Chine en Question

Blog dédié au Monde asiatique

La Chine vue par Albert LONDRES


 

Albert Londres est une référence pour de nombreux journalistes français. Pourtant ses reportages sur la Chine véhiculent tous les préjugés de l’époque, préjugés qui perdurent aujourd’hui, comme en témoigne cet extrait :

La Chine a perdu la tête. Par compensation, elle a deux cerveaux : Pékin au nord, Canton au sud.

Dans le Sud, un homme qui s’appelle Sut-Yat-Sen s’est assis carrément, un jour, dans un fauteuil de bois noir, au-dessus de quoi était écrit : « Présidence de la République ». Il est président de la République du Sud comme moi je suis en ce moment propriétaire de l’Hôtel de Pékin, parce que j’y occupe la chambre 518.

Sur cinq provinces, trois ne lui obéissent pas et dans Canton, sa capitale, le tiers des forces est hors sa main.

Les trois provinces réfractaires ont pour roi un M. Tchaen-Kiong-Ning, qui crache délicatement sur le sol, en signe de démenti, chaque fois qu’on lui dit que Sut-Yat-Sen est son président. Et il n’a pas tort. Et je le démontre.

L’ensemble des sans métiers, des chenapans, des traîne-loques et autres pouilleux formant les armées du Sud fait un total de 350.000 fusils. Sur ces 350.000 fantassins de la dèche, l’homme cracheur, Tchaen-Kiong-Ning, en possède 100.000, et l’homme qui est président de la République comme moi je suis propriétaire de l’hôtel de Pékin, 30.000. Les 220.000 qui restent, c’est la pagaye, mercenaires de simples toukiuns, ayant plus de fusils que de cartouches, usant celles qu’ils touchent à se tirer dans les jambes, n’obéissant que pour piller, se neutralisant d’eux-mêmes, courant l’hiver après les moutons pour leur voler leur peau, et crânant l’été, les fesses à l’air. C’est le Sud.

Le Nord a pour capitale Pékin.

Au point de vue politique, Pékin est une ville dans le genre de Saint-Denis et de Sceaux : elle est supprimée.

Il est bien à Pékin un président de République qui habite un palais céleste et impérial, de l’autre côté des lacs de nénuphars, dans la ville interdite, mais je crois que c’est lui qui est interdit ! Il n’est président de la République que pour les jocrisses de mon acabit et les ministres plénipotentiaires du quartier des légations. Le seul être qui lui obéisse est tibétain et ce n’est pas un homme, c’est un chien !

Albert LONDRES, La Chine en folie, Les Editions de Londres, 1923 [Texte en ligneAudio en ligne].

Lire aussi :
Albert Londres, Wikipédia.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

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