Chine en Question

Blog dédié au Monde asiatique

Chronique d’une mort annoncée


Ébranlé par le cours nouveau d’un bonapartisme à la chinoise du PCC, je cesse de publier mes chroniques sur la voie chinoise pour un temps indéterminé… Lire : Articles XI Jinping.
19/03/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

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Le rêve de la Montagne d’Or


 

Du milieu du XIXe siècle au début des années 2000, de Kaiping à la Colombie Britannique, cinq générations d’hommes et de femmes obsédés par un même rêve, un même espoir : conquérir la Montagne d’Or, cette région aurifère mythique d’Amérique du Nord, et en rapporter les richesses sur leur terre natale. Un premier roman plein de souffle et d’ampleur, à la découverte de l’histoire tourmentée de ces Chinois d’Amérique.

Portée par un souffle romanesque exceptionnel, une magnifique saga où se mêlent l’opium, la sueur et les larmes. De la Chine impériale au quartier chinois de Vancouver, le destin bouleversant d’une famille en quête d’une vie meilleure sur les riches terres américaines.

Vingt-quatre heures. C’est le temps qu’Emmy Smith, sociologue canadienne, pensait rester en Chine. Venue régler une simple affaire de succession, elle ne soupçonne pas la valeur de l’héritage légué par son aïeul : une histoire extraordinaire et tragique. Celle de ses ancêtres. La sienne, aussi.

À seize ans, le jeune Fang Defa n’a qu’un seul rêve : quitter sa misérable vie de paysan pour rejoindre la Montagne d’Or, en Amérique du Nord. Mais, arrivé à Vancouver, la réalité le rattrape : nulle trace de l’utopique montagne. Ici comme ailleurs, l’argent se gagne dans la douleur et les privations.
Ouvrier sur la ligne de chemin de fer du Pacifique, puis blanchisseur, Fang est prêt à tous les sacrifices pour subvenir aux besoins de sa famille restée en Chine. Son obsession : réunir les siens au Canada.
Un vœu que l’Histoire n’aura de cesse de mettre à mal…

ZHANG Ling, Le rêve de la Montagne d’Or, Belfond, 2011 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier Littérature Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

L’Occident déteste vraiment la Chine


 

Il n’y a aucune « clémence » pour la Chine, en Occident. A plusieurs titres, la plus grande et l’une des plus anciennes cultures de la Terre a été systématiquement dénigrée, insultée, ridiculisée et jugée avec arrogance par les faiseurs d’opinion, les propagandistes, les universitaires et la presse traditionnelle ayant des sièges à Londres, New York et Paris et par bien d’autres endroits que l’Occident appelle lui-même les centres de « l’érudition » et de la « liberté de l’information ».

Les messages anti-chinois sont parfois manifestes, mais la plupart du temps à peine voilés. Ils sont presque toujours racistes et fondés sur l’ignorance. Et, horrible réalité, c’est qu’ils fonctionnent !

Ils fonctionnent pour de nombreuses raisons. L’une d’entre elles est que si les Asiatiques du Nord en général, et les Chinois en particulier, ont appris avec ardeur tout ce qui concerne le reste du monde, l’Occident est complètement ignorant sur presque tout ce qui concerne les Asiatiques et les Chinois.

[…]

Ils fonctionnent pour de nombreuses raisons. L’une d’entre elles est que si les Asiatiques du Nord en général, et les Chinois en particulier, ont appris avec ardeur tout ce qui concerne le reste du monde, l’Occident est complètement ignorant sur presque tout ce qui concerne les Asiatiques et les Chinois.

J’ai personnellement mené une série d’expériences simples mais révélatrices en Chine, en Corée et au Japon, ainsi que dans plusieurs pays occidentaux : alors que presque tous les enfants d’Asie du Nord peuvent facilement identifier au moins quelques « icônes » de la culture occidentale, y compris Shakespeare et Mozart, la plupart des professeurs d’université européens titulaires d’un doctorat ne pouvaient pas nommer un seul réalisateur coréen, un compositeur de musique classique chinois ou un poète japonais.

Les Occidentaux ne savent rien à propos de l’Asie ! Non pas 50% d’entre eux, ni même 90%, mais très probablement dans les 99,9%.

Et il va sans dire que la Corée produit certains des meilleurs films d’art au monde, tandis que la Chine et le Japon sont réputés pour leur art classique raffiné, ainsi que pour leurs chefs-d’œuvre modernes.

En Occident, la même ignorance s’étend à la philosophie chinoise, à son système politique et à son histoire. En Europe et en Amérique du Nord, il y a une obscurité absolue, une ignorance foudroyante, concernant la vision du monde chinois. A Paris ou à Berlin, la Chine est jugée exclusivement par la logique occidentale, par les « analystes » occidentaux, avec une arrogance insurpassable.

Le racisme est la seule explication fondamentale, bien qu’il existe de nombreuses autres raisons secondaires à cet état de fait.

Le racisme occidental, qui a humilié, attaqué et ruiné la Chine pendant des siècles, a modifié progressivement ses tactiques et ses stratégies. D’ouvertement et clairement insultant et vulgaire, il s’est progressivement développé en quelque chose de beaucoup plus « raffiné » mais constamment manipulateur.

[…]

Le concept de « droits de l’homme », que l’Occident utilise constamment contre la Chine, est « ciblé ». La plupart des accusations et des « faits  » ont été retirés du contexte de ce qui s’est passé à l’échelle mondiale (de nos jours et dans l’histoire). Des vues et des « analyses » exclusivement eurocentrées lui ont été appliquées. La philosophie et la logique chinoises ont été totalement ignorées ; elles n’ont jamais été prises au sérieux. Personne en Occident ne demande au peuple chinois ce qu’il veut vraiment (seuls les soi-disant « dissidents » sont autorisés à parler au public occidental par l’intermédiaire des médias de masse). Une telle approche n’est pas censée défendre ou aider qui que ce soit ; au contraire, elle est dégradante, conçue pour causer le maximum de dommages au pays le plus peuplé de la Terre, à son système unique et, de plus en plus, à son importante stature mondiale.

Il est évident que les universités et les médias occidentaux sont financés par des centaines de millions et de milliards de dollars pour censurer les principales voix médiatiques chinoises et promouvoir un nihilisme anticommuniste et contre le Parti communiste chinois.

Je connais un universitaire irlandais basé en Asie du Nord, qui enseignait en Chine. Il m’a dit, avec fierté, qu’il avait l’habitude de provoquer les étudiants chinois : « Savez-vous que Mao était un pédophile ? » Et il ridiculisait ceux qui le défiaient et trouvaient ses propos déplaisants.

Mais une telle approche est tout à fait acceptable pour l’académie occidentale établie en Asie. Inversez les rôles et imaginez un universitaire chinois qui vient à Londres pour enseigner la langue et la culture chinoises, et commençant ses cours en demandant aux élèves s’ils savent que Churchill avait des relations sexuelles avec des animaux ? Que se passerait-il ? Serait-il renvoyé immédiatement ou à la fin de la journée ?

Lire l’intégralité de l’article : Réseau International.

Lire aussi :
Articles André VLTCHEK : Arrêt sur InfoGlobal ResearchLe Grand SoirRéseau International.
Bibliographie André VLTCHEK : Babelio.
Noam CHOMSKY, André VLTCHEK, L’Occident terroriste – D’Hiroshima à la guerre des drones, Écosociété, 2015 [Texte en ligne].
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Les sextants de Pékin


 

Les touristes qui visitent la Cité interdite à Pékin sont souvent surpris d’y trouver un observatoire équipé de sextants, de théodolites, de sphères armillaires et d’autres instruments de l’ancienne astronomie occidentale. Malgré leur facture indéniablement chinoise, ces instruments de bronze ont en effet été exécutés sous la supervision d’un jésuite flamand, à la demande d’un empereur Qing qui espérait trouver dans la science occidentale un appui à son pouvoir. Les sextants de Pékin témoignent ainsi de l’intérêt et de la curiosité que les Chinois ont pu manifester à l’égard d’une culture pourtant bien éloignée de la leur, et ce, il y a déjà plus de trois cents ans, à une époque où l’Occident ne montrait pas tant d’ouverture d’esprit.

C’est au mythe d’une Chine monolithique, refermée sur elle-même, immobile et figée dans sa grandeur antique, que s’attaque ici Joanna Waley-Cohen. Cette idée reçue ne résiste pas à l’analyse. Toute l’histoire de l’Empire du milieu montre au contraire que les Chinois ont toujours accueilli avec intérêt les produits, les techniques, les idées, et même les religions des autres cultures, dans la mesure où l’on ne tentait pas de les leur imposer par la force. En s’appuyant sur les résultats les plus récents de la recherche historique, l’auteur montre les relations fructueuses que les Chinois ont su entretenir avec leurs voisins asiatiques et avec les Occidentaux, depuis les temps anciens de la Route de la soie jusqu’à nos jours.

Joanna WALEY-COHEN, Les sextants de Pékin – Sociétés et cultures de l’Asie, Presses de l’Université de Montréal, 2002 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.
Dossier documentaire Sciences Chine, Monde en Question.
< Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Bonnes vacances 2018 !



Chine en Question est en vacances 13 juillet – 19 août 2018

Le dernier empereur de Chine


 

Contrairement aux affirmations, répétées en boucle, des médias dominants – journalistes ou universitaires – la Chine est une République depuis le 1er janvier 1912 (Sun Yat-sen proclame la République de Chine) et le dernier empereur de l’Empire mandchou fut Puyi (l’édit impérial du 12 février annonce son abdication).

Puyi est connu du grand public surtout grâce au film The Last Emperor – Le dernier empereur de Bernardo Bertolucci , mais beaucoup moins grâce au documentaire Pu Yi, the Last Emperor – Pu Yi, dernier empereur de Chine de Peter du Cane.

11/07/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Plus de cent ans après sa première abdication, Puyi (1906-1967) occupe une place toujours plus grande dans la mémoire chinoise, symbole d’un passé perdu devenu mythique. La réalité est sans conteste moins romanesque : l’éducation du dernier empereur et son statut hors norme en ont fait un être autocentré, préoccupé d’abord par son destin et bien mal préparé aux révolutions majeures qu’il va lui falloir affronter.

De péripéties en choix calamiteux, Puyi, qui abdiqua trois fois, aura surtout combattu pour sauver sa vie, avant de comparaître à la fin de la Seconde Guerre mondiale comme criminel de guerre, au tribunal de Tokyo. Malgré une cour assidue à Staline, il n’échappera pas à Mao, qui l’enfermera dans les prisons de la jeune République populaire de Chine… A sa sortie, il se fait jardinier, puis historien, et trouve dans cette nouvelle vie un certain équilibre lorsque éclate la Révolution culturelle, à laquelle il ne survivra pas.

En s’appuyant sur la publication de documents récemment déclassifiés, cette belle biographie révèle un personnage inattendu.

Danielle ELISSEEFF, Puyi – Le dernier empereur de Chine, Perrin, 2014 [Texte en ligne].
Avis de : Canal U

Lire aussi :
Puyi – Le dernier empereur de Chine, École nationale des chartes – YouTube.
Jean-Pierre DUTEIL, Les Mandchous : des nomades devenus maîtres de la Chine, Clio.
Dossier documentaire Histoire Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

L’histoire de la Chine fabriquée par un journaliste


 

Bernard BRIZAY, Les trente « empereurs » qui ont fait la Chine, Perrin, 2018 [Texte en ligne].

Bernard Brizay a quitté l’enseignement en 1969, à l’âge de 28 ans, pour devenir journaliste !
Il a pris sa retraite en 2005 et en 2018, à l’âge de 77 ans, il publie un livre qui prétend retracer 5 000 ans d’histoire chinoise, mais qui est le vulgaire produit d’un journaliste qui croit que l’Empire est dans l’ADN chinois !

Il réduit l’histoire de la Chine à celle des empereurs dont il a sélectionné 25 sur les 208 ayant régné et il a ajouté 5 « empereurs républicains » (l’expression n’a pas de sens) : Sun Yat-sen, Chiang Kai-shek, Mao Zedong, Deng Xiaoping et Xi Jinping.


op. cit. p.417

L’auteur justifie son choix en s’abritant derrière des historiens étrangers dont il ne donne aucune référence. Sa bibliographie sur Xi Jinping (p.490), par exemple, ne contient que deux ouvrages, celui d’un journaliste français et celui de Xi Jinping !

Les titres de ces cinq chapitres révèlent la pauvreté sémantique de ce journaliste :
– Sun Yat-sen, père de la Chine moderne, empereur de la Révolution chinoise
– Chiang Kai-shek, l’empereur républicain réhabilité ?
– Mao Zedong, empereur rouge sang
– Deng Xiaoping, l’empereur rouge
– Xi Jinping, le nouvel empereur rouge

Les neuf pages consacrés à Xi Jinping sont d’une affligeante banalité résultant d’un copier-coller de « nombreux articles de presse » (p.454).
Ne sont référencés en notes (p.511) que deux journalistes du Monde et un du Figaro.
L’usage prolifique de pronom « on » et de l’expression « on dit souvent » (p.458) renvoie à des journalistes non cités. L’expression « prince rouge » (p.456), par exemple, est de Martine Bulard, autre journaliste du Monde.

En bref, il s’agit d’un ouvrage de propagande qui, comme l’image de couverture, pratique un montage grossier pour démontrer que l’Empire du milieu reste l’Empire du milieu puisque c’est inscrit dans ses gènes (p.20) :

[ce livre entend démontrer que] l’histoire de la Chine n’est ni folle ni absurde. Elle est somme toute cohérente et représentative de la personnalité de l’Empire du milieu. On peut comprendre – on doit essayer de comprendre – la Chine d’aujourd’hui à travers son histoire. Plus que pour toute autre nation ou civilisation, ce pays s’explique par son passé et par son ADN, l’empreinte génétique de son peuple, forgée au fil des siècles.

27/06/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Articles critiquant l’expression Empire du Milieu, Chine en Question.
Dossier documentaire Histoire Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

4000 ans d’astronomie chinoise


L’astronomie a donné lieu à la constitution des premiers observatoires dans le monde et à de nombreuses découvertes (taches solaires, trajectoire des comètes, explosions d’étoiles…) encore très peu connues en Europe.

Le livre présente les bases et les résultats de l’astronomie chinoise ancienne dont les premières racines remontent aux environs du XXe siècle avant l’ère moderne. Il illustre l’importance de l’observation du ciel dans l’empire chinois et retrace les conceptions cosmologiques, l’évolution des moyens d’observations et la grande variété des découvertes astronomiques réalisées en Chine sur plus de 4000 ans.

Jean-Marc BONNET-BIDAUD, 4000 ans d’astronomie chinoise – Les officiers célestes, Belin [extraits], 2017.
L’auteur, qui a séjourné en Chine pour ses travaux, s’est livré pour écrire ce livre à une importante recherche dans les archives chinoises afin de retracer l’apport majeur, et souvent méconnu, des « Officiers célestes » de l’Empire du milieu à la connaissance moderne des phénomènes cosmiques.

Lire aussi :
4000 ans d’astronomie chinoise, RTSmp3, 09/05/2017.
L’astronomie chinoise et la recherche au Pôle Nord d’organismes inconnus, France Intermp3, 14/05/2017.
Pourquoi l’astronomie chinoise ?, RFImp3, 26/05/2017.
Conversation sur 4000 ans d’astronomie chinoise, Ciel et Espacemp3 1/2 – mp3 2/2, 06/2017.
4000 ans d’astronomie chinoise racontés par Jean-Marc Bonnet-Bidaud, Sciences et Avenir, 13/06/2017.
4000 ans d’astronomie chinoise, France Intermp3, 11/08/2017.
Astronomie, un regard vers le passé, France Culturemp3, 15/05/2018.
Jean-Marc BONNET-BIDAUD, Articles sur la Chine, Site de l’auteur.
La carte céleste de Dunhang, YouTube .
Dossier documentaire Sciences Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Tianjin Cosmopolis – Une autre histoire de la mondialisation


Suivre l’actualité
courir après le vent.
Penser l’actualité
marcher à contre-courant.

 

Des hommes du monde entier s’y aventurent pour faire fortune. L’audacieux vice-roi Li saisit l’occasion pour transformer le siège de son pouvoir en un laboratoire de la « modernité » urbaine. La guerre des Boxeurs durant l’été 1900 transforme brutalement la ville en une commune insurrectionnelle : les sièges des concessions étrangères puis de la cité autochtone détruisent des quartiers entiers et, suite à la victoire inattendue des forces alliées, de nombreux civils chinois sont massacrés. Avec la volonté affichée de moderniser Tianjin et sa région, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, les États-Unis, la Russie, le Japon, l’Italie et l’Autriche-Hongrie fondent sur-le-champ le premier gouvernement international de l’époque contemporaine.

En analysant ici tous les aspects d’une expérience politique unique, Pierre Singaravélou offre une vision renouvelée des origines de la mondialisation actuelle qui fut, dès l’origine, une coproduction entre puissances européennes, asiatiques et états-unienne.

Pierre SINGARAVELOU, Tianjin Cosmopolis – Une autre histoire de la mondialisation, Seuil, 2017 [Texte en ligne].
Professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France, Pierre Singaravélou a publié de nombreux ouvrages sur l’histoire du fait colonial et de la mondialisation en Asie aux XIXe et XXe siècles. Il dirige actuellement les Publications de la Sorbonne et le Centre d’histoire de l’Asie contemporaine.

Lire aussi :
Pierre SINGARAVELOU, Tianjin Cosmopolis – Une histoire de la mondialisation impériale en 1900, Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, 2015 [Texte en ligne].
Philippe MOREAU DEFARGES, Tianjin Cosmopolis – Une autre histoire de la mondialisation, Politique étrangère, 2017, [Texte en ligne].
Delphine SPICQ, Tianjin Cosmopolis – Une autre histoire de la mondialisation, CECMC, 2017 [Texte en ligne].
Histoire des mondialisations (1/4) : La cité de Tianjin, France Culturemp3, 03/04/2017.
La cité-monde de Pierre Singaravélou, France Culturemp3, 17/05/2017.
Dossier documentaire Économie Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Converser avec François Jullien


 

François Jullien poursuit sa réflexion sur l’écart et la différence dans Si près, tout autre – De l’écart et de la rencontre, tandis que les éditions de l’Herne font paraître un volumineux Cahier Jullien.

François Jullien est un philosophe, un helléniste et un sinologue. Un homme qui brouille inlassablement les lignes de démarcation, qui travaille surtout entre, entre telle discipline et telle autre. On pourrait dire qu’il fait de la balançoire entre des pôles qui entretiennent en général d’intenses relations d’indifférence, ce qui lui permet de déjouer la conjuration des habitudes de penser.

Au fil de ses nombreux essais, François Jullien est devenu celui qui sait le mieux dire ce par quoi se distinguent l’écart et la différence. Les deux notions se recouvrent, au sens où elles marquent toujours une séparation, mais, explique-t-il, elles ne le font pas de la même façon : la différence agit sous l’angle de la distinction – elle dit : ceci n’est pas la même chose que cela -, tandis que l’écart agit sous l’angle de la distance – il note que ces deux entités n’occupent pas la même position au sein de l’espace général.

Cette nuance est capitale en ce qu’elle fonde une nouvelle façon de considérer l’acte de penser.

Converser avec François Jullien, France Culture.

Lire aussi :
François JULLIEN, Si près, tout autre – De l’écart et de la rencontre, Grasset, 2018.
Dossier documentaire François JULLIEN, Monde en Question.
Dossier documentaire Pensée Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Les aventures de Robert Fortune – Ou comment le thé fut volé aux Chinois


 

Réalisateur : Jérôme Scemla
Durée : 1h32
Année : 2016
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : Au milieu du XIXe siècle, Robert Fortune s’engage dans l’une des plus grandes opérations d’espionnage industriel de l’histoire : le botaniste est envoyé en Chine par l’Empire britannique pour percer les secrets de la fabrication du thé.
Fiche : Arte
Partage proposé par : AvaxHome HD 720 FR
Avis de Chine en Question : Le vol du thé chinois par Robert Fortune, au XIXe siècle, ne fut pas, comme le dit le commentaire en voix off [00’51], le premier vol industriel de l’histoire. Les Jésuites français avaient déjà, au XVIIe siècle, volé les secrets de fabrication de la porcelaine chinoise et Johannes Gutenberg, au XVe siècle, avait eu connaissance des techniques de l’imprimerie chinoise vraisemblablement par le biais des marchands arabes [1].

Dans l’édition originale, Robert Fortune utilise l’expression the Chinese empire ou tout simplement empire pour désigner la Chine.
Cette expression fut traduite, dans l’édition française de 1855, par Céleste Empire ou Empire Céleste.
Depuis 1860, date de l’intervention militaire française contre la Chine, les médias français utilisent l’expression Empire du Milieu pour désigner la Chine [2]. Ce docu-fiction retraduit de cette façon le texte de 1852 [01’50] :

En publiant ce compte rendu de ma mission, je répéterai ce que je disais lors de la publication de mon premier ouvrage : Je n’ai pas la prétention d’écrire ou de faire un livre sur la Chine. Mon but est seulement de jeter un coup d’œil sur le Céleste Empire, de décrire ses collines bizarres, ses romantiques vallées, ses rivières, ses canaux, ses productions naturelles, soit dans les plaines, sur les coteaux ou dans les jardins, enfin de faire connaître ce peuple étrange et intéressant à la fois, tel que j’ai pu l’observer en me mêlant à sa vie de chaque jour.
Brompton, avril 1852
op. cit. p.126

Robert Fortune dit tout en quelques mots dans l’introduction à son deuxième voyage :

Il y a environ cinq ans que j’ai soumis au public mon ouvrage, intitulé Trois années d’excursions dans les provinces du nord de la Chine. Peu de temps après la publication de ce livre, je fus chargé, par l’honorable bureau des Directeurs de la Compagnie des Indes orientales, de me rendre de nouveau dans ce pays, à l’effet d’y recueillir les plus belles variétés de thé, d’enrôler des ouvriers et de rapporter des ustensiles, le tout pour les plantations de thé du gouvernement anglais dans l’Himalaya.
op. cit. p.125

L’intérêt du documentaire tient au fait qu’il contextualise Les aventures de Robert Fortune en rappelant, par exemple, l’histoire de la Compagnie des Indes, qui a construit la richesse de l’Empire britannique et lui a permis de devenir la première puissance industrielle [3].
Le documentaire présente d’abord l’opium comme une coutume chinoise [22’06] avant de rappeler que sa consommation fut imposée la Compagnie des Indes [22’52] puis par l’Empire britannique, à partir de 1839, quand l’Empire chinois interdit le commerce de l’opium sur son territoire [24’54].
Robert Fortune ne s’est pas contenté de voler les plus belles variétés de thé et les recettes de fabrication pour la Compagnie des Indes [1h03], il a aussi volé des centaines de plantes… pour son propre compte [37’22].
L’Empire britannique a aboli l’esclavage, mais l’a remplacé par l’esclavage salarié des coolies [1h18].


Notes et références

[1] Serge LEFORT, Pillage de la technologie chinoise, Chine en Question, 15/12/2014.
Serge LEFORT, La propagande de l’invention européenne de l’imprimerie, Monde en Question, 11/11/2017.

[2] Robert FORTUNE, Aventures de Robert Fortune dans ses voyages en Chine à la recherche des fleurs et du thé, Hachette, 1855 [Texte en ligne ENTexte en ligne FR].
Articles Empire du Milieu, Chine en Question.

[3] Philippe HAUDRÈRE, Les Compagnies des Indes orientales – Trois siècles de rencontre entre Orientaux et Occidentaux (1600-1858, Desjonquères, 2013 [Aperçu en ligneAnnales de Bretagne et des Pays de l’Ouest].
Le 20 mai 1498, trois vaisseaux portugais, après avoir doublé le cap de Bonne-Espérance, atteignent les côtes des Indes orientales. Cet événement majeur dans l’histoire du monde inaugure une longue période d’échanges entre Occidentaux et Orientaux.Chaque grande nation européenne, désireuse de disposer de sa propre Compagnie des Indes, met en place de puissantes institutions qui bénéficient du monopole des relations commerciales et maritimes. Le développement de leurs flottes transforme cette aventure en épopée maritime. La demande croissante de produits d’Asie conduit les Compagnies à rivaliser pour la conquête de nouveaux marchés. Installées peu à peu dans toutes les Indes orientales, elles deviennent de formidables machines de pouvoir, élément essentiel du processus de conquête du monde par les Européens.Le présent ouvrage est la première approche comparative consacrée aux différentes Compagnies des Indes.

Lire aussi :
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma France, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.