Chine en Question

Blog dédié au Monde asiatique

Les aventures de Robert Fortune – Ou comment le thé fut volé aux Chinois


 

Réalisateur : Jérôme Scemla
Durée : 1h32
Année : 2016
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : Au milieu du XIXe siècle, Robert Fortune s’engage dans l’une des plus grandes opérations d’espionnage industriel de l’histoire : le botaniste est envoyé en Chine par l’Empire britannique pour percer les secrets de la fabrication du thé.
Fiche : Arte
Partage proposé par : AvaxHome HD 720 FR
Avis de Chine en Question : Le vol du thé chinois par Robert Fortune, au XIXe siècle, ne fut pas, comme le dit le commentaire en voix off [00’51], le premier vol industriel de l’histoire. Les Jésuites français avaient déjà, au XVIIe siècle, volé les secrets de fabrication de la porcelaine chinoise et Johannes Gutenberg, au XVe siècle, avait eu connaissance des techniques de l’imprimerie chinoise vraisemblablement par le biais des marchands arabes [1].

Dans l’édition originale, Robert Fortune utilise l’expression the Chinese empire ou tout simplement empire pour désigner la Chine.
Cette expression fut traduite, dans l’édition française de 1855, par Céleste Empire ou Empire Céleste.
Depuis 1860, date de l’intervention militaire française contre la Chine, les médias français utilisent l’expression Empire du Milieu pour désigner la Chine [2]. Ce docu-fiction retraduit de cette façon le texte de 1852 [01’50] :

En publiant ce compte rendu de ma mission, je répéterai ce que je disais lors de la publication de mon premier ouvrage : Je n’ai pas la prétention d’écrire ou de faire un livre sur la Chine. Mon but est seulement de jeter un coup d’œil sur le Céleste Empire, de décrire ses collines bizarres, ses romantiques vallées, ses rivières, ses canaux, ses productions naturelles, soit dans les plaines, sur les coteaux ou dans les jardins, enfin de faire connaître ce peuple étrange et intéressant à la fois, tel que j’ai pu l’observer en me mêlant à sa vie de chaque jour.
Brompton, avril 1852
op. cit. p.126

Robert Fortune dit tout en quelques mots dans l’introduction à son deuxième voyage :

Il y a environ cinq ans que j’ai soumis au public mon ouvrage, intitulé Trois années d’excursions dans les provinces du nord de la Chine. Peu de temps après la publication de ce livre, je fus chargé, par l’honorable bureau des Directeurs de la Compagnie des Indes orientales, de me rendre de nouveau dans ce pays, à l’effet d’y recueillir les plus belles variétés de thé, d’enrôler des ouvriers et de rapporter des ustensiles, le tout pour les plantations de thé du gouvernement anglais dans l’Himalaya.
op. cit. p.125

L’intérêt du documentaire tient au fait qu’il contextualise Les aventures de Robert Fortune en rappelant, par exemple, l’histoire de la Compagnie des Indes, qui a construit la richesse de l’Empire britannique et lui a permis de devenir la première puissance industrielle [3].
Le documentaire présente d’abord l’opium comme une coutume chinoise [22’06] avant de rappeler que sa consommation fut imposée la Compagnie des Indes [22’52] puis par l’Empire britannique, à partir de 1839, quand l’Empire chinois interdit le commerce de l’opium sur son territoire [24’54].
Robert Fortune ne s’est pas contenté de voler les plus belles variétés de thé et les recettes de fabrication pour la Compagnie des Indes [1h03], il a aussi volé des centaines de plantes… pour son propre compte [37’22].
L’Empire britannique a aboli l’esclavage, mais l’a remplacé par l’esclavage salarié des coolies [1h18].


Notes et références

[1] Serge LEFORT, Pillage de la technologie chinoise, Chine en Question, 15/12/2014.
Serge LEFORT, La propagande de l’invention européenne de l’imprimerie, Monde en Question, 11/11/2017.

[2] Robert FORTUNE, Aventures de Robert Fortune dans ses voyages en Chine à la recherche des fleurs et du thé, Hachette, 1855 [Texte en ligne ENTexte en ligne FR].
Articles Empire du Milieu, Chine en Question.

[3] Philippe HAUDRÈRE, Les Compagnies des Indes orientales – Trois siècles de rencontre entre Orientaux et Occidentaux (1600-1858, Desjonquères, 2013 [Aperçu en ligneAnnales de Bretagne et des Pays de l’Ouest].
Le 20 mai 1498, trois vaisseaux portugais, après avoir doublé le cap de Bonne-Espérance, atteignent les côtes des Indes orientales. Cet événement majeur dans l’histoire du monde inaugure une longue période d’échanges entre Occidentaux et Orientaux.Chaque grande nation européenne, désireuse de disposer de sa propre Compagnie des Indes, met en place de puissantes institutions qui bénéficient du monopole des relations commerciales et maritimes. Le développement de leurs flottes transforme cette aventure en épopée maritime. La demande croissante de produits d’Asie conduit les Compagnies à rivaliser pour la conquête de nouveaux marchés. Installées peu à peu dans toutes les Indes orientales, elles deviennent de formidables machines de pouvoir, élément essentiel du processus de conquête du monde par les Européens.Le présent ouvrage est la première approche comparative consacrée aux différentes Compagnies des Indes.

Lire aussi :
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma France, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

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