Chine en Question

Blog dédié au Monde chinois

L’Empire du Monde de la bêtise


Parmi les médias dominants, qui distillent quotidiennement leur propagande anti-chinoise, Le Monde est placé dans le peloton de tête après Rue89. Ainsi, un publireportage (publicité déguisée en reportage) sur le Salon automobile de Shanghaï, est l’occasion d’afficher les préjugés occidentaux concernant la Chine.

Le titre, Les Chinois ne roulent plus à contresens, est significatif à cet égard. Le bon sens est naturellement celui défini par la mode occidentale, concoctée par des agences et imposée aux consommateurs. Quand les constructeurs chinois se mettent en phase avec les courants dominants, ils ne roulent plus à contresens. Pléonasme journalistique.

Le journaliste-publicitaire utilise à deux reprises la formule coloniale pour désigner la Chine :

Cette convergence amène un autre constat : l’empire du Milieu est devenu une nation automobile (presque) comme les autres.

D’autre part, l’intégration de l’empire du Milieu dans le concert automobile global impose de prendre à bras-le-corps les contraintes environnementales.

Il ignore certainement que la Chine est une République depuis 1912 et maintient cette appellation coloniale pour souligner que, en matière automobile, le premier marché mondial s’aligne lentement sur le modèle occidental.

26/04/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Jean-Michel Normand, Les Chinois ne roulent plus à contresens, Le Monde, 25/04/2013.
• Serge LEFORT, zhōng guó, Chine en Question, 23/02/2010.
• Serge LEFORT, L’Empire du Milieu I, Chine en Question, 16/11/2012.
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Chine- États-Unis


L’agence de presse Xinhua a publié une série d’articles issus d’un rapport intitulé "L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012" publié par le Conseil des Affaires d’État du gouvernement chinois en réponse à celui publié par le Département d’État américain.

L’écart de richesse se creuse aux États-Unis

L’écart entre les riches et les pauvres s’agrandit au fil des ans aux États-Unis, selon un rapport sur les droits de l’homme aux États-Unis publié dimanche.

Le coefficient de Gini des États-Unis était de 0,477 en 2011 et l’inégalité des revenus a augmenté de 1,6% entre 2010 et 2011, indiquant un accroissement de l’écart entre les riches et les pauvres, indique le rapport.

Le taux de pauvreté était de 15% en 2011, avec 46,2 millions de personnes vivant dans la pauvreté, selon les données publiées par le Bureau du recensement des États-Unis en septembre 2012.

Par ailleurs, 21 personnes sur 10.000 sont sans domicile fixe, et environ quatre personnes sans domicile fixe sur dix sont sans abri, selon le rapport.

Le rapport intitulé "L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012" a été publié par le Bureau de l’information du Conseil des Affaires d’État, gouvernement central chinois, en réponse au Rapport 2012 sur la situation des droits de l’homme dans le monde, publié par le Département d’État américain.

Xinhua

La discrimination raciale reste répandue aux États-Unis

La discrimination raciale aux États-Unis n’a connu aucune amélioration et les personnes de couleur ne jouissent pas de droits politiques, économiques et sociaux égaux, indique un rapport sur les droits de l’homme aux États-Unis publié dimanche.

Le droit de vote des Américains issus de groupes ethniques est limité et certains électeurs américains d’origine asiatique ont été bloqués dans les bureaux de vote lors de l’élection présidentielle de novembre 2012, rappelle le rapport, intitulé "L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012", publié par le Bureau de l’information du Conseil des Affaires d’État.

En 2010, plus de deux millions d’Afro-Américains avaient été privés de leur droit de vote, rappelle le document, citant des médias.

La discrimination raciale reste répandue dans les domaines de la répression policière et de la justice, la police ayant tendance à adopter une attitude plus tolérante envers les Blancs, explique le rapport, ajoutant que les Américains issus de groupes ethniques étaient victimes de discrimination sur le marché du travail de sorte que leur situation économique s’empire.

Les cas de discrimination religieuse augmentent également rapidement, avec de multiples insultes et attaques contre les Musulmans.

Citant un récent sondage réalisé par American media, le rapport rappelle que 51% des Américains ont une attitude explicitement négative à l’égard des Afro-Américains, soit trois points de pourcentage de plus qu’en 2008.

De plus, les droits des immigrants illégaux sont violés. Des décès ont souvent lieu dans les centres de rétention administrative.

Xinhua

Les Américains issus de groupes ethniques vivent dans la pauvreté à cause de la discrimination

La situation économique des Américains issus de groupes ethniques s’est détériorée du fait qu’ils sont victimes de discrimination sur le marché du travail, indique un rapport sur les droits de l’homme aux États-Unis publié dimanche.

"L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012" a été publié par le Bureau de l’information du Conseil des Affaires d’État de Chine, en réponse au Rapport 2012 sur la situation des droits de l’homme dans le monde, publié par le Département d’État américain.

Le revenu moyen des ménages Afro-Américains s’élevait à 32.229 dollars en 2011, inférieur de 60% à celui des Blancs non-hispaniques, selon le rapport, citant des statistiques du Bureau du recensement des États-Unis.

Le taux de pauvreté des Afro-Américains était de 27,6% en 2011, soit environ trois fois celui des Blancs non-hispaniques.

La discrimination sur le marché du travail est la principale cause de la disparité des revenus et de la pauvreté, note le rapport rédigé chaque année par le gouvernement chinois pour répondre au rapport des États-Unis qui rabaisse la situation des droits de l’homme en Chine.

Selon les statistiques du Département du Travail des États-Unis, le taux de chômage des Blancs était de 7,0% en octobre 2012, alors que le taux de chômage des Afro-Américains et des Hispaniques étaient respectivement de 14,3% et 10%, selon le rapport.

Xinhua

Les femmes aux États-Unis sont victimes de discrimination, de la pauvreté et de violences sexuelles

Les femmes aux États-Unis sont victimes de discrimination sur le marché du travail et sont plus vulnérables à la pauvreté et à la violence, certaines étant victimes d’agression sexuelle, indique un rapport publié dimanche sur les droits de l’homme aux États-Unis.

Les États-Unis comptent parmi le petit nombre de pays à n’avoir pas ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, précise ce rapport intitulé "L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012", publié par le Bureau de l’information du Conseil des affaires d’État de Chine.

Deux tiers des travailleurs touchant le salaire minimum ou moins et 61% des travailleurs à plein temps au salaire minimum en 2011 étaient des femmes, indique ce rapport, citant le Bureau des statistiques sur l’emploi des États-Unis.

Les femmes enceintes et les jeunes mères font face au risque d’être licenciées par leurs employeurs, ajoute ce rapport.

Le taux des femmes souffrant de la pauvreté était de 14,6% en 2011, contre 10,9% pour les hommes. Les femmes sont plus vulnérables à la pauvreté et environ 40% des femmes qui sont chef de famille vivent dans la pauvreté, ajoute ce rapport, citant l’organisation américaine National Women’s Law Center.

Les femmes sont victimes de violence et d’agressions sexuelles. Les femmes dans l’armée sont souvent victimes d’agressions sexuelles aux États-Unis et environ 79% d’entre elles ont rapporté avoir été victimes d’harcèlements sexuels, indique ce rapport.

Xinhua

La vie et la sécurité personnelle des citoyens aux États-Unis ne sont pas dûment protégés

La vie et la sécurité personnelle des citoyens aux États-Unis, qui sont hantés par les crimes violents, ne sont pas dûment protégés, indique un rapport sur les droits de l’homme aux États-Unis publié dimanche.

Le gouvernement américain a peu fait en matière de contrôle des armes à feu, souligne le rapport, intitulé "L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012", qui a été publié par le Bureau de l’information du Conseil des Affaires d’État de Chine.

Les Américains sont les plus armés du monde en termes de nombre d’armes à feu par habitant, indique le rapport, citant la chaîne de télévision CNN, selon laquelle 270 millions d’armes à feu sont possédées par des civils aux États-Unis, alors que plus de 100.000 personnes sont victimes d’armes à feu chaque année.

Deux décisions de justice rendues en 2008 et en 2010 par la Cour suprême des États-Unis ont réduit fortement l’autorité de l’État et des gouvernements locaux en matière de limitation du port d’armes, rappelle le rapport.

Environ la moitié des 50 États américains ont promulgué des lois permettant aux propriétaires d’armes à feu de les porter dans la plupart des lieux publics. Beaucoup d’État ont adopté la loi "Défendez-vous" (Stand your ground) qui autorise les citoyens à utiliser la force, quitte à tuer, s’ils se sentent menacés, même si, dans certain cas, ils peuvent échapper à la menace sans avoir besoin d’avoir recours à la violence, souligne le rapport.

Xinhua

Le mauvais traitement des suspects et des détenus est courant aux États-Unis

Le mauvais traitement des suspects et des détenus est un phénomène courant aux États-Unis, selon un rapport publié dimanche par la Chine sur l’état des droits de l’homme aux États-Unis.

De nombreuses poursuites ont été engagées contre le commissariat de police de New York, où des agents de police ont été accusés d’avoir violé les droits civiques des citoyens au cours de leur service, indique le rapport.

Citant un rapport de CNN de mai 2012, le document révèle que 9,6% des détenus ont été victimes d’abus sexuel en prison, soit plus du double que le chiffre cité dans un rapport publié en 2008.

Le rapport intitulé "L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012" a été publié par le Bureau de l’Information du Conseil des Affaires d’État, gouvernement central chinois, en réponse au Rapport 2012 sur la situation des droits de l’homme dans le monde, publié par le Département d’État américain.

Xinhua

Les guerres engagées par les États-Unis ont causé des pertes civiles massives

Les guerres en Irak et en Afghanistan, toutes les deux déclenchées par les États-Unis, ont causé des pertes civiles massives, indique un rapport publié dimanche sur les droits de l’homme aux États-Unis.

De 2001 à 2011, la guerre contre le terrorisme engagée par les États-Unis a fait entre 14.000 et 110.000 morts par an, indique ce rapport, citant un article publié sur Internet par l’association Stop the War Coalition.

La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (UNAMA) a confirmé qu’au moins 10.292 non-combattants avaient été tués entre 2007 et juillet 2011, précise ce rapport intitulé "L’état des droits de l’homme aux États-Unis en 2012", publié par le Bureau de l’information du Conseil des Affaires d’État de Chine.

On estime qu’environ 115.000 civils ont été tués dans les conflits entre 2003 et août 2011, ajoute ce rapport.

Outre ces deux pays occupés, la "guerre contre le terrorisme" s’est répandue dans de nombreux pays voisins, dont le Pakistan, le Yémen et la Somalie, occasionnant de lourdes pertes civiles dans ces pays, indique ce rapport.

Par ailleurs, selon un rapport publié sur le site Internet de la BBC relatif aux attaques de drone américain dans les régions frontalières de l’Afghanistan et du Pakistan, "seule une victime sur 50 des attaques de drone américain au Pakistan est un terroriste, les autres sont des civils innocents".

Xinhua

Lire aussi :
• États-Unis – Des milliers de gens vivent dans des tunnels sous la terre, Le Grand Soir.
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Le Monde de la propagande


Les médias dominants français ne ratent pas une occasion pour colporter des mensonges de propagande sur la Chine.

Le virus grippal de type A de sous-type H7N9 est une nouvelle souche de la grippe aviaire, découverte fin mars 2013 en Chine. Comme en 2009 à propos de la grippe A/H1N1, L’in-Monde fait ses choux gras de la peur d’une épidémie alors qu’il avoue que "aucune contamination d’homme à homme n’a été établie".

La Chine est équipée d’un laboratoire de diagnostic et de recherche scientifique sur la grippe animale :

HARBIN, 4 mars (Xinhua) — L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a désigné lundi un laboratoire chinois comme centre de référence pour la grippe animale.

Le Laboratoire sur la grippe animale, qui appartient à l’Institut de recherche vétérinaire de Harbin de l’Académie des sciences agricoles de Chine, se trouve à Harbin, capitale de la province du Heilongjiang (nord-est).

Ce laboratoire est ainsi devenu le premier centre de référence chinois reconnu par la FAO et le deuxième au monde, après l’Institut Friedrich-Loeffler, organisme fédéral allemand de recherche sur la santé animale.

L’établissement de ce centre de référence en Chine montre que son niveau de diagnostic et de recherche scientifique sur la grippe animale est reconnu sur le plan international.

Selon Yu Kangzheng, chef des services vétérinaires chinois, cela permettra de promouvoir la coopération entre la Chine et la FAO à un niveau plus élevé.

Xinhua

Les médias chinois informent régulièrement de ce nouveau virus :

10/04/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Influenza virus A sous-type H7N9, Wikipédia.
• Grippe A/H1N1, 2009 Revue de presse Monde en Question2010 Revue de presse Monde en Question.
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Le conflit franco-chinois


La France de la Troisième République, sous l’impulsion de Jules Ferry, fit la guerre contre la Chine, entre septembre 1881 et juin 1885, pour prendre le contrôle du fleuve Rouge qui reliait Hanoï à la riche province du Yunnan en Chine. La victoire française avec la reconnaissance de son protectorat sur l’Annam et le Tonkin, s’ajoutant à la Cochinchine déjà occupée dix ans plus tôt et au Cambodge, conduisit à la création de l’Indochine française.

Édouard GUILLON, Le conflit franco-chinois (la guerre et les traités) d’après les documents officiels, A. Gratier, 1885 [Gallica].

L’auteur de ce document nomme la Chine l’Empire du Milieu, expression consacrée du colonialisme français.

S’il reconnaît les méfaits des précédentes guerres anglo-française contre la Chine, c’est pour mieux soutenir la légitimité de celle-ci.

Les deux guerres que l’Europe a faites à la Chine avant la guerre actuelle n’étaient pas davantage de nature à ramener l’Empire et à triompher de ses préventions. L’une est la guerre de l’opium, en 1840-42. Les Anglais ont vaincu la Chine pour avoir le droit de l’empoisonner. L’autre est la campagne de Pa-li-Kiao, en 1860. Les Français ont démontré l’excellence de leur civilisation par le pillage du Palais d’Été.
op. cit. p.9

En ce qui concerne le Tonkin, Édouard Guillon répète la propagande de l’époque :

En trois semaines, le Tonkin était à nous. Cette conquête de tout un royaume par une poignée de soldats et de marin rappelait les exploits des conquistadors espagnols du XVIe siècle. Elle restera une des pages les plus émouvantes de notre histoire coloniale.
op. cit. p.19

Comme la France considérait le Tonkin comme sa chasse gardée, elle n’hésita pas à faire la guerre contre la Chine pour sécuriser sa conquête coloniale. Les clauses du traité de 1884 (p.38-39) révèlent les roueries de la diplomatie française pour camoufler ses buts coloniaux sous le vocable politiquement correct du "libre trafic des marchandises entre l’Annam et la France" et pour continuer la guerre, que Jules Ferry appela des "destructions intelligentes", afin d’obtenir une indemnité de 80 millions.

En fait, il ne s’agissait pas d’une guerre puisque le Parlement n’avait pas donné son accord, mais d’un droit de représailles (p.43) car "il était injuste de condamner toute expansion coloniale" de la France (p.44). Bien que grisée par ses succès en Tunisie "une vaste et belle colonie qui complète l’Algérie", l’armée française redoutait les batteries Krupp (allemandes) de l’armée chinoise, mauvais souvenir de sa défaite en 1870. L’auteur vante donc l’héroïsme et la ténacité de l’armée car c’est au prix "de tâtonnements et de luttes pénibles", "de revers et de succès, de déceptions et d’espérances" que l’Algérie fut conquise (p.45).

Comme Jules Ferry démissionna le 30 mars 1885, ce fut son successeur qui signa le traité de paix qui consacra les droits coloniaux de la France sur la péninsule indochinoise.

Le but que la politique française poursuit depuis plusieurs années dans la péninsule indochinoise est d’assurer la pacification de l’Annam et particulièrement du Tonkin, afin d’ouvrir cette région à l’industrie et au commerce européens.
L’appui que les Annamites trouvaient au dehors a été la principale causes des difficultés auxquelles nous nous sommes heurtés. Ils recevaient, en effet, de leurs voisins non pas seulement des contingents militaires, mais des encouragements et une assistance morale qui les enhardissait à nous braver.
[…] les articles 1 et 2 du présent traité nous donnent des assurances positives et vous constaterez, sans doute avec satisfaction, qu’ils consacrent formellement de la part de l’Empire du Milieu la reconnaissance de nos droits sur l’Annam.
op. cit. p.55

Ces articles usent de la même rhétorique que celle de François Hollande pour justifier l’intervention de l’armée française au Mali.

Articles 1 (extraits)
La France s’engage à rétablir et à maintenir l’ordre dans les provinces de l’Annam qui confinent à l’empire chinois. À cet effet, elle prendra les mesures nécessaires pour disperser ou expulser les bandes de pillards et les gens sans aveu qui compromettent la tranquillité publique et pour empêcher qu’elles se reforment.
Articles 2 (extraits)
La Chine est décidée à ne rien faire qui puisse compromettre l’œuvre de pacification entreprise par la France.
op. cit. p.60

L’auteur vante les bénéfices militaire et politique de la guerre gagnée non sans difficultés contre la Chine.


op. cit. p.66

Il conclut sur le thème récurrent du colonialisme français :

Pour nous, Français, maîtres du Tonkin, dans cette influence de l’Europe sur l’Extrême Orient, à quelle part pouvons-nous prétendre ? Notre part ne sera pas politique, comme celle de la Russie ; elle ne sera pas commerciale comme celle de l’Angleterre. Elles sera plutôt morale et civilisatrice.

Et, in fine, avouant les bénéfices économiques de cette guerre pour conquérir l’Indochine, il fait le parallèle avec celles menées pour conquérir l’Afrique du Nord.


op. cit. p.67-68

06/04/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Guerre franco-chinoise , Wikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 05/04/2013].
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La Chine vue par Jack LONDON


Jack London est devenu un écrivain incontournable depuis que ses œuvres sont tombés dans le domaine public. Ses récits d’aventure, L’appel de la forêt et Croc-Blanc sont les best-sellers des éditeurs de la littérature de jeunesse. Ses récits politiques, moins lus aujourd’hui, restent auréolés d’une réputation révolutionnaire notamment Le talon de fer, mais ses écrits de propagande anti-chinoise sont ignorés ou méconnus.

Trotski considérait "Le Talon de fer" (1908) comme le seul roman politique réussi de la littérature. Un roman d’anticipation politique, pour être précis : qui prévoyait une guerre mondiale mettant aux prises l’Allemagne et les États-Unis, une révolution d’Octobre (mais à Chicago)… et l’avènement d’une dictature d’un genre nouveau (disons fasciste)… pour les trois siècles à venir ! C’est le grand roman "politique" de London. Un genre qui ferait bâiller d’ennui – ou de commisération (l’utopie presque toujours étant prétexte au pénible étalage des fadaises que l’on sait) – si London ne s’y lançait avec le culot qu’on lui connaît. Son pari : imaginer une politique-fiction qui anticipe à peine sur la réalité historique. Le livre paraît en 1908 (l’heure de sa plus grande gloire) et évoque – pour tout à l’heure – une menace de guerre entre les États-Unis et l’Allemagne, alors les deux puissances montantes du capitalisme conquérant… Guerre qui ne sera stoppée (en 1912 !) que par la grève générale des travailleurs des deux pays. La Commune est proclamée à Chicago le 27 octobre 1917 (ah ! ce pressentiment des dates !), mais cette révolution d’Octobre devra elle-même céder devant l’avènement d’une moderne dictature… dont il nous est dit qu’elle perdurera pendant trois siècles ! Ce chant de révolte soulevé par un âcre pessimisme (c’est sa force) est à la fois un brûlot lancé contre les tiédeurs du socialisme "réformiste", un appel au soulèvement armé – et l’anticipation de tous les fascismes, de tous les totalitarismes à venir. Lisant en 1937 ce classique de la pensée insurrectionnelle, Trotski devait faire justice du "défaitisme" dont on a parfois accusé London (son pessimisme – un mot que conteste au reste Trotski – n’était que lucide : une vertu qui ne se pardonne pas) : "Dès 1907, London avait prévu le régime fasciste comme l’inévitable résultat de la défaite de la révolution prolétarienne. Nous ne pouvons que nous incliner devant la puissante intuition de l’artiste révolutionnaire."
Mot de l’éditeur (Phebus), FNAC
Jack LONDON, Le talon de fer, 1908, [Télécharger pdf - Lettre de Léon Trotsky et préface d'Anatole France, Matière et Révolution].

Mais Jack London a aussi écrit des textes qui alimentent la propagande anti-chinoise, en vogue depuis plus d’un siècle de l’extrême droite à l’extrême gauche.
En 1904, il publie Le péril jaune – thème récurrent depuis la fin du XIXe siècle :

The menace to the Western world lies, not in the little brown man [Japonais], but in the four hundred millions of yellow men [Chinois] should the little brown man undertake their management. The Chinese is not dead to new ideas; he is an efficient worker; makes a good soldier, and is wealthy in the essential materials of a machine age. Under a capable management he will go far. The Japanese is prepared and fit to undertake this management. Not only has he proved himself an apt imitator of Western material progress, a sturdy worker, and a capable organizer, but he is far more fit to manage the Chinese than are we. The baffling enigma of the Chinese character is no baffling enigma to him. He understands as we could never school ourselves nor hope to understand. Their mental processes are largely the same. He thinks with the same thought-symbols as does the Chinese, and he thinks in the same peculiar grooves. He goes on where we are balked by the obstacles of incomprehension. He takes the turning which we cannot perceive, twists around the obstacle, and, presto! is out of sight in the ramifications of the Chinese mind where we cannot follow.

We have had Africa for the Afrikander, and at no distant day we shall hear "Asia for the Asiatic!" Four hundred million indefatigable workers (deft, intelligent, and unafraid to die), aroused and rejuvenescent, managed and guided by forty-five million additional human beings who are splendid fighting animals, scientific and modern, constitute that menace to the Western world which has been well named the "Yellow Peril." The possibility of race adventure has not passed away. We are in the midst of our own. The Slav is just girding himself up to begin. Why may not the yellow and the brown start out on an adventure as tremendous as our own and more strikingly unique?

Back of our own great race adventure, back of our robberies by sea and land, our lusts and violences and all the evil things we have done, there is a certain integrity, a sternness of conscience, a melancholy responsibility of life, a sympathy and comradeship and warm human feel, which is ours, indubitably ours, and which we cannot teach to the Oriental as we would teach logarithms or the trajectory of projectiles. That we have groped for the way of right conduct and agonized over the soul betokens our spiritual endowment. Though we have strayed often and far from righteousness, the voices of the seers have always been raised, and we have harked back to the bidding of conscience. The colossal fact of our history is that we have made the religion of Jesus Christ our religion. No matter how dark in error and deed, ours has been a history of spiritual struggle and endeavour. We are pre-eminently a religious race, which is another way of saying that we are a right-seeking race.
Jack LONDON, The Yellow Peril, 1904, Internet Archive.

En 1910, il publie Une invasion sans précédent, nouvelle qui, reprenant les argument du texte précédent, vante la solution finale : éradiquer les Chinois de la surface de la terre grâce à l’arme bactériologique.
On remarque au passage que la traduction française introduit l’expression Empire du Milieu qui ne figure pas dans le texte original :

And so Japan took upon herself the management of China. In the years immediately following the war with Russia, her agents swarmed over the Chinese Empire.
C’est ainsi que le Japon prit la direction de la Chine. Dans les années qui suivirent la guerre avec la Russie, ses agents envahirent l’empire du Milieu.

Selon I.F. Clarke, le thème du "péril jaune" semble être apparu dans la fiction avec la publication, en 1881, de Three Hundred Years Hence, de l’Américain W.H. Day (Notice de Bernard CAZES). En France, il est apparu avec la publication, en 1897, de Le péril jaune, du sociologue russe d’expression française Jacques Novicow (Bibliographie de Serge LEFORT).
Alors que dans L’invasion jaune, publié en 1905, le Capitaine Danrit prophétisait la défaite des Européens, Jack London inverse le propos en proclamant la victoire de l’Occident qui repousse scientifiquement et radicalement cette "invasion" :

Durant l’été et l’automne 1976, la Chine fut un enfer. Il était impossible d’éviter les microscopiques projectiles qui s’infiltraient dans les moindres recoins. Les centaines de millions de morts ne furent pas enterrés, les germes se multiplièrent et, à la fin, des millions de survivants moururent chaque jour de la famine. En outre, celle-ci affaiblissait les victimes, détruisant leurs défenses naturelles contre les fléaux. Le cannibalisme, le meurtre et la folie régnèrent. Ainsi périt la Chine.

C’est seulement au mois de février suivant, à la période la plus froide, que les premières expéditions furent lancées. Elles étaient modestes, composées de scientifiques et de quelques corps de troupes ; mais elles pénétrèrent en Chine de tous côtés. En dépit des précautions prises contre l’infection, de nombreux soldats et quelques médecins furent touchés. Mais l’exploration se poursuivit courageusement. Ils trouvèrent une Chine dévastée, transformée en une étendue en friche où erraient des meutes de chiens sauvages et des brigands désespérés qui avaient survécu. Tous les survivants furent mis à mort, où qu’ils se trouvent.

Alors commença la grande œuvre : le nettoyage de la Chine. Cinq années et des centaines de millions y furent engloutis, après quoi le monde vint s’installer, non dans des zones réparties d’avance, comme l’avait préconisé le baron Albrecht, mais de façon dispersée, selon le plan démocratique américain. Tout un vaste et heureux mélange de nationalités s’implanta en Chine en 1982 et, dans les années qui suivirent, une expérience de fertilisation croisée remarquablement réussie fut menée. Nous connaissons aujourd’hui les résultats admirables, sur le plan industriel, intellectuel et artistique, qui en furent le fruit.
[…] le 17 avril [1987], la Convention de Copenhague fut réunie. En présence des représentants de toutes les nations du monde, les participants jurèrent de ne jamais plus utiliser les méthodes de guerre bactériologique employées contre la Chine.
Jack LONDON, The Unparalleled Invasion, 1910, Internet ArchiveUne invasion sans précédent [Télécharger mp3 - Télécharger pdf].

Les deux textes de Jack London comme le recueil d’articles de Marx et Engels montrent que les préjugés contre la Chine sont anciens et partagés par le plus grand nombre au point d’être quasi invisibles. C’est la force de la novlangue politiquement correct.

02/04/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Jack LONDON, Articles, Essays, Novels, Internet Archive.
• Jack LONDON, The Complete Short Stories, Internet Archive.
• Jack LONDON, Textes en ligne :
- Bouquineux
- Feedbooks
- Hightech
- Lire des livres

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En Afrique, la France fait la guerre et la Chine fait la promotion d’un partenariat stratégique


Alors que la France, sous la houlette d’un gouvernement de gauche, poursuit la colonisation prônée par Jules Ferry, la Chine renforce ses relations avec les pays d’Afrique, fondées sur le partenariat "dans un esprit de respect mutuel et de coopération gagnant-gagnant" (Xi Jinping).

Les journalistes des médias dominants, comme François Bougon de l’AFP-Le Monde ou Pierre Haski de Rue89, brouillent habilement les cartes en faisant la promotion du concept "Chinafrique" par analogie avec celui de "Françafrique". Analogie trompeuse car les pays d’Afrique furent pillés par les puissances coloniales européennes alors qu’ils s’enrichissent grâce au commerce avec la Chine.

Les partisans du colonialisme ou du néo-colonialisme (colonialisme sans intervention directe ou visible contrairement à ce que fait la France dans ses possessions africaines) et aussi les militants d’extrême gauche (anarchistes, trotskystes et ex-maoïstes) ne peuvent pas penser les relations de la Chine avec les pays d’Afrique autrement qu’en terme de domination et d’exploitation des misérables africains par l’ogre chinois.

L’histoire connue des relations sino-africaines remonte au moins au VIIe siècle et s’est développé parallèlement à l’expansion de l’islam. Les cartes chinoises du continent africain avaient quelques siècles d’avance sur les cartes européennes. En 1417, la flotte de Zheng He atteignit Dar es Salaam en Tanzanie. En échange de produits comme l’ambre gris, l’encens, des animaux exotiques (la célèbre girafe-qilin), les Chinois fournissaient l’or, l’argent, le satin, la soie, la porcelaine et des épices dont le poivre. Les Chinois ne cherchaient pas à conquérir les pays d’Afrique ni à s’enrichir à leurs dépens, mais à obtenir l’allégeance à l’Empereur (Le tributarisme des premiers Ming).


Cette carte est incomplète car il manque des pays comme le Togo ou le Bénin.

Après s’être libérée d’un siècle d’occupation anglo-française basée sur la liberté du commerce de la drogue, la Chine renoua ses relations africaines. À partir des années 1950, l’adhésion au maoïsme se substitua à l’allégeance à l’Empereur. Pour beaucoup de pays d’Afrique l’alliance avec la Russie (l’URSS à l’époque) ou la Chine constitua une opportunité pour se libérer de l’oppression coloniale. Depuis les année 1980, l’économie primant sur le politique, la Chine est devenu un concurrent redouté notamment par la France dont l’hégémonie de sa chasse gardée est mis en péril.

Il n’est donc pas étonnant que les médias dominants entretiennent régulièrement une propagande contre ce qu’ils appellent l’Empire du Milieu pour voler au secours de l’Empire français.

31/03/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Visites du président chinois Xi Jinping en Russie, en Tanzanie, en Afrique du Sud et en République du Congo :
Agence de presse Xinhua
Renmin Ribao
China Internet Information Center
Radio Chine Internationale
China Central Television
• Conférence de presse, Ministère des Affaires Etrangères de la République populaire de Chine.
• Xi Jinping Delivers a Speech, Ministry of Foreign Affairs, the People’s Republic of China.
• Forum sur la coopération sino-africaine, Ministère des Affaires Etrangères de la République populaire de Chine.
• Afrique : la Chine arrive, la France s’en va, Reflets de Chine, 29/03/2013.
• L’Afrique, le nouvel empire chinois, France Culture, 30/03/2013.
• Ce qu’il faut retenir de la tournée africaine du président chinois Xi Jinping, RFI, 30/03/2013.
• Chine/Afrique 1, RFI, 30/03/2013.
• Chine/Afrique 2, RFI, 30/03/2013.

Actualité sur l’Afrique :
Agence de presse Xinhua
Renmin Ribao
China Internet Information Center
Radio Chine Internationale
China Central Television

Chine-Afrique :
• janvier 1970, La Chine en Asie et dans le monde, Études internationales volume 1 nº1.
• juillet 1996, GAO Jian, Les relations entre la Chine et les organisations internationales : état actuel et perspectives d’avenir, Les Cahiers de droit volume 27 nº3.
• avril 2005, Ronan MORIN-ALLORY, Pékin au Congo, Outre-Terre Nº11.
• janvier 2007, France-Afrique – Sortir du pacte colonial, Politique africaine nº105.
• mai 2007, Bernard BOUCHÉ, Afrique-Chine : un partenariat de type nouveau, Aujourd’hui l’Afrique nº103.
• novembre 2007, Thierry VIRCOULON, La nouvelle question sino-africaine, Études tome 407.
octobre 2008, Les trajectoires de la Chine-Afrique, Afrique contemporaine nº228.
• janvier 2009, Nouvelles migrations chinoises en Afrique et en Amérique latine, Revue européenne des migrations internationales vol. 25.
• janvier-mars 2009, François LAFARGUE, La Chine en Afrique : une présence limitée et une puissance contrariée, Perspectives chinoises nº1.
• mars 2009, Jean-Raphaël CHAPONNIÈRE, La dérive des continents : l’Asie et l’Afrique, Futuribles nº350.
• 20/08/2009, François LAFARGUE, La Chine en Afrique : une réalité à nuancer, Diploweb.
• octobre 2009, Marie-Hélène POZZAR, L’aide chinoise à l’Afrique – La difficulté à penser la notion d’aide chinoise au développement , UQAM.
• mars 2010, Philippe HUGON, Les nouveaux acteurs de la coopération en Afrique, Revue internationale de politique de développement.
• décembre 2010, L’émergence de la Chine et ses impacts, Études internationales volume 41 nº4.
• janvier-avril 2011, François BART, Chine et Afrique, une longue histoire, une nouvelle donne géographique, Les Cahiers d’Outre-Mer, nº253-254.
• juillet 2011, La Chine en Afrique – Menace ou opportunité pour le développement ?, Centre Tricontinental – CETRI.
• octobre 2011, Chinafrique, avez-vous dit ?, Outre-Terre nº30.
• octobre 2011, Économie politique tricontinentale : les nouveaux paradigmes Suds-Suds, Revue Tiers Monde nº208.
• 09/03/2012, Babacar Pierre SECK, Les relations Chine-Afrique (1) : Le discours de Beijing, Terangaweb.
• 09/03/2012, Babacar Pierre SECK, Les relations Chine-Afrique (2) : La stratégie chinoise, Terangaweb.
17/12/2012, XI Jinping, Promouvoir le nouveau partenariat sino-africain, Géopolitique Africaine.
• 14/03/2013, Serge LEFORT, 鄭和 ZHENG He, Chine en Question.
• 中國 — 非洲 Chine – Afrique, Thierry Pairault – Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine.
• Bibliographie sur les relations entre la Chine et l’Afrique, Ritimo.

Actualité sur l’Afrique :
Revue de presse Chine 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine, Monde en Question.

Comment réaliser le "rêve chinois" à l’ère de la mondialisation ?


La mondialisation est la plus grande caractéristique de notre époque, où les intérêts des différents pays s’imbriquent fortement. La réalisation du "rêve chinois" dépend donc non seulement de nos efforts et de notre action réelle, mais nécessite également de bien gérer les relations avec le monde extérieur, d’étudier et de s’inspirer des expériences et des leçons des autres pays en la matière.

Le fameux "rêve américain" est né de l’autre côté du Pacifique. Les films hollywoodiens recèlent quant à eux du concept suivant : des immigrés arrivent en masse aux Etats-Unis par bateau et sautent de joie en apercevant la statue de la Liberté, comme s’ils pouvaient y gagner plus d’argent que n’importe où ailleurs et jouir de la plus grande des libertés.

Pourtant, à la suite des tourmentes de la crise financière, ceux qui se sont rendus aux Etats-Unis en emportant le rêve américain dans leur valise ne sont plus aussi enthousiastes qu’autrefois. La réalité actuelle est bien différente : la bulle immobilière a éclaté, la situation économique demeure morose, le taux de chômage grimpe sans cesse, la qualité de vie de la population baisse, la classe moyenne s’affaiblit et la population pauvre augmente considérablement.

Mais, en attendant, les financiers de Wall Street continuent de jeter l’argent par les fenêtres, plus de 80% de la nouvelle richesse est entre les mains de moins de 1% de la population américaine. Lorsque l’"occupation de Wall Street" s’est propagée sur le territoire américain, le "rêve américain" s’est brisé a révélé une réalité toute autre, celle du pillage de la richesse de la majorité par une minorité.

De l’autre côté du continent eurasien, l’Europe tente de bâtir une communauté supranationale et a ainsi fait naître le "rêve européen". Dans l’ouvrage de Jeremy Rifkin, le "rêve européen" représente le nouveau rêve de développement de l’humanité et met l’accent sur le sens de la communauté au niveau politique, la diversité culturelle, des conditions de vie raffinées, la durabilité du développement et le multilatéralisme dans la coopération planétaire. A en croire toutes ces promesses, le "rêve européen" semble idéal, et les Européens ne cessent de le vendre au reste du monde.

Ce qui est regrettable, c’est que depuis l’éclatement de la crise de la dette européenne, le "rêve européen" est de plus en plus remis en question. Certains pays européens qui recherchent une qualité de vie au détriment du contexte national sont criblés de dettes et auront du mal à poursuivre leur développement. Au pic de la crise, la zone euro s’est enfoncée pendant un temps dans la panique du démantèlement.

Depuis la fondation de la République populaire de Chine, les Chinois ont travaillé d’arrache-pied pendant plusieurs générations, en ne comptant que sur leur propre labeur, pour faire de l’ancienne Chine un nouveau pays chaque jour plus prospère et plus puissant.

Aujourd’hui, la puissance de la Chine s’accroît sans cesse et son PIB s’est hissé au deuxième rang mondial. Les conditions de vie de la population se sont considérablement améliorées, et sont accompagnées de progrès énormes sur le plan social et dans d’autres domaines. Nous nous approchons de notre "rêve chinois".

Par ailleurs, la réalisation du "rêve chinois" doit faire face à un grand nombre de défis sur le plan de l’écologie, des ressources et des énergies, du développement social et de certains dossiers internationaux. Certains pays ne veulent pas ou n’acceptent pas de voir la Chine réaliser son rêve. Ils mettent en place, consciemment ou inconsciemment, toutes sortes d’obstacles à la Chine, dans le but de ralentir sa course. Nous sommes confrontés à une situation internationale beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.

Quelles que soient les difficultés auxquelles nous devons faire face, nous poursuivrons notre course pour parvenir au "rêve chinois". La réalisation du "rêve chinois" bénéficiera à toute la nation chinoise et apportera des bénéfices supplémentaires au reste du monde.

La Chine ne suivra pas la voie des anciens colonisateurs occidentaux qui ont pillé les ressources d’autrui, ni la voie brutale des militaristes qui ont envahi d’autres pays, ni même la voie erronée des hégémonistes. Nous continuerons à déployer des efforts inlassables, en comptant sur nos propres forces et en assimilant les acquis modernes de toutes les civilisations, pour réaliser enfin le grand rêve de la nation chinoise.

28/03/2013
China Internet Information Center
Articles "rêve chinois" via Google

Lire aussi :
Revue de presse Chine 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine, Monde en Question.

Luttes et combats sur la frontière de Chine


La conquête et la colonisation du Tonkin, partie septentrionale du Viêt Nam actuel, fut une entreprise constante du parti colonial soutenu politiquement par Jules Ferry jusqu’en 1885, date qui mit fin à sa carrière de Premier ministre et marqua un coup d’arrêt temporaire à l’expansion coloniale française en Asie.

Le capitaine Jules Auguste Sénèque fit toute sa carrière dans l’armée coloniale en Asie et à Madagascar.

Né le 17 août 1866, à Melun, entré en service le 26 septembre 1884. Il est sous-lieutenant d’infanterie de Marine le 1er juillet 1891, lieutenant le 1er juillet 1893, au 6e Régiment d’infanterie de Marine. Il commande le cercle Bara en 1899. Mais il est affecté au Service géographique de l’Armée. Ses clichés sont publiés en cartes postales par la Maison Cattin de Fianarantsoa (négociant, colon, propriétaire de concession aurifère), membre de l’Alliance française. En 1903 il est au 2e Tirailleurs malgaches et commande le district de Soalala avec le grade de capitaine adjudant -major et est chef du district de Fanjakana (province de Fianarantsoa). Il est aussi officier de renseignements. Il est titulaire de la Légion d’Honneur depuis 1900.
Archives nationales d’outre-mer

Capitaine SÉNÈQUE, Luttes et combats sur la frontière de Chine – Cercle de Moncay, 1893-1894-1895, Henri Charles-Lavauzelle, 1906 [Gallica].

29/03/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Empire colonial français, Wikipédia.
• Affaire du Tonkin, Wikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 29/03/2013].
• Albert BILLOT, L’affaire du Tonkin – Histoire diplomatique de l’établissement de notre protectorat sur l’Annam et de notre conflit avec la Chine : 1882-1885 , J. Hetzel, 1888 [Gallica].
• Claude BAVOUX, Le capitaine Sénèque, photographe des années Gallieni à Fianarantsoa, in Faranirina V. Rajaonah, Madagascar revisitée – En voyage avec Françoise Raison-Jourde, Karthala, 2009, p.97-118 BooksGoogleGalerie-Photo.
• Serge LEFORT, L’Empire du Milieu I, Chine en Question.

Revue de presse Chine 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.

Journal de marche d’un soldat colonial en Chine


Les propos de ce simple soldat reflètent la doxa coloniale qui trouvait légitime de coloniser la Chine pour imposer la liberté du commerce de l’opium et les dogmes du christianisme, les deux fleurons de la civilisation européenne.

Soldat SILBERMANN, Journal de marche d’un soldat colonial en Chine, Henri Charles-Lavauzelle, 1908 [Gallica].

17/03/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Revue de presse Chine 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire Chine/Occident, Monde en Question.

鄭和 ZHENG He


La Chine a été la plus grande puissance maritime du XIe au XVe siècle. Les expéditions maritimes organisées sous les Ming, de 1405 à 1433, à des fins diplomatiques, culturelles et commerciales furent possibles grâce au perfectionnement des techniques chinoises mises au point depuis le XIe siècle.

Zheng He, amiral de la flotte impérial, a organisé sept expéditions jusqu’à la côte orientale de l’Afrique. Le nombre de jonques (plus de cent), leur taille (plus de cent mètres), leur technique de construction et de navigation (caissons étanches et boussole), le nombre d’hommes embarqués (plus de trente mille) et le nombre de kilomètres parcourus (plus de soixante mille) donnent un aperçu de cet exploit.

Deux documentaires donnent un aperçu de cette histoire, longtemps méconnue en Europe, et un livre excellent, Le dragon de lumière – Les grandes expéditions des Ming au début du XVe siècle (voir bibliographie), la retrace minutieusement en la contextualisant.

CHEN Qian, L’armada oubliée de la Chine impériale, Dailymotion 1 Dailymotion 2 Dailymotion 3, 2006.
Ce documentaire donne un aperçu assez fidèle des expéditions maritimes réalisées par Zheng He, des techniques mises en œuvres et des objectifs poursuivis. Il rappelle aussi, comme de nombreux articles publiés à l’occasion du 600e anniversaire, que "à l’époque de Zheng He, la Chine était la première puissance du monde sur le plan économique, scientifique, culturel et militaire. Pourtant, les Chinois n’ont pas profité de leur supériorité pour conquérir d’autres pays, pour les réduire à l’état de colonie" comme le feront les Européens presque soixante ans plus tard.

David WALLACE, 1421: The Year China Discovered America traduit par 1421, La Chine à la découverte du monde, YouTube 1YouTube 2, non daté.
Ce documentaire illustre la théorie de Gavin Menzies qui prétend que Zheng He aurait découvert l’Amérique. Gavin Menzies n’apporte aucune preuve, mais il accumule hypothèses sur hypothèses pour se convaincre de la justesse de l’hypothèse de départ. Il a sombré, en 2011, dans le délire de la révélation du mystère de l’Atlantide.

12/03/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Articles :
• 30/01/2003, 1421: The Year China Discovered the World by Gavin Menzies, Asian Review.
• 02/06/2005, Un voilier sur une route historique, Renmin Ribao.
• 14/06/2005, Admiral Zheng He (1371-1433) , China Internet Information Center.
• 23/06/2005, Chronologie des voyages maritimes de Zheng He, Renmin Ribao.
• 23/06/2005, Voyages de Zheng He dans « l’ouest de l’océan » : promouvoir un commerce équitable, Renmin Ribao.
• 23/06/2005, Influence des voyages maritimes de Zheng He sur l’île de Bali en Indonésie, Renmin Ribao.
• 27/06/2005, « Repas de navigation de Zheng He » est présenté à NanjingRenmin Ribao.
• 28/06/2005, Chine: cérémonie du lancement de l’album de peintures « Epopée de Zheng He », Renmin Ribao.
• 29/06/2005, Publication d’un timbre commémoratif concernant Zheng He, Renmin Ribao.
• 29/06/2005, Macao : commémoration du 600e anniversaire des exploits de Zheng He, Renmin Ribao.
• 05/07/2005, Beijing : exposition sur les voyages maritimes de Zheng He, Renmin Ribao.
• 07/07/2005, Des membres de l’équipage de Zheng He ont-ils des descendants en Afrique ?, Renmin Ribao.
• 11/07/2005, Inauguration d’une exposition honorant un célèbre navigueur chinois à Shanghai, Renmin Ribao.
• 13/07/2005, Les "périples de Zheng He" contre la "version sur la menace de la Chine", Renmin Ribao.
• 26/07/2005, Le 22ème Congrès international de l’histoire de la science a lieu à Beijing, Renmin Ribao.
• 28/07/2005, Beijing commémore le 600ème anniversaire des expéditions maritimes de Zheng He, China Internet Information Center.
• 02/08/2005, Zheng He, navigateur musulman chinois du XVe siècle, Renmin Ribao.
• 04/08/2005, L’apport de Zheng He à Semarang, Renmin Ribao.
• 18/08/2005, « La réponse de Matteo Ricci » : titre d’un discours prononcé par Yu Qiuyu au Symposium sur les civilisations mondiales, Renmin Ribao.
• 07/11/2005, Le monde a besoin de la culture chinoise, Renmin Ribao.
• 26/12/2005, Coopération Chine-Kenya à la recherche des traces du navigateur chinois Zheng He, Renmin Ribao.
• 09/01/2006, La coopération sino-kenyane à la recherche du navigateur Zheng He, Renmin Ribao.
• 28/03/2006, Publication du palmarès des dix navires chinois les plus célèbres, Renmin Ribao.
• 13/08/2010, Archéologie : à la recherche des traces laissées par la flotte de Zheng He, Renmin Ribao.
• 15/07/2011, Pourquoi la Chine a besoin de porte-avions, Renmin Ribao.
• 01/11/2007, Zheng He, le Chinois qui a découvert l’Amérique… peut-être, Rue89.
• 16/07/2012, Une réplique du navire de Zheng He pour naviguer en 2014, Renmin Ribao.
• 24/08/2012, À la recherche de la ville de Kenya visitée par l’explorateur chinois Zheng He, Renmin Ribao.
• 01/02/2012, Le Sri Lanka célèbre le grand navigateur chinois Zheng He, Renmin Ribao.
• 07/02/2013, Jia Qinglin visite la ville historique de Malacca en Malaisie, Renmin Ribao.

Dossiers :
• Zheng He, Wikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 04/03/2013].
• Zheng He Biography, Asian History.
• Gavin Menzies, Site de l’auteurWikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 04/03/2013].
• The myth of Menzies’ "1421", 1421 Exposed.

Livres :
• Nicolò de CONTI, Le voyage aux Indes >, Chandeigne, 2004 [BooksGoogle].
Évoque Zheng He p.30.
• Jacques GERNET, Le monde chinois, Armand Colin, 1972 réédition 1980 à 1999.
Évoque Zheng He p.346 à 351 (édition 1990).
• Maurice GIPOULOUX, La Méditerranée asiatique – XVIe-XXIe siècles, CNRS, 2009.
Évoque Zheng He p.11, 18, 77, 90, 91, 105 et 435.
Dominique LELIÈVRE, Le dragon de lumière – Les grandes expéditions des Ming au début du XVe siècle, France-Empire, 1996.
Début XVème siècle, l’avenir se joue sur mer. Le Portugal se lance dans l’aventure exploratrice quand, à l’autre bout du monde, une Chine revigorée entreprend les plus imposantes expéditions maritimes jamais réalisées jusqu’alors. Ses flottes majestueuses sillonnent, sans discontinuer, les mers d’Orient. Elles atteignent l’Inde religieuse, l’Arabie parfumée et l’Afrique exotique.
Soixante plus tard la roue a tourné, les cartes sont redistribuées. L’Europe a rattrapé son retard et commence à coloniser le monde pour s’enrichir davantage…
• Dominique LELIÈVRE, Voyageurs chinois à la découverte du monde de l’Antiquité au XIXe siècle, Olizane, 2004 [BooksGoogle].
Sont contés dans ce livre les plus étonnants des périples chinois. Ces voyages sont autant de péripéties et d’aventures. C’est Zhang Qian, prisonnier dix ans, qui, au IIe siécle av. J.-C., finit par atteindre l’Afghanistan ou le moine bouddhiste, Faxian, qui part en Inde à soixante ans, affrontant les montagnes et les déserts d’Asie centrale avant de rentrer par les mers du sud, risquant deux fois le naufrage. Son coreligionnaire, Xuanzang, parti en catimini, sera reçu comme une sommité par les maharaja indiens.
Au XIIIe, le taoïste Changchun traverse l’Asie à l’appel de Gengis Khan avant que Rabban Sauma, moine nestorien originaire de Pékin, ne rencontre à Paris le roi de France. Quant à Wang Dayuan, son passage en Méditerranée en fait l’égal d’un Marco Polo. Sous les Ming, de 1405 à 1433, d’impressionnantes jonques paradent le long des côtes d’Inde et d’Afrique, poussant jusqu’à la Mecque, pendant que Chen Cheng est dépêché à Hérat, auprès du fils de Tamerlan.
Avec les jésuites, arrivent en Europe de jeunes convertis. Leur aventure est surprenante. Arcade Hoang, qui a conversé avec Montesquieu, prend femme en France. Jean Hou n’est rapatrié qu’après les affres d’un séjour à l’hospice. Enfin, au XIX point d’orgue de la rencontre entre les deux Extrêmes, les coutumes et techniques occidentales laissent perplexes bien des visiteurs de l’Empire du Milieu.
LI Qingxin, Maritime Silk Road, China Intercontinental Press, 2006 [BooksGoogle].
• Gavin MENZIES, 1421, l’année où la Chine a découvert l’Amérique, Intervalles, 2007 traduit de 1421: The Year China Discovered the World, Bantam Books, 2002 réédition 1421: The Year China Discovered America, HarperCollins Publishers, 2003 [Amazon - HarperCollins Publishers].
Leo SURYADINATA (sous la direction de), Admiral Zheng He & Southeast Asia, Institute of Southeast Asian Studies, 2005 [BooksGoogle].
The Information Office of the Peoples’s Government of Fujian Province, Zheng He’s Voyages Down the Western Seas, China Intercontinental Press, 2005 [BooksGoogle].
Très riche iconographie.

Lire aussi :
Revue de presse Chine 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire Récits de voyages, Monde en Question.

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