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Qiu Ju da guan si (1992)


Cycle Cinéma Chine 1990-2001

 

Titre : Qiu Ju da guan si – Qiu Ju une femme chinoise
Réalisateur : ZHANG Yimou
Acteurs : Gong Li, Lei Lao Sheng, Ge Zhijun
Durée : 1h40
Année : 1992
Pays : Chine
Genre : Drame
Résumé : Adaptation de la nouvelle La famille Wan va en justice (CHEN Yuanbin, 1991).
Qinglai, le mari de Qiu Ju, a été humilié publiquement par Wang Tang, le chef du village. Ce dernier est prêt à les dédommager mais Qiu Ju refuse l’argent et veut obtenir des excuses. Pour y parvenir elle va se battre contre tous parce qu’a ses yeux l’honneur n’a pas de prix.
Fiche : Ciné-fichesIMDb
Partage déniché par Chine en Question
Avis de Chine en Question : Gong Li interprète magnifiquement ce personnage d’une paysanne qui, avec ténacité mais sans forfanterie, parcours le labyrinthe judiciaire pour obtenir seulement des excuses pour son mari. La mise en scène est d’un réalisme quasi documentaire. On découvre une Chine rurale avec ses marchés, l’écrivain publique [27’42], etc. La justice cherche la conciliation selon le principe de l’harmonie [1] et le représentant de l’officier publique du comté vient au domicile des plaignants pour leur annoncer la décision il et partage un repas de nouille avec eux [33’21].
Comme dans Da hong deng long gao gao gua – Épouses et concubines (1991), ZHANG Yimou répète certaines images avec des variantes : celles du transport, de plus en plus long, du village au comté puis à la ville [39’52] où Qiu Ju se fait arnaquer par un vélo-taxi.
Brigitte Duzan connaît le chinois, mais elle semble ignorer que la Chine est un État de droit depuis au moins le VIIIe siècle avant l’ère chrétienne [2].
Avis de : Chinese moviesEast Asia – – Sens Critique

Lire aussi :
CHEN Yuanbin, 万家诉讼 – Wanjia susong, 1991 [Texte en ligne].
Dossier Cinéma Chine, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier Chine, Monde en Question.
Revue de presse Chine, Chine en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Revue de presse, Monde en Question.


Notes et références


[1] Lire : L’harmonie à la chinoise, La Chine au présent, 2010.

[2] Lire :
LI Xiaoping, L’esprit du droit chinois : perspectives comparatives, Revue internationale de droit comparé, 1997.
LI Xiaoping, La civilisation chinoise et son droit, Revue internationale de droit comparé, 1999.
SIMA Qian, 史記 Shiji – Mémoires historiques, 91 avant l’ère chrétienne [Texte en ligne : Chine ancienneUQAC].

Xinjiang vs Corse et Catalogne


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Indépendantistes FLNC en Corse – Djihadistes français en Syrie

 

Le Xinjiang, province autonome depuis presque deux mille ans, est stratégique pour le développement économique de la Chine depuis que Xi Jinjing a lancé le projet Initiative Ceinture Route (BRI) en 2013.
La question ouïgoure résulte de la volonté d’organisations de maintenir leurs privilèges ethnique et religieux en revendiquant l’indépendance et en utilisant tous les moyens pour y parvenir.
Je vais tenter au fil d’une série d’articles de mettre en perspectives divers aspects d’une question réelle, mais instrumentalisée par la propagande anti-chinoise.

J’évoque aujourd’hui la Corse et la Catalogne, deux exemples européens de la tentative d’indépendance, violente ou pacifique, que les États français et espagnol ont réprimé avec l’assentiment de tous les États européens.

La Corse fut attachée durant près de quatre siècles à la république de Gênes. Conquise par le Royaume de France en 1769 (peu avant la naissance de Napoléon Bonaparte) après une éphémère République gouvernée par Pascal Paoli (1755-1769), l’île ne fut définitivement française qu’en 1796 après un éphémère Royaume anglo-corse gouverné par le même Pascal Paoli (1794-1796).
À partir de 1965, la Corse fut le théâtre sanglant des revendications régionalistes puis autonomistes et enfin indépendantistes. En 1975, les nationalistes du FLNC sont passés à la lutte armée en réclamant les droits nationaux du peuple corse. En 1996, après avoir réglé leurs comptes entre factions, les nationalistes ont théâtralement annoncé un cessez-le-feu armé (photo plus haut). Mais, en 1998, un commando assassina le préfet Claude Érignac. Ce n’est qu’après les assassinats en 2012 d’Antoine Sollacaro, avocat, et de Jacques Nacer, Président de la Chambre de Commerce de Corse-du-Sud, que la nature mafieuse du nationalisme corse apparût au grand jour.

Face à la violence des nationalistes corses, y compris la violence armée, le gouvernement français envoya des gendarmes, des CRS et même des militaires avec blindés et hélicoptères pour maintenir l’ordre public et il a créé une vingtaine de lois d’exception pour faire face à cette menace terroriste.

La Chine a-t-elle fait campagne pour dénoncer l’atteinte aux droits de l’homme de l’État français en Corse ? A-t-elle soutenu directement ou indirectement les actions des nationalistes ? A-t-elle apporté un appui médiatique, politique ou financier à la revendication d’indépendance du peuple corse ? Bien évidement que non !

Alors pourquoi la France fait campagne pour dénoncer l’atteinte aux droits de l’homme de l’État chinois au Xinjiang ? Pourquoi soutient-elle directement ou indirectement les actions des nationalistes ? Pourquoi apporte-t-elle un appui médiatique, politique ou financier via les ONG américaines à la revendication d’indépendance du peuple ouïghour [1] ?

Entre 1990 et 2016, des indépendantistes ouïghours ont lancé des milliers d’attaques terroristes au Xinjiang. Le gouvernement chinois a réagi en partie comme le gouvernement français c’est-à-dire par des mesures répressives contre les séparatistes qui utilisent l’arme terrorisme y compris contre les Ouïghours, qui souhaitent rester fidèles à la Chine comme depuis presque 1300 ans, et contre toutes les autres ethnies de la région autonome. Il est utile de rappeler que :

– Le Xinjiang est une province chinoise depuis 91 (source).
– L’ethnie des Ouïghours n’a émigré dans cette région qu’à partir de 750.
– « Sauf à de très rares moments, les Ouïghours restent fidèles à la Chine, reconnaissent sa domination et lui rendent hommage en envoyant régulièrement le tribut. »
Jean-Paul ROUX, L’Asie centrale – Histoire et civilisations, 1997 p.213.

Le gouvernement chinois a réagi aussi en pratiquant une discrimination positive. Depuis la prise du pouvoir par les communistes en 1949, les habitants du Xinjiang ont bénéficié du statut de région autonome qui leur donnent plus de droits que ceux de Pékin ou Shanghai. Ainsi, ils ont conservé leurs langues (les textes officiels sont bilingues) et leurs cultures, en particulier leurs croyances religieuses (la région compte plus de 24 000 mosquées). Ils ne furent pas soumis à la politique de l’enfant unique et pouvaient avoir 2, 3, 4 enfants ou plus. Sur la période 2010-2018, la population ouïghoure au Xinjiang a augmenté de près de 2,55 millions de personnes, soit une croissance de 25% qui dépasse de loin celles de la population totale (+ 13,99%) et de l’ethnie han dans la région (+ 2%) [2]. Enfin, le gouvernement a beaucoup investi pour développer l’économie de cette région, qui fut longtemps isolée, et pour la connecter à la côte Est où se concentrent les pôles industriels, technologiques et financiers. L’Initiative Ceinture Route (BRI) contribue beaucoup à la croissance de la région au point d’attirer des Chinois d’autres régions de la République [3].

La question corse, tel que les nationalistes mafieux l’ont posée, a occulté la discrimination sociale des populations émigrées. Ces laissés pour compte des colonies françaises furent méprisés et exploités par les colons corses ardents nationalistes [4].
La question ouïgoure, tels que les nationalistes musulmans la pose, occulte le fait qu’existe plus de vingt groupes ethniques différents au Xinjiang dont personne ne se préoccupe alors qu’ils subissent la discrimination des organisations étrangères en faveur de l’ethnie encore dominante [5]. Personne ne déplore non plus que les Ouïghours, après s’être convertis à l’islam, aient chassé les Tibétains du Xinjiang car l’histoire de l’Asie centrale est quasi méconnue par le plus grand nombre et ignorée par les propagandistes.

Les puissances occidentales ne reconnaissent pas le droit à l’autodétermination des régions dans leur propre pays, mais elles voudraient l’imposer à la Chine pour le Xinjiang !
La communauté autonome de Catalogne s’est déclarée indépendante après le référendum de 2017. Aucun pays occidental ne la reconnût. Quant à l’Espagne, elle a emprisonné des membres du parti au pouvoir en Catalogne sans qu’aucun autre pays occidental ne proteste ou si peu. En mars 2021, le parlement européen a voté à la demande de l’Espagne la levée de l’immunité de trois eurodéputés indépendantistes catalans, dont l’ex-président de la Catalogne. Le vote montre que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’a pas beaucoup compté : 400 pour, 248 contre, 45 abstentions [6].

12/04/2021
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Chine en Question

Lire aussi :
Dossier Corse (avec liens), Monde en Question.
Dossier Chine – Xinjiang (avec liens), Monde en Question.
Revue de presse Chine – Xinjiang, Chine en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Revue de presse, Monde en Question.


Notes et références


[1] Le mot peuple est sacralisé en France depuis 1789 par les tribuns qui occultèrent ainsi le contenu de classe de la Révolution. Les appels au peuple et à liberté masquèrent l’interdiction d’association pour les travailleurs (loi Le Chapelier du 14 juin 1791). La Première République, soi-disant issue du peuple souverain, passa d’un régime d’Assemblée sous la dictature du Comité de salut public (1792-1795), à un régime directorial (1795-1799) et à un régime autoritaire (1799-1804).
Lire : Jean-Pierre POTIER, L’Assemblée constituante et la question de la liberté du travail : un texte méconnu, la loi Le Chapelier, 1989 [Texte en ligne].
Le mot peuple est aussi sacralisé en Israël pour les juifs alors qu’il est dénié pour les Palestiniens.
Lire : Shlomo SAND, Comment le peuple juif fut inventé, 2008 [Texte en ligne].


[2] En 2010 le Xinjiang était peuplé par les ethnies suivantes : Ouïghour (45,83%), Han (40,48%), Kazakh (6,50%), Hui (4,51%), Kirghize (0,75%), Mongol, Tadjik, Xibe, Manchou, Ouzbek, Russe, Daur et Tatar.

Lire : Population Chine/Xinjiang 1998-2019 (compilation avec sources). Ce tableau montre clairement que la population a augmenté au Xinjiang dans la même proportion que dans l’ensemble de la Chine (+ou- 1% par an). Tout le reste n’est que propagande !
Sources : National Bureau of Statistics of ChinaComposition population Chine 1949-2019.

Notes ajoutée suite à la polémique avec un lecteur qui se cache derrière le pseudonyme sixiangjiaoyu, qui signifie « éducation idéologique » :
Les propagandistes prétendent que la baisse du taux de natalité au Xinjiang serait le preuve du génocide des Ouïghours.
Les amateurs du taux de natalité en Chine devraient s’intéresser aux mêmes données en France. Ce taux est passé de 20,6‰ en 1950 à 11,2‰ en 2019 soit une baisse de 54,36% (source : INSEE). La France pratiquerait-elle un génocide ?
L’accusation génocide est un cas typique de désinformation à partir d’un fait exact : la baisse du taux de natalité.
Au lieu de répéter la théorie du complot communiste visant à génocider les Ouïghours prêchée par Adrian Zenz, fondamentaliste évangélique de la mouvance « Nouvelle naissance » (Born-again), il convient de s’interroger sur la construction du taux de natalité. Le taux de natalité est le rapport entre le nombre de naissances et la population moyenne (ou population de milieu d’année) pendant une certaine période (généralement un an), exprimé en ‰. La population moyenne annuelle est la moyenne du nombre de population au début de l’année et celle à la fin de l’année. Parfois, il est remplacé par la population de milieu d’année. Ainsi, pour les statisticiens, le taux de natalité ne permet pas d’effectuer de comparaisons dans l’espace et le temps.
En bref, on constate une baisse du taux de natalité dans tous les pays développés et urbanisés. Les causes étant multifactorielles, les explications sont diverses mais non consensuelles. Les solutions proposées restent très hypothétiques… sauf pour les croyants.
Lire : Joseph KLATZMANN, Attention, statistiques ! – Comment en déjouer les pièges, La Découverte, 1985 – Dossier Statistiques & Sondages (avec liens), Monde en Question.
Revue de presse sur la baisse de la natalité :
– 10/04/2018, La baisse de la natalité, RTS.
– 19/01/2021, Natalité en France : en 2020, les naissances au plus bas depuis 1945, Le Parisien.
– 03/02/2021, La baisse de la natalité, mauvaise nouvelle, LSA.
– 25/02/2021, Le taux de natalité en forte baisse en France, probablement à cause du Covid-19, Ouest France.
– 26/02/2021, Pourquoi la baisse de la natalité est une menace pour l’économie française, BFMTV.
Revue de presse contre la propagande occidentale :
– 25/01/2021, Les Européens, les Ouïghours et les délires de Washington, Bruno GuigueRéseau International.
– 05/02/2021, Croissance stable de la population ouïgoure au Xinjiang, Xinhua.
– 05/02/2021, Les groupes ethniques du Xinjiang utilisent principalement dix langues, Xinhua.
– 22/02/2021, Propositions de la Chine pour promouvoir et protéger les droits de l’homme, Ambassade de Chine.
– 23/03/2021, Cessez de vous immiscer dans les affaires intérieures de la Chine sous couvert des droits de l’Homme, Xinhua.
– 24/03/2021, La question Ouïghoure, une nouvelle arme idéologique contre la Chine, Le Grand Soir
– 26/03/2021, L’ambassadeur de Chine aux Etats-Unis met en garde contre la manipulation des faits dans les reportages sur le Xinjiang, Xinhua.
– 09/04/2021, Un rapport dénonce un parrainage anglo-américain du séparatisme pro-« Turkestan oriental » et du terrorisme islamiste : The China narrative, Australian Citizens Party.
– 10/04/2021, La campagne de propagande sur le prétendu « génocide des Ouïgours » fondée sur les allégations d’Adrian Zenz, un fondamentaliste évangélique, Arrêt sur Info.


[3] Initiative Ceinture Route (BRI) : Articles, Chine en Question – Revue de presse, Chine en QuestionDossier Ceinture Route (avec liens), Monde en Question.


[4] Lire : Jean-Michel VERNE (sous la direction de), Résister en Corse, 2021 [Texte en ligne].


[5] Depuis les années 1980, l’ethnie des Ouïghours ne détient plus la majorité absolue dans la région autonome du Xinjiang. Leur frustration est compréhensible, mais elle est instrumentalisée par les groupes musulmans indépendantistes soutenus par divers organisations étrangères dont le National Endowment for Democracy (NED), ONG liée au gouvernement américain. J’en reparlerai dans un autre article. Patience…


[6] Lire :
– 01/10/2018, Un an après le référendum sur l’indépendance, la « marche sans fin » de la Catalogne, Le Figaro.
– 09/03/2021, Le Parlement européen lève l’immunité des indépendantistes catalans Carles Puigdemont, Toni Comin et Clara Ponsati, L’im-Monde.
L’histoire bégaie en Catalogne :
[En 1920] j’étais en Espagne, et tandis que les syndicalistes avaient pu tenir publiquement un grand congrès à Madrid, la même organisation était, à Barcelone, à la même époque, hors la loi. Ici, ses membres étaient traqués par la police ordinaire et par une police spéciale créée par les groupements patronaux, les « somatenes » [institution paramilitaire], une loi spéciale dite de fuite donnait pouvoir aux policiers d’exécuter sommairement les hommes qu’ils décidaient de supprimer.
Alfred ROSMER, Moscou sous Lénine, 1953 [Texte en ligne].

Encyclopédie des historiographies


 

Historiographies d’ailleurs, avec Nathalie Kouamé, Aurélia Michel et Anne Viguier, Paroles d’histoire, 22/03/2021 :

Nathalie KOUAMÉ, Éric P. MEYER et Anne VIGUIER (sous la direction de), Encyclopédie des historiographies : Afriques, Amériques, Asies, Presses de l’Inalco, 2020 [Texte en ligne].

Pour faciliter la lecture, j’ai regroupé des articles de cette encyclopédie en 15 rubriques.

22/03/2021
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Chine en Question

Lire aussi :
Dossier Histoire Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Revue de presse Chine, Chine en Question.
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Shuang-Qi-Zhen daoke (1991)


Cycle Cinéma Chine 1990-2001

 

Titre : Shuang-Qi-Zhen daoke – The Swordsman in Double Flag Town
Réalisateur : HE Ping
Acteurs : Wei Gao, Mana Zhao, Jiang Chang
Durée : 1h31
Année : 1991
Pays : Chine
Genre : Aventure
Résumé : Un garçon, fils d’un épéiste légendaire, traverse le Gobi jusquau village dit « du double drapeau » pour y chercher la jeune fille qui lui a été promise dès l’enfance.
Fiche : IMDb
Partage déniché par Chine en Question
Avis de Chine en Question : Ce western chinois, où l’épée remplace le colt, vaut le détour. Le héros malgré lui est un modeste gamin et non un cow-boy prétentieux. L’humour est sympathique [35’04] et la romance passe bien [46’24]. Les quinze dernières minutes sont un morceau d’anthologie.
Avis de : Sens Critique – He Ping 何平, Chinese Movies

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Dossier Cinéma Chine, Monde en Question.
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Propositions de la Chine pour promouvoir et protéger les droits de l’homme


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L’homme doit s’acquitter de ses devoirs envers les autres plutôt que de revendiquer ses droits

 

Cette pandémie a eu des impacts calamiteux sur l’humanité, avec plus de 100 millions de contaminations, plus de deux millions de morts et 130 millions de personnes retombées dans la pauvreté. Les inégalités dans le monde s’aggravent, l’écart Nord-Sud se creuse et le droit au développement est confronté à de nouveaux défis. Le racisme et la xénophobie continuent de gagner du terrain, et la désinformation et les discours de haine se multiplient. Certains pays n’hésitent pas à instrumentaliser l’épidémie à des fins de politisation et de stigmatisation, et les revendications légitimes de nombreux pays en développement pour l’accès aux vaccins ne sont pas prises en compte ni satisfaites.

Comment promouvoir et protéger les droits de l’homme face aux changements inédits et à l’épidémie jamais vue depuis un siècle ? C’est une question majeure qui appelle nos réflexions et notre réponse avec tout le sérieux qui s’impose. Voici les propositions de la Chine.

Premièrement, nous devons nous attacher au concept des droits de l’homme centré sur le peuple. L’homme est au cœur des droits de l’homme, et l’intérêt du peuple en constitue le point de départ et la finalité. Renforcer le sentiment de satisfaction, de bonheur et de sécurité du peuple est la vocation fondamentale des droits de l’homme et l’objectif ultime de la gouvernance d’un pays. Placer le peuple au cœur de l’action, c’est le rendre maître véritable de son pays et lui assurer la participation à la gouvernance du pays et à la consultation politique, et c’est réduire sans cesse l’écart de richesse et promouvoir le plein épanouissement de l’homme.

Deuxièmement, nous devons allier l’universalité des droits de l’homme et les réalités nationales de chaque pays. La paix, le développement, l’équité, la justice, la démocratie et la liberté sont les valeurs communes de l’humanité reconnues par tous les pays. La Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui ont fixé les objectifs nobles et les principes fondamentaux de la cause des droits de l’homme dans le monde, doivent être observées et appliquées par tous les pays. Dans le même temps, les spécificités des réalités nationales et les différences en termes d’histoire, de culture, de système social et de niveau de développement économique et social entre les pays font qu’il faut tenir compte des conditions nationales et des besoins du peuple de chaque pays dans la promotion et la protection des droits de l’homme.

Troisièmement, nous devons promouvoir de manière systématique toutes les catégories de droits de l’homme. Les droits de l’homme couvrent tous les domaines. Ils comprennent aussi bien les droits civils et politiques que les droits économiques, sociaux et culturels, et ceux à l’existence et au développement sont les droits de l’homme fondamentaux les plus importants. Il convient d’adopter une approche coordonnée, intégrée et multidimensionnelle pour promouvoir le développement tous azimuts et continu des droits de l’homme. Le contenu des droits de l’homme est en évolution permanente. Les droits à la santé et à l’environnement doivent occuper une place plus importante.

Quatrièmement, nous devons promouvoir le dialogue et la coopération internationaux sur les droits de l’homme. La protection et la promotion des droits de l’homme sont la cause commune de tous. La gouvernance mondiale des droits de l’homme doit être promue à travers les consultations entre tous les pays, et tous les peuples doivent pouvoir partager les fruits du développement des droits de l’homme. Les droits de l’homme ne sont pas le monopole de quelques pays, encore moins doivent-ils être un outil pour faire pression aux autres ou s’ingérer dans les affaires intérieures d’autrui. Tous les pays sont tenus de respecter scrupuleusement les buts et principes de la Charte des Nations Unies et de mener les échanges et la coopération en matière de droits de l’homme sur un pied d’égalité et dans le respect mutuel pour promouvoir le développement sain de la cause internationale des droits de l’homme.

* * *

L’année 2021 est extrêmement importante pour la Chine. Nous célébrerons le centenaire du Parti communiste chinois (PCC) et entamerons la nouvelle marche vers la construction sur tous les plans d’un pays socialiste moderne. Sous la direction du PCC, nous avons frayé avec succès la voie socialiste aux couleurs chinoises soutenue par l’ensemble du peuple chinois et la voie de développement des droits de l’homme adaptée aux réalités et aux besoins du pays.

Nous avons sorti de la pauvreté l’ensemble de la population rurale vivant sous l’actuel seuil de pauvreté et réalisé, avec dix ans d’avance, l’objectif d’élimination de la pauvreté du Programme de développement durable à l’horizon 2030. C’est un rêve millénaire de la nation chinoise devenu réalité et un progrès historique accompli en matière de droits de l’homme. L’éradication de la pauvreté en Chine se traduit non seulement par l’augmentation des revenus et l’amélioration du bien-être social, mais aussi et surtout par la garantie effective des droits de chacun à l’éducation, aux soins médicaux et au logement.

La Chine a mis en place le plus grand système de protection sociale du monde. Il couvre un large éventail d’aspects comme la prise en charge des personnes âgées, les soins médicaux, le minimum vital et le logement. Un PIB de plus de 100 000 milliards de yuans RMB et une stabilité sociale constante permettent à la cause des droits de l’homme en Chine de progresser sur des bases solides.

Face à l’éclatement de la Covid-19, le gouvernement chinois, plaçant le peuple et la vie au-dessus de tout, a toujours donné la première priorité à la sécurité et à la santé de chaque individu et s’est totalement investi pour défendre la vie et la dignité du peuple. Nous avons mené la plus grande opération humanitaire d’urgence à l’échelle mondiale dans l’histoire de la Chine nouvelle pour venir en aide à différents pays et organisations internationales qui en avaient besoin. Il s’agit d’une étape concrète pour honorer notre engagement à bâtir une communauté de santé pour tous.

Le vaccin, qui est un enjeu pour les droits à la santé, à la survie et au développement de tous les peuples, est la priorité du moment. Il est nécessaire de promouvoir une distribution équitable des vaccins dans le monde, et surtout d’en assurer l’accessibilité et l’abordabilité pour les pays en développement. La Chine est le premier pays à s’engager à faire des vaccins un bien public mondial. Malgré nos propres difficultés, nous sommes en train d’apporter des dons de vaccins à 53 pays qui en ont besoin et d’exporter des vaccins vers 22 pays qui en ont exprimé le souhait. La grande majorité de ces pays sont des pays en développement. Nous espérons que tous les pays qui en ont la capacité apporteront ensemble leur part de contribution.

* * *

La Chine soutient le renforcement des échanges et de la coopération en matière de droits de l’homme entre différents pays sur la base du respect mutuel, mais s’oppose au recours au « deux poids, deux mesures » pour attaquer et dénigrer d’autres pays et à l’ingérence dans les affaires intérieures d’autrui sous prétexte des droits de l’homme.

Les questions liées au Xinjiang sont au fond des questions concernant la lutte contre le terrorisme violent et le séparatisme. La région chinoise du Xinjiang a mis en œuvre scrupuleusement le Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent élaboré par les Nations Unies et fait avancer la déradicalisation conformément à la loi et en s’inspirant des pratiques similaires d’autres pays. Ces efforts s’inscrivent parfaitement dans la ligne des principes et de l’esprit de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies. Grâce aux efforts de la population multiethnique, il n’y a eu plus aucun cas de terrorisme violent dans la région du Xinjiang depuis plus de quatre ans. Les habitants vivent heureux dans une société sûre, stable et de plus en plus prospère. Sur la période 2010-2018, la population ouïghoure au Xinjiang a augmenté de près de 2,55 millions de personnes, soit une croissance de 25% qui dépasse de loin celles de la population totale et de l’ethnie han dans la région, respectivement de 13,99% et de 2%. Les travailleurs multiethniques au Xinjiang choisissent leur métier de leur propre volonté et jouissent de tous les droits et intérêts liés au travail. Il n’y a jamais eu de restriction de la liberté individuelle. La liberté de croyance religieuse de la population multiethnique y est garantie en vertu de la loi. La région compte plus de 24 000 mosquées, soit une pour 530 musulmans en moyenne. Ces faits fondamentaux démontrent qu’il n’a jamais existé de prétendus « génocide », « travail forcé » ou « répression religieuse » dans la région. Ces allégations sensationnalistes, résultat de l’ignorance et du préjugé, sont des manœuvres politiques malintentionnées au mépris total de la réalité. La porte de la région du Xinjiang est toujours ouverte. Les personnalités de différents pays qui s’y sont rendues ont tous vu sur le terrain les faits et la réalité, et nous serons heureux d’y accueillir la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

La Loi sur la sauvegarde de la sécurité nationale à Hong Kong a comblé les lacunes juridiques qui avaient longtemps existé dans la région de Hong Kong en matière de préservation de la sécurité nationale, et marqué un tournant majeur pour mettre fin aux instabilités et rétablir l’ordre public. Elle permet une mise en œuvre solide et durable du principe d' »un pays, deux systèmes » et protège les droits et libertés légaux que la Loi fondamentale confère aux Hongkongais. Près de trois millions de Hongkongais ont signé une pétition pour exprimer leur soutien ferme à cette loi, et près de 70% de la population locale estime que Hong Kong est devenu plus sûr et plus stable depuis l’application de cette loi. Voilà qui démontre parfaitement la grande adhésion des Hongkongais à la Loi sur la sauvegarde de la sécurité nationale à Hong Kong. Nous sommes pleinement confiants dans l’avenir de Hong Kong.

Allocution de M. Wang Yi au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, Ambassade de Chine, 22/02/2021.

Lire aussi :
Une approche confucéenne des droits de l’homme, UNESCO.
Droits de l’homme en Chine, Chine en Question.
Revue de presse Chine – Hong Kong, Chine en Question.
Revue de presse Chine – Xinjiang, Chine en Question.
Dossier Politique Chine, Monde en Question.
Dossier Politique Chine (avec liens), Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Revue de presse, Monde en Question.

Réponse à R.L. 2/2 – La société « idéale »



La propagande fait l’amalgame anhistorique entre Hitler et Lénine !

 

Un lecteur m’a adressé plusieurs commentaires via le mail public de ce blog. J’ai répondu à l’un à la suite de l’article Has China Won? – La Chine a-t-elle gagné ?. Je réponds à celui qui suit en deux parties (Réponse à R.L. 1/2 – La liberté d’expression en démocratie) :

Bonjour Serge
Je te pose donc quelques questions :
– quel système politique (idéologique ?) souhaiterais-tu voir arriver au pouvoir ?
– quelle place devrait-il laisser-il à la liberté de la presse et à la liberté d’expression des citoyens ?
– quel système (pays) te semble-t-il le plus proche de ton idéal ?
– quelles en sont les conditions de liberté et de possibilités d’expression directe ?
– aurais-tu des exemples de médias qu’ils auraient pu créer pour le faire ?
à te lire
bonne journée
R.L.

La société « idéale » est une utopie nécessaire pour que l’humanité puisse progresser. La définir par avance c’est l’enfermer dans le passé alors que « le chemin se construit en marchant » :

En marchant se construit le chemin,
et en regardant en arrière
on voit la sente que jamais
on ne foulera à nouveau.
Antonio Machado

Je me souviens d’avoir étudié avec bonheur les chapitres du Garguanta du sieur Rabelais consacrés l’abbaye de Thélème :

Toute leur vie était organisée non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur vouloir et franc arbitre. Ils se levaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur venait; nul ne les éveillait, nul ne les forçait ni à boire ni à manger, ni à faire autre chose. Ainsi l’avait établi Gargantua. En leur règle n’était que cette clause : « Fais ce que voudras », parce que les gens libres, bien nés, bien instruits, conversant en compagnie honnête, ont par nature un instinct et un aiguillon, qui toujours les pousse à accomplir des faits vertueux et les éloigne du vice, aiguillon qu’ils nommaient honneur. Quand une vile servitude ou une contrainte les font déchoir et les assujettissent, ils emploient cette noble inclination, par laquelle ils tendaient librement vers la vertu, à repousser et à enfreindre ce joug de la servitude : car nous entreprenons toujours les choses défendues, et convoitons ce qui nous est refusé.
Gallica – BNF [1]

Les expériences passées peuvent nous servir de guide afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs. C’est dans ce sens que j’ai étudié la Révolution russe (1917-1921). Son échec résulte de plusieurs facteurs qui interagissent les uns avec les autres d’où la difficulté de réaliser une synthèse :

– la guerre civile organisée par les puissances étrangères entre 1917 et 1921
– le retard économique dont Lénine a tenu compte en instaurant la NEP en 1921, mais que Staline a ignoré en imposant une industrialisation à marche forcée – erreur tragique que répètera Mao Zedong
– le retard politique dont Lénine a pris conscience beaucoup trop tardivement pour empêcher que la bureaucratie ne prenne la place du vide créé par la guerre civile
– l’isolement de la Russie, après l’échec de la Révolution allemande, renforcé par l’idéologie de la bureaucratie stalinienne
– la disparition de la génération pré-révolutionnaire après la guerre civile et la montée de celle des bureaucrates soumis aux directives staliniennes par inculture et opportunisme politique
– etc. [2]

En 1912, Robert Michels a anticipé en partie l’échec de la Révolution russe et allemande en faisant l’analyse de la bureaucratisation progressive des organismes démocratiques qui aboutit à la tyrannie bureaucratique [3].
Les socialistes allemands du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) ont assassiné Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, mais ils furent balayés par le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) d’Adolf Hitler en 1933 car considérés comme traîtres à la patrie. Même des membres du Parti communiste d’Allemagne rejoignent alors le parti au pouvoir. Ainsi va l’histoire de l’opportunisme en politique [4].

Depuis 2001, le monde occidentale est en crise – crise économique, politique, sociale et civilisationnelle – car toutes les conquêtes accumulées depuis 1492 s’écroulent lentement mais sûrement. La gestion du Covid-19 accélère ce processus irréversible. Les pays, qui ont voulu imposer la liberté et la démocratie par les armes, ont lamentablement échoué. Ils ont davantage exporté la violence, l’oppression, la discrimination, en un mot le conflit alors que la Chine cherche l’harmonie.
Le mot crise s’écrit en chinois wei ji 危机 qui signifie littéralement danger-opportunité [5]. Cela me donne à penser que, au lieu de s’arcbouter sur sa puissance coloniale passée, la France devrait coopérer davantage avec la Chine afin de maintenir ses spécificités dans le nouvel ordre mondial en cours de construction.

Vous me demandez « quel système politique (idéologique ?) souhaiterais-tu voir arriver au pouvoir ? » Je répondrai volontiers que les idéologies et les systèmes sont une impasse dramatique dans laquelle on nous enferme encore aujourd’hui avec des arguments fallacieux du style qui n’est pas avec nous est contre nous. Cela alimente le fanatisme fondé sur l’ignorance et conduit à une auto-destruction de l’humanité. L’approche géopolitique et économique chinoise est animée par l’esprit « gagnant-gagnant » (la coopération permet aux parties de s’enrichir ensemble) alors que l’approche occidentale est limitée par la mentalité « je gagne, tu perds ».

Les générations entre 1914 et 1945 ont vécu le désastre de l’affrontement sanglant des nationalismes qui s’est soldé en Allemagne par la victoire de la démagogie du NSDAP en 1933, en France par la débâcle de mai-juin 1940 et la collaboration de l’immense majorité de la société de juin 1940 à juin 1944. Encore une victoire de l’opportunisme. [6].

La génération des années 68, a vécu le mythe de la guerre froide. D’un côté il y a avait le bien représenté par la démocratie américaine et de l’autre le mal ostracisé par la dictature communiste. Cette dichotomie a permit de légitimer toutes les guerres américaines : Chine, Italie, Grèce, Philippines, Corée, Albanie, Europe de l’Est, Allemagne, Iran, Guatemala, Costa Rica, Syrie, Moyen-Orient, Indonésie, Europe de l’Ouest, Guyane, URSS, Vietnam, Cambodge, Laos, Haïti, Équateur, Congo, Brésil, Pérou, Laos, République dominicaine, Cuba, Ghana, Uruguay, Chili, Bolivie, Irak, Australie, Angola, Zaïre, Jamaïque, Seychelles, La Grenade, Maroc, Suriname, Libye, Nicaragua, Panama, Bulgarie, Afghanistan, Salvador, etc. [7]

Après l’implosion de l’URSS en 1991, les États-Unis ont poursuivi la guerre contre l’islamisme, la nouvelle incarnation du mal, qui légitime de nouvelles guerres en recourant aux mêmes amalgames : Irak, Somalie, Bosnie et Herzégovine, Haïti, Serbie, Afghanistan, Pakistan, Libye, Syrie, Nigeria, etc. Personne ne s’étonne plus du camp de Guantánamo, base navale américaine à Cuba, qui est un centre de détention militaire de haute sécurité hors-la-loi. Dans la foulée les puissances occidentales veulent aussi décapiter l’hydre communiste chinoise au Tibet, à Hong Kong, au Xinjiang et prochainement à Taïwan.

Pendant ce temps la Chine a lentement développé son économie pour le bien du plus grand nombre malgré les erreurs du Grand Bond en avant. Aujourd’hui, avec 10 ans d’avance sur son engagement, le gouvernement a sorti 750 millions Chinois de la pauvreté [8]. Quelle démocratie peut se vanter d’un tel résultat en si peu de temps ? Au contraire, aux États-Unis et dans les démocraties européennes les pauvres sont de plus en plus nombreux et écartés de la vie politique car taxés, comme en France, de populistes. On revient, en catimini, à la discrimination sociale du suffrage censitaire de la Constitution de 1791 qui succéda à la loi Le Chapelier interdisant tout groupement professionnel des gens de métier (des maitres, des ouvriers et apprentis).

Au lieu d’imposer par la force ses valeurs, la Chine a développé petit à petit des partenariats d’abord avec les pays méprisés par l’Europe et les États-Unis, depuis 1955 avec les pays d’Afrique (conférence de Bandung) et plus récemment avec les pays d’Europe centrale et orientale (PECO), et conjointement avec les pays du Moyen-Orient (tout aussi méprisés, mais convoités pour leur richesse pétrolière). On glose beaucoup sur l’accord stratégique Iran-Chine, mais on oublie les accords Russie-Chine, Turquie-Chine et Arabie Saoudite-Chine. Ces accords avec des pays de différentes confessions musulmanes réduisent en poussière la propagande américaine, complaisamment relayée par la France, sur le Xinjiang [9].

J’arrive à lire plus ou moins bien le chinois grâce à la méthode Bellassen, mais j’espère comprendre assez bien « l’écart » de la pensée chinoise que j’ai étudiée notamment grâce à Marcel Granet, Jacques Gernet et François Jullien [10].
Pour ceux qui veulent bien dépasser leurs préjugés étriqués, il est relativement facile d’entendre que, par exemple, la notion des droits de l’homme existe depuis beaucoup plus longtemps en Chine qu’en France non de manière codifiée et donc non respectée, mais comme le lien nécessaire à des relations sociales harmonieuses :

L’homme doit s’acquitter de ses devoirs envers les autres plutôt que de revendiquer ses droits, tel est le fondement moral des relations sociales et politiques en Chine.
Plutôt que de revendiquer des droits, la morale chinoise prêche une attitude de compréhension à l’égard du prochain ; chacun doit reconnaître aux autres les mêmes désirs et, par suite, les mêmes droits qu’à soi-même. S’acquitter des obligations mutuelles, s’est aussi s’abstenir de porter atteinte aux droits individuels des autres. En ce qui concerne les relations entre l’individu et l’État, le code moral est ainsi conçu : « Le peuple est le fondement de la nation ; lorsque ce fondement est solide, la nation est en paix ».
Une approche confucéenne des droits de l’homme, UNESCO

31/03/2021
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Chine en Question

Lire aussi :
Droits de l’homme en Chine, Chine en Question.
Dossier Politique Chine, Monde en Question.
Revue de presse Chine, Chine en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Revue de presse, Monde en Question.


Notes et références


[1] Lire :
– RABELAIS, Oeuvres complètes [Texte en ligne].
– Michel RAGON, Le roman de Rabelais, 1993 [Texte en ligne].
– Notes sur l’abbaye de Thélème, Romantisme, 1971.
– Les corps utopiques rabelaisiens, Littérature, 1976.


[2] Lire :
– Alfred ROSMER, Moscou sous Lénine, 1949 [Texte en ligne].
Dossier Révolution Russie 1917-1921 (avec liens), Monde en Question.
Dossier Révolution Allemagne 1918-1923 (avec liens), Monde en Question.
Dossier Histoire Russie 1921-1929 (NEP) (avec liens), Monde en Question.


[3] Lire : Robert MICHELS, Les partis politiques – Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties, 1912 [Texte en ligne].
Robert Michels, membre de la social-démocrate allemande et du parti socialiste italien dès le début du siècle, a très vite critiqué l’opportunisme et l’embourgeoisement du SPD [qui participera à l’Union sacrée/i> d’août 1914] et mis ses espoirs dans le syndicalisme révolutionnaire, sans renoncer pour autant à mener le combat à l’intérieur de la IIe Internationale. Son désir de comprendre les causes de ce qu’il percevait comme une dégénérescence du mouvement socialiste l’a amené à tenter l’analyse sociologique de l’ossification administrative des « partis du prolétariat ».
Paradoxe de l’histoire, il se rallia par la suite au Parti national fasciste italien.


[4] Lire : Revue de presse Palestine – Israël, Monde en Question. Je suis beaucoup plus inquiet pour la
démocratie israélienne que pour ce que tout le monde se complaît à appeler par ignorance la dictature chinoise.


[5] Lire : Wei Ji, l’option stratégique, Magazine de la Communication de crise.


[6] Lire :
Dossier Guerre 1939-1945 Exode-1940 (avec liens), Monde en Question.
Dossier Guerre 1939-1945 Collaboration (avec liens), Monde en Question.
Dossier Guerre 1939-1945 Collaboration-Resistance (avec liens), Monde en Question.


[7] Lire : William BLUM, Les guerres scélérates – Les interventions de l’armé américaine et de la CIA depuis 1945, 2004 [Presse-toi à gauche !].
Depuis 1945, les Etats-Unis ont utilisé tous les moyens, coups d’Etat et manipulation de la société civile, bombardements massifs et pressions diplomatiques, suppression d’élections et achat d’élus, tortures et assassinats, désinformation, trafic de drogue, terrorisme, pour empêcher toute transformation sociale dans des dizaines de pays du tiers-monde qui cherchaient à se libérer de l’oppression coloniale et féodale ou à mettre en œuvre des formes plus humaines de développement. Le résultat est que les Etats-Unis sont souvent arrivés à  » tuer l’espoir » d’une vie meilleure. Leur politique n’a nullement cessé avec la fin de l’Union soviétique.


[8] Lire :
– Le mouvement appelé le Grand Bond en avant [1958-1960], ainsi que celle des Quatre modernisations [1963n] n’ont pas intégré l’objectif d’amélioration du niveau de vie du peuple. […] La Révolution culturelle de 1966 à 1976 a pesé négativement sur le développement économique chinois.
YINGKUI Tian, La voie chinoise : concept de développement scientifique, Éditions de Pékin, 2008 p.14.
L’auteur analyse de manière rigoureuse le développement économique et social de la Chine depuis 1949 sans masquer les difficultés passées, présentes et avenir y compris sur « la construction de la politique démocratique en Chine » (p.159-193). Je reviendrai prochainement sur ce livre totalement ignoré par les médias copier-coller et plus encore par les chiures d’oiseau.
– Lutte contre la pauvreté en Chine, Chine en Question 20/09/2019-02/03/2021.
– Placer le peuple au cœur de l’action et faire progresser, Ambassade de Chine, 22/02/2021.
– Le but de la Chine n’a jamais été de surpasser les États-Unis, mais de se surpasser constamment, Xinhua, 26/03/2021.
– Connaissez votre ennemi, et ce n’est pas la Chine, Strategic CultureEntelekheia, 03/04/2021.
Selon la vision américaine « le business, c’est la guerre », mais selon la voie chinoise le bénéfice doit être mutuel – principe « gagnant-gagnant ».


[9] Lire :
– Le sommet Chine-PECO (pays d’Europe centrale et orientale) apportera de nouvelles opportunités à la coopération, prédit le président tchèque, Xinhua, 09/02/2021.
– Le sommet Chine-PECO (pays d’Europe centrale et orientale) crée un nouveau consensus et un élan de coopération, Xinhua, 10/02/2021.
– Le pacte Chine-Iran change la donne – 1 La Chine neutralise la campagne américaine sur la question des Ouïgours musulmans, Indian PunchlineRéseau International, 04/04/2021.
La cérémonie officielle de signature à Téhéran samedi marquait également le 50ème anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques entre ces deux « États-civilisation » du XXIe siècle qui ont bénéficié d’une vaste continuité historique et d’une unité culturelle à travers une large région géographique à travers les millénaires.
Ni la Chine ni l’Iran n’attendent de bonne volonté de la part des États-Unis. Ils ont l’impression que l’esprit de confrontation des États-Unis ne fait que se durcir sous la direction du président Joe Biden.
L’Arabie Saoudite a sapé la campagne américaine actuelle contre la Chine concernant le Xinjiang.
Erdogan a également fait part de l’appréciation de la Turquie pour l’initiative chinoise en cinq points visant à assurer la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient et de sa volonté d’approfondir la communication et la coordination avec la Chine sur les affaires régionales.
– Le pacte Chine-Iran change la donne – 2 La Chine se positionne du bon côté de l’histoire, Indian PunchlineRéseau International
La Chine a proposé dernièrement une « initiative en cinq points » qui repose sur l’adhésion au respect mutuel (non-ingérence dans les affaires intérieures), l’équité et la justice (lire la question palestinienne), la non-prolifération (zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient), la sécurité collective (proposition d’organiser en Chine une conférence de dialogue multilatérale pour la sécurité régionale dans le Golfe) et la coopération au développement (Initiative Ceinture et Route, accords de libre-échange). Il ne sera pas facile pour les États-Unis d’égaler ce paquet chinois de « multilatéralisme authentique ».
Jamais auparavant les États-Unis n’ont été confrontés, de la part de l’Union soviétique ou de leurs concurrents occidentaux, à ce genre de défi que la Chine pose aujourd’hui en offrant aux États régionaux une toute nouvelle voie de développement et de gouvernance qui donne la primauté à leur identité nationale en tant qu’États souverains, désireux de diversifier leurs économies et de ne pas continuer à servir de stations-service pour Big Oil, 05/04/2021.
– Mathieu GUIDÈRE, La guerre des islamismes, Gallimard, 2017 [France Culture]. Livre méconnu, mais indispensable pour comprendre la géopolitiques des islamismes au Moyen-Orient, au Maghreb et au Sahel. Le lecteur pressé se reportera aux tableaux (p.27-39) qui résument la complexité de la problématique totalement ignorée.


[10] Lire :
– Joël BELLASSEN, Méthode d’initiation à la langue et à l’écriture chinoises, Librairie Le Phénix.
Dossier Pensée chinoise, Monde en Question.
Dossier Jacques GERNET, Monde en Question.
Dossier François JULLIEN, Monde en Question.

Da hong deng long gao gao gua (1991)


Cycle Cinéma Chine 1990-2001

 

Titre : Da hong deng long gao gao gua – Épouses et concubines
Réalisateur : ZHANG Yimou
Acteurs : Gong Li, Caifei He, Cao Cuifen
Durée : 2h05
Année : 1991
Pays : Chine
Genre : Drame
Résumé : Adaptation de la nouvelle 妻妾成群 – Épouses et concubines (TONG Su, 1989).
Songlian, jeune fille de dix-neuf ans, accepte de devenir la quatrième épouse de maitre Chen Zuoqian. À travers son initiation aux rites du clan et sur quatre saisons, le film met en scène les intrigues que les femmes se livrent entre elles pour attirer l’attention du maitre et assurer leur suprématie.
Fiche : Ciné fichesIMDb
Partage déniché par Chine en Question
Avis de Chine en Question : Les premières images de Gong Li, filmée de face en gros plan, situent d’emblée la problématique : elle accepte d’être la quatrième épouse d’un riche propriétaire pour aider sa mère après le décès de son père. Brigitte Duzan s’embourbe dans une expression politiquement correcte (féministe et anti-chinoise), mais abusive, en parlant du sort de la femme dans la société patriarcale chinoise. En Chine, comme ailleurs, seuls les hommes riches s’offraient des concubines. Posséder plusieurs femmes relevait de la consommation ostentatoire.
Comme le montre d’emblée l’adaptation de la nouvelle éponyme, ces femmes participaient activement à cette coutume en rivalisant entre elles pour être la favorite et encaisser les bénéfices, même illusoires, de ce statut [05’39, 14’00 et 21’20]. Elles étaient les gardiennes de leur prison dorée ! Le maître, peu visible car filmé de loin sans aucun plan de son visage, obéit lui aussi aux coutumes c’est-à-dire aux règles pour conserver et accroître le prestige de sa classe.
Avis de : Chinese MoviesCiné-club de CaenSens Critique

Lire aussi :
Dossier Thorstein VEBLEN (avec liens), Monde en Question.
Dossier Cinéma Chine, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier Chine, Monde en Question.
Revue de presse Chine, Chine en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Revue de presse, Monde en Question.

Réponse à R.L. 1/2 – La liberté d’expression en démocratie


 

Un lecteur m’a adressé plusieurs commentaires via le mail public de ce blog. J’ai répondu à l’un à la suite de l’article Has China Won? – La Chine a-t-elle gagné ?. Je réponds à celui qui suit en deux parties :

Bonjour Serge
Je te pose donc quelques questions :
– quel système politique (idéologique ?) souhaiterais-tu voir arriver au pouvoir ?
– quelle place devrait-il laisser-il à la liberté de la presse et à la liberté d’expression des citoyens ?
– quel système (pays) te semble-t-il le plus proche de ton idéal ?
– quelles en sont les conditions de liberté et de possibilités d’expression directe ?
– aurais-tu des exemples de médias qu’ils auraient pu créer pour le faire ?
à te lire
bonne journée
R.L.

À propos de la liberté d’expression, j’éclate de rire car elle est sans cesse invoquée par ceux qui la bafouent pour les siens, mais la prêchent… pour les autres [1].

Je vous invite à lire attentivement le communiqué de l’Ambassade de Chine à propos de la polémique sur le voyage politique d’élus français à Taïwan [2]. J’ai rappelé à cette occasion l’alinéa 2 de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme :

L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions, prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire.
source

Il est nécessaire de rappeler aussi des faits que beaucoup ignorent ou veulent ignorer :

Richard Nixon (Parti républicain) a visité la Chine en février 1972. Il a rencontré le président Mao Zedong et signé le Communiqué de Shanghai avec le Premier ministre Zhou Enlai. Mais c’est seulement au cours de la présidence de Jimmy Carter (Parti démocrate) et de Deng Xiaoping que les États-Unis et la Chine établissent des relations diplomatiques à partir du 1er janvier 1979, soit 30 ans après l’indépendance de la Chine :

As part of the agreement, the United States recognized the Government of the People’s Republic of China as the sole legal government of China, and declared it would withdraw diplomatic recognition from Taiwan (also known as the Republic of China).
Dans le cadre de cet accord, les États-Unis ont reconnu le Gouvernement de la République populaire de Chine comme le seul gouvernement légal de la Chine et ont déclaré qu’ils retireraient la reconnaissance diplomatique de Taïwan (également connue sous le nom de République de Chine).
source américaine

La liberté d’expression est à géométrie variable :

– La France considère comme illégal l’appel au boycott de certains produits israéliens, mais approuve celui du coton en provenance du Xinjiang [3].
– La France s’abstient de commenter (qui ne dit mot consent) l’existence du ghetto de Gaza (depuis 54 ans) qui reproduit en pire celui de Varsovie (de 1940 à 1943).
– Aucun gouvernement ni aucun média ne donnent des leçons de démocratie à l’État d’Israël pourtant en péril depuis 2018 avec un Premier ministre qui bafoue la loi en s’appuyant sur une majorité de députés racistes de droite et d’extrême droite [4].
– Personne non plus n’ose critiquer les sionistes religieux qui assassinent des Palestiniens avec l’appui plus ou moins explicite de Tsahal, l’armée israélienne.
– Au nom des droits de l’homme, de la femme et de la laïcité, la France interdit le port du voile dans les espaces publics, mais dénonce la soi-disante oppression des musulmans en Chine alors que les femmes peuvent porter le voile au Xinjiang [5].

J’avoue ne pas comprendre que tant de gens, qui se disent attachés à la démocratie et à la liberté d’expression, acceptent sans broncher qu’elles ne soient pas respectées dans leur propre pays, mais s’indignent qu’elle soient bafouées ailleurs sans se préoccuper de la véracité de l’accusation ni de l’existence de preuves en provenance de sources fiables et variées.

La liberté d’expression aujourd’hui n’existe réellement que pour ceux qui relaient le discours dominant. Les autres s’exposent à la fermeture de leur compte Google, YouTube, Facebook, Twitter, etc. Ces entreprises s’octroient le droit d’interdire toutes les publications d’un auteur sans préavis et sans droit de recours. C’est la loi de la jungle et de l’arbitraire ! Tout le monde semble s’en accommoder voire approuver cette dictature orwelienne [6].
En France, on cite volontiers la phrase attribuée de manière apocryphe à Voltaire Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire, mais on applaudit à la fermeture du compte Twitter de Donald Trump [7]. Comprenne qui pourra !

J’ai été confronté plusieurs fois à cet abus de pouvoir :

– Blog Monde en Question supprimé sans préavis et sans explication par Free le 11/12/2006 suite à l’article El triunfo de la demagogia, republié à l’identique sur Mundo en Cuestión. La fréquentation du blog en espagnol est passée de 9410 à 15 visites en moyenne par jour !
– Blog Monde en Question supprimé sans préavis et sans explication par WordPress le 11/07/2016 suite à l’article J’irai cracher dans vos soupes, republié sur Monde en Question. La fréquentation du blog en français est passée de 1450 à 135 visites en moyenne par jour !

Beaucoup d’administrateurs de site fonctionnent sur le même principe en ne publiant pas les commentaires qui leur déplaisent pour des raisons non dites. C’est la loi de la jungle de la censure par le silence. Voici deux exemples à dix ans d’intervalle et sur des sujets différents :

– Les petits secrets de Dedefensa, Monde en Question, 05/04/2011.
– ¿Quién es scalisto?, Mundo en Cuestión, 08/02/2021. Cette fripouille n’a pas publié mon commentaire, mais a aussi éliminé le commentaire d’un autre lecteur qui disait apprécier les catégories de Ciné Monde (copie d’écran).

L’absence de démocratie existe à tous les niveaux de la vie sociale. La semaine dernière, j’ai participé à la réunion des parents de la classe de ma fille (10 ans) et exprimé mon désaccord du fait que le professeur d’éducation artistique n’avait pas donné cours, mais exigeait que les élèves fassent un devoir pendant les vacances de Pâques. La directrice m’a répondu « C’est votre point de vue, mais tous les parents sont d’accords ! » Argument d’autorité car personne n’a évidemment été consulté.

Dans les démocraties modernes, la pensée non conforme est marginalisée voire éliminée en silence avec l’assentiment de la majorité. Tout le monde se couche devant Mark Zuckerberg (Facebook) ou Jack Dorsey (Twitter) qui ont plus de pouvoir qu’un État et d’autant plus qu’ils sont hors-la-loi [8].

Il m’est de plus en plus difficile de discuter sereinement avec ceux qui se vautrent dans le racisme républicain et catho-laïque de l’im-Monde ou de Charlie hebdo [9], car avant de faire des leçons à la Chine, il conviendrait de respecter la liberté d’expression dans son propre pays et à tous les niveaux de la vie sociale !

Pour conclure sur une note cinématographique, je vous invite à voir Le septième juré que je découvre par hasard ce soir [10]. Le film se déroule à Pontarlier, une ville de province où tout le monde se connaît et se soutient, enfin ceux qui ont du pouvoir. Le pharmacien tue une entraîneuse de bar. Tout le monde croît à la culpabilité de son amant qui est donc logiquement accusé. Mais le pharmacien, le septième juré, le fait acquitter et puis se dénonce. Peine perdue, car personne ne le croit. Je suis libre de ne pas vous croire lui répond même l’amant [1h29]. Morale de l’histoire : la croyance est préférable à la vérité ! Car c’est bien jolie la vérité, mais quand ça ne sert à rien… conclue la femme du pharmacien [1h33].

29/03/2021
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Chine en Question

Lire aussi :
Droits de l’homme en Chine, Chine en Question.
Revue de presse Chine – Taïwan, Chine en Question.
Revue de presse Chine – Xinjiang, Chine en Question.
Dossier Politique Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Revue de presse, Monde en Question.

Notes et références


[1] Lire : Luciano CANFORA, Exporter la liberté – Échec d’un mythe, 2008 [Texte en ligne]. Voir aussi : Imposture démocratique, Monde en Question.


[2] Lire : Une discussion démocratique sur la liberté d’expression, Ambassade de Chine, 21/03/2021.


[3] Lire :
– Boycott d’Israël : la directrice de publication du site EuroPalestine au tribunal, The Times of Israël, 15/03/2021 – CAPJPO EuroPalestineBDS France.
– Boycott des produits israéliens : la France persiste à y voir un délit en dépit de la décision de la CEDH, Actu-Juridique, 23/03/2021.
– H&M boycotte le coton du Xinjiang !, Capital, 24/03/2021.
– Le boycott du coton du Xinjiang par la BCI est voué à l’échec, Xinhua, 30/03/2021
Bien que la BCI se présente comme une organisation indépendante à but non lucratif, l’un de ses principaux partenaires financiers est l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), qui admet sans ambages que son travail « fait progresser la sécurité nationale et la prospérité économique des Etats-Unis ».
Marc Lewkowitz, l’actuel président du conseil de la BCI, est également PDG de Supima, l’organisation de promotion et de commercialisation des producteurs américains de coton Pima. Le coton Pima et le coton du Xinjiang étant concurrents, on ne peut que s’inquiéter d’un éventuel conflit d’intérêt.
– Boycotté en Chine, H&M tente de calmer la crise, 20 minutes, 31/03/2021.


[4] Lire :
– L’homme qui a divisé Israël, The Times of Israël, 01/04/2021
Netanyahu représente dorénavant une menace potentielle pour la démocratie israélienne.
L’électorat s’est exprimé. Mais les machinations politiciennes viennent seulement de débuter.
Et, une fois encore, l’avenir d’Israël est sur le fil du rasoir.
Revue de presse Palestine – Israël, Monde en Question.


[5] 3 témoignages de Gulbahar Haitiwaji :

Les musulmans les plus religieux portent la barbe et leurs épouses se couvrent d’un voile.
Des femmes voilées en côtoyaient d’autres en blue-jeans et sweats à capuche.
Mais qu’on ne s’y méprenne pas : je ne dis pas que toutes les femmes du Sud sont voilées, et que toutes celles du Nord ont le visage découvert.

Gulbahar HAITIWAJI, Rozenn MORGAT, Rescapée du goulag chinois, Éditions des Équateurs, 2021 [Texte en ligne].


[6] Lire :
– Sur la méthode Mark Zuckerberg :

Depuis ses études à Harvard, Mark Zuckerberg a opposé une indifférence constante à l’autorité, aux règles et aux utilisateurs de ses produits. Il a piraté les serveurs de son université, s’est approprié certains des contenus de cette dernière pour créer ses premiers produits et a abusé de la confiance des frères Winklevoss. Par la suite, il a exprimé son point de vue sur les utilisateurs dans un échange sur messagerie instantanée avec un ami de sa faculté, juste après le lancement de TheFacebook. Le voici, comme rapporté par Business Insider :
Zuck : Ouais, donc si jamais tu as besoin d’infos sur n’importe qui à Harvard…
Zuck : T’as qu’à me demander.
Zuck : J’ai plus de 4000 courriels, photos, adresses et profils sur les réseaux sociaux.
[Nom de son ami] : Quoi ? Comment t’as obtenu ça ?
Zuck : Les gens ont fourni eux-mêmes toutes ces infos.
Zuck : Je sais pas pourquoi.
Zuck : Ils me font confiance.
Zuck : Quelle bande d’abrutis.
À ma connaissance, Zuck a toujours estimé que les utilisateurs accordent plus de valeur à la vie privée qu’ils ne le devraient. Par conséquent, il a généralement choisi de les contraindre à ouvrir davantage l’accès à leurs données personnelles. Pour l’essentiel, le pari contre la vie privée a été payant pour Facebook. Les utilisateurs, par ignorance ou par dédain, ne se sont pas opposés à la violation de leur vie privée, ce qui a permis à la plateforme de se hisser au rang des plus importantes sociétés du monde.

Roger MCNAMME, Facebook, la catastrophe annoncée – Les confessions de l’ancien mentor de Mark Zuckerberg, 2019 [Texte en ligne]
– Comment Facebook fait la guerre aux Palestiniens, Chronique Palestine, 05/11/2019.
– Amnesty international alerte sur la censure de Facebook et Google au Vietnam, Le Temps, 01/12/2020.


[7] Lire :
– Voltaire n’a jamais dit « Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai… », Projet Voltaire.
– Trump censuré les réseaux sociaux plus forts que le peuple ?, Sputnik, 07/01/2021.
Google, YouTube, Facebook, Twitter, etc. décident seuls et sans contrôle ce que nous avons le droit de lire, de voir et d’entendre !.
– La mascarade du Capitole et la fiction démocratique, Bruno Guigue
La propriété capitaliste des moyens d’information est, par définition, ce dont il est impossible de débattre dans les conditions fixées par la pseudo-démocratie. Si on le faisait, on serait contraint d’admettre que cette démocratie est une farce, et que le barnum politicien est l’écran de fumée jeté sur une privatisation monstrueuse du bien commun. On s’apercevrait que la fabrique du consentement est le principal ressort de la perpétuation de l’oligarchie et que le signifiant démocratie est un mot-valise, bon à tout et propre à rien, qui doit son efficacité symbolique à l’énorme mensonge dont il est le prétexte, 13/01/2021.


[8] Lire :
– Facebook bloque les médias en Australie, le gouvernement crie à la censure, BFMTV, 18/02/2021.
– La Russie menace de bloquer définitivement Twitter d’ici un mois Sputnik, 16/03/2021.


[9] Lire :
– Omar SLAOUT, Olivier LE COUR GRANDMAISON (sous la direction de), Racismes de France 2020 [Texte en ligne].
Propagande de l’im-Monde, Chine en QuestionMonde en Question.
Propagande de Charlie Hebdo, Chine en QuestionMonde en QuestionCiné Monde.


[10] Voir : Le septième juré (1962) de Georges Lautner avec l’excellent Bernard Blier. Partage déniché par Monde en Question.

Un témoignage au service de la propagande


 

à Samir Bakhtar
L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence… voilà l’équation.
Averroès

Je n’ai aucune sympathie pour XI Jinping comme je m’en suis expliqué dans l’article C’est probablement le début de la fin, mais je ne suis pas assez naïf non plus pour copier-coller la nauséabonde propagande occidentale contre la Chine.

Je me garderai bien de donner des leçons de démocratie aux Chinois, mais j’en donnerai davantage aux Français qui, de l’im-Monde à Charlie hebdo, se vautrent dans le racisme catho-laïque bien pensant mais ignorant.

Gulbahar HAITIWAJI, Rozenn MORGAT, Rescapée du goulag chinois, Éditions des Équateurs, 2021 [Texte en ligne].

Le matraquage médiatique autour de ce livre est tel que je n’avais même pas pris la peine de le télécharger. Mais la critique d’Emmanuel Wathelet [1] m’a incité à perdre un peu de mon temps pour parcourir cet ultième monument de la propagande anti-chinoise. Ma critique sera circonstanciée mais volontairement courte.

L’avant-propos, signé Rozenn Morgat, présente la famille Haitiwaji comme des réfugiés politiques, sans en donner la preuve, qui vivent dans un appartement à Boulogne. Elle ne dit rien de leurs ressources en France, mais des détails, comme celui du canapé blanc, montrent qu’ils sont loin de la misère des émigrés maghrébins ou africains.

Sur le fond, il ne s’agit pas d’un témoignage direct, mais des dires de Gulbahar Haitiwaji traduits (remaniés) par Gulhumar Haitiwaji, sa fille, mis en forme (profondément remaniés) et très longuement commentés par Rozenn Morgat, journaliste au Figaro. Sa contribution est déterminante car, comme je le montre plus loin dans l’analyse d’un chapitre pris au hasard, son discours occupe plus de 57% de l’espace !

L’usage du mot « goulag » dans le titre révèle d’emblée beaucoup de choses sur ses intentions. Une page du chapitre 13 évoque les laogai en les assimilant aux goulags. Ce tour de passe-passe sémantique, un copier-coller de Wikipédia, révèle la manipulation de la journaliste qui ajoute deux termes non usités par les Chinois mais par les médias occidentaux :

Introduits par Mao Tsé-toung en 1957, les laogai, littéralement des « centres de réforme par le travail », étaient à l’empire du Milieu ce que le Goulag était à l’URSS.

Nommer la Chine « empire du Milieu » relève de la propagande anti-chinoise car zhōng guó se traduit par « pays du milieu » et la Chine est une République depuis le 1er janvier 1912 [2].
Assimiler laogai et goulag permet de conditionner le lecteur pour provoquer le réflexe pavlovien de la peur de la terreur rouge, entretenue depuis plus d’un siècle.

Beaucoup de mots sont utilisés par la journaliste pour alimenter ce climat. Voici un aperçu d’occurrences classées par ordre de fréquence :

camp = 145
prison = 79
rééducation = 62
peur = 35
mort = 28
torture = 13
angoisse = 11
violence = 11
goulag = 3
crainte = 3
inquiétude = 3
effroi = 1
terreur = 1

Le chapitre 12 commence (p.123) comme un témoignage écrit à la première personne puis bascule rapidement (p.125) « Dehors, au Xinjiang, la répression s’accélère. » Qui parle ? Ce n’est pas Gulbahar Haitiwaji puisqu’elle enfermée et donc ignorante non seulement de ce qui se passe au Xinjiang, mais plus encore ailleurs en Europe ou à l’ONU. Elle a d’ailleurs dit précédemment « Je n’ai aucune idée des événements extérieurs » (p.121). C’est évidemment Rozenn Morgat qui réécrit ce que ses confrères et consœurs journalistes propagandaient à l’époque. Cette prose écolière se poursuit sur 6 pages.

Le récit revient au mode témoignage (p.132), mais Gulbahar Haitiwaji (un doute subsiste sur la véritable locutrice) rapporte le combat de sa fille, dont elle n’a eu connaissance qu’après coup (il s’agit donc d’une reconstruction réalisée par Gulbahar ou par Gulhumar ou par la mère et la fille), en faisant le lien avec l’intermède journalistique de Rozenn Morgat des pages précédentes (en gras) :

Le combat de Gulhumar piétine, loin des rampes médiatiques et des regards entendus des experts onusiens. Alors que les révélations sur les camps de rééducation se déversent partout, ma fille lance des bouteilles à la mer pour me faire libérer. Elle toque à toutes les portes : celles de familles ouïghoures exilées [lesquelles ?], de personnalités de la diaspora [lesquels ?], d’avocats spécialistes des droits de l’homme [lesquels ?]. Ils lui prodiguent conseils et réconfort, mais pas de résultat.

Le chapitre 12 se termine (p.133) par une série de suppositions (en gras) :

J’imagine des policiers.
Comme si la ligne, tout d’un coup, n’existait plus ; comme si le numéro, soudain, avait été supprimé.
Depuis deux ans, mes filles et mon mari imaginent le pire : ils me croient morte.

Selon Rozenn Morgat, Gulbahar Haitiwaji pratiquerait un islam « modéré ». Or elle traduit toujours Allāh par Dieu comme pour effacer tout référence à la religion musulmane dénoncée comme rétrograde et à ce titre combattue en France :

Hommes et femmes prient Dieu dans des mosquées et pas dans des temples bouddhistes
C’était Gulhumar, mon Dieu !
Dieu soit loué, ils t’ont laissée partir !
Mon Dieu, faites qu’ils m’envoient à l’école.
Mon Dieu, qu’est-ce qu’on s’ennuyait !
Moi qui n’étais pas une croyante fervente, je me suis tournée vers Dieu.
Dans cette position, impossible pour la caméra de repérer mes murmures à Dieu.
Mon Dieu, ils ont pris Madina.
Il n’y a plus que Dieu qui puisse m’entendre.
Mon Dieu, ou les emmènent-ils ?
Mon Dieu, je rentrais à la maison
Mon Dieu, que c’est lent !

Pour conclure, je vous invite à lire le témoignage de Laurène Beaumond, journaliste française qui a vécu sept ans en Chine et a effectué une dizaine de séjours au Xinjiang [3] :

Dans le Xinjiang, tous les panneaux de signalisation et les enseignes des magasins sont en mandarin et en langue turcophone parlée par les Ouïghours. Les documents administratifs sont également dans les deux langues. Ayant été victime d’un pépin de santé qui m’a obligée à rester hospitalisée une semaine à Urumqi en 2016, j’ai été soignée par une équipe de médecins ouïghours dans un établissement situé juste à côté d’une des plus grandes mosquées de la ville. Chaque matin, j’étais réveillée par le chant du muezzin qui appelait les fidèles à la prière et la cantine de l’hôpital était 100% halal.

La polémique sur le coton du Xinjiang est particulièrement injuste. Des travailleurs forcés ouïghours pour ramasser les fleurs de coton dans les champs ? Sommes-nous toujours au temps de l’esclavagisme aux États-Unis ? Heureusement que le ridicule ne tue pas… Plus de 70% du coton est ramassé mécaniquement, vu l’immensité des parcelles.

27/03/2021
dernière citation ajoutée le 02/04/2021 (jour de mon anniversaire)
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Chine en Question

Lire aussi :
Dossier Chine – Xinjiang, Monde en Question.
Revue de presse Chine – Xinjiang, Chine en Question.
Droits de l’homme en Chine, Chine en Question.
Dossier Politique Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Revue de presse, Monde en Question.


Notes et références


[1] Lire : J’ai lu « Rescapée du goulag chinois » (1/5), Le blog du radis, 23/03/2021. À suivre
Sous la IIIe République les radicaux étaient comparés aux radis : « rouges à l’extérieur, blancs à l’intérieur et toujours près du beurre » car ils se prétendaient politiquement à gauche, mais étaient économiquement et socialement à droite et participaient à tous les gouvernements.
Serge BERSTEIN et Marcel RUBY (sous la direction de), Un siècle de radicalisme, 2004 [Texte en ligne]


[2] Lire :
中国 zhōng guó, Chine en Question.
Articles critiquant l’expression Empire du Milieu, Chine en Question.


[3] Lire :
– « Mon » Xinjiang Halte à la tyrannie des fake news, Bruno GuigueRéseau International, 01/04/2021.
– Ruolin Zheng répond à la campagne anti-chinoise, SoundCloud, 10/03/2021.
Les accusations de génocide, selon lui, sont totalement sans fondement. La croissance stable de la population ouïgoure au Xinjiang en est une preuve. Les Ouïghours furent exemptés de la loi de l’enfant unique. Les familles pouvaient avoir 2, 3 et 4 enfants. L’accusation de « génocide culturel » ne tient pas non plus car la langue Ouïghour et la religion musulmane se portent très bien.

Ju Dou (1990)


Cycle Cinéma Chine 1990-2001

 

Titre : Ju Dou
Réalisateur : ZHANG Yimou
Acteurs : Gong Li, Li Wei, Zhang Yi
Durée : 1h34
Année : 1990
Pays : Chine
Genre : Drame, Romance
Résumé : Adaptation de la nouvelle Fuxi, Fuxi (LIU Heng, 1991).
Fiche : Ciné fichesIMDb
Partage déniché par Chine en Question
Avis de Chine en Question : Dans un film français le réalisateur s’attarderait lourdement à montrer le mari battre sa femme. Zhang Yimou l’évoque avec retenue en laissant le spectateur construire son interprétation. De même, les scènes de nudité ne sont pas racoleuses y compris celle plus sexuelle [29’20]. La scène la plus faible est celle de l’amant pleurnichant [57’54]. Après le meurtre inattendu du vieux mari [1h04], le récit prend un tour étrange jusqu’au double drame final [1h26].
Le jeu de Gong Li contribue beaucoup á la réussite de ce film.
Avis de : Chinese MoviesSens Critique
Cinéma dans le monde en 1990 :
Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau.
Tulitikkutehanta tyttö – La fille aux allumettes de Aki Kaurismäki.
Taksi-Blyuz – Taxi Blues de Pavel Lounguine.

Lire aussi :
Charles LE BLANC, L’invention du mythe de Fuxi et Nügua, 2008 [Texte en ligne].
Dossier Cinéma Chine, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier Chine, Monde en Question.
Revue de presse Chine, Chine en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Revue de presse, Monde en Question.