Chine en Question

Blog dédié au Monde asiatique

Le droit en Chine


Jacques Gravereau, Directeur d’HEC Eurasia Institute et présenté comme « un des meilleurs spécialistes de la Chine » (argument d’autorité) par Éric Laurent, analyse les divergences entre les États-Unis et la Chine à l’occasion de la réunion annuelle de la commission conjointe sur le commerce :

Le déficit commercial entre les États-Unis et la Chine est évidemment au cœur de la rencontre qui se tient entre les représentants des deux pays.

Bien entendu, la sous-évaluation de la monnaie chinoise, indexée au dollar, est un facteur d’irritation pour Washington, tout comme le non respect par la Chine des règles de l’OMC sur la contrefaçon.

Les industriels Occidentaux, et notamment américains, découvrent que l’immense « marché » chinois est en réalité en train de rétrécir au fur et à mesure que Pékin favorise la montée en puissance de ses champions industriels.

Au-delà, il existe une formidable divergence d’évaluation entre la Chine et l’Occident. La première considère les investissements et les apports technologiques injectés dans l’économie du pays comme des moyens non seulement de combler ce retard, mais surtout d’acquérir une suprématie commerciale. Les entreprises Occidentales, quant à elles, pensaient que la Chine obéirait à toutes les règles de la libre concurrence, et qu’elles pourraient ainsi se tailler la part du lion…

Naturellement, ni Jacques Gravereau ni Éric Laurent n’évoquent le fait que les États-Unis financent leur déficit en faisant marcher la planche à billet et donc en faisant payer tous les autres pays, notamment la Chine. Cet abus de position dominante, du fait que le dollar est la monnaie de référence des échanges internationaux, ne trouble pas nos compères qui, au contraire, accuse la Chine de ne pas respecter cette « règle du jeu » occidentale.

Pire encore, Jacques Gravereau reprend à son compte le discours de propagande dominant :
http://el.coyotito.free.fr/ARCHIVES/20101214-Chine.mov Les Enjeux internationaux

Notre naïveté entre guillemets vient du fait que nous avons su construire nous, depuis mille ans, dans notre patrimoine génétique ce qu’on appelle un État de droit. C’est-à-dire que, quand il y a des règles écrites, on s’y tient et puis si on ne s’y tient pas on a des tribunaux indépendants pour les faire appliquer. Les chinois n’ont rien de tout ça.

L’État de droit est une fiction juridique qui masque l’imposition du droit du plus fort au plus faible. C’est ainsi que la Grande-Bretagne et la France imposèrent, par des traités inégaux, l’ouverture du marché chinois au commerce de la drogue en occupant militairement les principaux ports et en les déclarant zones franches.

Affirmer que les chinois ignorent le droit relève d’une ignorance crasse ou d’une propagande anti-chinoise, en l’occurrence des deux à la fois, car l’État de droit existe en Chine depuis au moins le VIIIe siècle avant notre ère. Qu’on se le dise !

14/12/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• ESCARRA Jean, Le droit chinois – Conception et évolution, Sirey, 1936 [Texte en ligne].
• MASPERO Henri et ESCARRA Jean, Les institutions de la Chine, PUF, 1952 [Texte en ligne].
• LI Xiaoping, L’esprit du droit chinois : perspectives comparatives, Revue internationale de droit comparé, Vol. 49 n°1, janvier-mars 1991 pp. 7-35.
• DELMAS-MARTY Mireille et WILL Pierre-Étienne (sous la direction de), La Chine et la démocratie, Fayard, 2007.
• Droit chinois, Wikipédia.
• La Chine et le Droit, La France en Chine.

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