Chine en Question

Blog dédié au Monde asiatique

C’est probablement le début de la fin


 

Le premier quinquennat de XI Jinping avait suscité beaucoup d’espoir pour l’avenir de la Chine et du monde. L’initiative 一带一路 une Ceinture une Route, annoncée en 2013, augurait d’un développement économique, politique et culturel selon une logique plus équitable que le libéralisme occidental en cours depuis le XVIe siècle.

Le second quinquennat de XI Jinping commence mal, très mal. En supprimant la limitation à deux mandats de cinq ans, le PCC ouvre une crise de gouvernance qui, à plus ou moins long terme, aboutira à une sclérose au mieux comparable à celle de la période MAO Zedong et au pire à celle de la dynastie Qing.

L’empire mandchoue des Qing s’effondra autant du fait de la décomposition politique interne que de la guerre économique externe. En effet, la guerre coloniale anglo-française brisa d’autant plus facilement l’économie chinoise que la gouvernance ne reposait que sur l’allégeance à l’empereur.

DENG Xiaoping, en réintroduisant le principe de la sélection des cadres selon leurs compétences et non leur obéissance à la pensée de MAO Zedong, sauva le PCC. Cette mesure politique, alliée à la capitalisation de l’économie, permit à la Chine de retrouver au XXIe siècle la place qu’elle occupait au XVIIIe siècle.

Les arguments du PCC, complaisamment relayés par Pepe Escobar, ne tiennent pas :

Xi pourrait incarner la garantie dont la Chine a besoin pour mener à bien, aussi efficacement que possible, la purge anti-corruption dont elle a bien besoin dans les nombreuses branches pourries du PCC, tout en dirigeant une réorientation économique qui devrait avant tout bénéficier au prolétariat rural.
De plus, Xi est déjà la voix la plus importante dans le monde sur les thèmes du changement de climat, de la prolifération nucléaire, sans même parler du réalignement du commerce mondial dans le cadre de la mondialisation 2.0 emmenée par son pays.
Source : Asia Times, 02/03/2018.

Le PCC conserve toutes les garanties internes et externes. Il est le seul parti au pouvoir depuis 1949 et il est reconnu internationalement comme le gouvernement légitime depuis 1964.

En fait, la Chine est entrée dans un cercle vicieux négatif où la crise économique alimente la crise politique qui aggravera en retour la crise économique. Le cours nouveau se traduit par un raidissement de l’appareil du PCC qui espère sauver son avenir en se remettant à un seul homme XI Jinping, dont la pensée est inscrite désormais dans la Constitution. Ce faisant, le PCC bloque pour un temps indéterminé l’émergence d’hommes et de femmes capables d’envisager des solutions innovantes. Le renouvellement des cadres, se faisant sur l’allégeance à la pensée de XI Jinping, aboutira à une sclérose… mortelle. Ce bonapartisme à la chinoise sera préjudiciable aussi à l’économie chinoise et risque de créer une crise plus grave que celle de 1839…

12/03/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Léon TROTSKY, Cours nouveau, 1923 [Archive Internet des marxistesUQAC].
Dossier documentaire Politique Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

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