Chine en Question

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OZU Yasujirô (1903-1963)



du 23 avril au 26 mai 2014 à La Cinémathèque française

Un des grands maîtres du cinéma japonais. Découvert tardivement en France, Yasujiro Ozu a débuté en 1927. Il fera l’essentiel de sa carrière à la Shoshiku. Il est l’auteur d’une œuvre élégiaque, d’une universalité qui dépasse les particularismes culturels, abordant dans des chefs-d’œuvre comme Voyage à Tokyo, Le Gout du saké, les rapports entre la société et l’individu, entre l’individu et la famille, les relations entre générations. En mettant en place un système formel aussi doux qu’implacable, au service d’une mise en scène épurée, Ozu a construit une œuvre d’une beauté et d’une émotion inégalées.

Articles
• Eugène GREEN, Ozu : la rencontre dans les murs – Herbes flottantes (Ukigusa, Yasujiro Ozu, 1959), Presses universitaires de Rennes.
• Max Tessier, Les éclats du cinéma japonais, 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze nº37, 2002.
• Entretien avec Max Tessier, Asia Film, sans date.

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Revues
• Shigehiko HASUMI, Ozu, Cahiers du cinéma, 1997.

Thèses
• Virginie FERMAUD, Ozu Yasujirô et Imamura Shôhei : le clair-obscur, le présent éternel et l’être-vu, Thèse de doctorat en Études japonaises, 2011.
Le cinéma japonais ne s’est vraiment fait connaître en Occident qu’au début des années 50. Le critique André Bazin souligne alors un cinéma japonais sensiblement différent du cinéma français, ayant su assimiler les arts du Japon dans leur ensemble. Afin de saisir au mieux cet héritage artistique, étudier l’œuvre d’Ozu Yasujirô (1903-1963) est apparu nécessaire. Avec plus d’une cinquantaine de films à son actif, il a connu les grandes étapes de l’histoire du cinéma. Véritable plasticien, son œuvre peut être abordée sous l’angle des arts et de la pensée du Japon, et ce malgré une immense influence de l’Occident. De plus, il paraissait évident d’intégrer dans cette étude les œuvres d’un de ses assistants-réalisateurs : Imamura Shôhei (1926-2006), un des principaux acteurs de la Nouvelle Vague japonaise. Il est son assistant de 1951 à 1953 sur trois films et réalise 26 films de 1958 à 2001. De cette étude, malgré des styles radicalement divergents, une continuité indéniable entre les deux artistes se dessine et trois axes de convergence émergent : l’utilisation du clair-obscur, la mise en lumière du Japon immuable et la mise en oeuvre d’un procédé de retournement de regard. Les œuvres des deux cinéastes entrent en correspondance. Ces convergences renvoient également à une critique partagée de la société japonaise d’après-guerre. Cette critique est incarnée au prisme des jeux d’ombre et de lumière, et le côté obscur de cette mise en contraste. Ces nombreux liens suscitent une interrogation car sont-ils tout simplement la conséquence d’une influence d’un environnement culturel, ou sont-ils le résultat d’une transmission cinématographique d’Ozu à Imamura ?

Livres
• Diane ARNAUD et Mathias LAVIN (sous la direction de), Ozu à présent, G3J, 2013.
Cinquante ans après la mort de Yasujirô Ozu, ses films paraissent toujours actuels. Gosses de Tokyo, Printemps tardif, Le Goût du saké continuent de surprendre, d intriguer, d inspirer leurs spectateurs. Ce sont les différentes formes de présence du cinéma d Ozu dans la création et la pensée contemporaines que cet ouvrage tente de découvrir. Il était donc naturel de faire appel à des spécialistes, appartenant à des générations différentes et qui viennent d horizons proches ou lointains, du Japon aux Etats-Unis en passant par l Europe, pour arpenter cette voie nouvelle. Avec des approches variées, ces universitaires, critiques et artistes, tous amateurs du cinéaste de Voyage à Tokyo, éclairent la singularité de ses uvres et la nature de leur rayonnement. Ils nous invitent à emprunter des chemins de traverse pour dessiner les contours d un territoire ozuien. Tout d abord en précisant l évidence des hommages rendus par Wim Wenders, Hou Hsiao-Hsien, Pedro Costa, Claire Denis, Abbas Kiarostami, et Victor Erice qui font écho à la joyeuse sobriété du maître japonais. Puis, des résonances plus imprévues sont proposées du côté de Chantal Akerman, Takeshi Kitano, Terrence Malick, Hong Sang-Soo, Gus Van Sant, Alain Resnais, ou Kiyoshi Kurosawa… L exigence formelle et la liberté de ton des auteurs cités renouvellent les formes d expressions chères à Ozu, comme la durée prolongée, le point de vue flottant, la répétition narrative. Encore de nos jours, cette cinématographie reste au c ur de la réflexion sur la modernité artistique, philosophique ou culturelle. Au terme d un parcours qui relève l importance actuelle de Yasujirô Ozu, c est au cinéaste japonais lui-même que reviendra le dernier mot.
• Basile DOGANIS, Le silence dans le cinéma d’Ozu : polyphonie des sens et du sens, L’Harmattan, 2005.
La figure du silence est un élément prépondérant du cinéma d’Ozu. Au contraire de la perception superficielle du silence en termes de manque ou d’absence, il faut le considérer ici comme «plein», saturé de sons, de sens et de possibles. On s’aperçoit alors que le cinéma d’Ozu en fait un usage unique, polyphonique, lui conférant une extrême densité et appelant la vigilance du spectateur. Avec ce renversement de perspective, on s’écarte des interprétations culturalistes de l’oeuvre du cinéaste japonais, qui en méconnaissent l’étrangeté fondamentale et la limitent à un univers japonais «traditionnel» ou «exotique», de même que des définitions de son style par la négative (absence de mouvements de caméra, de variété d’angles, d’intrigue) qui le confinent dans une vision austère, faussement classique, minimaliste. Cette étude tente, tout au contraire, de montrer la richesse, la vitalité, l’audace et la modernité du cinéma d’Ozu.
• Youssef ISHAGHPOUR, Formes de l’impermanence : le style de Yasujiro Ozu, Farrago, 2002.
Mu jô : rien constant : l’impermanence. Ce sentiment imprègne, au Japon, le mode de vie, la croyance zen, l’esthétique du moment évanescent et celle de l’intervalle. Il caractérise le style du plus japonais des cinéastes : Yasujiro Ozu.
Sans transcendance, ou désir de sortir de la vie ordinaire, au contraire même : compassion douce, calme et délicate à son égard, cette «euphorie de l’extase apathique», cette connaissance de l’impermanence – du Rien comme l’être du monde, qui désubstantialise tout et transforme toute chose en aspect fugace – engendre le détachement, l’état de béatitude esthétique : la forme.
Attentive à la beauté de ce qui est éphémère, cette connaissance de «ce qui va parce qu’il va», cette conscience de «la dernière fois», rencontre, chez Ozu, l’une des possibilités ultimes du cinéma : image fugace et sans substance de ce qu’on voit, de l’impermanence du monde et de la vie ordinaire.
• Kiju OSHIDA, Ozu ou L’anti-cinéma, Actes Sud,, 2004.
Ozu par Yoshida ou l’histoire d’une filiation. Dans cet ouvrage, le cinéaste Kiju Yoshida évoque la figure de Yasujirô Ozu, l’un des plus grands auteurs du cinéma japonais avec Akira Kurosawa, Kenji Mizoguchi et Mikio Naruse. Avec des chefs-d’oeuvre comme Printemps tardif (1949), Le Voyage à Tokyo (1953), Le Goût du saké (1962), Ozu est le metteur en scène de l’intime et de la famille, des changements de saisons et des infimes bouleversements de l’existence. Il est considéré comme un maître par nombre de réalisateurs contemporains (Hou Hsiaohsien, Aki Kaurismäki ou Wim Wenders qui lui a consacré un film, Tokyo-Ga).
Dans ce livre essentiel, Kiju Yoshida revient sur le parcours, le style et l’esprit d’Ozu dont il fut l’assistant. Issu comme lui des studios Shôchiku, il exalte la singularité et la poésie de l’oeuvre d’Ozu, ses débuts dans le cinéma muet, sa technique (la légendaire caméra « au ras du sol ») et sa façon de faire de « l’anti-cinéma » : « En éprouvant le besoin d’entreprendre cet essai tout en étant bien conscient de la vanité de l’entreprise, écrit Yoshida, je parle du cinéma d’Ozu comme si je poursuivais un mirage dans un pré au printemps. »
• Yasujirô OZU, Carnets, 1933-1963, Alive, 1996.
• Benjamin THOMAS, Le cinéma japonais d’aujourd’hui, Presses universitaires de Rennes, 2009.

Audio-Vidéo
• Autour de Yasujiro Ozu, Projection privée, 26/04/2014.
• Cours de cinéma : Voyage à Tokyo de Yasujiro Ozu, Forum des images, 10/12/2010.
• OZU Yasujiro Story, YouTube, 16/03/2012.
• Yasujirō Ozu (1903-1963), Une vie, une oeuvre, 09/03/2013.

01/05/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Filmographie OZU Yasujirô, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma japonais, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

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