Chine en Question

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Face à face USA/Chine en Corée


Les faits

Comme d’habitude, il n’est pas facile d’établir clairement les faits. Les médias dominants s’empressent de commenter, toujours dans le même sens, des faits incertains voire douteux. Prenant prétexte d’une escarmouche entre les deux Corées, ils répètent le même discours de propagande contre la Corée du Nord dans lequel se mêlent un anticommunisme dans le style de la guerre froide à un mépris colonial des peuples asiatiques.

Même si le régime de Pyongyang est une dictature, les choses ne sont pas aussi simples :

Les tirs ont eu lieu sur fond d’exercices militaires sud-coréens dans la région. L’armée nord-coréenne avait envoyé un message aux forces armées sud-coréennes tôt mardi matin pour exiger l’arrêt des exercices, mais Séoul les a poursuivis, a précisé un responsable de l’état-major interarmes sud-coréen.
L’artillerie nord-coréenne a frappé la petite île de Yeonpyeong, située à environ 120km à l’ouest de la côte, qui abrite des installations militaires et compte entre 1.200 et 1.300 habitants.
AP-Yahoo! Actualités

Comme l’exprime Jean-Christophe Ploquin :

La question coréenne est (…) d’autant plus compliquée à régler qu’elle s’inscrit dans le rapport de force opposant les États-Unis et la Chine. Depuis la guerre de Corée (…) les Américains sont la puissance protectrice de la Corée du Sud, où sont stationnés 28 000 GI’s. La Chine, de son côté, est le bouclier diplomatique et la soupape commerciale de la Corée du Nord, dard communiste pointé également vers le Japon. Avec la Russie, ces cinq pays mènent des discussions tortueuses et souvent vaines pour encadrer le programme nucléaire nord-coréen.
La Croix

Cette tension intervient alors que les États-Unis et la Corée du Sud s’apprêtent à organiser des manoeuvres aéronavales conjointes à partir du dimanche 28 novembre et prévues avant cet événement.

À qui profite le crime ?

Il semble que cette escarmouche entre les deux Corées soit une manœuvre militaire utile aux deux camps pour faire pression sur leurs alliés respectifs : États-Unis (Corée du Sud) et Chine (Corée du Nord). Qu’importe alors de savoir qui a commencé puisque les deux ont intérêt à une escalade… limitée.

Il y a un détail troublant que personne n’explique :

Le ministre sud-coréen de la Défense, Kim Tae-young, a présenté sa démission au président Lee Myung-bak, qui l’a acceptée, « dans le but d’assainir le climat régnant au sein de l’armée et de gérer la série d’incidents ».
Reuters-Yahoo! Actualités

L’analyse de Yves Harté est intéressante quoique idéaliste sur les intentions des États-Unis :

La vérité est que personne ne veut de la Corée du Nord. Que ferait-on de ses 23 millions d’habitants qui brusquement se retrouveraient à la charge d’une Corée du Sud peu capable de les prendre sous son aile ? La Chine préfère un régime sous tutelle et ne tient pas à des colonnes de réfugiés se dirigeant vers sa frontière. L’Amérique qui voulait réduire ses effectifs dans la région se verrait obligée de les renforcer. Alors que peut signifier ce brusque et insensé bombardement ? Sinon de demander une aide, un peu comme une communauté aux abois menace de tout faire sauter si on ne s’intéresse pas à elle. Voilà le nouveau chantage du régime de Pyongyang.
Sud Ouest

La Corée du Nord est un épouvantail utile aux États-Unis pour justifier leur présence militaire en Corée du Sud et dans les eaux de la mer de Chine alors qu’elle est un voisin encombrant pour la Chine dont l’intérêt vital est le maintien de la paix et de la stabilité, c’est-à-dire d’un climat international favorable à son développement économique, mais un voisin plus tolérable qu’une Corée réunifiée car cela reviendrait à partager 1400 km de frontière avec un allié des États-Unis.

Les mots et les actes

La Chine a été priée par les États-Unis et le Japon dʼintervenir auprès de son allié nord-coréen pour éviter toute escalade du conflit. Washington refuse dʼévoquer une intervention militaire, tout en insistant sur la nécessité dʼassurer la sécurité de la Corée du Sud.
RFI

Cette supplique est révélatrice de la faiblesse économique, politique et militaire des États-Unis aujourd’hui qui n’ont plus les moyens d’imposer le coup de force militaire de 1945.

Le Président américain Barack Obama a quant à lui déclaré que les États-Unis défendraient la Corée du Sud après ce que la Maison Blanche a qualifié d’« attaque scandaleuse » de la Corée du Nord sur son voisin. Ne disposant cependant que d’options limitées, les États-Unis souhaitent plutôt chercher une solution diplomatique plutôt qu’une réponse militaire à ce qui est un des affrontements les plus inquiétants entre les deux Corées.
Renmin Ribao

25/11/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.

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Une réponse à “Face à face USA/Chine en Corée

  1. fanfan 11/01/2011 à 15:46

    Pour la Chine et les Etats -Unis, c’est la statut quo.
    Ils tiennent à l’équilibre entre les Coréens
    Un autre déja les préoccupe : C’est le danger islamique

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