Chine en Question

Blog dédié au Monde asiatique

L’im-Monde propagande anti-chinoise


Le correspondant à Pékin du Monde, spécialiste de la propagande anti-chinoise [1], titre sa dernière vomissure Une « carte du sang » de l’immobilier chinois pour évoquer un site consacré « à toutes les existences qui ont pâti de l’ultra-rapide processus d’urbanisation chinoise » !

Le sang à la une fait vendre. La presse, du XIXe siècle à nos jours, use et abuse de cet artifice [2]. Mais le petit Tintin du Monde au pays du milieu n’utilisera jamais la formule « carte du sang » de l’immobilier américain. Et pourtant, au paradis du capitalisme, les familles sont expulsées par des flics à la solde des banques et les maisons saisies se vendent aux enchères pour une bouchée de pain [3].

L’exotisme aussi fait vendre. En France chaque année, plus de 100.000 décisions de justice d’expulsion sont prononcées et plus de 10.000 expulsions sont réalisées avec l’aide de la force publique dans l’indifférence générale. Voir la misère devant sa porte dérange alors que voir la misère d’un autre monde rassure. L’im-Monde instrumentalise cette contradiction, humaine trop humaine, pour faire sa propagande anti-chinoise.

29/10/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• DELPORTE Christian, PALMER Michael, RUELLAN Denis, Presse à scandale, scandale de presse, L’Harmattan, 2001.
Le phénomène du scandale médiatique peut se décliner en trois dimensions. La première observe la presse qui tourne autour du scandale, qui en rend compte, et hésite à s’impliquer, comme si l’objet était en quelque sorte hors d’elle et malgré elle. La seconde dimension met l’accent sur la presse scandaleuse par ses attitudes, car la révélation des agissements à réprimer sur le plan judiciaire ou à réprouver sur le plan moral, concerne les médias eux-mêmes. La troisième, c’est la presse qui profite du scandale, en fait sa pelote et prospère.

• LEVER Maurice, Canards sanglants, Fayard, 1993
Un siècle avant la naissance d’une véritable presse (la Gazette de Renaudot n’apparaît qu’en 1631), existaient de petits bulletins d’information, communément appelés canards ou occasionnels. Ces minces brochures, généralement anonymes et vendues par colportage, relataient des faits divers particulièrement étranges ou terrifiants, propres à frapper l’imagination et à ébranler les nerfs: crimes, viols, incestes, monstres, catastrophes naturelles, phénomènes célestes, fantômes et diableries en tous genres, procès de sorcellerie… De longueur variable – entre huit et seize pages environ -, imprimés grossièrement et souvent illustrés d’un bois naïvement taillé, ces canards s’adressaient à un public populaire, amateur de sensations fortes. Le lecteur d’aujourd’hui les rapprochera naturellement de la presse à scandale et des reality shows. Mais on ne trouve dans ceux-ci ni la poésie ni le pittoresque de ces modestes livrets ni, bien entendu, la fraîcheur naïve de leur style. Souvent cruels, parfois cocasses ou émouvants, tantôt fantastiques, tantôt baroques, ces canards, demeurés inédits à ce jour, nous en apprennent beaucoup plus que de savants traités sur les mentalités à l’aube du XVIIe siècle. Ils plongent au plus profond de la conscience collective, dont ils révèlent tout à la fois les fantasmes, les aspirations, les refoulements et les peurs.

• LITS Marc (sous la direction de), La peur, la mort et les médias, Éditions Vie Ouvrière, 1993 [MotsRéseaux].
La peur, la mort et les médias. De la liaison dangereuse de ces trois mots, l’Observatoire du récit médiatique (ORM) tire un ouvrage sur la nature et le rôle social des informations qui alimentent nos angoisses existentielles. Pour satisfaire cette entreprise ambitieuse, l’ORM entend mobiliser des approches plurielles, « que ce soit l’observation détaillée d’un média particulier, à un temps donné, par le recours à des méthodologies issues de la philosophie, de la psychanalyse, de la sociologie, de l’anthropologie, par la lecture d’une rubrique journalistique précise, par le regard du créateur ». Pour dire les choses autrement, les différentes contributions de l’ouvrage forment un tout disparate, tant sur le plan des contenus que sur celui des registres d’écriture déployés. Cette hétrogénéité – qui n’est pas gênante pour le lecteur – est, par ailleurs, habilement maîtrisée dans une construction en quatre parties soutenue par un chapitre introductif et une conclusion qui assure la cohérence de l’ouvrage.

Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.


[1] Une « carte du sang » de l’immobilier chinois chronique la violence des démolitions forcées, Le Monde, 29/10/2010.
Brice Pedroletti, correspondant du Monde à Shanghaï ou à Pékin selon les jours :
– Articles, Le Monde
– Blog, Le Monde
[2] Lire :
• Du sang à la une – La Belle Époque du fait-divers dans la presse illustrée (1870-1914), Bibliothèque de Lyon.
• Silvio Berlusconi, en sang à la une de la presse italienne, Elle.
[3] De main street à Wall street, Là-bas si j’y suis 1/3, 2/3, 3/3.

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