Chine en Question

Blog dédié au Monde asiatique

Sur Matteo RICCI


 

La méthode de Ricci, notamment en matière d’habillement, diffère totalement de celle de Christophe Colomb qui imposa par la force aux « sauvages » les coutumes européennes :

Le père Matthieu [Ricci] avait maintenant reconnu par expérience combien il lui était peu profitable de se trop abaisser par l’habit & déportement étranger. Il prit donc soin qu’entrant en cette ville il représentât une modeste majesté. Il se fit à cet effet vêtir de l’habit de soie de civilité, pour s’acquitter des devoirs de visite, & prit le bonnet qu’ont accoutumé porter les lettrés, lequel n’est pas beaucoup différent de celui dont les prêtres espagnols se servent, sinon qu’il est un peu plus haut. Il menait aussi deux serviteurs domestiques revêtus de soutanes de coton avec soi, lesquels étaient portés sur les portefaix dans une selle portative, lorsqu’il allait faire ses visites. Ce qu’encore qu’il soit visité par les pauvres lettrés, toutefois si vous ne marchez de cette façon, il est impossible que vous soyez tenu pour lettré, tant l’apparence extérieure, étant passée en coutume, est estimée être la chose même qu’elle représente. Or, quand je parle des lettrés, je n’entends pas (comme aucuns croient) parler des magistrats. Car ceux-là marchent en public avec beaucoup plus de parade ; & tous les magistrats sont à la vérité bien lettrés, mais non tous les lettrés magistrats.

Nicolas TRIGAULT, Histoire de l’expédition chrétienne au royaume de la Chine entreprise par les pères de la compagnie de jésus tirée des mémoires de M. Ricci, Imprimerie de Pierre de Rache, 1617 [Texte en ligne].

La victoire remportée sur la xénophobie chinoise, par l’établissement de la mission catholique au cœur de l’empire, a eu ses conséquences même dans l’ordre économique. Ç’a été le point de départ d’un rapprochement entre l’Extrême-Orient et l’Occident, qui s’est fait de plus en plus étroit, avec le développement de la mission, et dont je n’ai pas besoin de dire les résultats, au point de vue des intérêts matériels du monde entier.

Joseph Brucker, Matthieu Ricci, fondateur des missions de Chine, Revue Études, 1910 [Texte en ligne]

Lire aussi :
• Serge LEFORT, Hommage à Matteo RICCI, Monde en Question.
Dossier documentaire Matteo RICCI, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine-Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

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