hong Kong IV – Photos avec commentaires, Chine en Question, 09/10/2019.

[3] Lire : Déclaration du porte-parole de l’ambassade de Chine sur la situation à Hong Kong, Ambassade de la République Populaire de Chine en République Française, 06/10/2019.

[4] Lire :
Hong Kong II – De la crise économique à la crise politique Chine en Question, 02/09/2019.
Comment le « miracle chinois » a éclipsé Hong Kong, Statista, 04/09/2019.

[5] Lire :
Le défilé d’anniversaire de la Chine dévoile de nouvelles armes qui influenceront les stratégies US, Réseau international, 01/10/2019.
Pourquoi la Russie a-t-elle décidé d’épauler la Chine dans la création d’un système d’alerte d’attaque par missile ?, Sputnik, 04/10/2019.
Pourquoi ce nouveau drone hypersonique chinois serait une mauvaise nouvelle pour la marine US ?, Sputnik, 05/10/2019.

Lire aussi :
Dossier Corse, Monde en Question.
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle Géopolitique, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Hong Kong V – L’extradition en question


Suivre l’actualité, courir après le vent.
Penser l’actualité, marcher à contre-courant.


Pour décrypter cette photo lire le petit cours de rattrapage en sémiotique

 

Les médias dominants soutiennent inconditionnellement les manifestations qui se déroulent à Hong Kong alors qu’ils condamnent grèves et manifestations en France :

En 2010 par exemple, Eric Fottorino s’indignait de l’atteinte à la liberté d’expression des éléments minoritaires et incontrôlés de la CGT.
Lire : L’im-Monde contre les grèves, 23/10/2010.

On nous dit et nous répète à satiété que le projet de loi d’extradition serait la cause des manifestations à Hong Kong depuis plusieurs mois :

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dimanche dans le centre de Hong Kong pour réclamer l’abandon d’un projet de loi qui autoriserait des extraditions vers la Chine continentale pour y être jugé par la justice chinoise.
Source : Reuters – Challenges, 28/04/2019.

J’en doute sérieusement pour une raison toute simple : le gouvernement français et le gouvernement de Hong Kong ont signé le 4 mai 2017 un accord mutuel d’extradition sans suscité aucune inquiétude. Le projet de loi nº1419, déposé le 21 novembre 2018, fut adopté le 22 mai 2019 sans que personne ne fasse de commentaire. Cela signifie que les soi-disant démocrates hongkongais trouvent légitime que Hong Kong extrade ses ressortissants à Paris (un pays étranger), mais illégitime qu’elle les extrade à Pékin (dans le même pays) ! Plus étrange encore, le rapporteur Jean-Michel Clément a exprimé la même opinion (voir l’extrait du compte-rendu).

Voici un extrait de l’accord mutuel d’extradition (source en note) :

L’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong de la République populaire de Chine relatif à la remise de personnes poursuivies ou condamnées vise donc, d’une part, à compléter le tissu conventionnel existant entre les deux parties et, d’autre part, à permettre la reprise d’une coopération judiciaire entre elles en matière de remise des personnes.

A cette fin, il prévoit que les deux parties s’engagent à se livrer réciproquement toute personne qui, se trouvant sur le territoire de l’une d’entre elles, est recherchée par l’autre partie aux fins de poursuites ou d’imposition ou d’exécution d’une peine.

L’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong de la République populaire de Chine relatif à la remise de personnes poursuivies ou condamnées a été signé le 4 mai 2017 à Hong Kong par le consul général de France à Hong Kong et Macao, M. Eric Berti, et par le Secrétaire à la sécurité de la Région administrative spéciale de Hong Kong, M. Tung-Kwok Lai.

Cet accord a fait l’objet du projet de loi nº1419 déposé le 21 novembre 2018, du rapport nº1971 déposé le 22 mai 2019 et du compte-rendu nº1819063 de M. Jean-Michel Clément publié à la même date.
Voici un extrait du compte-rendu (source en note) :

Quelles sont les spécificités de cet accord avec Hong Kong ? Contrairement à la plupart des accords bilatéraux, cette convention a été conclue avec un territoire qui n’est pas un État souverain. Depuis la rétrocession en 1997, Hong Kong a le statut de RAS de la République populaire de Chine (RPC).

Pour autant, en vertu du principe « un pays, deux systèmes », Hong Kong est une entité qui jouit d’une grande autonomie par rapport à la RPC. Ce haut degré d’autonomie est garanti par la Loi fondamentale – la Basic Law -, qui sert de constitution à l’ancienne colonie britannique. Parce qu’il s’agit d’un État de droit, Hong Kong reste une place forte de l’économie asiatique, notamment pour les entreprises françaises. Elle est encore aujourd’hui la troisième place financière au monde. Cette autonomie, à laquelle sont profondément attachés les habitants de Hong Kong, se retrouve, d’une part, dans sa capacité à conclure des accords bilatéraux avec des États tiers, et notamment des conventions d’entraide judiciaire, et d’autre part, dans l’organisation de son système judiciaire, pénal et carcéral.

L’ingérence de la Chine au sein du système judiciaire est particulièrement inquiétante. Dans sa forme la plus brutale, cette pression se traduit par des enlèvements sur le territoire autonome. Dans sa forme plus douce, elle est visible au travers des avis donnés par l’Assemblée nationale populaire pour orienter l’issue des instances en cours à Hong Kong. Depuis quelque temps, un projet de loi qui vise à permettre l’extradition de personnes vers la Chine est en cours de discussion à Hong Kong. Il a entraîné les manifestations les plus importantes dans la région autonome depuis 2014. Nous devons y être vigilants.

Je souhaite toutefois rassurer notre commission sur un point : les risques que la pression chinoise fait peser sur les relations entre la France et Hong Kong en matière d’extradition sont maîtrisés. L’accord d’extradition avec Hong Kong, comme celui qui nous lie déjà à la Chine, comprend les garde-fous classiques dans ce type d’accord pour se prémunir contre la menace d’arbitraire ou d’ingérence. Il prévoit l’exclusion des infractions politiques, l’interdiction d’extrader une personne qui risque la peine de mort ou encore l’interdiction de poursuivre ou punir une personne pour des infractions distinctes de celles qui ont motivé sa remise. Dans le cadre de chaque demande d’extradition, nos autorités diplomatiques et judiciaires évalueront les risques liés aux atteintes à l’autonomie judiciaire de Hong Kong.

Compte tenu de ces garanties, j’appelle la commission à autoriser la ratification de cette convention.

Suivant l’avis du rapporteur, la commission adopte le projet de loi nº1419 :
Est autorisée l’approbation de l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong de la République populaire de Chine relatif à la remise de personnes poursuivies ou condamnées, signé à Hong Kong le 4 mai 2017, et dont le texte est annexé à la présente loi.

Ce qui se passe à Hong Kong, ou plutôt ce qu’on en sait à travers le filtre des médias, ressemble étrangement à ce que les mêmes médias ont baptisé révolutions de couleurs et qui furent instrumentalisées par différentes agences de renseignements américaines. Les prochains articles analyseront les points de convergence de la situation politique entre Hong Kong et la Corse et entre Hong Kong et l’Ukraine.

11/10/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Loi du 10 mars 1927 sur l’extradition, Le droit criminel.
Le Gouvernement français peut livrer, sur leur demande, aux Gouvernements étrangers tout individu non Français ou non-ressortissant français qui, étant l’objet d’une poursuite intentée au nom de l’État requérant ou d’une condamnation prononcée par ses tribunaux, est trouvé sur le territoire de la République ou de ses possessions coloniales.
Accord avec Hong Kong sur la remise de personnes poursuivies ou condamnées, Assemblée nationale :
Texte de l’accord international signé à Hong Kong le 4 mai 2017
Étude d’impact non datée
Projet de loi nº1419 déposé le 21 novembre 2018
Rapport de la Commission des affaires étrangères nº1971 déposé le 22 mai 2019
Compte-rendu nº18190-63 de M. Jean-Michel Clément publié le 22 mai 2019
Revue de presse Chine Hong Kong, Chine en Question.
Veille informationnelle Géopolitique, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.