Chine en Question

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La Chine vue par Michelangelo ANTONIONI


Après la Révolution culturelle, Antonioni a réalisé un documentaire sur la Chine, qui se concentre sur les domaines qui lui fut permis de visiter. Il se compose de trois parties.

La première partie se déroule à Beijing et comprend une filature de coton, la vieille ville et une clinique où a lieu une césarienne sous acupuncture.
La seconde montre le canal de Red Flag, une ferme collective et de la vieille ville de Suzhou.
La dernière partie comprend l’industrie port de Shanghai et une représentation théâtrale et des acrobates.

À l’époque, les intellectuels européennes étaient fascinés par la Chine maoïste et récitaient le catéchisme de a Révolution culturelle (appelé le Petit Livre rouge). En France, les Sollers, Roland Barthes ou Serge July (co-fondateur de la Gauche prolétarienne en 1968 et de Libération en 1972) furent les adorateurs du régime stalinien chinois.

Le documentaire ayant déplu à Mao et à sa femme, Jiang Qing, Michelangelo Antonioni fut victime d’une campagne virulente qui l’accusait des pires crimes antirévolutionnaires et antichinois. Le film fut finalement diffusé officiellement à Pékin, à l’Institut du cinéma, 30 ans plus tard.

Dès la fin du générique Antonioni déclare : « Nous n’expliquons pas la Chine. Nous voulons juste observer ce grand répertoire de gestes, de visages et d’habitudes. Venant d’Europe nous pensions escalader des montagnes et traverser des déserts. Mais la Chine reste en grande partie inaccessible, interdite. Même si les Chinois nous ont ouvert des portes et qu’ils jouent au ping-pong politique, nos accompagnateurs avec une souriante fermeté ne nous ont fait parcourir que des itinéraires délimités. »

Ce documentaire constitue un témoignage exceptionnel sur la Chine de cette époque.
Antonioni nomme justement la Chine « pays du milieu » et non « Empire du milieu » comme le font les médias ignorants dans un but de propagande anti-chinoise.
Il montre la vie simple et paisible des ouvriers et des paysans chinois. Les ouvriers travaillent et vivent à l’usine, mais ne subissent encore pas les cadences infernales. À la campagne, le rythme de la vie quotidienne est est encore plus lent qu’en ville.

15/05/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

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Une réponse à “La Chine vue par Michelangelo ANTONIONI

  1. Helun 24/05/2014 à 12:04

    Quelques commentaires sur votre article.
    « le canal de Red Flag ». Pourquoi utiliser une dénomination anglaise. Il s’agit du « Canal Drapeau Rouge » (Hongqiqu). On ne dit jamais que l’on a visité la « Forbidden City » avant d’aller voir la « Great Wall »
    « Les intellectuels européens étaient fascinés par la Chine ». Pour un certain nombre, ils le sont toujours! Parlons aussi de certains intellectuels chinois qui ne tarissaient pas d’éloges sur Mme Jiang Qing…Je pense à Kouo Mojo (transcription de l’époque où le Ministère des Affaires Etrangères chinois se refusait à utiliser le pinyin. On écrit maintenant « Guo Moruo »).
    Il est surprenant que la récente représentation du ballet « Le détachement féminin rouge » à Paris ait déclenché l’enthousiasme des spectateurs et de la presse sans que personne ne songe à rappeler que c’était le modèle proné par Mme Jiang Qing.
    « ayant déplu à Mao et à sa femme ». La campagne de dénigrement de ce film avait surtout pour but d’affaiblir la position de Zhou Enlai (qui avait invité Antonioni). Si le choix politique avait été de renforcer le rôle de Zhou Enlai, Mao et sa femme aurait encensé le film.
    « Pays du Milieu ». Même le terme « Empire » est une traduction discutable pour les mots contenant le caractère 帝. Aucun terme de notre vocabulaire ne rendait compte de la structure de ce pays (le casse-tête était bien sûr réciproque et une grande partie du vocabulaire politique, social et scientifique du chinois actuel provient des choix japonais de l’ère Meiji…). Le choix « Pays du Milieu » est certainement le plus judicieux.
    « Vie simple et paisible ». Ayant connu la Chine de cette époque, je peux témoigner que la vie était vraiment simple, parfois même un trop simple! Quant à la vie paisible, Antonioni n’était certes pas invité aux séances de critique, aux éxécutions capitales pour un oui pour un non et ne filmait que ce qu’on lui montrait (il en était conscient).

    Cordialement

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