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La crise nucléaire au Japon et l’avenir de l’énergie nucléaire


Le tremblement de terre de magnitude 9.0 et le tsunami qui l’a suivi qui ont frappé le Japon appartiennent déjà au passé, mais la crise des fuites nucléaires de Fukushima est elle loin d’être finie. Il est fort probable qu’il faudra des mois pour maîtriser la crise nucléaire. Les catastrophes naturelles et les facteurs humains qui ont causé la catastrophe de Fukushima vont certainement amener les gens à adopter une attitude plus prudente à l’égard du renouveau de l’énergie nucléaire.

Le renouveau de l’énergie nucléaire a suscité des débats animés ces dernières années. Les inquiétudes au sujet de la sécurité énergétique et des émissions de gaz à effet de serre ont incité de plus en plus de pays à adopter l’énergie nucléaire comme leur premier choix d’énergie propre. Ce renouveau ne veut cependant pas dire que l’énergie nucléaire va générer un plus fort pourcentage de l’électricité mondiale à court terme. En fait, l’Agence Internationale de l’Energie Nucléaire (AIEN) estime même que si les pays du monde ne changent pas leurs politiques et maintiennent le niveau actuel des fonds qu’ils investissent dans l’énergie nucléaire, le pourcentage de l’électricité générée par l’énergie nucléaire baissera dans les vingt années qui viennent.

L’intérêt pour l’énergie nucléaire n’est pourtant pas totalement dénué de fondement. Des études montrent que la population mondiale va continuer à augmenter de façon constante dans l’avenir. Et la demande en électricité et autres ressources d’énergie majeures va augmenter avec elle.

Mais la disponibilité en carburants fossiles et autres énergies alternatives, comme l’énergie éolienne ou l’énergie solaire, pourrait ne pas suffire à satisfaire une demande croissante. Qui plus est, les carburants fossiles sont la cause principale des émissions de carbone.

L’énergie nucléaire est devenue un choix idéal pour les énergies nouvelles parce qu’elle est propre, relativement bon marché et qu’elle peut être installée presque partout. D’après le dernier rapport annuel de l’AIEN, plus de soixante pays, pour la plupart dans le monde en développement, ont déclaré à l’agence qu’ils pourraient être intéressés par un développement de l’énergie nucléaire, et 58 pays de l’AIEN ont prix part à des programmes de coopération technologique destinés à développer des centrales nucléaires. Il semble probable que l’énergie nucléaire fasse encore un bond en avant. De nombreux pays discutent actuellement de son renouveau.

Avant la crise nucléaire de Fukushima, il y avait déjà des inquiétudes sur l’énergie nucléaire. Mais ces inquiétudes concernaient essentiellement les problèmes de non-prolifération et les menaces de terrorisme nucléaire qui accompagnaient ce renouveau de l’énergie nucléaire. En général, on négligeait, ou on avait oublié, les problèmes antérieurs de réacteurs ou les accidents nucléaires.

La crise nucléaire de Fukushima a été causée par des catastrophes naturelles, aggravées par des facteurs humains. Le tsunami qui a suivi le séisme de magnitude 9.0 a endommagé la plupart des bâtiments et des équipements du réacteur de la centrale. Le système énergétique d’urgence a été gravement endommagé, et le système de refroidissement du réacteur a cessé de fonctionner, déclenchant la crise nucléaire qui a suivi.

Avant la crise nucléaire, la Tokyo Electric Power Company (TEPCO) avait pourtant bien détecté quelques problèmes de sécurité à la centrale nucléaire de Fukushima, mais elle ne les avait pas déclarés aux agences de contrôle, ni procédé à une révision en temps utile.

En 2002, la TEPCO avait reconnu avoir dissimulé et falsifié des rapports d’inspection de sécurité une douzaine de fois. Une étude menée par un ingénieur de haut niveau de la TEPCO en 2007 avait montré que la centrale de Fukushima pouvait ne pas être en mesure de résister à un tsunami. Mais l’entreprise n’avait pas pris cette étude en considération ni pris la moindre mesure destinée à combler les lacunes. En 2008, elle avait même reconnu avoir embauché des mineurs pour procéder aux contrôles de sécurité.

Que l’exploitant n’apporte pas de modifications en temps utile pour des raisons économiques, on peut toujours le comprendre. Ce qui ne l’est absolument pas, en revanche, c’est que les agences de contrôle énergétique japonaises aient laissé ces problèmes perdurer.

La crise nucléaire de Fukushima a affecté la vie des habitants locaux et contaminé l’eau, l’air et la nourriture du pays. Et les pays proches ont également été affectés. Depuis l’accident nucléaire de 1979 à la centrale nucléaire américaine de Three Mile Island, aucune nouvelle centrale n’a reçu d’autorisation de développement aux Etats-Unis. Et l’accident nucléaire de 1986 à Tchernobyl reste encore dans la mémoire du monde entier. La crise nucléaire de 2011 à Fukushima n’arrêtera peut-être pas le renouveau de l’énergie nucléaire, mais elle constitue un avertissement pour les pays qui veulent développer l’énergie nucléaire, leur enjoignant d’en tirer les leçons et de réfléchir davantage avant de décider de construire de nouvelles centrales nucléaires.

Renmin Ribao

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Crise & Gestion de crise, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Risque & Gestion du risque, Monde en Question.

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